L’HABITATION
y séjournent, les urines s’y corrompent, les gaz provenant des fosses y remontent sans obstacles) ; les fosses sont mal installées (elles laissent filtrer les liquides à travers leurs parois qui souvent sont mal jointes et ne sont parfois représentées que par la terre) ; les éviers sont mal disposés et mal entretenus; les égouts sont absents ou mal faits; certaines parties de l’habitation sont occupées qui ne devraient pas l’étre, parce qu’elles sont des foyers où se développent tout spécialement certaines maladies dès que la semence y est apportée, tels les sous-sols, qui sont des lieux de prédilection pour la tuberculose, la fièvre typhoïde, le choléra, le typhus même ; il y existe des alcôves fermées par des portes ou des rideaux qui ne permettent pas une aération suffisante des individus, des murs ou du mobilier; on y trouve souvent des poêles à tirage réduit et à combustion lente facilement susceptibles d’entraîner un empoisonnement lent, alors que la cheminée est au contraire un élément essentiel de salubrité ; beaucoup sont mal entretenues, trop rarement ou trop sommairement nettoyées.
On sait pourtant aujourd’hui que les germes des maladies vivent très bien et pendant un temps parfois très long dans les appartements, sur les murs, les planchers ou le mobilier et y pénètrent aisément; on peut donc dire scientifiquement ce que la
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pratique a montré de tous temps, à savoir que la bonne installation, l’aération, la propreté scrupuleuse de l’habitation sont les conditions essentielles d’une bonne hygiène familiale. Avec une alimentation saine et un travail proportionné aux forces de chacun, ce sont elles qui font la santé ; que la ménagère le sache bien et ne l’oublie jamais, car c’est elle qui, chargée du soin de la maison, crée en partie autour d’elle la santé et la maladie.
Il faut noter aussi, en ce qui concerne l’entretien hygiénique de l’habitation, le balayage humide. Le balayage et l’essuyage humides entraînent les poussières et permettent de les réunir pour les détruire aussitôt (en les mettant au feu par exemple), tandis que le balayage et l’époussetage secs les font voltiger partout avec les microbes ou leurs germes (spores) qu’elles contiennent, les laissent dans la maison, et parfois en les mêlant à l’air font reparaître des maladies contagieuses. Il en est de même du battage des tapis, des couvertures, etc., aux fenêtres et dans les cours des habitations.
Alimentation. — Chargée d’entretenir la vie en fournissant à l’organisme les moyens de réparer ses pertes incessantes, l’alimentation peut compromettre la santé par son excès, son insuffisance ou ses mauvaises qualités. L’excès entraîne des troubles de fonction de l’estomac, du foie, des intestins, la goutte,
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l’obésité, la gravelle, etc., etc., maladies dont l’hérédité a préparé le terrain, mais partiellement évitables quand même par une bonne hygiène : alimentation modérée et bien choisie, exercices physiques et travail intellectuel proportionnés aux aptitudes de chacun.
L’insuffisance d’alimentation cause l’insuffisance de développement et de réparation de l’individu, d’où l’amaigrissement, l’affaiblissement de l’énergie physique et morale, des troubles du côté des voies digestives.
Une alimentation défectueuse cause fréquemment la mort chez les nouveau-nés et les enfants en bas âge et très souvent des inflammations intestinales (entérites), des maladies très nombreuses et des morts prématurées en assez grand nombre chez les adultes.
Certains aliments sont nuisibles par eux-mêmes, et parmi eux, les uns constituent de véritables poisons, tels certains champignons dits par cela même vénéneux ; d’au très sont nuisiblesparl’abus qu’on en fait, tel l’alcool ; certains autres sont nuisibles parce qu’ils ont subi des altérations diverses : putréfaction, adjonction de substances toxiques, présence de microbes dits pathogènes, c’est-à-dire donnant naissance à une maladie déterminée, etc.
Ne pouvant ici donner qu’un aperçu de ce qui a
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Irait à l’influence de l’alimentation sur la production des maladies évitables, nous n’insisterons que sur le rôle si important du lait, de l’eau et de l’alcool ; l’influence de l’eau est même tellement importante que nous lui consacrerons un chapitre spécial.
Lait. — Le lait, l’aliment par excellence, cause souvent chez les enfants nourris au biberon des diarrhées, dites diarrhées vertes, du choléra infantile, qui font de nombreuses victimes surtout pendant la saison chaude. Ces maladies sont dues à la présence dans le lait de germes morbides (microbes). On a de plus signalé, en Angleterre et en Allemagne notamment, des cas assez nombreux de transmission de fièvre typhoïde, de tuberculose, de diphtérie, de scarlatine par le lait ; la manipulation du lait se faisait généralement, sinon toujours, en pareil cas, dans la chambre occupée par un malade atteint de l’une de ces maladies. Que la cause directe de la contamination du lait fût imputable à la vache ellemême, au milieu dans lequel elle vivait, aux germes qui pouvaient être répandus dans l’air ou bien dans l’eau servant au lavage des vases, peu importe ici : le fait à retenir est la contamination par le lait et ses conséquences, des maladies évitables et à éviter.
Pour éviter la contamination du lait, il faut que toutes ses manipulations aient lieu hors de la chambre d’un malade et qu’elles ne soient jamais
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faites par des personnes qui le soignent ou qui l’approchent; de plus, l’eau servant au lavage des vases doit être absolument pure ou mieux encore bouillie. Il faut en outre, si on n’est pas absolument sûr de la provenance et de la bonne qualité du lait, ne le consommer qu’après l’avoir stérilisé (1).
Viandes. — Les viandes peuvent introduire dans notre organisme des parasites, dont le tænia ou ver solitaire et la trichine sont les plus connus, et des
(1) Pour préparer le lait dit lait stérilise qui, en dehors du lait maternel ou du lait d’une bonne nourrice, ou du lait maternisé bien préparé, est le meilleur à employer pour les nourrissons et qui donne toute garantie contre les infections, on opère comme il suit :
On met du lait frais dans une série de flacons de dimension variable suivant l’usage auquel on le destine; on couvre ces flacons avec une rondelle ou un capuchon en caoutchouc souple et on les dispose dans une marmite en les séparant par une feuille métallique ou une planche percée de trous pour les recevoir, ou simplement par un linge, pour éviter les chocs pendant l’ébullition. On remplit la marmite d’eau jusqu’au niveau du lait dans les flacons et on fait bouillir au bain-marie pendant une demi heure à trois quarts d’heure ; après ce temps, on retire du feu la marmite et peu après les flacons qu’on laisse refroidir. Par le refroidissement, le caoutchouc formant couvercle s'adapte de lui-même au goulot des flacons, y adhère fortement et le ferme hermétiquement.
Pour les nourrissons, il faut employer des flacons ne contenant pas plus que ce qui doit être consommé en une tétée (soit 100, 150 ou 200 grammes, suivant lage), ou, dans tous les cas, ne mettre dans les flacons que ces quantités, afin qu un flacon commencé ne soit jamais rèprésenté à 1 enfant. Les flacons servent eux-mêmes de biberon en y adaptant directement une tétine en caoutchouc, toujours très proprement tenue et toujours lavée avec soin avant et après chaque tétée.
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g’ermes infectieux, tels que ceux du charbon et de la tuberculose. Elles peuvent de plus être nuisibles si elles proviennent d’animaux atteints de maladies diverses, car dans ce cas, comme lorsqu’elles présentent un certain degré de putréfaction, elles contiennent des poisons très dang-ereux.
Les moyens d’éviter les accidents dus à la mauvaise qualité de la viande sont : les uns administratifs, qui consistent dans la surveillance des abattoirs et des débits de viande, avec des mesures de répression contre les fraudes ; les autres domestiques, qui consistent dans le choix des viandes et le souci de leur fraîcheur et dans une cuisson suffisante et suffisamment prolong-ée pour que les substances nuisibles soient détruites (1).
Légumes et fruits. — Les légumes et les fruits touchant le sol ou restant près du sol peuvent être infectés et porter avec eux l’infection, le choléra, la fièvre typhoïde, la dysenterie ; ils peuvent aussi transporter dans les voies dig-estives de l’homme les œufs des vers intestinaux. Particulièrement en ce qui concerne le choléra, ils peuvent exercer une
(I) A ce sujet, il est bon de savoir que dans les viandes mangées saignantes les parties centrales du morceau n’ont pas été portées à la température nécessaire pour la destruction des microbes ; elles ont atteint 50 à 60 degrés seulement, pas davantage, alors qu’il faut une température de 80 degrés environ pour détruire un certain nombre d’entre eux et une température supérieure à 100° pour les détruire tous.
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double influence fâcheuse en ce que, pris en certaine quantité, ils prédisposent à la diarrhée ou la provoquent et peuvent porter dans l’intestin des germes morbides qui, dans ces conditions, y pullulent avec facilité. Il y a donc lieu d’en surveiller l’emploi, de les laver toujours avec grand soin, de les peler toutes les fois qu’il est possible et, en temps d’épidémie, de ne les manger que cuits ; on évitera ainsi à peu près sûrement les maladies qu’ils peuvent transmettre.
Conserves. — Les conserves diverses ont souvent causé des accidents qu’on peut généralement éviter.
Il faut d’abord examiner les boîtes avant leur ouverture et renoncer à l’emploi de celles qui sont bombées. Elles doivent être plates ou même un peu abaissées; si elles sont bombées, c’est que la conserve a fermenté et que des gaz se sont formés par la putréfaction.
A l’ouverture des boîtes il faut sentir et examiner les conserves et rejeter toutes celles qui ont une odeur désagréable. S’il s’agit de conserves de viande, il faut rejeter aussi celles dont la graisse ou la gelée n’ont pas la consistance et l’aspect habituels ; s’il s’agit de conserves de légumes, il faut, si, en examinant la boite et en la sentant à l’ouverture, elle a été reconnue bonne, vider l’eau et laver largement
les légumes à l’eau propre avant la cuisson.
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De plus, d’une manière générale, qu’il s’agisse de conserves de viande, de poisson ou de légumes, les boîtes ne doivent être ouvertes qu’au moment de leur consommation.
Alcool. — L’alcool est un des principaux ennemis de l’homme et l'alcoolisme un des principaux fléaux que l’humanité ait fait fondre sur elle.
L’alcool porte ses atteintes sur le système nerveux qu’il surexcite d’abord et qu’il déprime ensuite, sur l’appareil digestif, sur l’estomac et le foie particulièrement, qu’il altère profondément dans leurs fonctions et leur structure, sur les vaisseaux sanguins et sur le cœur qu’il vieillit avant l’âge, sur les reins qu’il irrite et dont il provoque l’atrophie et, par surcroît, sur la descendance, chez laquelle il provoque directement des maladies nerveuses et autres des plus graves et une aptitude particulière à contracter un certain nombre d’autres maladies toutes plus ou moins graves. Il expose de plus celui qui s’y livre avec excès, à subir les atteintes de tous les agents infectieux en leur préparant un terrain sur lequel ils évoluent avec la plus grande facilité. Aussi voit-on chez les alcooliques les complications les plus graves survenir à l’occasion de maladies quelconques, des accidents cérébraux ( delirium tremens , folie alcoolique) se manifester, soit spontanément soit sous une influence banale et la tuberculose