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Partie moyenne de l’épigastre avec des masses noirâtres irrégulières

du bébé vide deux heures et demie après les repas.

Nous faisons figurer ici un de ces cas qui

LE LAIT ET LE TUBE DIGESTIF

démontrera à la fois comment les recherches ont été faites et quel résultat elles ont donné; car

On ne retrouve plus l’estomac. Le gros intestin rempli de gaz et un peu dilaté remonte très haut.

à quelques détails près tous les autres cas sont calqués sur celui que nous figurons ici.

Il s’agit du bébé C, Ida, âgé de 10 mois, en convalescence d'une pneumonie franche, avec état général parfait sans aucun trouble dyspeptique. Nous donnons le repas suivant :

Repos bismutlié.

Soupe lualtée (à 160 gr. p. 1000)

Lait

Carbonate de bismuth

100 gr.

Chimisme du lait dans l’estomac.

Le chimisme du lait dans l’estomac du nourrisson et de l’animal nouveau-né a été admirablement étudié par Tobler (1), par Gohnheim (2) et par Hamburger (3), etc.

Le suc GASTRIQUE qui sert à la digestion du lait est sécrété, d’après Tobler, en quantité équivalente à celle du lait. Un repas de 200 grammes de lait nécessiterait ainsi 200 grammes de suc gastrique.

La sécrétion de ce suc, soit pour sa qualité, soit pour sa quantité, dépend d’une part de l’appétit et du plaisir que le bébé trouve à sa nourriture {sécrétion psychique)^ d’autre part, du genre de nourriture et de l’excitation que les produits de sa digestion exercent sur les nerfs du duodénum, les peptones augmentant, les acides gras diminuant la sécrétion du 'suc gastrique.

(1) Tobler, Ergebnisse, I, p. 408.

(2) Gohnheim, Zeit. /'. Phys. Ch., 58, p. 52.

(3) Hamburger, Jahrb. f. Kind., 62, p. 496.

30 LE LAIT ET LE TUBE DIGESTIF

Le suc gastrique contient des ferments nombreux : le lah^ V acide chlorhydrique^ la pepsine et, dans la partie pylorique, Vérepsine^ enfin la lipase gastrique.

Le lab trouvé chez le nouveau-né par Hamburger, Léo, Cassel, Hecker produit la coagulation du lait qui représente déjà un premier degré de transformation de la caséine en alhumine soluble et paracaséine. Ce dernier corps se combinant avec les sels de chaux du lait forme des paracaséinates de chaux insolubles.

Cette coagulation se fait lentement et, en flocons légers, poreux, minuscules pour le lait de femme qui contient moins de sels de chaux, rapidement et en gros magmas lourds et compacts pour le lait- de vache qui en contient beaucoup.

Cette action du lab a pour but, comme Tobler l’a démontré, d’empêcher le passage rapide du lait à travers le pylore, avant qu’il ait subi l’action du suc gastrique.

Le lab transforme ainsi le lait, aliment liquide, en caséum solide {paracaséine^ graisse et chaux) et en petit lait.

Le petit lait est éliminé de suite à travers le pylore.

Le caséum solide peut ainsi subir l’action intense du suc gastrique non dilué qui seule est efficace pour transformer la caséine. \

Acide chlorhydrique. L’acide chlorhydrique libre, c’est-à-dire l’acide qui n’a pas été neutralisé par l’albumose, les peptones et les sels, ne se constate que chez l’enfant nourri au sein et encore pas d’une manière régulière. Chez l’enfant nourri au biberon on n’en trouve pour ainsi dire jamais, ce qui tient à la différence des proportions en sels et caséine des laits de femme et de vache.

L’acide chlorhydrique exerce une action désinfectante ; il stimule la sécrétion du suc pancréatique et surtout concourt avec la pepsine à la digestion de la caséine.

La pepsine transforme avec l’aide de l’acide chlorhydrique la lactocaséine et la lactalbumine en albumoses et en peptones, mais ne paraît pas pouvoir pousser la décomposition de la molécule albumineuse jusqu’aux acides aminés.

L’érepsine découverte par Cohnheim, qui ne se trouve que dans la portion pylorique, peut par contre décomposer les peptones en acides aminés.

LE LAIT ET LE TUBE DIGESTIF

La lipase gastrique a une importance considérable puisque 25 p. 100 des graisses contenues dans le lait sont décomposées déjà dans l’estomac en acides gras et en glycérine.

Résorption stomacale.

L’estomac est incapable d’absorber l’eau. Mais il absorbe avec facilité le glycose et les sels et la minime proportion des acides aminés formés dans l’estomac par l’érepsine.

Marche de la digestion dans l’estomac.

Nous savions par les travaux de Ellenberg(l) et de Gruzner (2) que l’estomac qui est incapable de broyer la nourriture solide est aussi incapable de résorber l’eau. L’estomac est donc obligé, avant de commencer la digestion, d'éliminer tout d'abord le liquide contenu dans les repas; puis, s’appliquant sur le bloc alimentaire solide grâce à sa péristole, il n’en digère que la couche extérieure qiii, liquéfiée, est à son tour éliminée par le pylore pour permettre à la couche suivante d’être attaquée.

(1) Ellenberg, Pflug. Arch., CXIV, p. 93.

(2) Gruzner, Ibid., CVI, p. 463.

Golinheim (1) a même démontré que la digestion d’un repas d’épreuve se fait de la même manière, aussi insiste-t-il sur ce fait que le résultat de l’examen chimique diffère considérablement suivant que la sonde retire la couche centrale ou la couche périphérique du repas d’épreuve. Il était donc très intéressant de rechercher comment dans ces circonstances la digestion d’une nourriture liquide comme le lait peut se faire.

MARCHE DE LA DIGESTION DU LAIT DANS l’estomac

Action DU lab. — Tobler (2) qui a étudié les transformations du lait chez un enfant à fistule stomacale et chez des chiens nouveau-nés insiste tout d abord sur la coagulation presque immédiate du lait par le lab, car elle commence deux minutes après l’ingestion et paraît complète après dix minutes.

Le petit lait. Dès les premières minutes, le petit lait ainsi formé commence à. être expulsé dans le duodénum par des contractions régu-

U) CoHNiiEiM, Zeit. f. Phys. Ch., 58, p. G8.

(2) Tobleu, Eryebnisse, I, p, 498.

Combe. — Mal. gastro-inleslinalcs.

LE LAIT ET LE TUBE DIGESTIF

Mères de la portion pylorique qui se font quatre à six fois par minute.

Le caséum. — La caséine et la graisse caillées par le lab restent dans l’estomac en formant le caséum^ sur lequel la muqueuse stomacale vient s’appliquer hermétiquement une fois le liquide expulsé grâce à une péristole semblable à celle de l’adulte, sans que le bloc qui ne diminue que par sa périphérie soit aucunement broyé, ni mélangé comme on le pensait autrefois (1).

Le lab a donc pour but, en séparant le petit lait du caséum^ de permettre l’élimination du petit lait et de transformer ainsi le contenu stomacal liquide en contenu solide sur lequel les sucs stomacaux concentrés pourront exercer leur action sans être troublés par une dilution qui serait extrêmement nuisible à leur action peptique.

Action du suc gastrique. — Le suc gastrique sécrété fluidifie alors la couche la plus extérieure du bloc qui est aussitôt expulsée dans le duodénum par les contractions stomacales sous forme de gouttes formées d’albumoses et de peptones ; la caséine peptonisée sortant d’abord, la graisse ensuite et plus tardivement,

(1) Voir la figure 3

Le suc attaque ensuite la couche suivante et ronge ainsi concentriquement le caillot par couches successives.

Pendant tout le temps de cette digestion stomacale, les couches internes du hloc de caséum continuent à être alcalines et en contact intime avec la salive qu’elles contiennent encore et qui peut ainsi continuer à développer son action saccharifiante jusqu’au moment où la réaction est modifiée par l’acide chlorhydrique de l’estomac, ce qui explique l’importance de la digestion salivaire. Il en est de même pour les microbes contenus dans le bloc, qui continuent dans ce milieu favorable à pulluler de la même manière et avec la même intensité que dans les portions de contrôle conservées à l’étuve.

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