INSECTES ATTAQUANT LES FRUITS
Pyrale ou Botyde du Caféier. — Ce petit papillon, un Microlépidoptère Pyralide [Thliptoceras octoguttalis Fekler), produit à Tétat de chenille des dégâts importants sur les baies du Caféier, à l'ile Maurice d'après M. Bonàme (i), et surtout à la Réunion, d'après M. Bordage, qui le premier a signalé ses ravages (2), et M. Boutilly (3),
L'insecte parfait est un papillon nocturne de 6 millimètres 1/2 sur II millimètres, les ailes étant étendues, dont la couleur générale est brune, avec bordure plus claire. La larve adulte, de forme cylindrique, de 1 1 millimètres de long sur 2 millimètres de large, est pig 40. — Pyraie du Caféier d'une couleur claire, avec deux ran- (ThUptoceras octoguttalis
' Feldei-). — .4,lalarve; 5,1a
gées de taches brunes sur le dos ohrysalide; C, le papillon.
m / \ T-vi < T»T T-. i-11 ix (Grandis, d'après M. V.Bou-
(fig. 4o). D après M. Boutilly, cette ^m^. ^ ^
chenille pénètre toujours la baie à
sa base, près du pédoncule. Elle se nourrit bien plus volontiers de l'albumen de la graine et elle perfore pour y arriver les tissus plus extérieurs du fruit. Ce n'est que lorsque la maturité est presque complète que cet albumen devenu dur et corné lui offre une résistance suffisante et qu'elle doit se contenter de la pulpe où elle trace des galeries sous Tépiderme. Les deux graines d'une baie peuvent être toutes deux attaquées ; puis, la chenille quitte le fruit qu'elle a ainsi évidé pour passer à celui immédiatement voisin, de telle
(i) Colony ofMauritius, Rapport de la Station Agronomique pour 1896 Id., 1897. '
(•2) Resnie agricole de la Réunion, n^^ de novembre 1896 et novembre 98. — Notice sur les parasites du Caféier à Vile de la Réunion, in « Revue des Cultures Coloniales, 5 mai 1899 ».
(3) Notice sur la maladie appelée « coulure du café » h la Réunion, in M Revue des Cultures Coloniales », 5 août 1808.
sorte que tous les fruits d'un glomérule peuvent être ainsi visités Fun après l'autre.
Le résultat immédiat est la perte définitive de tout fruit envahi. La maladie porte le nom de coulure du café h. la Réunion et à Maurice, terme impropre, comme le fait observer justement M. V. Boutilly, et qui doit s'appliquer à un accident de végétation, dont la cause n'est pas de nature animée (voir plus haut, p. is>). Plusieurs générations de Finsecte se produiraient dans une seule saison, ce qui fait que dans certains cas le dommage causé serait plus important que celui dû à l'hémiléia.
M. Bordage estime que ces dégâts peuvent atteindre 5o pour loo de la récolte, et, d'après le même auteur, ils ne se borneraient pas là. En effet, la cueillette terminée, les lemelles du papillon, ne trouvant plus de baies, déposent leurs œufs sur les bourgeons terminaux des jeunes rameaux. Les larves qui en proviennent pénètrent dans la profondeur du bourgeon d'abord, puis dans la moelle des tiges, où les galeries qu'elles creusent peuvent desrendre jusqu'à une profondeur de 20 centimètres.
La chrysalide n'a pas été découverte dans le fruit. M. Boutilly a pu Fobtenir en mettant des chenilles en observation ; elle se forme dans un lacis soyeux, irrégulier, peu visible, et elle estfusoïde, lisse, de couleur ambrée. • D'après M. de Joannis (i) qui a déterminé exactement Finsecte qui produit ces dégâts, la pyrale du Caféier est signalée par différents auteurs en d'autres régions, à Amboine, au Natal, à Ceylan, en Australie, dans l'Inde, à Bornéo ; mais on ne s'y plaindrait pas de dommages causés par elle sur le Caféier. Cette anomalie est assez difficile à expliquer.
L'emploi de feux ou de fanaux destinés à attirer les papillons le soir n'a pas donné de bons résultats. M. Boutilly conseille la récolte et la destruction par le feu ou par
(i) Cité par M. Bordage, iu « Revue des Cultures Coloniales », 5 mai iSqcj.
l'enfouissement dans la chaux des baies malades. On les reconnaîtra, lorsqu'elles sont atteintes depuis quelque temps, à leur couleur brune ; mais comme la perforation produite par l'insecte est peu visible, des fruits récemment atteints risqueraient de passer inaperçus; aussi sera-t-il bon d'enlever tout le glomérule, si l'on y voit des fruits attaqués.
Le résultat sera d'autant plus certain qu'on aura efl'ectuë plus tôt cette opération de nettoyage. On a préconisé aussi l'emploi de l'arsénite de cuivre ; il serait prudent, je crois, de proscrire rigoureusement cette pratique dangereuse pour une matière de consommation courante comme le café, car il peut en persister assez sur les grains pour produire quelques accidents.
D'autres insectes sont signalés comme produisant des dégâts plus ou moins analogues à ceux de la pyrale du Caféier, mais ils paraissent beaucoup moins nuisibles. Ce sont :
Deux Coléoptères Lamellicornes : l'un que M. Cotes croit être une variété de Xylotrupes Gideoii et qui, dans la région de Calcutta, mange la pulpe des fruits (i) ;
L'autre, .Egus acuminatus F., signalée dans l'est de Java par M. Koningsberger, comme perforant les pédoncules des baies et se nourrissant aussi de leur pulpe (2).
Un Lépidoptère Pyralide du genre Crambus indéterminé spécifiquement, que M. Koningsberger a vu perforer les baies du Libéria à Java (^).
Un Diptère, Bactrocera conformis Dol., dont les larves se voient fréquemment dans l'ouest de Java, d'après ce même auteur (4). Elles vivent dans la pulpe des baies et peuvent
(i) Cotes, Id. II, p. 38.
(2) Koningsberger, Eerste os'erzicht..., p. 44-
(3) Koningsberger, id., p. i5.
(4) Id., De dierlijke yijaiideii..., p. -i^.
amener la pourriture partielle et la chute prématurée des fruits.
Un Hémiptère, S trachia géométrie a Motch., suce les jeunes baies de Caféier à Ceylan(i) ; un dégât analogue est produit à Java par un autre Hémiptère du genre Eurydema (a).
Une larve indéterminée qui, à la Nouvelle-Calédonie, perce les fruits, les fait sécher et tomber (3).
Ces espèces sont justiciables du même traitement que la Pyrale du Caféier.
Un Charançon (Coléoptère Curculionide), V Avieocevus fasciculatus de Géer, attaque et détruit, à l'état de larve, les grains de café dans les magasins où on les conserve. Les graines de cacao subissent aussi ses dommages, ainsi que les branches d'un Gingembre de Chine (4).
Cette larve, longue de 5 à 6 millimètres et large de i à a, est blanche, à tête de consistance cornée, d'un jaune ocre brillant. Ses mouvements sont assez lents.
La transformation en nymphe s'opère sur place, et l'insecte parfait, le charançon très agile qui en provient, doit être récolté avec soin pour empêcher la pullulation de cette espèce nuisible, dans les endroits où le café est conservé en balles. Cette espèce cosmopolite a été observée un peu partout.
On rencontre aussi, dans les graines, un Coléoptère Lamellicorne, Thanoclerus Buqueti Spinola, qui fait probablement la chasse au précédent (5).
(i) NiETNER, The Coffee-Tree..., p. i3.
(2) KONINGSBERGER, ïd., p. 23.
(3) E. Jardin, Ze Caféier et le Café, Paris, iStjS. (Cité par M. Bordage, Rev. des Cuit, colon., 5 mai 1899, p. 258.)
(4) H. Lucas. Quelques remarques sur les métamorphoses de rArœoccrus fasciculatus, in Annales de la Société entomologique de France, 1861, p. 899.
(5) Everts, Coleoptera in Koffiemhoomen voorkomende, in a Tijdschr. V. Entomol. Deel XXVIII, i885, p. CVII ». (Cité par M. Zimmermann.)
LE PUCERON, LES COCHENILLES, LA FUMAGINE.
Les Pucerons et les Cochenilles, parasites des végétaux, au même titre que les Punaises et les Poux, parasites des animaux, sont des insectes appartenant à l'ordre des Hémiptères ou Rhynchotes. Le caractère le plus saillant de ce groupe réside dans la forme de la bouche disposée en un suçoir formé par la lèvre inférieure. Ce suçoir renferme, dans sa cavité, des soies rigides et aiguës, à l'aide desquelles l'insecte pique les tissus végétaux ou animaux pour en absorber par succion, avec sa trompe, les substances nutritives.
Le Puceron et les Cochenilles du Caféier sont dommageables quand ils sont très abondants, non pas seulement par l'affaiblissement qu'ils peuvent amener par leurs piqûres réitérées sur la plante, mais aussi et surtout par l'abondance de leurs excrétions visqueuses et sucrées couvrant les feuilles et les rameaux. Cette production est un milieu de culture très favorable au développement de moisissures noires, dont la présence constitue, sur la plante, un état pathologique que l'on a appelé fumagine. Cette production ressemble beaucoup à une couche de suie d'un noir mat et intense qui, souvent, couvre une grande partie du système foliaire et entrave notablement les fonctions des feuilles.
Puceron du Caféier. — Ce petit insecte [Aphis Coffex Nietner) est d'une couleur noir de poix, avec un rostre blanchâtre et l'abdomen verdàtre. Les jeunes individus sont peu colorés, d'un vert indécis. Le Puceron du Caféier se rencontre surtout dans les jeunes plantations, de Libéria aussi bien que d'Arabica, et quand il est abondant, le dommage n'est pas sans importance.
Le Puceron est souvent l'origine de la fumagine. Il est signalé à Geylan par Nietner (i), à Java par M. Koningsberger(2).
On a employé, pour le détruire, l'eau de chaux en badigeonnages; mais les pulvérisations dont nous parlons plus loin sont, à coup sûr, plus efficaces.
Le Puceron du Caféier a des parasites naturels parmi les insectes. Nietner signale d'abord deux Diptères : Syrplius NletiieriSchiwev et Syrphus splendens. Ils ont l'apparence de guêpes; le premier est brun, le second vert avec une marque dorsale blanchâtre. Leurs larves dévorent les pucerons du Caféier et en font un tel carnage qu'en 24 heures ces larves doublent de volume.
Le même auteur nomme également un Névroptère voisin des fourmis-lions, le Micromus aiistralis^ dont les larves, petites, brunes, à ocelles verts, sont aussi avides du Puceron que les deux précédentes. Les œufs de ce Névroptère, que la femelle dépose sur les feuilles, sont pédicellés comme ceux de certains Hémérobides et ressemblent à la fructification d'un Champignon, d'un Mucor.
Nietner a vu encore, sur le Puceron du Caféier, des Hyménoptères parasites dont il ignore le nom.
Cochenilles
Les Cochenilles du Caféier appartiennent à plusieurs genres; les plus importants sont les genres Lecaiiium et Dactylopiiis. Comme c'est la règle dans ce groupe des Coccides, les femelles sont dépourvues d'ailes.
Lecanium. — Chez les Lecanium, les femelles ne se meuvent que dans le très jeune âge et sont à ce moment fort agiles. Elles ne tardent pas à se fixer, avant même la fécon-
(i) Nietner, Op. cit., 2* éd., p. 12.
(2) KoNiNGSBERGER,/>/e/7//A'e s'ij aiideri dcr Ko/jîecultuurjTeysmanniAjiSiyi.
dation, dans nombre dVspèoes, sans plus faire désormais aucun mouvement; leur tégument s'indure sur le dos et n'offre bientôt plus de segmentation distincte ; elles perdent ainsi à peu près complètement l'apparence d'insectes, ressemblant à des sortes d'écaillés ou d'écussons hémisphériques ou déprimés : d'où le nom de gallinsectes que leur donna Réaumur. Dès lors, à cette place où elles se sont arrêtées, elles enfoncent leur rostre et tirent ainsi leur nourriture du support, feuille ou jeune rameau. Elles muent à plusieurs reprises, augmentent de taille, sont fécondées par le mâle et pondent, toujours dans la même immobilité et sans donner signe de vie. Puis, la pente effectuée, la femelle meurt, et les œufs restent placés sous son abdomen d'abord rebondi, puis de plus en plus aplati, à mesure que les œufs éclosent. Le corps desséché de la femelle sert ainsi à protéger les œufs contre les agents extérieurs. Ces œufs sont entourés d'une matière cotonneuse blanche, sécrétée par la mère.
Les mâles, semblables aux femelles sitôt l'éclosion, ne tardent pas à se fixer, mais sans grandir, pour se transformer en nymphes, d'où sortent des insectes parfaits, ailés, beaucoup ])lus petits que les femelles, aptes à la fécondation.
Quatre espèces du genre Lccaifiii/ii s'attaquent au Caféier.
Cochenille noire. — Cette Cochenille, en anglais « black bug » (punaise noire), est le Lecaniuui nigi'iiin Nietneru). Elle est considérée, en général, comme moins nocive que les deux suivantes, et elle n'attaquerait que des plantes déjà souffrantes et dépérissantes. Le mâle est inconnu, et la femelle ne serait colorée en noir que lorsqu'elle estdéjààgée. IMus jeune, elle est d'un brun grisâtre. On rencontre également cette cochenille sur le Croton Tigliuni et le Caoutchouc de Céara [Manihot Glaziowii), Le Caféier n'a été signalé comme en ayant reçu quelques atteintes que dans
(i) XiETNF.K, Op. cil., p. 8.
l'Inde et à Ceylan, à Maurice (Bonâme), à la Réunion (Bordage).
Cochenille brune. — C'est le « brown bug » [Lecanlani Coffea' Walk. — L. /le/nisphœricuniTaLVg.)^ la. plus redoutée des cochenilles du Caféier, à cause de la persistance désolante avec laquelle elle se maintient sur cette plante quand elle S'y est une première fois installée.
La femelle est brun-rouge, presque hémisphérique, à bords un peu aplatis. Sa longueur est de 2 mill. i/y., sur
I mill. i/:>. de large. Depuis près de 5o ans, on l'accuse de nuire beaucoup aux Caféiers à Ceylan, et, d'après Nietner, elle y attaquerait aussi le théier. On la trouve également à Java [i\ où elle est assez rare, et au Brésil (2), où elle est aussi peu répandue, aux lles-sous-le-Yent i31, à la Réunion (Bordage!, au Congo français (Bouyssou. J'en possède sur Caféier de la jNIartinique.
La cochenille brune trouve parmi les insectes de nombreux ennemis. Emerson Tennent (4) raconte qu'à Ceylan on avait tenté de se délivrer de cette cochenille en introduisant une fourmi rougeàtre qui lui fait une guerre acharnée, mais qu'on dut renoncer à cette tentative, parce que la fourmi attaquait aussi, avec une véritable furie, les coolies malabares, par suite de la coutume qu'ils ont de s'enduire la peau d'huile.
Nietner ,")) cite comme parasites les insectes suivants : d'abord une larve de Coccinelle (Coléoptère), le Chilocoriis clrcunidatus Schonh., qui dévore les cochenilles fixées et leurs œufs ; puis les larves d'un certain nombre de Chalcidides (Hyménoptères). Ces insectes déposent leurs œufs
(l) KOMNGSBKRGKR, Op. Cit.
[■ïj Gœldi, Op. cit. — SiGNORET, Essa'i sur les Cochenilles, in a Ann. de la Soc. entom. de France », 1873, p. (35.
(3) Barber, G. A., in « Supplemeiit to ttie Lewards Islands Gazette »,
II juin 1898.
( î) James Emerson Texnen't, Ceylan... vith notices of its natural liistory, 3 vol., 1859.
(")) Nietner, Op. cit., p. 7.
dans le corps même des Cochenilles : les œufs éclosent, la larve y continue son développement et n'amène la mort de son hôte qu'au moment où elle va se transformer en chrysalide. Elle sort enfin du corps vide de la Cochenille à l'état d'insecte parfait. Ces Chalcidides tous observés à Ceylan sont : Mariettn leopardina Nietner ; Cirrospilus cocch'orus Motsch. ; Encrjrtus Nietneri jMotsch. ; Encijrtus paradisiacus Motsch. ; Scutellista cyanea Motsch. ; Cephaleta purpiirelventris Motsch. M. Bordage [Op. cit., « Revue des Cuit, colon., .5 mai 1899 ») indique enfin pour les Lecanium nignim et L. Coffeœ des chenilles cVErastria, surtout E. blandula, comme parasites à la Réunion.
Le nombre de cochenilles détruites par ces diverses larves peut devenir à un moment donné considérable, lorsque les conditions qui favorisent le développement de leurs parasites se trouvent réalisées; mais dans la période suivante, les cochenilles devenant de plus en plus rares, il s'ensuit que leurs ennemis hyménoptères meurent sans avoir pu trouver un asile convenable pour leurs œufs, et dès lors l'équilibre ne tarde pas à se rétablir en faveur de la cochenille, douée d'une puissante faculté de reproduction. C'est la manifestation d'une loi biologique générale qui régit tous les phénomènes de parasitisme.
Auxlles-sous-le-Yent, où, d'après M. C. A. Barber 11), les plantations de Caféier sont gravement endommagées par la cochenille brune, les insectes (les mâles?), après une longue période de pluie, descendent dans le sol ; on les y rencontre couverts d'une moisissure blanche et les Caféiers se trouvent débarrassés du parasite pendant un certain temps. L'auteur pense que c'est le même champignon que Cockerell a vu à la Jamaïque dans des conditions identiques. Il suppose que c'est un Cordyceps, mais il déclare ignorer s'il envahit l'insecte vivant.
Cochenille verte. — Cet insecte, « green bug » en anglais,
(i) Barber (C.-A.), Op. cit.
est le Lecanium viride Green ; il s'est multiplié oonsidérablement dans le sud de l'Inde et à Ceylan, et la cause en est qu'il peut attaquer un certain nombre d'autres })lantes, telles que le citronnier, l'oranger et occasionnellement le théier ( i ). Il est également cité par M. Koningsl)erger (a) comme existant à Java où il est assez répandu, à Maurice (Bonàme), aux îles Hawaï (Kœbele). La cochenille envahit d'abord les extrémités des rameaux et les feuilles tendres, puis elle se répand bientôt sur les rameaux plus âgés, fait couler et tomber les fleurs, arrête le développement des fruits qu'elle couvre et dont elle détermine la chute. Tous les organes envahis ne tardent pas à se couvrir d'une épaisse couche de fumagine.
Le Libéria paraît lui donner plus souvent asile, et, d'après M. Green, son importation récente à Ceylan n'aurait j)eutètre pas d'autre origine.
De même que les pucerons, la cochenille verte attire les fourmis; celles-ci, avides de la substance sucrée que sécrète la cochenille, transportent ses œufs et la colonisent souvent sur d'autres pieds de Caféier.
Des larves de coccinelles sont susceptibles de détruire la 4-ochenille verte; on a observé le fait à Java, mais ces larves sont encore incomplètement déterminées (3).
M. Zinunermann (4) a découvert à Buitenzorg et à Malang (Java) un champignon parasite du Lecanium viride; les insectes en sont atteints, même à l'état de larve. Après leur mort, on les voit environnés de filaments d'un mycélium qui s'élend un peu sur la feuille. Ce champignon a été appelé CepJuilosporium Lecanii. On le cultive facilement sur les milieux artificiels et M. Zimmermann a pu s'assurer par des expériences directes qu'en projetant les conidies de la moisis-
(i) Indian Muséum Notes, vol. II, ii° 6.
(2) Op. cit.
(3) De ludische Mercuur, 1899, ii" 3.
(() A. Zimmermann, 0\ei' eene schinimelepidemie dev groene luizeu, Buitenzorg, 1898.
sure parasite sur les cochenilles on les infectait sans difficulté; mais la sécheresse et la lumière solaire sont des obstacles sérieux à l'extension de Fépidémie, car elles gênent ou empêchent la germination des spores. Les essais faits jusqu'ici ne semblent pas concluants au point de vue pratique et il est à craindre qu'à ce sujet il en soit de la cochenille verte comme des vers blancs.
Un autre Lecanium, L. caudalum, est encore sio-„alé à Ceylan par M. Green (r). °
Dactylopius. - Le genre Dactylopius diffère du genre U'canium par plusieurs caractères bien nets. Les indiVidus ne se fixent jamais: les femelles, mobiles pendant toute la durée de leur existence, conservent jusqu'à la fin pieds et antennes, sans se déformer et acquérir cette carapace indurée qui existe chez les /..w,,./.,,,,. Elles pondent leurs œuls en une ou plusieurs masses isolées, d'un blanc cotonneux, et la substance qui recouvre et agglutine les œufsestde nature cireuse. Elle est demôme nature que chez les Lecaninm et produite ici par de nombreuses glandes placées sur le bord des segments du corps de la femelle • cette sorte de cire est soluble dans l'éther et le chloroforma presque entièrement, moins complètement dans l'alcool
Pour ce qui est du mâle, il possède deux ailes membraneuses transparentes, est dépourvu de tube digestif et périt sitôt 1 accouplement. Il en est de même chez les Lecanium.
Cochenille blanche. - Il existe sur les Caféiers plusieurs espèces appartenant au genre Dactylopius; le D. Adonidmn qui, a la Reunion, porte le nom de pou blanc, est la plus répandue.
Dans les colonies anglaises, on l'appelle» white buo- „ (punaise blanche) ou « mealy bug « (punaise cotonneuse); au Mexique, il a reçu le nom de « pulgon » fpou). Linné, le
(i) Green, Indian Muséum Notes, IV, 1896, p. 2.
créateur' de l'espèce, l'appela primitivement Pediculas Adonidum (pou des Adonis) et plus tard Coccus Adonidnm. Plusieurs auteurs ont pris un nom de genre différent, ce qui complique considérablement la synonymie de l'espèce. Il faut citer les deux plus connus : Pseudococcus Westwood, Dactylopius Costa. Comstock changea le nom spécifique et l'appela Dactylopius destructor (i), nom sous lequel on le trouve souvent désigné dans les publications américaines.
L'espèce linnéenne a été démembrée par Signoret en un certain nombre d'espèces (9.) qui diffèrent peu entre elles et toutes n'ont pas été unanimement acceptées. Parmi ces espèces, \e Dactylopius r?V/7*(Risso, Boisduval, Signoret) est la cochenille des orangers dans l'hémisphère tempéré boréal. Une autre, Dactylopius longispiiius Targioni- Tozzetti, est, d'après M. Antonio Berlese (3), la cochenille des orangers dans les régions chaudes ; en Italie elle se multiplie difficilement à l'air libre et est peu répandue à cause de la période hivernale qui arrête son développement. Cette seconde espèce semble mieux répondre au Dactylopius du Caféier. Néanmoins, plusieurs de ces cochenilles, réunies par Linné en une seule et même espèce, sont signalées sur les Caféiers par différents auteurs ; dans ces conditions, on conçoit qu'il persiste un certain doute à ce sujet ; d'autant que jusqu'ici la ou peut-être plutôt les « cochenilles blanches » n'ont pas été, que je sache^ étudiées par un entomologiste s'occupant spécialement de ce groupe d'insectes, diiriciles à déterminer avec certitude quand on ne possède pas toutes leurs formes.
Boisduval émit d'ailleurs un doute sur cette identité. Il dit expressément (4) :
(i) Comstock, Annual report of tJie commissioner of agriculture for the year 1881, Washington, 1881, p. 34i.
(2) Signoret, Essai' sur les Coctienilles, in a Annales de la Société ontomologique », 1875, p. 3o6.
(3) Antonio Berlese, Le Cocciiiiglie italiaue viventi sugli agruiiii, in liivista di patologia végétale, vol. II, i8y3.
(4) D' Boisduval, Essai sur l'entomologie agricole, 1867, p. 3 48.
« Le pou blanc qui, à Tile Bourbon, fait, depuis quelques « années, de si grands dégâts dans les plantations de café « et de canne à sucre, appartient sans doute à une espèce « très voisine du Dact y lopins Adonidam (appelé Coccus « Adonidam par Boisduval). »
Le véritable Dactylopius Adoniduni est la Cochenille des serres ou Pou blanc des serres qui, dans les serres chaudes en Europe, attaque une foule de plantes et cause des dommages notables.
La cochenille blanche du Caféier a été observée dans la plupart des régions où se cultive le Caféier : dans l'Inde, surtout dans le Mysore (i); à Ceylan, d'après Nietner; à la Réunion ; à Madagascar ; au Brésil, d'après Gœldi (2) ; au Mexique (3); à Costa-Bica, d'après M. Adolfo Tonduz; dans les Antilles ; aux îles Hawai, d'après M. W.-G. Wait (4). Dans cette dernière localité (5) ont été signalées d'autres cochenilles sur les Caféiers, parmi lesquelles un Rhizococcus sp., genre créé par Signoret (6), à peine différent du Dactylopius et qui attaquerait les Citronniers et les Caféiers. Cette espèce serait de provenance japonaise. Peut-être ne diffère-t-elle pas de res|)èce que nous étudions, qui, autant qu'il semble, est très répandue.
La femelle de la cochenille blanche a le corps un peu con-
(i) Indian Muséum Notes, vol. I, u» i, Calcutta i88ij, et vol. II, a'^ G. •
Journal of the Asiatic Society, Part. II, 1886, p. 288. (i) Op. cit.
(3) RiLEY, Insect life, U. S. Department of agriculture, division of entomology, V, p. 60. — ScHŒNiKLD, vice-consul de France à Tampico, Bapport sur l'agriculture et la culture du café au Mexique, in Jiulletin du Ministère de V Agriculture, 1896, p. 3ii. — Josi'; C. Skglr.v, La fuinagina y el pulgon de los Cafetos de la liepublica mejicana, traduit dans la Revue agricole de la Réunion, 1896, p. 'i\. — Adolfo Tonduz, La fumagina del Cafeto, San José, Costa Rica, 1897. — D'' Ramirez, in « Anales del Instituto medico nacional mejicano », t. Il, juillet 1896.
(4) Insect life, VI, p. 334. — Planter's Monthly, 1893, p. 559-56i.
(5) A. Kœbele, Report of Department agricult. and furestry, Ilawaïan Republ., 1894.
[6] Signoret, Op. cit.
vexe, oblong, de un millimètre à un millimètre et demi de long; le dos est cotonneux, d'un blanc un peu grisâtre; le ventre est jaunâtre. La femelle est mobile jusqu'à la ponte. Aussitôt après, elle meurt sur ses paquets d'œufs, entourée d'une substance cireuse blanche. Le mâle est plus petit, brun, un peu olivâtre. Les œufs, presque transparents, sont d'un jaune clair; leur éclosion coïncide en général avec les périodes de grandes chaleurs.
La cochenille blanche attaque d'autres plantes que le Caféier. On signale, dans Tlnde, un Cedrela et plusieurs F'icus (i), au Mexique un nombre plus considérable (2), les Dracœnas, les Manguiers, les Orangers, les Ananas surtout; de telle sorte qu'à la Jamaïque on aurait essayé de se servir de ces derniers comme plantes-pièges, en les plantant entre les rangs de Caféiers.
Ces cochenilles sécrètent comme les précédentes un liquide sucré qui, comme nous avons vu, se recouvre de lumagine. L'insecte et le champignon peuvent envahir tous les organes du Caféier, les jeunes bourgeons, les feuilles, les rameaux, les glomérules floraux, les fruits. Si les bourgeons floraux sont attaqués avant épanouissement, la coulure en est le plus souvent la conséquence fatale : le fruit attaqué mûrit mal ou tombe prématurément. La feuille résiste mieux, car, s'il survient une élévation de température accompagnée de sécheresse, la couche de fumagine se détache souvent par écailles, laissant la feuille propre, mais en assez mauvais état, en partie décolorée et peu susceptible d'accomplir ses ibnctions. Néanmoins, il y a lieu de faire à ce sujet une réserve, car c'est précisément pendant la période chaude que la cochenille trouve les conditions les plus favorables à sa pullulation, tandis que, j)endant la saison des pluies, où elle ne se multiplie guère, l'humidité atmosphérique favorise au contraire, sur les sécrétions
(i) Indian Muséum Notes, vol. I, \i° i. (2) Segura, Op. cit.
sucrées de Finsecte, Textension de la moisissure noire de la fumagine.
En tout cas, on peut sans diflîculté reconnaître à une certaine distance une plante fortement attaquée, même au début. Les feuilles sont recouvertes d'une poudre blanche ressemblant à de la farine, qui, si on la regarde à la loupe, se voit entremêlée de femelles et d'insectes minuscules, les jeunes larves. Ce n'est qu'un peu plus tard qu'apparaît la fumagine qui peut couvrir entièrement les feuilles.
La Cochenille blanche envahit aussi, mais plus rarement semble-t-il, les parties souterraines des Caféiers, jusqu'à o,25 cent, au-dessous du collet; et là, plus que sur la tige, sa sécrétion sucrée attire de nombreuses fourmis. Parmi celles-ci, une espèce, appelée « ruiva « au Brésil, serait le Bracliymyrmex decedens Mayr. Gœldi(i) et avant lui le baron de Capanema, qui avait le premier observé cette association de la cochenille et de la fourmi sur les racines du Caféier au Brésil, l'ont considérée comme inoffensive pour la plante, aussi bien lorsque les parties aériennes du Caféier sont attaquées. Il faut dire que Gœldi ne parle qu'accessoirement de la Cochenille blanche du Caféier; il s'est occupé surtout de la maladie vermiculaire, et s'il innocente le Dactylopius de tout méfait, c'est sans doute que cet insecte ayant été soupçonné de produire les nodosités des racines, il avait pu se rendre compte que la production de ces nodosités n'était aucunement liée, chez le Caféier, à la présence de la Cochenille blanche. M. Bordage(2), au contraire, croit que cet insecte peut tuer les jeunes Caféiers ; mais, ici encore, il est permis de supposer qu'il y a confusion entre des espèces voisines.
La Cochenille blanche a aussi ses insectes parasites, rencontrés, comme ceux de la Cochenille brune, à Ceyian par Nietner. Ce sont une larve de Coccinelle et deux larves de
(i) Gœldi, Op. cit.
(2) BoRDAGE, Revue des Cultures coloniales, 5 mai, 1899, p. 260.
Chalridides (i) : Sct/jiuius i-otiuulmiisMostch., la Coccinelle ; Chartocenis musciformis Motsch. et Encyrtus Nietneri Motsch., les deux Chalcidides. Enfin, à la Réunion, les chenilles d'£'/r/.ç//7*(7 blaudula, d'après M. Bordage(2), détruisent aussi la Cochenille blanche.
D'autres espèces du même genre Dactylopius sont également nuisibles au Caféier.
Le véritable Dactylopius Citri Risso, des Hespéridées, signalé par Riley au Mexique (3), serait, d'après M. Green (4), celui qu'on trouve à Ceylan, à l'exclusion du précédent. Nous venons de relever l'obscurité qui règne encore à ce point de vue.
M. Bouyssou (5), à côté d'une cochenille qu'il pense être Dactylopius Adonidum^ a trouvé au Congo français une autre cochenille qui s'en différencie surtout par deux prolongements soyeux de la longueur du corps, insérés à la partie postérieure, La seconde serait, dans cette région, plus nocive que la première.
Le Dactylopius lougifilis Comst. se trouve sur le Caféier à Java, d'après M. Koningsberger.
On a observé sur le Caféier plusieurs Coccides n'appartenant pas aux genres précédents. Nous ne dirons quelques mots que du genre suivant :
Puh'inaria. — Les Pulvinaria constituent un genre établi par Targioni-Tozzetti, à limites indécises, qui est fort voisin du genre Lecanium. Les Pulvinaria ne sont autres que des Lecanium chez lesquels le corps de la femelle repose sur un coussin de matière cireuse blanchâtre et n'est fixé au végétal que par sa partie antérieure. Dès lors, à un moment donné, lorsque les œufs produits par la femelle sont
(i) Indian Muséum Notes, vol. II, n° 6.
{■l] BORDAGE, Id.
(3) Riley, Op. cit.
(4) Green, Op. cit.
C'y) Revue des Cultures coloniales, 20 septembre 1899.
— 16-? — devenus abondants, récusson qu'elle forme se trouve soulevé par sa partie postérieure. Il faut avouer que ce caractère ne se trouve nettement marqué que dans un certain nombre d'espèces de ce genre. D'autres le relient insensiblement au genre Lecanium.
Deux espèces de Piilvinaria attaquent les Caféiers : Pulvinaria Psidii Maskell, qui cause de grands dommages aux îles Hawaï, d'après M. Kœbele (i^. Cet auteur a pu s'assurer que les larves d'une coccinelle introduite d'Australie, le Cryptolœmus Montrouzieri, opèrent la destruction parfaite de cette cochenille. M. Zimmermann a vu à Java le [Piilviiiaria Psidii sur le Libéria (s), tandis qu'à Ceylan, M. Green le rencontrait sur différentes plantes, mais pas sur le Caféier. Y a-t-il identité entre les deux espèces trouvées ?
Piih'iiiaria camellicola Signoret (?) qui, d'après M. Wait, y serait dévoré aussi par des larves de coccinelles (3).
Cochenilles souterraines. — Récemment M. Giard (4) a décrit deux cochenilles nouvelles observées sur les racines du Caféier, et il les considère comme différentes des espèces dont il est question plus haut.
L'une est VOrtheziola fodiens Gd ; la femelle, d'un fauve rougeâtre, mesure, à l'état adulte, a millimètres de long sur un millimètre et demi de large.
La seconde est le Rhizœcus Eloti Gd ; la femelle adulte, aveugle, de couleur grisâtre, a un peu plus de a millimètres de long.
Ces deux espèces, récoltées par M. Aug. Elot, directeur du laboratoire agricole de la Basse-Terre (Guadeloupe), coexistaient sur les radicelles d'une plante mourante.
(i) The Tropical Agriciilturist, 1897, p. 3i.
(2) Centralblatt fur Rakteriologie, 1' Ahtheilung, 1899, p. 585.
(3) Wait, Op. cit.
(4) Comptes rendus hebdomadaires des séances de la Société de biologie, n" du 25 juin 1897, p. 583
M. Giard n'a observé que des individus femelles, jeunes ou adultes.
Dans les cas d'invasion de cochenilles souterraines, il est présumable qu'un arrosage, au besoin répété, avec la solution de sulfocarbonate de potassium dont nous avons parlé, ou l'emploi du sulfure de carbone, rendrait des services.
Fumagine. — Ce terme désigne, nous le savons déjà, l'enduit noir de nature végétale qui se développe sur les feuilles attaquées par les pucerons et les cochenilles. Nous savons aussi que les sécrétions sucrées de ces insectes servent de support aux champignons de la fumagine ; néanmoins, ces matières sucrées peuvent aussi reconnaître une origine autre que les insectes.
Un bon nombre d'arbres produisent parfois, pendant la saison chaude et par l'intermédiaire de leurs feuilles, un liquide visqueux, sucré, qu'on peut même, au microscope, voir sourdre directement des stomates (G. Bonnier), et, lorsqu'il est abondant, il tombe en fines gouttelettes, recouvrant les feuilles et le sol placés au-dessous (i). On a appelé cette exsudation saccharine la miellée ou le miélat, ce terme étant souvent aussi appliqué à la production de la matière identique élaborée par les pucerons et quelques autres insectes. La miellée due aux pucerons est plus abondante le jour que la nuit; au contraire, celle produite directement par les plantes est plus copieuse pendant la nuit, et elle est surtout abondante dans les périodes où des nuits fraîches alternent avec des journées chaudes et sèches.
Dans un mémoire récent, M. Gaston Bonnier (2), après avoir résumé les travaux antérieurs publiés sur ce sujet, a
(i) E. BouDiER, Siii' la nature et la production de la miellée, Association fr. pour l'av. des Se. Congrès de Blois, 1884. — Busgen, Der Honigtau, léna, 1891, etc.
(2) Gaston Bonnier, Recherches expérimentales sur la miellée (Revue générale de Botanique, VIII, 1896, p. i).
étudié à nouveau ces phénomènes et précisé nettement les conditions qui les régissent.
Pour le Caféier, il est probable que les feuilles produisent directement de la miellée. Nietner (i) considère la miellée du Caféier comme « tantôt une sécrétion de Tinsecte, tantôt luie sève extravasée qui coule des troncs blessés, ou plus vraisemblablement une combinaison des deux ». Le fait a été pourtant contesté (2).
M. Anderson (3), qui a suivi une apparition de miellée en connexion avec le Dacty lopins Adoniduiu, a vu l'arbre envahi suinter un liquide gommeux en si grande quantité que le sol était mouillé sur toute la surface occupée par la plante.
Un nombre considérable de végétaux montrent de la fumagine et même, sur une plante donnée, ces enduits fuligineux peuvent appartenir à des espèces différentes de champignons. Pour ce qui est du Caféier, les champignons de la fumagine sont encore incomplètement connus ; cependant les quelques observations que j'ai pu faire ou contrôler à ce sujet me permettent d'assurer qu'il y a au moins deux espèces botaniques différentes qui concourent à la production de cette fumagine.
L'une d'elles est le Ti'iposporiiun Gcirdiieri (4) de Berkeley; l'autre le Capnodium Coffeœ de M. Patouillard.
Triposporium Gardneri. — Ce champignon a été observé par Berkeley (5) sur des feuilles de Caféier envahies par le Lecaniiun nigriim. La même espèce, immature, a été appelée par Piabenhorst Syncladium Nietneri (in Hedwigia,
(i) Op. cit.
(2) BouYssou, lie^ite des Cultures coloniales, 20 septembre 1899.
(3) Indian Muséum Notes, vol. I, n" i ; A'^otes on Indian insects pests, Bhynchotes, par E. I. Atkinson, Calcutta, 1889.
(4) Dédié à Gardner, directeur du Jardin des plantes de Ceylan, qui avait transmis ce champignon à Berkeley.
(5) Berkeley, Fungi Ceylan., n''894, et Notice of a mould attacking the Coffee plantations in Ceylan, by the Révérend M. J. Berkeley.
i858). La fumagine à laquelle ce champignon donne naissance forme crabord une plaque mince, d'un gris noir, transparente, qui, en deux ou trois mois, s'épaissit assez pour couvrir feuilles et menues branches d'un enduit opaque, simplement granuleux à la loupe. A Ceylan, il pourrait persister une année entière à l'état vivant sur les feuilles du Caféier; à la saison sèche, il s'élimine en larges écailles qui laissent la feuille absolument propre, mais le plus souvent presque décolorée, desséchée, morte et sans utilité pour la plante (i).
L'examen microscopique ne m'a pas permis d'y découvrir d'autre fructification que la forme conidienne, constituée par des spores (conidies) naissant librement à l'extrémité des filaments (fig. 40-
La portion végétative du champignon, le nncélium, est
formée de filaments rampants, ramifiés, tortueux, copieusement cloisonnés, d'un brun olivâtre ou fuligineux, qui, de place en place, produisent un rameau dressé, également cloisonné, étranglé aux cloisons, portant à son sommet des conidies, en général au nombre de trois, rayonnant en étoile et divergeant dans un plan perpendiculaire au filament-support. Ces conidies sont brunes, 6 à 8 fois cloisonnées, un peu atténuées en pointe mousse à leur extrémité libre, où elles deviennent presque hyalines. La dimension des conidies est variable; la moyenne est de 1/20 de millimètre ou 5o [x.
Fig. 41. — Triposporium Gardneriiierli. — .1/, filament du mycélium produisant des conidies, Co.
(i) Indian Muséum Notes, vol.
Il est à remarquer que les formes Triposporiinu ont déjà été observées dans les premiers développements de fumagines dues à tles Capnodium. La fumagine de l'Oranger, en particulier, produite par le Capnodium Citri Penzig, montre une fructification conidienne en Trisposporium (i) tout à fait identique à celui de Berkeley sur le Caféier. Je serais tenté de les identifier tous deux et de rapporter le Triposporiiim Gardiieri au Capnodium Citri., et cela d'autant que l'espèce de Berkeley est signalée par son créateur sur des plantes variées. Et, d'un autre côté, j'ai pu observer sur des feuilles de Caféier et d'Oranger poussant côte à côte, et tous deux provenant de la Martinique, cette forme Triposporium .
Je dois reconnaître cependant que, sur l'Oranger, on rencontrait toutes les formes du Capnodium Citri, formes conidiennes, spermogonies pycnides, périthèces ascospores (2), tandis que sur les feuilles de Caféiers voisins, et sur d'autres feuilles de Caféiers de provenance différente, je n'ai pu rencontrer que la forme conidienne en Triposporium.
Capnodium Coffex. — La fumagine produite par cette espèce semble plus répandue que la précédente. J'en ai eu des échantillons du Tonkin, de la Martinique, du Venezuela, de l'Ecuador, qui, pour la plupart, m'ont été fournis par le créateur de l'espèce, M. Patouillard, le très éminent mycologue.
L'apparence et le développement de cette fumagine ne semblent pas différer beaucoup de ce qu'on observe pour le Triposporium du Caféier. A l'état jeune, il n'y a pas extérieurement de différence bien sensible; l'enduit noir est seulement un peu moins dense. Sur des échantillons très avancés, l'examen à la loupe montre une quantité considérable de courts filaments, un peu entrecroisés, qui donnent assez
(i) Ed. Prillieux, Maladies des plantes agricoles, Paris, 1897, t. II, p. 55 et suivantes.
(2) Pour le sens de ces termes, voir Ph. Van Tieghem, Traité de Botanique, 1" éd., pp. ii33 et n34; et Ed. Prillieux, Op. cit., II, p. i et suivantes.
bien à la feuille l'apparence d'un velours mat : ce sont là les cols des périthèces, comme nous verrons tout à l'heure.
Au début de son développement, le champignon produit un mycélium qui possède le caractère des mycéliums de Capnodium en général (fig. 4'^-, fi)- H est formé de filaments bruns qui, rapidement, produisent des chapelets ramifiés de cellules d'un brun olivâtre clair, ovoïdes, à parois minces, plus ou moins atténuées aux deux extrémités.
Un peu plus tard, le même mycélium donne naissance à des chaînes de spores cubiques, à faces latérales légèrement bombées, un peu plus grosses, de 4 à 6 [j, de large (fig. 42, h^ c). Cette forme semble bien répondre à l'espèce décrite par Cooke (i) sous le nom de Tonila Sphœrella. Le mycélium qui produit les chaînes de conidies est d'abord cylindrique, d'un calibre partout égal, puis progressivement les articles s'étranglent un peu aux cloisons, en même temps que les parois s'épaississent et accentuent leur teinte, et les chaînes de conidies se trouvent constituées. Ces conidies ne se séparent les unes des autres que très difficilement; le plus souvent, elles ne se détachent des filaments que par groupes un peu sinueux de quatre à huit. Je n'ai pu observer la germination des conidies, n'ayant à ma disposition que des échantillons desséchés.
Le même mycélium produit également, mais, il m'a semblé, en petit nombre, des conidies isolées, fusiformes, allongées, très brunes, à parois assez épaissies, dressées, à 5 ou 6 cloisons transversales, d'environ 5o [x de long sur 5 [1 de large, portées sur un pédicelle court. C'est une forme Brachysporium .
Enfin, avant de fournir ses périthèces, de place en place, le mycélium s'agglomère en petites masses, irrégulièrement arrondies, qui résultent du cloisonnement d'un fila-
(i) Grevillea, 1880, p. 11.
(2) Bulletin de la Société mycologique de France, t. IX, 1893, p. i5o.
ment suivant les trois dimensions (fig. 4^, d,e). Ces organes se retrouvent dans les formes primaires qu'on observe dans les fumagines, formes pour lesquelles le mycologue Persoon avait créé le genre Fuma go. Les organes dont nous parlons sont fréquemment appelés bourgeons ; quant à leur rôle, on peut assez bien les comparer aux bulbilles des plantes supérieures. Ce sont, en somme, des organes de résistance, qui peuvent persister à l'état latent et reproduire par leur développement un corps végétatif nouveau. A la fin de l'évolution apparaissent, sur le mycélium, des périthèces, sans qu'il soit possible de noter de spermogonies ou de pycnides. Les périthèces se présentent au milieu d'un réseau de filaments mycéliens grêles, avec l'apparence de longs poils noirs aigus (fig. 4>^); il« se renflent un peu vers la base et produisent un ou deux rameaux latéraux plus ou moins, ventrus. Le périthèce lui-même reste néanmoins étroit; sa largeur ne va pas au delà de fto ou ?)o [X, tandis que sa longueur peut atteindre un millimètre et demi (i.5oo |x). Ces périthèces enfin se sont jusqu'ici montrés stériles : on n'y rencontre de spores d'aucune sorte.
Fig. 4.!. — l'ajj/iinliiuii Cuff'cn' Pat. — Sa tonne conidiciine [Tvitila Sp/ta-rella Cooke ?) : a, mycélium, produisant en b une chaîne de conidies ; f, portion d'une chaîne détachée ;
d, un bourgeon issu du mycélium ;
e, un bourgeon naissant.
Un autre Capiiodiuiu a été récemment décrit sur les feuilles du Caféier par ^I. Spegazzini \i), sous le nom de
(i) Rcvista agiicola y \-eterinaria, La Plata, 1896, p. 324.
Capnodium trichostommn. Peut-être est-ce la même espèce ; je n'ai pu, en tous cas, me le procurer.
De même, ^I.Wait a signalé un Capnodium lanosiini qui serait le champignon de la iumagine aux îles Hawai (i). Ce qualificatif lanosum permet de penser que, probablement, il ne s'agit pas d'une espèce différente du Capnodium Coffen\ La i'umagine est toujours plus abondante et plus fréquente sur la face supérieure des feuilles, car c'est là que les excrétions sucrées des cochenilles lavées par les pluies ou la rosée s'accumulent et se dessèchent. On comprend que le manque de lumière dû à la présence de cet enduit noir n'est pas sans gêner les fonctions générales de la feuille, la transpiration et la fonction chlorophyllienne. La présence de la fumagine apporte par suite un trouble notable dans la nutrition générale de la plante. Il n'est pas rare, d'ailleurs, d'observer la chute de tout ou partie du système foliaire ; et, pendant la période correspondante, le développement, l'accroissement, la floraison, la fructification subissent un temps d'arrêt très net,
Quelle que soit leur nature botanique, les champignons des fumagines se comportent de même vis-à-vis de leur hôte. On ne peut rigoureusement les qualifier de parasites, puisqu'ils ne pénètrent pas dans l'intérieur des tissus du végétal et que leur végétation complète s'accomplit exclusivement à la surface de la plante hospitalière; mais l'action nocive
Fig. 4j. — Capnodium Cvjjeœ Pat — Péi'ithèce jeune en a, naissan sur le mycélium, M; en b, un pc rithèce plus développe.
(i) Wait, Op. cit.
dont nous venons d'énuniérer les effets n'en est pas moins réelle, et elle est la résultante des actions combinées de l'insecte et du champignon.
Le Caféier de Lil^hna parait aussi sujet que le Caféier d'Arabie à l'invasion de la fumagine (i). Il souffre moins cependant, à cause de sa végétation plus puissante.
La fumagine, naturellement, prend une intensité plus grande toutes les fois que sont réalisées les conditions qui favorisent le développement des moisissures, c'est-à-dire la chaleur, l'humidité, l'air confiné. En dehors des stations basses et à sol humide, qu'on évite en général pour le Caféier, ces conditions sont réalisées lorsque l'arbre est trop touffu, que son feuillage et ses jjranches intérieures n'offrent pas à l'air et à la lumière une pénétration suffisante, en même temps qu'ils constituent une surface considérable où séjournent facilement les germes.
Traitement. — Il comporte deux indications évidentes : combattre les insectes, empêcher le développement de la fumagine.
La première opération à effectuer, depuis longtemps conseillée (y), est un émondage rationnel, qui aère et éclaire l'arbre et gène la végétation des champignons de la fumagine.
On enlève par ce procédé une quantité notable de cochenilles ; on prendra soin de supprimer surtout les feuilles ou jeunes rameaux qui en sont le plus chargés, et le tout sera détruit par l'incinération .s^/'/'/ri'ce des parties taillées.
L'élagage effectué, c'est alors seulement qu'on pourra
(i) L'Agriculture et les forêts dans le sud de Madagascar, noies de voyajîçe de M. Chapotte, garde général des forêts (Bulhrtin du Ministère de l'Agriculture, 1898, p. 171).
(2) De la maladie noire des plantes, par AU'red Lejourdan, Marseille, 1864, p. 80 et 90. — PuiLLiEux, Rapport sur la maladie noire des oli\'iers dans l'Hérault (Bulletin du Ministère de l'Agriculture, i885,
avantageusement traiter les plantes par des solutions insecticides et anticryptogamiques.
Malheureusement, la destruction complète des cochenilles, insectes et œufs, est loin d'être assurée. M. AntonfO Berlèse insiste particulièremenl sur ce point (i). Ses expériences lui ont montré que, si les insectes sont tués par des substances insecticides diverses, aucun des insecticides connus n'atteint les œufs ou les larves récemment écloses sous la carapace maternelle ou dans l'épaisse enveloppe céracée. Alors que, chez les cochenilles très jeunes, la minceur et le peu de résistance du tégument permettent de détruire facilement les larves mobiles, il est loin d'en être de môme plus tard. Chez les Lecaniuni, Técusson induré qui couvre la femelle protège celle-ci et ses (Luifs d'une fayon parfaite. Chez les Dcidylopius, le développement de l'enduit céracé est assez considérable pour produire un résultat identique.
Il devient dès lors nécessaire d'introduire dans les mixtures insecticides une substance capable de dissoudre les matières cireuses, et, en même temps, il faut augmenter la force de projection du liquide pour en faciliter la pénétration. On trouve maintenant d'ailleurs, chez les fabricants de pulvérisateurs, des appareils à dispositif très varié et répondant à cette dernière indication. On n'aura que rembarras du choix.
Comme substance dissolvante, le D'" Boisduval a préconisé Talcool (•>); il conseille l'application d'alcool fort (à 90°) avec un pinceau. Le liquide s'évaporant rapidement ne nuit pas aux plantes ; mais ce procédé, praticable dans les serres, ne peut être réalisé en grande culture.
On a proposé de nombreuses substances : le lait de chaux, la solution d'hyposulfite de soude (Cosson), le lait de chaux additionné d'un centième d'alcool (Novaret) (.i). Ce dernier
(i) Antomo Berlèse, Op. cit.
(2) D' Boisduval, Op. cit.
(J) Cllés par M. Alfred Lejoukdax, Op. cit.
procédé, qui a l'avantage de la simplicité, mériterait d'être expérimenté à nouveau pour le Caféier, en y ajoutant une quantité d'alcool, S ou 4 % au moins.
Plus récemment, M. Raoul a préconisé le jus de tabac et les émulsions pétrolées proposées par M. E. C. Cotes, de VIndiaii Muséum de Calcutta, et vulgarisées par Riley, le savant et regretté entomologiste du département do l'agriculture des États-Unis.
Riley conseille d'employer le kérosène, produit qui, raffiné, donne le pétrole lampant ordinaire; ce dernier est pratiquement suffisant et plus facile à se procurer.
Voici comment Riley conseille de procéder (i) :
« 1° Pour obtenir l'émulsion de kérosène (ou de pétrole) « au savon, on dissout une demi-livre de savon (a5o grammes) « dans un gallon (3 lit. 780) d'eau chauffée jusqu'au degré « d'ébullition, et on ajoute le mélange ainsi obtenu, « tout bouillant, à 2 gallons de kérosène. Une agitation vio- « lente donnera comme résultat un composé de la consis- (( tance du beurre. Ces émulsions sont absolument fixes et « peuvent être gardées indéfiniment. On peut, suivant « l'usage qu'on veut en faire, les diluer dans 10 fois leur « volume d'eau ou davantage et s'en servir dans les pulvé- (( risateurs. »
2" Riley a également employé une émulsion composée à parties égales de kérosène et du composé résineux suivant :
« On dissout une livre de soude caustique en la faisant « bouillir dans un gallon d'eau. On ajoute à la moitié de <( cette solution 8 livres de résine et on fait bouillir le tout « jusqu'à dissolution de la résine; après cela, on ajoute le « reste de la solution, et le mélange obtenu est mis à bouillir « sur un feu très vif. Le composé qui en résulte s'assimile « très bien à l'eau froide. »
On aura le choix entre ces deux procédés. Il faut néan-
(i) Rapport de M. Brocchi. Cl. 76. Insectes utiles et insectes nuisibles; extrait des Rapports du Jury international de l Exposition universelle de 1889, Paris, Inip. nat., MDCCCXCII.
moins se souvenir que les émulsions de pétrole diluées ne se maintiennent pas très longtemps homogènes et qu'on doit employer l'émulsion diluée peu dlieures après sa confection , sinon le pétrole se dispose en gouttelettes et les feuilles peuvent être corrodées, ce qui aggrave le mal au lieu de le conjurer. D'un autre côté, il n'a pas été fait, à ma connaissance du moins, d'expériences bien précises au sujet de la résistance des feuilles de Caféier à la corrosion par ces liquides à base de pétrole, corrosion qui d'ailleurs varie notablement suivant les plantes.
Il sera, par suite, utile d'essayer le produit sur un seul ar])re avant de l'employer en grand.
La solution la plus forte, mais qui ne corrode pas les feuilles, sera la meilleure ; on en établira facilement la formule après quelques tâtonnements. En tout état de cause, pour la formule n" i, je crois qu'il est nécessaire de diluer à une partie pour i5 parties d'eau environ; pour la formule n° 2, une partie pour 35 environ. M, Raoul a, il est vrai, conseillé pour une formule analogue à celle du n° i une émulsion à i/io au plus; mais, par comparaison avec ce que j'ai pu observer pour d'autres plantes, je crains que le liquide ainsi obtenu ne brûle fortement les feuilles du Caféier.
Ces insecticides seraient, à mon avis, d'une efficacité encore plus certaine s'ils renfermaient de l'alcool et de la nicotine. On pourrait introduire la nicotine en faisant infuser des feuilles de tabac grossièrement contusées, et en quantité assez forte, dans le liquide qui doit servir à diluer le mélange pétrole. On ajouterait ensuite 3 ou 4 % d'alcool fort non rectifié, à 90° ou c).")".
Ces solutions seront appliquées au pulvérisateur et répétées, si besoin est, une ou deux fois pendant la saison (diaude.
On doit observer encore que la destruction des cochenilles sera d'autant moins difficile à obtenir que l'apparition de ces insectes sera de date plus récente. A l'état jeune, les
cochenilles ont un tégument mou et^ sont plus vulnérables aux agents destructeurs dont nous avons parlé.
11 est encore un autre procédé de destruction dont je dois parler, mais qui pour devenir réellement pratique nécessite des essais et méthodiquement entrepris pour le Caféier.
Nous avons vu plus haut que M. Kœbele avait pu assurer aux ilesHawaï la destruction d'un Pulvinaria avec les larves d'une coccinelle introduite d'Australie. La même méthode utilisée déjà depuis quelques années en Californie a amené la disparition pour ainsi dire complète de certaines cochenilles, surtout sur l'oranger et le citronnier (i).
Il est certain que les ennemis des cochenilles sont partout en général assez nombreux, mais ils peuvent manquer si la cochenille est d'importation récente dans un pays. Il semble précisément que c'est le cas pour la cochenille verte, \e Lecanium viride ^ à Ceylanen particulier; et c'est alors qu'il peut être avantageux d'essayer l'action destructive d'un insecte parasite approprié, que Ton cherchera ensuite à importer systématiquement. Un essai de ce genre a été tenté à Ceylan même par M. Green(2) : il a pu voir que les larves d'une coccinelle du Cap, Exocomus iiigriina cala lus, s'y nourrissaient volontiers avec les Pulvijiaria Psidiiyla Cochenille blanche et la Cochenille verte du Caféier. Cependant le transport des coccinelles exige des précautions pour que les insectes parviennent vivants à destination. Avant de les disséminer dans les cultures à protéger, on devra toujours s'assurer de leurs qualités réelles.
Ce procédé de destruction des insectes nuisibles est susceptible sans doute de s'étendre à d'autres insectes que les cochenilles et il y a là d'intéressantes recherches à faire.
(i) Voir 1j résumt5 et l'étal actuel de la question clans l'article de M. Zim- MERMANN : 7)i>; Beksenipfung der thierischen Schsedlinge der Kulturpflanzen durch ihre naturlichen Fei/idc, ni aCcnivAlhlAtl furBakteriologie, 2*parlie m, V, p. 8)1 et 858 (i" et 5 décembre 1899).
(2) The Tropical Agriculturist, 1899, n» 2, p. 161.
Les cochenilles ou les pucerons délruits ou fortement diminués en nombre, la fumagine se développera moins activement pendant la saison des pluies. S'il devient nécessaire, à cette époque, d'en arrêter l'extension, on emploiera une des bouillies cupriques dont nous parlons plus haut; l'effet sera suffisant, à moins que les pluies ne lavent par trop les feuilles.
En tout cas, tous ces traitements devront être complétés par des soins culturaux éclairés et par l'application d'engrais ; après l'élagage qui, par nécessité, pourrait être un peu excessif, l'application d'engrais azotés à utilisation rapide, nitrates, sulfate d'ammoniaque, est à conseiller pour aider la plante à refaire rapidement son système l'oliaire.