‹ Les maladies et les ennemis des caféiersChapitre 3 sur 22 · MALADIES NON PARASITAIRES · texte numérisé non relu

MALADIES NON PARASITAIRES

Les maladies non parasitaires résultent d'une altération de l'état physiologique normal due à un agent non animé : l'action vulnérante simple d'un corps extérieur produisant une blessure, ou bien l'action des causes météorologiques, chaleur, lumière, humidité, ainsi que l'action ph3^sique ou chimique du sol , s'exerçant dans des conditions défavorablesou contraires à l'élat ordinaire de la plante, étatdepuis longtemps acquis par la sélection naturelle.

Monstruosités. — 11 n'est pas logique de comprendre, dans les maladies non parasitaires, les déviations d'ordre tératologique qu'on appelle vulgairement monstruosités. Elles intéressent avant tout la forme extérieure, et, si la fonction est modifiée et parfois abolie, elle ne l'est néanmoins que secondairement. La plus connue de ces déformations et aussi la plus fréquente est l'avortement d'une des graines de la baie ; celle qui reste n'étant pas comprimée sur sa face interne prend une forme ovoïde et constitue le café moka. En tout cas, ces modifications dans la forme n'ont guère d'importance pratique, et comme leur étude sort du cadre que nous nous sommes imposé, nous n'y insisterons pas.

Parmi les troubles pathologiques, de nature non parasitaire, les seuls ayant quelque intérêt résultent d'vme chaleur et par suite d'une sécheresse trop intense ou encore d'une excessive humidité.

Chaleur trop intense. — LeCaféier,le Coffea arabica du moins, de par son lieu d'origine (le plateau abyssin Kafï'a), ne trouve pas en général, sous l'équateur, des conditions convenables de végétation; et, à moins qu'il ne soit planté à une altitude convenable pour en tempérer l'efFet, l'ardeur des rayons solaires nuit considérablement, aux racines superficielles. La végétation faiblit au bout de peu de temps et les Caféiers languissants ne tardent pas à périr sous les attaques réitérées de leurs parasites.

Le remède naturel à opposer à cet état de choses est connu et employé depuis longtemps par les planteurs; il consiste dans l'emploi des arbres porte-ombre. Ce n'est pas ici le lieu de discuter sur les qualités qui doivent guider le planteur dans son choix à cet égard, qualités variables d'ailleurs avec les sols et les régions où on doit les utiliser. Au point de vue qui nous occupe, nous conseillerons d'éviter avant tout que le porte-ombre soit de nature à abriter des parasites animaux ou végétaux, capables de nuire au Caféier.

Excès d'humidité. — « Le Caféier, dit Raoul (i), réclame « un sol profond. Si la racine pivotante est arrêtée par les « roches, le tuf ou un sol compact, la plante meurt. » Pour n'avoir pas tenu compte de cette donnée, bien des planteurs ont éprouvé des mécomptes. Et si le Caféier préfère une terre meuble, sablonneuse ou entremêlée de petites pierres et riche en humus, un peu d'argile n'est pas nuisible, pourvu que le drainage soit bon, le sol étant en pente, par exemple. Un terrain imperméable où l'eau persiste dans le sous-sol, une

(i) Manuel pratique des cultures coloniales, par E. Raoul et P. Sagot. Tome II, P" partie . Culture du Caféier, par E. Raoul, Paris, 1894.

terre marécageuse, en un mot, est funeste au Caféier d'Arabie, qui supporte toujours mieux la sécheresse que l'excès d'humidité, la plante y périt presque infailliblement, même si le ])iv()t trouve assez de profondeur pour s'enfoncer en toute liberté. Dans ce cas, la mort de l'arbre est le résultat de l'asphyxie simple des racines, par manque d'oxygène, et le phénomène se produit sans Tintervention d'aucun parasite. L'asphyxie aboutit à la pourriture humide des racines, dans laquelle interviennent de nombreux organismes saprophytes, bactéries, champignons, anguillules, qui pullulent fort abondamment dans les sols humides, surtout dans les contrées chaudes.

On jiourrait drainer le sol pour éviter ces inconvénients; mais il sera de beaucoup préférable de choisir, pour le Caféier, un emplacement plus convenable, ou, en cas d'impossibilité, de faire une autre culture. D'ailleurs ce fait est bien connu, et il est rare de voir établir des plantations de Caféier d'Arabie dans de telles conditions.

Le Caféier de Libéria n'est pas aussi exigeant à ce point de vue; sa végétation est sulhsante et peut même être bonne, là où le Caféier d'Arabie ne saurait se maintenir. C'est grâce à ces propriétés précieuses, malgré la qualité secondaire de ses graines, que la culture du Libéria s'est peu à peu étendue dans les plaines dans bien des régions chaudes.

Coulure vraie du Caféier. — La coulure vraie du Caféier consiste en ce phénomène qu'après une floraison normale le développement du fruit ne se fait pas ou simplement s'ébauche à peine pour s'arrêter bientôt. Dans ce dernier cas, la baie noircit très vite, la graine reste petite, avortée, inutilisable.

De mauvaises conditions atmosphériques, telles que des pluies excessives pendant une période de floraison, ont une influence marquée sur la production de cet accident de végétation; mais c'est surtout lorsqu'il y a une surabondance

— iode (leurs sur un pied que la coulure s'y observe (i). Il est probable aussi que d'autres influences doivent intervenir, la nature du sol, par exemple; mais je ne possède pas de renseignements à ce sujet,

La seule indication à remj)lir, si l'on a quelque raison de craindre la coulure, c'est la suppression d'un nombre sullisant de fleurs.

i) De BouTiLLY, ino Revue des Cultures coloniales », 5 août 1898, p. 35.

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