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CHAPITRE XVI

ÉPIDÉMIES

Épidémies. — Mesures sanitaires. — Précautions individuelles. — La plupart des maladies dont il vient d’être question peuvent devenir épidémiques, mais, le plus souvent, on peut les empêcher de le devenir par des mesures individuelles et des mesures d’ordre général.

Tout le monde a intérêt à prendre chez soi les précautions nécessaires pour empêcher que la maladie ne se transmette aux autres membres de la famille et à ses voisins.

Tout le monde a intérêt à ce que son voisin prenne chez, lui, quand il a un malade atteint de maladie contagieuse, toutes les mesures nécessaires pour en éviter la propagation.

Pour éviter qu’un cas de maladie transmissible donne naissance à une épidémie, il faut se rappeler que c’est dans le malade et dans ses déjections que siègent les germes de la maladie et que c’est là qu’il faut les détruire. Il faut éviter à tout prix que ces

ÉPIDÉMIES

germes se disséminent, qu’ils sortent de la chambre ou de la maison, car dès qu’ils ont gagné la rue ils nous échappent.

Pour arrêter une épidémie dans son foyer (le malade et sa chambre), il faut :

1° Que ce malade soit immédiatement isolé ;

2° Que ses déjections, quelles qu’elles soient, les linges, vêtements et objets divers qui l'entourent et son habitation soient désinfectés ;

3° Que les personnes qui le soignent se soumettent aux pratiques antiseptiques indiquées ;

4° Que le malade ne rentre dans la circulation que lorsqu’il est hors d’état de répandre la maladie ;

5° Que pendant et après la maladie, on ne lave pas dans les cours d’eau les linges et vêtements qu'il a souillés, et qu’on n’v jette pas ou qu’on n'y laisse pas parvenir, en les jetant sur les fumiers ou devant les portes, les déjections du malade sans les avoir préalablement désinfectées ;

0° Que, dès le début, on fasse la déclaration de la maladie à l’autorité chargée de prendre les mesures d’ordre général, destinées à en empêcher sa propagation.

Mesures sanitaires. — Les mesures sanitaires qui doivent être prises par l’autorité municipale, en cas d’épidémie, sont les suivantes :

Assurer l’alimentation en eau potable, eau

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pure, et interdire ou fermer les puits suspects;

Éviter les agglomérations d’individus, fêtes, foires, pèlerinages ; surveiller tout spécialement les abattoirs et les marchés ; assurer la propreté de la rue par des lavages et non par des balayages à sec;

Assurer l’enlèvement régulier et la destruction ou l'enfouissement profond des immondices;

Interdire absolument de jeter les ordures ménagères et les déjections sur les fumiers, dans la rue ou dans les caniveaux ou égouts;

Faire désinfecter régulièrement les égouts, les latrines ;

Exercer une surveillance particulière sur les locaux d’habitation et sur les ateliers, chantiers, manufactures destinés à la population ouvrière et industrielle, et sur les habitations et quartiers, habituellement mal tenus, ou qui, lors d’épidémies antérieures, ont été le plus éprouvés ; veiller à ce que le transport des contagieux ne se fasse pas dans les voitures publiques et à ce que les voitures qui les ont transportés soient désinfectées ;

Conseiller, par voie d’affiches, les mesures de désinfection individuelle et familiale et les précautions recommandées par le Comité consultatif d’hygiène, et donner toute la publicité possible aux instructions spéciales à la maladie existante, publiées par ce Comité et mises par le ministère de l’intérieur

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à la disposition de tous les maires et instituteurs ;

Veiller à la désinfection des malades, des cadavres, des locaux et du mobilier après la maladie et au besoin y faire procéder d’ofliee;

Fournir un abri temporaire aux habitants qui ne pourraient trouvera se log'cr au cours des opérations de désinfection.

Précautions individuelles. — L organisme étant d'autant plus résistant à l’invasion d’une maladie contagieuse qu’il est dans de meilleures conditions de santé générale, il faut, en temps d’épidémie, éviter tout excès, toute fatigue exagérée.

S’il s’agit de fièvre typhoïde, choléra, dysenterie, il faut boire de l’eau bouillie ou des eaux minérales de table, si on n’est pas absolument sùi* de la pureté de celle que l’on consomme. Il faut interdire de se servir d’autres eaux que d’eau bouillie pour faire le pain, pour faire de la glace et, d une manière générale, pour tous les usages domestiques.

11 ne faut manger que des fruits et légumes cuits, à moins qu'on ne soit sûr de leur provenance (en dehors de tout danger de contact avec un germé morbide apporté par l’eau d arrosage ou le iumier) et même ne faut-il jamais manger alors que peu de légumes verts et de fruits crus, pour ne pas s’exposer à la diarrhée qui facilité l’invasion éventuelle des germes morbides. Il faut, pour la même raison,

bÈSINFECTÈÜRS VOLONTAIRES.

éviter tout refroidissement, surtout du ventre, et porter au besoin une ceinture de flanelle.

Il faut enfin prendre toutes les mesures de propreté antiseptique, lavage des mains, de la figure, de la gorge, du nez, avec les solutions antiseptiques; désinfection quotidienne des éviers, des cabinets, des ordures ménagères, avec des solutions antiseptiques fortes.

O est grâce à ces précautions g énérales et aux précautions spéciales déjà indiquées à l'occasion de' chaque maladie qu’on a pu, maintes fois depuis quelques années, éviter des épidémies ou les réduire à un nombre très faible de cas et qu’on pourra airivet a les taire disparaître dans l’avenir.

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