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INTRODUCTION

« Chaque année, plus de 30 000 Français succombent à des maladies évitables : avec les mesures nécessaires, on peut presque faire disparaître cette mortalité », a dit M. le Professeur Brouardel, en novembre 1890, dans une communication à l’Académie de médecine (1).

C’est là une idée bien nouvelle, caractéristique de nos études actuelles qui s’efforcent de prévoir et d'empêcher les prédispositions morbides, que de lutter énergiquement contre les microbes, pathogènes,

(1) Brouardel, Les maladies’ évitables, variole, fièvre typhoide (Acad. de méd., 11 nov. 1890 et Ann. d'hyg., 1891,t. XXV, p. 43).

s'entend, car nombreux sont les microbes bienfaisants, indispensables dans la circulation de la matière entre le monde organisé et le monde minéral. Toutefois, cette lutte contre le microbe a pour but moins de le tuer que de l’atténuer et le rendre impuissant. La médication étiologique est l'idéal, car il est plus facile de prévenir une maladie que de la guérir.

Il y a quelque cinquante ans, Cruveilhier, Andral, Louis, Chomel, ne faisaient que constater des symptômes, étudier des lésions ; ils enregistraient des faits, sans chercher à les expliquer, à en découvrir les causes. Toutefois, dès cette époque, Jean Hameau avait cru à l’existence de virus, capables de produire des maladies, et il avait cherché à répandre ces théories nouvelles qui devaient conduire à la médecine actuelle. Malheureusement il avait le tort d’avoir des idéés qui étaient en avance sur celles de ses contemporains, et les virus de Jean Hameau purent agir, sansôtre combattus, pendant quelques années encore.

I est vrai que les sciences se développent lentement ét qu'elles doivent toujours commencer par une observation minutieuse des faits, avant d'en chercher les causes, avant de les expliquer et par suite avant de pouvoir les prévenir.

Ainsi la météorologie, qui est une science touté nouvelle, est encore à la période d’enfance, elle enregistre des faits que, dans un temps plus où

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