INTRODUCTION
En dehors des troubles plus ou moins profonds que peuvent déterminer des conditions défavorables de végétation, le Caféier, comme les plantes de culture en général, se trouve exposé à de nombreuses maladies, dues à Tinvasion de parasites. Ceux-ci, animaux ou végétaux, sont nombreux et variés, qui s'attaquent à cette plante ; et ces parasites, dans une région déterminée, peuvent prendre une telle extension que la majorité des sujets se trouvent atteints à des degrés divers.
La maladie est dès lors constituée à l'état épidémique et, dans de telles conditions, l'agglomération des individus a un rôle prépondérant pour amener ce nouvel état de choses. Cette loi biologique s'applique d'ailleurs à tous les êtres vivants.
Chez les plantes en particulier, les conditions normales de répartition et de densité des espèces vivant à l'état sauvage sont le plus souvent très différentes de celles que l'homme établit artificiellement et qu'il réalise par la culture. Elles résultent, pour l'état naturel de la plante, d'une sélection déjà lointaine, à laquelle plusieurs facteurs ont coopéré, dont le résultat
final est l'adaptation de la plante au milieu où nous la rencontrons. En rompant cet équilibre, en augmentant souvent dans de grandes proportions la densité des agglomérations, l'homme favorise le développement et l'extension des parasites. D'un autre côté, au point de vue biologique, la culture extensive d'un végétal favorise souvent ces parasites ; car, en dehors de l'augmentation numérique des plantes hospitalières, elle transforme en général celles-ci, de manière à offrir à leurs parasites une alimentation meilleure.
Dès lors, pour combattre efficacement une maladie, non seulement on devra procéder, dans la limite du possible, à la destruction du parasite, par des procédés qui d'ailleurs varieront avec chacun des cas, mais encore il faudra placer les plantes cultivées dans de telles conditions qu'elles puissent, par leur vigueur, lutter contre les pertes que leur fait subir le parasite; et l'action de ce dernier est d'autant plus déprimante pour l'hôte que celui-ci est plus affaibli. On y parviendra en réalisant, autant qu'on le pourra, les conditions normales de végétation de la plante quant au sol , à l'exposition , à l'altitude , à la température moyenne, au degré hygrométrique de l'atmosphère, etc. C'est alors seulement que la lutte contre les parasites sera possible et pourra se réaliser avec chances de succès. Ce qui revient à dire que la première indication pour le traitement des plantes ainsi attaquées est de les soumettre à une culture rationnelle, en prenant ce terme dans son sens le plus large. Ces observations paraîtront sans doute banales, mais elles sont, en pathologie végétale, d'une importance trop considérable pour qu'il ne soit pas inutile de les rappeler. Ce sont des considérations de ce genre qui ont suggéré au D^' Ernst (1) ce début de phrase : Un enemigo ciel
(i) A. Ernst. Estudios sobre las deformaciones, enfermedadcs y enemigos del arhol de café en Venezuela. Caracas, 1878.
arhol de café^ y en nuestra Immilde opinion el mas temible, el hombre... « Un ennemi du café et, à notre humble avis, le plus redoutable, Thomme... «
Les maladies des Caféiers comprennent naturellement, nous venons de le voir, deux groupes bien distincts :