CHAPITRE VIII Vaccins et vaccinations
Par vaccination, il faut entendre l’introduction dans le sang' d’un virus qui confère l’immunité visà-vis d’une maladie déterminée, c’est-à-dire qui en préserve pour un temps plus ou moins long.
La vaccination la plus connue est la vaccination contre la variole, qui s’obtient par l’inoculation à l’enfant et à l’adulte d’un virus né sur la vache (cowpox) et cultivé sur la génisse ; mais il en est bien d’autres.
Il y a les vaccinations pour ainsi dire spontanées, qui se font par une première atteinte d’une maladie contagieuse infectieuse et permettent ensuite d’atlronter celle-ci sans danger, du moins le plus généralement (variole, rougeole, scarlatine, fièvre typhoïde, coqueluche, peste). Puisque après une atteinte l’individu n’est plus apte à contracter la maladie, on peut dire qu’il est vacciné.
Il y a encore les vaccinations par l’inoculation des virus atténués de la maladie à éviter ou à combattre. Nous les appellerons pastoriennes (du nom de Pasteur, leur inventeur) ; telles sont : celles de Pasteur lui-même contre le charbon et contre la rage, celles de Roux contre la diphtérie (croup), celles de Yersin
VACCINS ET VACCINATIONS.
contre la peste, qui ont déjà fait leurs preuves. Bientôt sans doute se présenteront dans les mêmes conditions celles de Marmoreck contre l’érysipèle, la fièvre puerpérale et les maladies procédant du même microbe, celles de Ghantemesse contre la fièvre typhoïde, et un jour sans doute celles du cancer et de la tuberculose, sur la voie desquelles on semble être d’ores et déjà bien engagé.
Les vaccins de cette catégorie, sauf le vaccin contre le charbon appliqué aux animaux, ne s’emploient généralement qu’après pénétration du germe morbide dans l’organisme et par conséquent comme moyen de traitement de la maladie, mais ils peuvent aussi être employés comme moyens préventifs, quand il y a lieu, par exemple, de craindre la diphtérie dans l’entourage d’un enfant atteint ou la rage dans une meute.
Malgré l’efficacité reconnue des vaccinations, comme on ne peut être certain de letat réfractaire d’un organisme, même le mieux constitué, il est bon de considérer toujours l’individu comme apte à contracter une maladie contagieuse et de prendre à l’égard de tous les précautions antiseptiques que la prudence réclame.