CHAPITRE VII
Les agents directs des principales maladies évitables spéciales sont les microbes.
En matière de maladies transmissibles, maladies évitables par excellence, on peut dire : le microbe, voilà l'ennemi.
Les microbes sont les êtres vivants les plus rudimentaires connus. Ils sont d’autant plus dangereux qu’ils sont plus petits et plus invisibles (il en faut des milliers pour faire la grosseur d’un grain de poussière) et qu’ils se propagent avec la plus grande rapidité, si bien qu’en vingt-quatre heures un microbe peut, dans des conditions favorables, en procréer plus de 12 millions (1). Ce sont les agents
(I) Les microbes jouent un rôle important dans la vie générale. Ils sont les agents de toute fermentation, de toute putréfaction ; ce sont eux qui désorganisent après la mort la matière animale et végétale pour en restituer les éléments à la terre et à l’air. Aussi la terre, où tout retourne, est-elle à sa surface et dans les couches supérieures le grand réceptacle des microbes et les eaux qui la lavent s’en chargent-elles abondamment. Les eaux des rivières, des canaux, des puits en contiennent des milliers par centimètre cube ; les eaux de source, au contraire, qui sont des eaux profondes, épurées par la filtration naturelle dans les profondeurs du sol ou n’en contiennent pas ou n’en contiennent qu’un très petit nombre. Desséchés mais non détruits pour cela, les microbes et leurs germes ou graines qu’on appelle spores sont très légers et flottent dans l’air en grand nombre ; aussi sont-ils transportés par les vents à de grandes distances. Heureusement le soleil et l’oxygène (gaz
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spéciaux de la contagion et de l’infection. Il y en a de diverses sortes : les uns en tout temps indifférents au point de vue de la santé, d’autres habituellement indifférents, mais devenant nuisibles sous certaines influences, d’autres enfin particulièrement nuisibles, dits microbes pathogènes, c’est-à-dire engendrant des maladies déterminées. Ils fabriquent et versent dans l’organisme des poisons plus actifs et plus subtils que les poisons considérés comme les plus dangereux. Un certain nombre d’entre eux habitent le corps des animaux et de l’homme en particulier, mais, dans l’état de santé, ils sont détruits, ainsi que les poisons qu’ils sécrètent, par certains éléments de l’organisme vivant; aussi tant que l’organisme est sain et vigoureux, il se défend ; mais dès que, par une cause quelconque, sa force de résistance est diminuée, ils prennent le dessus et la maladie infectieuse se déclare.
Il y a donc à considérer, au point de vue de leur influence sur la production desmaladiescontagieuses, les microbes eux-mêmes et le terrain sur lequel ils sont semés.
qui constitue la partie active essentielle de l’air) sont leurs plus mortels ennemis; ils ne peuvent leur résister que pendant peu de temps, tandis qu’ils peuvent vivre pendant des années dans un lieu mal aéré et sans soleil et c’est là ce qui explique cette observation de tous les temps et de tous les pays que traduit le proverbe déjà cité : « Où le soleil n’entre pas le médecin entre souvent. »
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Les microbes et leurs germes ou spores flottent en grand nombre dans 1 air jusqu’à une certaine altitude, surtout au niveau et aux environs des g'rands centres de population. Ils se trouvent en grand nombre dans les couches supérieures du sol et dans les eaux superficielles des puits, des rivières, des mares, des canaux. Ils se reproduisent par dédoublement, mais aussi par graine ou spores et ces spores jouent un rôle d'autant plus important dans la propagation des maladies qu'ils sont plus résistants encore que les microbes au froid, à la sécheresse et même à la chaleur et que, plus encore que les microbes euxmêmes, ils peuvent sommeiller longtemps et reprendre ensuite toute leur activité ; des faits de contamination causés par des objets souillés vingtcinq ans auparavant ont prouvé qu’une aussi longue période ne suffisait pas toujours à les détruire.
Le terrain sur lequel s’ensemencent ces microbes,
1 organisme humain, est plus ou moins apte, suivant certaines conditions individuelles, à subir leur influence. La résistance aux microbes et à l’infection qu’ils engendrent, constitue ce qu’on appelle Y état réfractaire. Cet état résulte des bonnes conditions de santé générale d’une part, et d’un état particulier créé par les vaccinations d’autre part.
VACCINS ET VACCINATIONS.