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CAUSES D’IMPURETÉ DU SOL

un sol argileux et, inversement, une plante qui croît dans l'argile ne vivra pas dans le calcaire; enfin ül est des terres dans lesquelles aucune plante ne peut s'acclimater.

De même, l'animal choisit d’instinct Le sol le plus favorable à son existence.

Ces différences de composition du sol agissent également sur l’homme ; et la salubrité du sol est en raison directe de sa composition : tandis que le sol où la silice domine est généralement salubre, car l’eau n’y stagne pas et par conséquent il n’y a ni humidité, nifoyer de putréfaction ; celui au contraire où l'argile se trouve en abondance est imperméable ; l'écoulement des eaux ne se fait pas ou se fait mal; l'humidité et les fermentations qui en résultent, le rendent insalubre.

Outre les matières minérales et organiques que contient le sol par sa constitution géologique, il faut encore tenir compte des détritus organiques déposés par les humains, car ils peuvent devenir des foyers d'infection. |

2° Germes. — Puisque les bacilles, germes des maladies microbiennes, se trouvent dans les déchets des organismes, puisqu'ils sont en suspension dans l'air et dans l’eau, le sol, qui est continuellement en rapport avec ceux-ci, peut donc aussi être un réceptacle de microorganismes.

La proportion des microorganismes contenus dans

le sol est très variable, suivant les terres que l’on examine.

Tout d’abord ils ne pénètrent pas à une grande profondeur, ils restent dans la couche superficielle, épaisse de un à deux centimètres. Puis ils sont influencés par la température du sol, sa composition chimique, sa plus ou moins grande perméabilité.

Pour fixer les idées, voici quelques chiffres, d’après les recherches de Miquel :

Par gramme.

Terre gazonnée du parc de Montsouris.. 700.000 germes. — irriguée depuis dix ans à l’eau d'écoute er 810.000 — — semblable non irriguée ......... 900.000 —

Bien que tous les microbes puissent se rencontrer partout, il y a certains éléments qui leur offrent des conditions plus favorables à leur existence, ils s’y accumulent en plus grand nombre et font de cet élément le principal agent de leur transmission.

Si la tuberculose est le plus souvent transmise par l'air, la fièvre typhoïde et le choléra par l’eau, la malaria et la fièvre jaune reconnaissent généralement comme étiologie une contagion tellurique; ce sont les maladies spécifiques de ce mode de contamination, sans toutefois exclure la possibilité de la transmission d’autres maladies contagieuses, dans certains cas.

Toutes les terres ne contiennent pas dans les mêmes proportions ces différents microorganismes :

l’hématozoaire de la malaria, le bacille de la fièvre

jaune, etc., parce que toutes ne présentent pas au même degré les conditions nécessaires à leur existence, c'est-à-dire une température élevée, combinée à de l’humidité.

Quant à la transmission par le sol des autres maladies contagieuses, telles que la fièvre typhoïde, le choléra, bien que Pettenkofer et son école aient voulu donner une grande importance à l’origine tellurique de ces deux infections, les résultats cliniques ne semblent pas justifier la théorie des oscillations verticales du niveau de la nappe souterraine ; on a constaté, il est vrai, quelques cas de contagion par ce mode de contamination, mais l’origine hydrique n’en conserve pas moins toute sa valeur.

1. Mararra. — La meilleure preuve de l’action du sol dans la propagation de la malaria, c’est la remarque suivante : Partout où il y a des marais, des marécages, on constate de nombreux cas de malaria ; dès qu'on assainit ces régions, qu'on dessèche ces marais, la malaria diminue et finit même par disparaître.

La Sologne a été longtemps couverte de marais ; la malaria y était permanente. « Si l’on comparait les cantons limitrophes dans les départements du Loiret et du Loir-et-Cher, on remarquait que, suivant

G. BAILLIÈRE. — Mal. évitables. 11

que la proportion des étangs s'élevait, la population variait dans un rapport plus grand que celui du simple au double et la durée de la vie moyenne décroissait d'un quart à un sixième. » (Marchand.) Des travaux d'assainissement ont été exécutés, la Sologne a été rendue à la culture ; la malaria a reculé.

Dans la Charente-Inférieure, les arrondissements de Rochefort et de Marennes ont eu longtemps à souffrir de la malaria. La région a été assainie, les fièvres ont aussitôt disparu, et la proportion des décès a suivi une progression inverse du degré d'assainissement :

De 1S1T ANSE 1 décès sur 21 habitants.

De 1899 /à SARA 1 — 27 — De18481a 1810-00 1 — 31 —

En 1888, le havre de la Gachère (Vendée) avait été obstrué pendant une année ; il avait été ainsi transformé en un véritable marais ; 1l y eut à cette époque de nombreux cas de fièvres paludéennes. Des travaux furent exécutés, l'ouverture du havre fut rétablie, la malaria disparut. De nouveau, dans ces derniers temps, le havre fut encore une fois obstrué ; la stagnation des eaux soit dans les fossés, soit dans les marais inondés, amena une endémie de fièvres paludéennes ; l'exécution des travaux nécessaires à la désobstruction ramena un état sanitaire satisfaisant (1)

(1) Grimaux, Endémies de fièvres paludéennes dans les villages environnant le havre de la Gachère (Ann. d’hyg., 1893, t. XXIX, p. 46).

IL. Fièvre rypnoïne. — Le bacille typhique a été rencontré dans le sol. M. le Professeur Brouardel, à l’occasion de l’épidémie de Pierrefonds (1), a pu affirmer que ce bacille pouvait même y vivre longtemps.

Le D'Tryde (de Copenhague) est arrivé aux mêmes résultats.

L'épidémie de Bordeaux, en 1887-88, a eu pour origine des fouilles faites dans un quartier de la ville pour l'installation de tuyaux de gaz; c’est là que la fièvre a le plus sévi ; l'analyse bactériologique des eaux a été faite et a donné un résultat négatif.

Le sol souillé, putride, semble remplir toutes Les conditions désirables pour conserver les germes typhogènes et même peut-être favoriser leur développement; en tous cas, il joue, dans la transmission, un rôle important, bien que souvent indirect. C’est par le sol que se font les communications entre les fosses d’aisances et les puits ou fontaines ; c’est par lui aussi que se font les filtrations qui infecteront l’eau et l’air et en feront des milieux typhogènes.

La ville de Passau souffrait depuis de longues années d’épidémies de fièvre typhoïde, qu’on attribuait à la fois à la mauvaise qualité de l’eau et au mauvais état des égouts. En 1890, on assainit la ville,

(1) Brouardel, Enquêéle sur une épidémie de fièvre typhoïde qui a régné à Pierrefonds (Ann. d'hy., 1887, t. XVII, p. 97).

on établit un service d’eau de source, et la fièvre typhoïde disparut.

La fièvre typhoïde fit, en 1895, une nouvelle apparition limitée à la garnison, et le D' Vogt, médecin inspecteur de l’armée allemande, fit une enquête pour découvrir la cause de cette épidémie qui, sur deux bataillons composant la garnison, avait atteint 112 hommes.

Les soldats n'avaient été contaminés ni par la population civile, ni par le contact avec des malades des localités voisines, ni par l’eau qui ne pouvait être incriminée. En visitant la caserne, on découvrit que plusieurs égouts qui portaient dans l’Inn les immondices etles matières fécales étaient fortement dégradés. Le revêtement intérieur en béton avait disparu par places, il existait même des brèches complètes des parois, et les matières avaient librement imprégné le sol au voisinage des égouts, jusqu’à une distance assez considérable. Des cultures faites avec le sol ainsi imprégné donnèrent trois fois le bacille typhique ; on le trouva en particulier dans un échantillon de terre, recueilli à 50 centimètres de profondeur, au voisinage d’une brèche des égouts. Ce bacille, venu primitivement on ne sait d'où, avait donc envahi le sol de la caserne et c’est de là qu’il infectait les soldats qui y étaient logés.

Les travaux d’égouts, de viabilité et de terrassement pour l'établissement de la voie publique, les

terrassements et les fouilles par les administrations et les particuliers pour la construction des édifices et des maisons neuves, surtout dans les terrains marécageux, d’alluvion et de remblai, ont une influence considérable sur le développement des maladies endémiques et épidémiques, notamment de la fièvre typhoïde et de la fièvre intermittente. A l’appui de cette thèse, il suffit de rappeler les nombreux cas de fièvre intermittente survenus lors du creusement du canal Saint-Martin, de l’édification des anciens forts autour de Paris, de l’ouverture de la rue de Rivoli et à la suite des grands travaux du canal de Tancarville (1); les cas de fièvre typhoïde, dans le quartier de la Porte-Saint-Martin, pendant les derniers mois de 1871, à l’époque des fouilles nécessitées par la construction des deux théâtres de la Renaissance et de la Porte-Saint- Martin, construits sur puits en béton, creusés dans les fossés des anciens boulevards de l’enceinte de Paris au dix-huitième siècle; le développement de la fièvre typhoïde, en 1882, dans les quartiers de l'École-Militaire et de Clignancourt, par les travaux du quartier neuf de Clignancourt dont les terres ont

(1) Léon Colin, Rapport sur les mesures hygiéniques à conseiller au sujet de l'exécution du canal de Tancarville (Ann. d’hyg., 1881, t. V, p. 467), et Instruction sur les mesures el les précautions à prendre et sur les soins à donner aux ouvriers lorsque des travaux s'exécutent dans des lerrains marécageux ou dans des alluvions maritimes de formation récente (Ann. d'hyg., 1882, t. VII, p. 97).

servi aux remblais du Champ de Mars; l'épidémie de fièvre typhoïde qui a sévi sur le régiment de dragons en garnison à Reims, en 1896, à la suite des manœuvres faites sur des champs d'épandage d’engrais humain.

L’épidémie de fièvre typhoïde qui, en 1894, frappa le 23° régiment d'infanterie, en garnison à Bourg, eut aussi pour causes les démolitions et le remaniement du sol, pour la percée d’une rue, consécutivement le creusement d’une tranchée de 600 mètres pour la construction d’un égout. La caserne se trouvait voisine du quartier où se faisaient ces travaux de voirie et, dans ces conditions, on comprend que les démolitions de très anciennes maisons et les travaux de terrassement aient soulevé, au commencement de la saison chaude, des torrents de poussière fécaloïde où le bacille ne faisait pas défaut. Là encore, l’eau ne pouvait être incriminée, ainsi que l’ont démontré les nombreuses analyses bactériologiques faites, avec le plus grand soin, au Val-de-Grâce et au Laboratoire du Comité consultatif d'hygiène publique.

Il est donc bien prouvé aujourd’hui que les terrassements, les fouilles, l'ouverture des tranchées, pour la construction des égouts, et le creusement de puits sur des terrains de remblai, marécageux ou d’alluvion peuvent donner lieu à des effluves paludéens, permettre aux bacilles de la fièvre typhoïde de

prendre leur essor et que, sous l'influence des microorganismes répandus par ces remuements et ces excavations du sol, les maladies telles que la diphtérie, la pneumonie, la grippe peuvent prendre aussi un caractère de haute malignité.

Des expériences récentes ont démontré l'efficacité du sulfate de fer et de la chaux, pour la désinfection des terres souillées et contaminées.

Le Conseil d'hygiène, en conséquence, a émis le vœu que les prescriptions suivantes soient adoptées en ce qui concerne les chantiers de terrassement et tous les travaux qui amènent des bouleversements de terrain :

1° Dans l'exécution des travaux de terrassement, nivellement du sol, tranchées et fouilles pour les égouts et les nouvelles constructions, si les fouilles et les terres qui en sont extraites sont reconnues infectées ou souillées et, par suite, capables de compromettre gravement la santé et la salubrité publiques et d’engendrer des maladies endémiques, épidémiques ou contagieuses, les fouilles et les tranchées, à chaque interruption de travail, seront saupoudrées de sulfate de fer pulvérisé et de chaux vive, à raison de 100 grammes de sulfate de fer pulvérisé et de 200 grammes de chaux vive par mètre carré. Les terres provenant de ces fouilles seront saupoudrées et mélangées des mêmes substances, à raison de 500 grammes de sulfate de fer et de 1 kilogramme de chaux vive par mètre cube.

20 Ces terres ne pourront être enlevées qu'aux décharges publiques, hors Paris, et, dans des cas spéciaux, terres infectées par des fuites de fosses d’aisances, d'anciens égouts, etc., elles devront être portées aux voiries dans des voitures couvertes qui ne laissent rien répandre au dehors.

IL. Pesre. — M. Yersin a très nettement esquissé le rôle du sol dans la transmission de la peste.

Le bacille de la peste infecte le sol, qui joue un rôle dans la conservation et la dissémination de ce bacille. Cela ressort d’une constatation directe : M. Yersin a examiné le so] dans les localités infectées, il a prélevé des échantillons de terre, et jusqu'à 7 centimètres de profondeur dans le sol, il a reconnu le bacille pesteux ; mais ce bacille n’est pas pathogène. Toutefois, dans des conditions favorables de misère et de famine, il peut reprendre toute sa virulence.

III. — Moyens à employer pour éviter la contagion par le sol.

Tout d’abord, avant de s'attaquer à la constitution même du sol et aux germes qu’il contient, il faut éviter d'augmenter les chances d'infection par l’épandage des détritus organiques qu'y déposent les êtres vivants.

Les peuples nomades, après avoir séjourné un certain temps à un endroit, après y avoir déposé quotidiennement leurs détritus, se déplacent et dressent leurs tentes un peu plus loin, laissant ainsi le sol souillé se purifier naturellement.

Les peuples civilisés, qui ne peuvent songer à recourir au même procédé, doivent empêcher ces

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détritus de devenir des foyers d'infection, en les assainissant, en les déposant là où ils ne peuvent nuire.

Dans la banlieue de Paris, qui reçoit les gadoues de la capitale, il est défendu de les répandre à moins d'une certaine distance des habitations; et encore cette mesure restrictiven’empèche pas que leur accumulation dans certains endroits est une infection et que les Parisiens qui viennent chercher à la campagne un air plus pur qu'à Paris respirent à pleins poumons les détritus de la ville. Ainsi du côté d'Épinay, Groslay, Écouen, il y a des jours où, lorsque le vent souffle dans une certaine direction, ces petits villages sont infectés d’une odeur épouvantable (1).

1° Assainissement du sol. — Pour éviter les contagions par le sol, il est plus facile de s'adresser au sol qu'aux germes. Annihiler les germes du sol est une entreprise difficile, tandis qu'il est relativement plus facile de mettre le sol dans des conditions défavorables à la vitalité et au développement des germes.

La désinfection du sol est une utopie irréalisable. Le Professeur Fodor avait proposé de désinfecter le sol des villes au moyen du chlore gazeux, mais il à été forcé de reconnaître lui-même, après l'avoir essayé, l'impossibilité de son procédé.

(1) Du Mesnil, Les ordures ménagères de Paris (Ann. d'hyg., 1893, t. XXX, p. 549).

La désinfection laissée de côté, il faut fdire l’assainissement du sol. |

Puisque les conditions favorables aux germes de la malaria et de la fièvre jaune sont de l'humidité et une température élevée, il faudra lutter contre la coexistence de ces deux états du sol et modifier le sol par la culture.

I. Huwmpiré. — Le desséchement et l’assainissement des pays marécageux s'imposent. Les travaux déjà exécutés en Sologne, dans la Charente, dans les Landes ont montré les bons résultats que l’on obtenait ainsi.

Le desséchement est obtenu par le drainage du sol et l'assainissement par la mise en culture; on emploie de préférence des semences végétales à culture intensive, et en particulier l’eucalyptus a été considéré comme la plante spécifique.

Mais le desséchement et l'assainissement ne se font pas Sans entraîner de grands travaux, sans remuer une grande quantité de terre boueuse des marais, sans Par conséquent exposer à une contagion presque certaine de nombreux ouvriers. Des précautions prophylactiques, prises dans ces dernières années, ont donné de bons résultats.

Il ne faut remuer aucune terre suspecte avant de l'avoir rendue aseptique avec une solution de sulfate de fer et de chaux vive; cette mesure a été appliquée avec succès aux travaux d'assainissement du petit

lac du bois de Vincennes, sis sur la commune de Saint-Mandé (1), et du grand canal du pare de Versailles, en 1892.

IT. Température éLevée. — La lutte contre l’élévation de la température est difficile à réaliser.

Mais si l’on ne peut guère modifier la température par de simples mesures sanitaires, il est du moins un certain nombre de précautions qui augmentent les chances de résistance à l’infection.

M. Maurel (de Toulouse) (2), faisant en pays paludéen des recherches sur les microorganismes de la malaria, passait des nuits entières à barboter dans la vase pour surveiller ses appareils. Les indigènes qu'il employait étaient tous atteints d'accès fébriles. Lui seul était indemne. La seule précaution qu'il prenait était de ne pas ouvrir la bouche, de garder le silence, tandis que son personnel n’y faisait guère attention. Les replis de la muqueuse nasale rempliraient donc un rôle protecteur du germe du paludisme.

III. Cuzrure pu s0L. — En dehors des indications prophylactiques spéciales aux maladies spécifiques de la contagion tellurique, il ne faudra pas, même dans les pays non paludéens, négliger l’assainissement du sol.

(1) Diverneresse, Asepltisation des terres contaminées, avant leur

transport et leur mise en cullure (Ann. d'hyg., 1894, t. XXXI, p. 235). (2) M. Maurel (de Toulouse), Académie de médecine, janvier 1896.

Le meilleur assainissement est obtenu en labourant la terre et en livrant le sol à une culture intensive.

On a remarqué en outre que les arbres étaient des agents sanitaires utiles ; dans les terrains secs, ils sont des agents d'humidité ; dans les terrains humides, ils sont des causes de desséchement. M. Jeannel a insisté, dans un travail présenté à l’Académie de médecine, sur les inconvénients du déboisement. Les recensements faits depuis 1871 montrent la diminution progressive de la natalité dans les trente départements déboisés. De 1886 à 1891, ces départements ont perdu 89682 habitants par excédent des décès sur les naissances. La mortalité a été neuf fois plus forte dans ces départements que dans le reste de la France.

En résumé, la prophylaxie des maladies évitables trouve encore quelques éléments d’action dans le sol : s’il est difficile de frapper le germe lui-même, il est du moins facile de modifier le sol de façon à le rendre impropre à la culture du germe.

L'assainissement des régions malsaines est un devoir gouvernemental, national, au point de vue de la protection de la vie des habitants.

2° Rues des villes. — A propos de la prophylaxie des maladies évitables par le sol, il est nécessaire de parler du sol des voies publiques, dans les grandes villes.

Une expérience, faite par M. Miquel, prouve que l'humidité du sol s'oppose au transport dans l’atmo-

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sphère des bactéries que ce sol contient. Une cloche est enfoncée de quelques centimètres dans de l’humus renfermant de la viande putréfiée et de l’eau corrompue. Faisant arriver, par aspiration, l’air de ce sol dans un liquide de culture aseptique, il a constaté qu'il ne pouvait fertiliser ce liquide.

Enfin M. Marié-Davy, en faisant des recherches analogues sur les terres de Gennevilliers, irriguées à l’eau d’égout, a obtenu des résultats identiques.

Les oscillations indiquant le nombre des bactéries trouvées dans l’air ont une marche inverse des oscillations de l’eau tombée; c’est donc de l’état de sécheresse ou d'humidité des surfaces que dépend la quantité des germes contenus dans l’atmosphère.

Comme conclusion pratique, il faut donc que les poussières des chaussées qui peuvent contenir des germes nuisibles à la santé des habitants ne soient jamais remuées par les balayeurs sans qu’au préalable un arrosage sérieux les ait fixées au sol et les empêche de s'élever dans l’air ambiant.

D'ailleurs cette mesure commence à être appliquée à Paris, mais elle ne l’est pas avec toute la rigueur désirable, et il arrive encore souvent de voir des balayeurs soulever des nuages de poussière et mettre en circulation de nombreux germes (1).

(1) Dumesnil La viabilité de Paris (Ann. d'hyg., 1887, t. XVII, p.241). — Manfredi, La contamination des rues dans les grandes villes au point de vue de l'hygiène (Ann. d’'hyg., 1892, t. XX VIT, p. 5).

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