LA TERRE, LES ALIMENTS
La contagion par Vair se produit surtout dans les maladies dont les germes se répandent facilement, telles les fièvres éruptives qu’on observe le plus souvent dans le jeune âge (rougeole, coqueluche, scarlatine, etc.). Des cas qui ne laissent aucun doute sur la réalité de la contagion par l air ont été observés lors de certaines épidémies de grippe, notamment sur des bâtiments en cours de traversée. Les microbes * desséchés voltigent en grand nombre avec les poussières diverses et sont transportés parfois à de grandes distances. Le soleil les détruit après un temps relativement court, mais, à l’abri du soleil et d’une lumière vive, ils vivent pendant très longtemps.
La contagion par Veau se produit surtout pour la fièvre typhoïde, le choléra, la dysenterie ; elle a une importance d’autant plus considérable qu’elle occasionne le plus grand nombre des cas de ces diverses maladies et qu’elle est plus facile à éviter en prenant les précautions indiquées pour V épuration de l'eau (Voir p . 28).
En parlant de l’influence générale de l’eau sur la
LA CONTAGION, SES AGENTS
santé publique, nous avons montré que c’est surtout en diminuant les cas de fièvre typhoïde qu’elle a fait diminuer la mortalité lorsqu’elle a été distribuée pure de germes morbides, nous avons fait la même démonstration en ce qui concerne le choléra quand nous avons rapporté (p. 39) ce qui s’est passé dans la garnison de Hué au cours d’une épidémie. Nous pourrions multiplier ces exemples à l’infini, mais nous n’ajouterons aux précédents que celui-ci, parce qu’il témoigne en même temps des dangers de l’eau souillée et de l’importance de la pureté de l’eau en matière de préservation de la fièvre typhoïde et des dangers pour tout un pays d’une fosse d’aisances mal faite ou mal entretenue.
Pendant les mois d’août et de septembre 1886, 24 personnes de Paris ou de Versailles viennent habiter à Pierrefonds trois maisons contiguës. Sur ces 24 personnes, 20 ont, à des degrés divers, la fièvre typhoïde, 4 en meurent et G sont très gravement malades. Il est reconnu alors que ces maisons sont alimentées par des puits voisins de fosses d’aisances non étanches, dont les infiltrations pénètrent facilement jusqu’à eux, surtout après les grandes pluies, et qu’auparavant, dans une de ces mêmes maisons, avaient éclaté des cas assez nombreux de fièvre typhoïde. Enfin, il est constaté (par MM. Chantemesse et Widal) que l’eau de ces puits qui a servi
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d’eaa de boisson à ces personnes contient le microbe de la fièvre typhoïde.
La contagion par la terre a lieu surtout pour le tétanos, mais aussi pour une série d’autres maladies microbiennes, pour la fièvre typhoïde, le choléra, la dysenterie, parce qu’elle est souillée par l’eau et qu’à sa surface comme dans ses couches superficielles elle est le lieu de rendez-vous et le grand réceptacle de tous les microbes.
L’infection par la terre est manifeste dans certaines contrées pour la fièvre palustre (fièvre intermittente ou fièvre des marais) et en tous lieux pour les maladies ci-dessus, si on déverse sur le sol ou dans le sol les déjections des malades sans prendre la précaution indispensable de les désinfecter.
La contagion par les aliments se montre dans deux ordres de maladies, celles dont le microbe vit dans l’eau ou dans la terre servant à la culture des légumes et fruits, celles dont le microbe se trouve dans les liquides animaux servant d’aliment (lait).
En temps de choléra, des faits nombreux de contagion par les légumes et les fruits poussant sur le sol ou près du sol infecté par le microbe cholérique entraîné par l’eau ou porté avec déjections des malades, ont été observés, surtout lorsque ces fruits et légumes ont été mangés crus ou non pelés. En temps d’épidémie cholérique, les légumes et fruits doi-
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vent donc d’une manière générale, être mangés cuits.
Le lait a été plusieurs fois reconnu l’agent de contagion de la tuberculose, de la fièvre typhoïde, de la scarlatine, nous l’avons déjà montré.
Les microbes résistant aux basses températures, la glace peut causer et cause souvent la contagion : il ne faut ni l’ignorer ni l’oublier; aussi ne faut-il faire de la glace destinée à la consommation qu’avec de l’eau absolument pure. L’exemple suivant montrera l’importance de cette règle qui doit être absolue :
Un jour de la Sainte-Barbe, à Rennes, tous les artilleurs, soldats et officiers font, selon l’usage, une petite fête. Quinze jours après, trois lieutenants tombent malades atteints de la fièvre typhoïde ; deux d’entre eux meurent. Aucun des officiers d’un autre grade (les officiers d’un même grade mangent ensemble), aucun des hommes n’est atteint. On cherche la cause de cette épidémie si exactement localisée et si subite, et on constate que seuls les officiers ayant bu du champagne frappé dans une carafe garnie de glace faite avec de l’eau impure et souillée, sont tombés malades.
La contagion étant connue dans ses causes et ses moyens de propagation, voyons par où elle s opère dans l’organisme.
GERMES MORBIDES