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CHAPITRE XVII

INSTRUCTIONS POUR LCS DÉSINFECTEURS VOLONTAIRES-

Il est bon que dans toute localité il y aituncertain nombre d’hommes au courant de la pratique de la désinfection. Les maires, les présidents et les présidentes des sociétés d’assistance militaire doivent pousser à la création d’une escouade de désinfecteurs volontaires, qu’on peut recruter partout assez facilement, soit parmi les pompiers, soit parmi les membres des sociétés de secours, parmi les sauveteurs, les brancardiers de frontières, etc,, sauf à les rétribuer,

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suivant un tarif établi, lors de chaque opération.

Ces hommes doivent recevoir une instruction et une éducation spéciales dans lesquelles la plus larg e part est faite à la pratique.

Il faut leur faire comprendre l’utilité et l'importance . de leurs fonctions, la nécessité de les accomplir avec conscience et stricte ponctualité.

U faut leur apprendre à se préserver contre le danger de contagion, en leur montrant que ce danger est nul si les précautions indiquées sont bien prises, réel dans le cas contraire, et qu’ils peuvent alors contribuer à répandre la maladie en la transportant au dehors au lieu de l’anéantir dans l’habitation contaminée.

Ils doivent être exercés : 1° à la préparation et au maniement des antiseptiques liquides employés en lavages et en pulvérisations et des antiseptiques solides ou liquides destinés à agir par dégagement de gaz ou vapeurs ; 2° à la manière de procéder à la désinfection d’une chambre garnie de son mobilier, d’une écurie, d’une fosse d’aisance, d’une maison tout entière.

Les éléments de cette instruction se trouvent dans les chapitres xi, xn, xm, xiv.

Ils peuvent se résumer ainsi :

Objets nécessaires et vêtements à l'usage des désin fecteurs . — Vêtements de toile de lil ou de co-

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ton, s'infectant peu et se désinfectant facilement : à) Blouse, bourgeron ou cotte ajustés au cou et

Idg* 7. — Désinfecteur en costume de travail.

aux poignets et rentrant dans le pantalon pour que rien ne flotte ;

b) Pantalon boutonné ou serré par un lien au niveau des chevilles ;

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c) Chaussures en toile dites espadrilles ;

d) Calotte de toile garnie d’un couvre-nuque.

Agents de désinfection. — Parmi les ag’ents de

désinfection, le sublimé, l’acide phénique, le crésyl, le sulfate de cuivre sont les plus utiles. Ils sont emportés en quantité suffisante pour être employés comme il est dit chapitre xi et xiv, plus un flacon de deux litres de solution de.permangana.te de potasse, ù 1 gramme pour 2 litres.

Ustensiles divers. — Grands vases (cruches, terrines ou autres) ou baquets et seaux en bois pour contenir les désinfectants et récipients quelconques pour l’eau pure ; éponges, toiles de lavage, brosse, un manche en bois pour y fixer l’éponge, la brosse ou la toile servant au lavage du plafond et des parties élevées des murs ; une échelle (échelle double de préférence) ; un ou plusieurs draps ou grands sacs en forte toile pour l’enlèvement des objets à emporter ; un sac à outils ;

Si la désinfection doit être faite au lait de chaux : des pinceaux et brosses pour l’appliquer;

Si elle doit être faite par pulvérisation : un pulvérisateur spécial ou, à défaut, un pulvérisateur employé au traitement de la vigne, mais alors un des meilleurs parmi les pulvérisateurs de ce genre.

Pratique de la désinfection. — En arrivant dans la maison : a) avant d'entrer dans la pièce à désinfecter :

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1° revêtir les vêtements de toile et s'assurer que rien ne flotte ; 2° préparer les solutions désinfectantes et garnir les vases et seaux ; garnir un de ces grands vases avec de l’eau pure.

b) Dans la pièce à désinfecter. — t° Porter dans la pièce les divers objets nécessaires et les disposer pour l’opération ; 2° mouiller légèrement le sol, plancher ou autre, avec une des solutions antiseptiques ou répandre dessus de la sciure de bois légè-

rement imbibée de l’une de ces solutions; 3° étendre sur le sol un ou plusieurs gros draps légèrement imbibés de solution antiseptique, et déposer toutes les pièces de literie et ameublement (rideaux, tentures) à emporter pour être désinfectées au dehors, en ayant le soin de laver tout d’adord à la brosse avec la solution de permanganate de potasse les parties tachées de sang ou de pus ; déposer dans ces draps ou dans des sacs humectés aussi de solution antiseptique les vêtements, linge de corps et de couchage ; 4° réunir les meubles au milieu de la pièce ; 5° procéder à la désinfection des parois en commençant par le plafond et continuant par les murs, en allant de haut en bas, s’arrêtant surtout sur les parties inférieures, boiseries, plinthes et dans les angles, qui sont toujours les plus souillés, et finissant parle sol, plancher, parquet, carrelage ou autre.

Si on procède par lavage , on trempe l'éponge dans

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le baquet de solution antiseptique, on l’exprime doucement et on commence le lavage, l’éponge étant tenue à la main ou attachée au bout d’un manche en bois. Dès qu’elle n’est plus suffisamment humide, on la plonge dans le baquet d’eau pour la rincer, puis dans le baquet de solution antiseptique et ainsi de suite. Arrivé à la hauteur d’appui, s’il y a des boiseries, on les lave à la brosse avec la solution antiseptique.

On finit l’opération par le lavage du parquet qu’on lave avec la toile de lavage largement imbibée d’antiseptique, en nettoyant tout particulièrement les joints des parquets ou planchers dans lesquels on fait couler une certaine quantité de solution antiseptique.

Le lavage peut se faire sur des murs peints, vernis ou tapissés de papiers communs. 11 peut se faire aussi sur les autres revêtements, mais alors avec des précautions beaucoup plus minutieuses.

Si on peut disposer d'un pulvérisateur , on le garnit de la solutien antiseptique et on dirige le jet au plafond d’abord, puis sur les parois, en allant de haut en bas, jusqu’à ce qu’il y ait partout une couche de rosée antiseptique, en prenant les diverses précautions indiquées précédemment. Malgré la pulvérisation, il faut laver à la brosse les boiseries et plinthes et laver le parquet comme il est dit ci-dessus.

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Les boiseries des meubles sont, après cela, lavées et désinfectées soit par lavage, soit par pulvérisation, avec toutes les précautions nécessaires pour ne pas les abîmer inutilement, mais avec un soin minutieux pour ne laisser aucun point qui n’ait été atteint par le désinfectant.

La désinfection terminée , les balayures sont brûlées dans la pièce même, avec les débris divers et objets sans valeur, chiffons, papiers, etc., les fenêtres sont largement ouvertes, le feu est entretenu dans la cheminée. La pièce peut ainsi être réoccupée quelques heures après.

Les désinfecteurs quittent leurs vêtements de travail et les placent dans un sac spécial, humecté de solution antiseptique et se lavent soigneusement les mains, la figure, le nez et la bouche (1) avec de la solution antiseptique étendue d’un peu d’eau chaude, puis ils portent hors de la pièce les sacs et paquets (toujours humides) et procèdent avant de se retirer à la désinfection des cabinets et fosses d’aisances, particulièrement s’il s’agit de fièvre typhoïde, de choléra, de dysenterie. Pour cela, ils lavent d’abord la tablette servant de siège avec la solution antiseptique, puis ils versent dans la cuvette des

(I) Pour le lavage de la bouche et du nez, étendre les solutions de deux tiers d’eau chaude et ne pas oublier que toutes sont plus ou moins toxiques. Employer de préférence l’acide borique.

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robinets une solution forte de sulfate de cuivre 100 grammes pour 1 litre d’eau) dans la proportion de 3 à 4 litres pour 100 litres environ de matières ion apprécie approximativement la quantité de matières en se faisant indiquer quelle est la capacité de la fosse, depuis combien de temps elle n’a pas été vidée, à combien de personnes elle sert, à quels intervalles on est obligé de la vider).

Par ce procédé on désinfecte en même temps les cuvettes, les tuyaux de descente et les fosses. Quand il n’y a ni cuvettes, ni tuyaux de descente, on projette directement la solution de sulfate de cuivre dans la fosse ou bien un lait de chaux préparé comme il a été dit, dans la proportion de 1/4 à 1/2 du contenu de la fosse, en ayant soin d’agiter avec une perche pour bien opérer le mélange du lait de chaux avec les matières.

Ges opérations terminées, les désinfecteurs se lavent de nouveau, au sublimé d’abord, puis à l’eau chaude, la figure, la bouche, le nez et ies mains et emportent les sacs et paquets contenant les objets de literie et les pièces diverses de lingerie et de vêtements à désinfecter soit à l’étuve, soit, s'il n’existe pas d’étuve dans la localité, comme on l’a vu plus haut.

Quand la désinfection doit sc faire par dégagement de vapeurs, on opère comme il est prescrit.

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Mairies , ctables. — S’il s’agit de la désinfection d’une écurie ou étable, on emploie les solutions de sublimé à 1 gramme par litre additionné de 20 grammes de sel de cuisine et de 30 à 50 grammes d’acide phénique qu’on applique soit par lavage, soit par pulvérisation, puis on blanchit avec le lait de chaux préparé à 20 p. 100.

Le sol est arrosé et fortement lavé avec la solulion antiseptique forte; s’il est formé seulement de terre durcie, la couche supérieure de celle-ci est enlevée après arrosage antiseptique, puis le sol est rebattu et arrosé de nouveau avec la même solution. Les mangeoires et râteliers sont soigneusement lavés au sublimé.

Les objets en métal sont passés à la flamme (avec de l’alcool à brûler ou de l’esprit-de-bois).

Les harnais et objets en cuir sont lavés avec la solution de sublimé; la paille, la litière, les vieilles planches sont brûlées. Au besoin, et si l’on dispose d’autres locaux pour y mettre temporairement les animaux, on y place une certaine quantité de chlorure de chaux et on ferme après avoir enduit les parties métalliques d’un corps gras. On ouvre ensuite, après 24 heures, et on laisse aérer jusqu’à disparition de l’action irritante des vapeurs de chlore,

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