LONDRES
Avant
Fig. 5. — Tracés montrant la diminution de la mortalité consécutive à l’adoption et à l’exécution des mesures sanitaires dans divers pays.
sécrétion ou virus, c’est-à-dire empêchant ou détruisant l’infection.
Par désinfection, on entend plus spécialement le résultat de l’antisepsie appliquée à l’individu ou aux objets (habitation, mobilier, etc.) déjà infectés. Les deux mots sont, malgré ces différences légères d’acception, souvent employés l’un pour l’autre.
PRÉCAUTIONS INDIVIDUELLES
Précautions individuelles. — Isolement. — Antisepsie. — Désinfection.
Isolement. — L’isolement est un des meilleurs moyens d’empêcher lapropagation desmaladies contagieuses. Mais comme il nepeut être absolu et qu’il laisse après lui les locaux et objets contaminés, il n’a d’efficacité absolue qu’associé à l’antisepsie pendant la maladie et à la désinfection après la maladie.
Voilà, par exemple, un enfant qui contracte la diphtérie et qui est soigné dans sa famille, composée du père, de la mère et de quatre enfants : il en meurt ; les autres enfants, éloignés pendant quinze jours dans une autre partie du logement, ne contractent pas la maladie, mais dix mois après un des enfants vient coucher dans la chambre de celui qui a succombé ; il contracte la maladie et meurt. Un an après un troisième enfant est pris dans les mêmes conditions. L’isolement, dans ce cas, avait bien empêché la propagation immédiate, mais l’absence de désinfection avait laissé vivre dans le mobilier les germes de la maladie.
L’isolement est surtout praticable dans les hôpitaux et là il rend les plus sérieux services aux malades et à la population ; il est possible et relativement
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facile dans une maison particulière formant hôtel ; il est possible mais difficile dans la plupart des appartements et dans les hôtels ; il est à peu près impossible dans les habitations pauvres. Il est néanmoins toujours utile de le pratiquer aussi exactement qu’il est possible, mais il faut toujours lui associer l’antisepsie et la désinfection.
Bienfaits de l'antisepsie. — L’antisepsie, qui a produit les merveilleux résultats que nous avons déjà mentionnés en ce qui concerne les blessures et les maladies chirurgicales, a fait aussi ses preuves dans les maladies infectieuses et contagieuses, quand elle a été strictement appliquée ; c’est ainsi, par exemple, que dans tel hôpital où, comme cela existe malheureusement encore dans plusieurs, l’isolement ne peut pas être pratiqué, des malades en grand nombre, atteints les uns de diphtérie, les autres de fièvre typhoïde, n’ont pas entraîné, grâce à elle, un seul cas de contagion. Mais pour obtenir de semblables résultats il faut que l’antisepsie soit parfaite et pour ainsi dire militairement exécutée ; la moindre faute peut la rendre vaine et cette faute peut être commise par le malade et par son entourage ; c’est même en grande partie à cela qu’il faut attribuer les insuccès de l’antisepsie en médecine.
L’isolement doit donc venir en aide à l’antisepsie comme l’antisepsie à l’isolement.
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Exemples : En 1877 un médecin donne ses soins à une famille composée de la mère et quatre enfants ; les précautions antiseptiques étaient alors inconnues : un cas de fièvre typhoïde éclate, toute la famille est prise successivement. Dans la même ville, le même médecin soigne, en 1894, une famille composée du père, de la mère et de deux enfants et deux domestiques; une jeune fille revient de Paris atteinte de lièvre typhoïde ; toutes les précautions sont prises, personne dans la famille n’en est atteint et il ne s’en montre aucun cas dans la localité.
Dans une famille comprenant l’importance de l’isolement et de l’antisepsie, un médecin constate cinq cas de rougeole survenus presque simultanément ; les mesures d’isolement et d’antisepsie sont immédiatement prises et observées rigoureusement, aucun nouveau cas n’éclate dans l’entourage ni dans le pays. Quelques années après, le même médecin observe un cas de rougeole dans une famille qui se refuse à prendre les mesures d’isolement et d’antisepsie prescrites ; ce cas devient le point de départ d’une grave épidémie.
Bienfaits de la désinfection seule ou combinée à V antisepsie. — On a déjà vu les dangers de la non-désinfection à propos du choléra, de la diphtérie, de la fièvre typhoïde et d’autres maladies transmissibles; quelques citations suffiront, à montrer les bienfaits de
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la désinfection, surtout si elle est associée à l’antisepsie au cours de la maladie.
Au Havre, de 1880 à 1884, on notait 621 décès par diphtérie; de 1884 à 1880, la désinfection étant pratiquée régulièrement aussi souvent que possible, on note 333 décès seulement. Lors de l’épidémie cholérique de 1892, les mesures de désinfection rigoureusement appliquée empêchent manifestement l’extension de la maladie dans la ville et dans les environs. Partout où elle est rigoureusement appliquée on arrive aux mêmes résultats.
Une école enfantine est le foyer d’une épidémie presque continue de scarlatine, le médecin obtient sa fermeture et sa désinfection complète; depuis lors pas un cas de scarlatine ne s’y montre.
A la Nouvelle-Orléans, la fièvre jaune causait, de 1865 à 1867, 8,456 décès ; de 1868 à 1878, 5,084 décès ; dans une période égale, au cours de laquelle la désinfection est pratiquée, 27 décès seulement par fièvre jaune sont constatés.
Tels sont les résultats ; mais il ne suffit pas de les signaler en bloc, il faut dire et répéter que pour être efficace, la désinfection doit s’étendre à tout, au médecin, aux instruments, aux gardes, à l’habitation, aux objets divers à l’usage des malades aussi bien qu’au malade lui-même ; les faits de transmission rapportés plus haut en témoignent.