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LA CONTAGION,"8 SES SOURCES

La contagion directe ou indirecte par les déjections du malade est plus importante à signaler parce quelle est moins connue et parce qu’en général on sait moins bien s’en garantir. Les maladies qui se transmettent ainsi sont celles dont les germes sont constamment jetés au dehors par des voies diverses : débris de la peau (pellicules, croûtes ou squames) dans la scarlatine, la variole; expectorations (salives et crachats, mucosités nasales, fausses membranes) dans la coqueluche, la tuberculose pulmonaire (phtisie), la diphtérie (croup), la pneumonie infectieuse, la broncho-pneumonie des enfants;

Les selles dans la fièvre typhoïde, la dysenterie ;

Les selles et les matières vomies dans le choléra ;

Les larmes et les sécrétions des paupières dans l’ophtalmie purulente, la rougeole ;

Le pus dans les plaies.

Ce sont ces déjections du malade, riches en microbes, qui sèment la maladie, souillent et infectent les personnes et les objets au contact desquels elles arrivent directement ou indirectement, et ce sont ces personnes et ces objets, qui, disséminant ces microbes, déterminent la maladie dont ils transportent le germe.

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Agents de transmission des maladies contagieuses AUTRES QUE LE MALADE LUI-MÊME. —

Exemples de contamination.

Contamination par le médecin. — Un médecin, aujourd’hui adepte fervent de l’antisepsie, raconte lui-même le fait suivant qui remonte à plus de 25 ans, c’est-à-dire à une époque où on ne pratiquait encore ni l’antisepsie, ni la désinfection, et il ajoute avec raison : « Aujourd'hui pareille chose ne doit plus arriver ».

« Exerçant la médecine à X, nous faisons presque tous les accouchements du canton. Pendant 30 ans, aucun cas de fièvre puerpérale n’avait été constaté dans la région et personnellement nous n’en avions jamais observé. Une épidémie de fièvre scarlatine éclate dans un village ; une petite fille âgée de 8 ans en est atteinte et présente, avec de l’angine, des ganglions suppurés du cou ; nous ouvrons un de ces ganglions, nous lavons après notre bistouri et nos mains, nous remontons en voiture et nous nous arrêtons à l’extrémité opposée du village, pour assister une jeune femme de très belle santé qui allait accoucher. L’accouchement est des plus naturels et ne nécessite que les manœuvres ordinaires. Huit jours après cette jeune femme succombait à une infection puerpérale.

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Il est bien évident que les soins usuels de propreté pris par nous après l’ouverture de l’abcès scarlatineux avaient été insuffisants et que nous avions transporté d’une façon quelconque (soit par les mains, soit par les vêtements), le germe morbide de l’enfant atteinte de suppuration scarlatineuse. Trois mois après, la sœur aînée de cette enfant, qui était en pension dans la ville, vient passer dans sa famille les vacances de Pâques et partage le lit de sa sœur cadette (situé dans une alcôve dont les portes ne sont ouvertes que pendant la nuit) : six jours après, elle est prise de scarlatine qui se complique de méningite et elle meurt. Aujourd'hui , grâce aux lavages antiseptiques et à la désinfection qui auraient été certainement employés, ces deux morts auraient été évitées. »

Contamination par les gardes. — Les faits de contamination par les gardes et notamment par les sages-femmes étaient particulièrement fréquents avant que les pratiques antiseptiques ne se fussent généralisées et surtout qu’elles ne soient appliquées conformément aux conclusions de l’Académie de médecine, qui les a rendues pour ainsi dire réglementaires. On a meme dû parfois interdire pour un temps plus ou moins long à certaines sagesfemmes d’exercer leur métier, parce que toutes les femmes auxquelles elles donnaient leurs soins mou-

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raient de l’infection dont elles leur portaient le germe.

Contamination par les instruments . — La contamination par les instruments était fréquente avant l’antisepsie, on s’en rend d’ailleurs bien compte en voyant les effets d’une piqûre ou coupure faite avec un objet malpropre, et il n’est pas de médecin qui ne se rappelle avoir vu dans les services hospitaliers de véritables épidémies, d’infection purulente notamment, tenant à cette cause.

En médecine vétérinaire, le cas s’est aussi maintes fois présenté comme en médecine humaine. Rappelons celui d’un vétérinaire très expérimenté, opérant un cheval qui meurt du tétanos, puis faisant subir à une série de chevaux une opération courante avec l’instrument qui a servi à opérer le premier cheval; tous meurent du tétanos. On dit de ce vétérinaire : « c’est fini, il a mauvaise haleine ! » mais un jour il abandonne cet instrument, auquel il rapporte ses insuccès, il le remplace par un semblable neuf, non contaminé, et il ne voit plus un cas de tétanos après ses opérations. Il n’avait pourtant pas changé d’haleine!

Contamination par V habitation. — Gomme exemple de contamination par l’habitation, en y comprenant le mobilier, il n’en est guère de plus probant que celui cité page 40, où l’on voit successivement trois enfants mourir de la diphtérie à longs intervalles

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dans un même appartement. Nous en ajouterons cependant quelques autres pour porter la conviction dans tous les esprits.

Un enfant est atteint de scarlatine ; il rentre à l’école après le délai voulu, toutes les précautions de désinfection personnelle prises à son égard; aucun cas de contagion ne se produit, mais si l’enfant a été désinfecté avec soin suivant les prescriptions du médecin, on a négligé celles-ci en ce qui concerne l’appartement qui n’a été nullement désinfecté. Vingt mois après, un ménage remplace ces locataires, les deux enfants sont pris, alors qu’il n’y avait encore aucun cas dans la ville et une épidémie éclate.

Par contre, la désinfection des locaux non seulement empêche la contamination, mais peut arrêter une épidémie : le fait suivant en témoigne. M. Chour, médecin militaire russe, rapporte les faits suivants, cités par le Dr Vaillard à la Société médicale des hôpitaux: une fraction de régiment est décimée par la fièvre typhoïde. Une seule compagnie de 90 hommes fournit 14 cas. Par la désinfection des murs, des planchers et de l’habitation en général, le nombre des cas tombe à 1,7 p. 1000 et devient nul l’année suivante, tandis que dans les quartiers non désinfectés, la fièvre typhoïde donne 22 cas p. 1000 et 33 p. 1000 l’année suivante. Il serait utile que dans tous les locaux exposés à être fréquemment

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contaminés : hôpitaux, casernes, écoles, chambres d’hôtels, les parois fussent imperméables et faciles à nettoyer et à désinfecter par des lavag*es antiseptiques.

Contamination par le mobilier. — Plusieurs faits ont été cités qui se rapportent à la contamination par le mobilier dans ce qui a été dit à propos de l’habitation; l’exemple suivant est plus frappant encore : un enfant contracte la diphtérie en couchant dans un berceau où deux ans auparavant deux enfants avaient été atteints à plusieurs mois d’intervalle et étaient morts de la même maladie. L’enfant guéri, le médecin (Dr Darolles, de Provins) recommande de brûler ou tout au moins de désinfecter très exactement le berceau ; on n’en fait rien ; peu de temps après l’enfant reprend la diphtérie et en meurt cette fois.

Contamination par le linge et les vêtements du malade. — Qu’on se reporte au fait que nous avons cité de transmission du choléra par les vêtements d’un cholérique, qu’on sache qu’une épidémie de fièvre typhoïde a été complètement arrêtée par la désinfection des effets d’habillement d’un régiment et l’on jugera de l’importance de la désinfection appliquée aux vêtements.

Seltz (de Munich) retrouve le bacille de la fièvre typhoïde encore virulent après vingt-six jours sur des effets d’habillement et celui du charbon après un an.

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M. Czernicki a pu suivre la trace de certaines épidémies de fièvres éruptives transportées par des draps mal désinfectés. Quelques faits sont à ce sujet particulièrement intéressants : deux enfants, l’un de 13 ans, l’autre de 10, sont pris de scarlatine en décembre et janvier ; l’appartement et les vêtements sont désinfectés avec soin ; l’automne suivant, au retour de la campagne, la sœur de ces deux enfants est à son tour prise de scarlatine ; le médecin finit par en trouver l’origine en constatant que l’enfant se sert journellement depuis son retour d’un petit fichu qui seul n’a pas été, par oubli, désinfecté et qu’on ne croyait plus dangereux vu le temps écoulé depuis la maladie.

Je pourrais citer encore un cas absolument analogue à celui-ci, qui a causé la mort, par diphtérie, d’une jeune femme.

Contamination par les objets divers à l'usage du malade. — Les livres, les jouets sont des agents de contamination et d’autant plus dangereux qu’on les déplace plus facilement, ils le sont môme dans bien des cas alors qu’ils n’ont servi aux malades que pendant la période de convalescence ; voici un exemple de contamination du croup par le jouet d’un enfant qui était bien guéri, mais qui conservait encore le microbe spécial de la maladie dans la gorge lorsqu’il s’en servit : un enfant de 4 ans joue avec la trompette

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d’un autre enfant convalescent de diphtérie, mais en apparence complètement guéri, il est atteint de la maladie et meurt.

Les lettres peuvent aussi causer la contagion, le fait suivant le démontre : une jeune femme reçoit d’une de ses amies une lettre par laquelle elle lui annonce qu’elle est convalescente de scarlatine et que sa peau tombe tant et si bien qu’elle va faire complètement peau neuve ; l’amie , hélas ! avait envoyé en même temps la scarlatine ; la jeune femme qui avait reçu la lettre est prise quelques jours après et meurt.

Un chien ou un animal quelconque laissé à portée d’un contagieux peut transporter la maladie, témoin ce chien qui, ayant séjourné dans la chambre et même parfois sur le lit d’un malade et n’ayant pas été désinfecté, alors que tout le reste de l’appartement et du mobilier l’avait été avec soin, transporte la maladie et la communique à un membre de la famille.

Rappelons enfin qu’il ne faut jamais compter absolument sur le temps pour assurer la désinfection, car, ainsi qu’il a été dit, les germes microbiens (spores), plus encore que les microbes eux-mêmes, résistent très longtemps à son action et peuvent, à un moment donné, germer et se multiplier, ayant rencontré alors des conditions favorables, et faire

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éclater une maladie qui peut devenir brusquement une épidémie meurtrière.

Contagion indirecte a distance par lair, l’eau,

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