MALADIES PRODUITES PAR DES PHANÉROGAMES PARASITES
LORANTHUS
Les LorantJius, de même que le gui des régions tempérées boréales, appartiennent à la famille des Loranthacées. Ce sont des plantes vertes qui s'établissent en parasites sur les branches des végétaux arborescents ; elles s'y montrent en forme de buissons, à ramifications dicliotomes qui, à un moment donné, fleurissent et produisent comme fruits de petites baies à pulpe très gluante.
Les Loraiithus pénètrent les branches dès la germination de leur graine, ou, du moins, peu de temps après. La radicelle, une fois sortie, perfore l'écorce, la traverse et s'introduit dans le corps ligneux, dont elle écarte les couches superficielles à la façon d'un coin. Cette racine reste indivise chez les Loraiithus. Dans le gui, elle se ramifie et donne naissance à des racines sous-corticales ; celles-ci rampent entre le liber et le bois de la tige hospitalière et, de place en place, elles émettent de courts rameaux en forme de coin, qui pénètrent dans le bois à une assez grande profondeur.
La tige aérienne des Loraiithus, dès qu'elle a pris un certain développement, produit à sa base des rameaux rampants, également aériens, qui se répandent à la surface de l'écorce, y adhèrent fortement et y enfoncent, de place en place, un nouveau suçoir non ramifié, comme celui qui provient de la différenciation de la radicule. A ces suçoirs correspondront bientôt de nouvelles tiges aériennes, qui ne tarderont pas à acquérir des feuilles et à se ramifier. Dans la partie profonde du suçoir, il y a contact entre le système vasculaire du parasite et celui de la plante qui lui donne asile ; de telle sorte que le premier détourne, par osmose et à son profit, une partie des substances tirées du
sol par le second, peut-être mèiiie aussi une portion des matières déjà élaborées. INIais, si l'on considère que les Loraiithus, comme le gui d'ailleurs, sont pourvus de feuilles vertes, et peuvent, grâce à la présence de la chloro])hylle dans leurs tissus, décomposer Facide carbonique de l'air et en assimiler le carbone, on comprend que le tlommage causé soit, en général, moindre que celui produit par les champignons. Ces derniers, en effet, privés de chlorophylle, sont dans l'obligation, pour vivre, d'emprunter à leur hôte toutes les matières nécessaires à leur subsistance, les hydrates de carbone aussi bien que le reste.
La dissémination de beaucoup de Loirinthiis, ceux du moins qui nous occupent ici, semble se faire, comme pour le gui, par l'intermédiaire des oiseaux, dont certaines espèces sont friandes de leurs baies. Le D"" Ernst ( i) pense qu'un certain nombre de ces graines traversent le tube digestif, sans être altérées sensiblement, en conservant en partie leur viscosité qui leur permet d'adhérer aux écorces, et aussi leur faculté germinative. Il est possible aussi que ces graines gluantes, s'attachant aux pattes ou à cjuelque autre partie du corps de l'animal, puissent être ainsi transportées d'un arbre sur un autre.
Trois espèces àe Loranthus sont signalées par le D' Ernst, au Venezuela, sur le Caféier :
L. orinocensis Spr., à fleurs ternécs, en grappes axillaires simples ;
L. avicularis Mart., à fleurs également ternées, en grappes axillaires composées;
L. pavviflorus Sw., à fleurs isolées, à feuilles beaucoup plus petites que celles des deux espèces précédentes.
Van Delden Laerne (2) signale, au Brésil, le Loranthus brasiUensis sur le Caféier. 11 existe également, à Java, des Loranthus sur les Caféiers.
(i) Op. cil., p. i3.
(a) Vam Dki-dex Lakrm., liapport sur la ruUnrc du Ctip'-ler. l.a Haye et Paris, i885, p. 262.
La végétation de ces parasites est lente, et, bien que l'existence de la plante attaquée ne soit que très rarement menacée, la branche atteinte ne grossit plus et cesse bientôt de produire du fruit. 11 est, par suite, préférable de la supprimer.
Si c'est le tronc ou une grosse ])ranche qui soient envahis, on devra, le plus souvent, se contenter d'enlever les buissons du parasite et de gratter les couches de bois envahies parles suçoirs, de manière à extirper ces derniers; on évitera ainsi, dans la limite du possiljle, la production de nouveaux bourgeons aériens adventifs. L'opération faite, il sera utile de recouvrir la plaie d'un onguent quelconque ou de coaltar; cette précaution a pour ell'et d'empêcher l'accès et la pénétration d'autres germes, capables d'amener des altérations du bois.
Glusia insignis Martins. — Cette plante phanérogame est signalée par Van Delden Laerne (i) comme fort nuisible au Caféier au Brésil.
Ce n'est pas un véritable parasite à la façon des Lorantlnis, puisqu'il n'y a pas pénétration dans la tige, les rameaux ou quelque autre organe du Caféier; mais cet arbre s'applique au tronc du Caféier, l'enserre si intimement qu'il arrête sa végétation et le tue.
Le Clusia insignis appartient à la famille des Guttifères ou Clusiacées. C'est un arbre [•>.) qui peut atteindre 6 mètres de haut, de 1 5 à '.\o centimètres de diamètre au tronc ; les feuilles sont oblongues, arrondies en haut, atténuées en bas. Les fleurs, grandes, unisexuées, à 4 sépales et 8 pétales ; les mâles à étamines nombreuses réunies en masse, sont grandes, d'un noii'-rougeâtre en dedans, blanches en dehors ; elles sont disposées en cymes terminales.
(i) Van Delden Laerne, Op. cit., p. i6-2.
(■i) Martins, Flora hrasiliensis, pars I, vol. XII, p. 424 — .1. Yesque, Guttifeiw. p. 112 (Suilos au Prodromue Systi^watis iiaturalis de De Candolle).