LES GRAISSES ET LES SELS
30 Par UNE TOLÉRANCE EXCELLENTE POUR LA CASÉINE.
Il semble même, dit Finkelstein que dans la dyspepsie toxique la prépondérance des fermentations des sucres est primitive et que celle des graisses n’est que secondaire.
Quoi qu’il en soit, les résidus alimentaires gras et sucrés sont décomposés en acides gras. Ces acides gras irritent l’estomac en y produisant du spasme pyloriquc ; ils irritent l’intestin en y déterminant des diarrhées qui entraînent au dehors les sels alcalins.
Enfin ils empruntent pour leur neutralisation, d’une part, les sels alcalino-terreux à la nourriture et, d’autre part, l’ammoniaque à l’organisme. 11 en résulte pour l’organisme un état de souffrance générale due à une insuffisance alcaline V alcalinopénie de Pfaundler et pour l’intestin une transformation de la flore microbienne intestinale en flore saccharolytique.
Indications thérapeutiques.
En présence de cette intolérance pour les hydrocarbones et pour les graisses qui causent
secondairement une perte des sels alcalins et alcalino -terreux, nous nous trouvons en présence de trois indications. Nous devons au prorata du degré de tolérance du bébé :
1® Diminuer les hydrocarbones;
2^ Diminuer les graisses;
3° Augmenter la caséine.
/° DIMINUE fi LES HYDfiOCAfiBONES DANS LA NOUfifilTUfiE
C’est par leur fermentation et par la jormation des acides gras qui en résulte que les hydrocarbones deviennent nuisibles.
Or à ce point de vue il existe de très notables différences entre les différents hydrocarbones qui entrent dans la nourriture du bébé.
Les sucres.
Les sucres olïrent à la fermentation une résisiance variable ([ue nous avons déjà examinée mais qui au point de vue thérapeutique revêt une telle importance qu’il convient de Ja relever encore ici.
Lactose Lœfflund. — Le plus fermentescible de tous les sucres est, chose étrange, comme nous l’avons vu, le sucre qui se trouve
DYSPEPSIE TOXIQUE
naturellement dans le lait : le lactose^ ensuite vient le saccharose^ enfin le maltose.
Parmi les sucres de lait, nous avons donné la préférence à un sucre de lait chimiquement et bactériologiquement pur : le lactose Lœfflund^ sans vouloir dire par là que c’est le seul dont on puisse se servir.
Sucre Soxhlet. — De tous les sucres celui qui offre le plus de résistance est le mélange de dextrine et maltose. Nous nous servons du mélange connu sous le nom de sucre Soxhlet.
Pour satisfaire à notre première indication nous pourrons donc par le coupage du lait diminuer le lactose dans la nourriture du bébé dyspeptique et le remplacer, suivant l’intensité de la fermentation, d’abord par la saccharine qui n’a aucune valeur nutritive, mais qui ne fermente pas, puis par le Soxhlet qui fermente peu lorsque l’état microbien intestinal le permettra.
Les farines.
Farines de céréales. — Les farines de céréales mal digérées chez le jeune enfant forment facilement chez eux des résidus indigérés qui fermentent. Aussi est-il préférable de leur substituer les farines dextrinées et maltées qui.
d’une part se digèrent mieux, d’autre part, comme nous venons de le voir, offrent plus de résistance à la fermentation.
Farines dextrinées et maltées. — Parmi les farines dextrinées et maltées, nous avons déjà parlé des farines Kufeke et Nesüe-Müo. Mais il en est deux autres employées en Allemagne qu’il nous faut mentionner : la première est la soupe de Liebig^ la seconde la soupe de Relier^ dite Malzsuppe ou Neutralnahrung.
Soupe de Liebig. — Cette soupe dont 100 grammes égalent 70 calories se prépare de la manière suivante :
Soupe de Liebig.
lo grammes de l'ariiie de froment sont mélangés à froid dans 200 grammes de lait écrémé ou eentrifugé; lorsque le mélange est bien fait, cuire à petit feu = n° I.
Dissoudre 1 cuillère à soupe de malt pulvérisé dans 40 grammes d’eau contenant 1 p. 100 de carbonate de potasse = n° 11.
Lorsque le n» I est refroidi, on le mélange au n° II, en remuant un quart d’heure, puis on donne une ondée et passe au tamis.
Cette préparation est un peu compliquée, aussi existe-t-il des préparations industrielles de cette soupe : Soupe de Liebig chez Lœfflund, à Stuttgart.
DYSPEPSIE TOXIQUE
Soupe au malt de Keller. — Cette soupe dont 100 grammes égalent 30 calories se prépare de la manière suivante :
Soupe de Keller.
50 grammes de farine de froment sont mélangés dans un quart de litre de lait froid ; lorsque le mélange est bien fait, cuire à petit feu pendant vingt minutes = n° 1.
Dissoudre 100 grammes à'extrait de soupe de malt de Lœfflund dit Malzsuppe Lœfflund (qui contient déjà le carbonate de potasse), dans deux tiers de litre d’eau = n® II.
Continuer comme pour la soupe Liebig.
On trouve des soupes de Keller dans le commerce sous le nom de N eutralnahrung chez Liebe, à Garlsruhe.
Ces deux soupes sont excellentes, mais nous leur préférons les potages faits avec le Milo ou le Kufeke qui nous permettent de mieux doser la graisse dans le lait que nous y ajoutons.
Nous pouvons donc modifier notre premier postulat, en le formulant comme suit :
Diminuer dans la nourriture du bébé
LES HYDROCARBONES QUI FERMENTENT (IttC-
tose, saccharose et farines) et les remplacer PAR ceux des hydrocarbones qui fermentent MOINS (Soxhlet et farines dextrinées et maltées : Kufeke, Milo, Liebig ou Keller).