J» AUGMENTER LA CASÉINE
La caséine est admirablement supportée dans la dyspepsie toxique : aussi dans les cas sérieux, où nous serons obligé de pousser très loin la diminution de la graisse et surtout des hydrocarbones, sera4-il possible, d’une part, d’emprunter une partie des calories à la caséine, d’autre part de se servir de sa nature chimique et de la réaction alcaline qu’elle détermine pour combattre la flore saccharolyte devenue par trop prédominante dans la dyspepsie toxique.
Lait caillé bulgare. — Nous nous sommes servi dans ce but, il y a quelques années, de lait caillé bulgare fait avec du lait écrémé.
DYSPEPSIE TOXIQUE
Nous mélangions le caséum privé de son sérum dans les potages dextrinés et maltés. Les résultats étaient excellents dans certains cas, beaucoup moins bons dans d’autres, ce qui tient àl’extrême variabilité de ce produit et c’est pour cette raison quenous avions abandonné cette méthode.
Lait albumineux. — • Nous l’avons reprise avec enthousiasme depuis que Finkelstein a recommandé son lait albumineux et les résultats en sont excellents, remarquables même, surtout lorsque la dyspepsie toxique tend au catarrhe intestinal : maladie dans laquelle le lait albumineux exerce une action spécifique comme nous le verrons encore.
' Finkelstein, il convient de le relever, est arrivé à la préparation du lait albumineux par une toute autre voie.
G? n’était pas pour modifier la réaction acide et la flore saccharolytique, comme nous cherchions à le faire en employant le lait bulgare, qu’il a cherché à augmenter la caséine, c’était pour diminuer dans sa préparation le petit lait avec le sucre et les sels qu'il contient, car il les considère dans la dyspepsie toxique et le catarrhe intestinal comme l’élément dangereux qui favorise l’intoxication.
Combe. — Mal. gastro-inlestinalcs. 29
Mais à l’essai, il paraît s’être bien convaincu que c’est bien la caséine qui exerce une action vraiment empêchante sur les fermentations saccharolytiques. Quoiqu’il y a deux années, quand j’ai eu le plaisir de le voir dans son magnifique service du Sâuglmgsasyl, de Berlin, il s’en défendit encore.
Préparation du lait albumineux.
Un litre de lait cru est mélangé avec une cuillerée à soupe d’essence de Lab Simon et le récipient est placé dans un bainmarie à pendant une demi-heure. Après trente minutes en effet, la caséine et la graisse forment un coagulum volumineux.
La masse est alors placée dans un sac de toile et suspendue pendant une heure afin de laisser écouler complètement le petit-lait, mais spontanément et sans presser ni pétrir avec les mains, sinon il passe trop de graisse et de caséine dans le petit-lait.
On recueille le coagulum dans une passoire à trous lins et recouverte d’une étamine, et en le broyant et le triturant doucement avec un demi-litre d’eau ordinaire, on le fait passer à travers la passoire. Il faut répéter cette procédure, qui est des plus délicate deux et même trois fois jusqu’à ce que le liquide reprenne l’apparence du lait et ne contienne plus que des flocons excessivement ténus.
On ajoute alors un demi-litre de babeurre et le tout est porté à l’ébullition en le fouettant continuellement avec un fouet à crème.
On termine enfin en y ajoutant 5 tablettes de saccharine.
Le lait albumineux contient, lorsqu’on l’analyse chimiquement :
DYSPEPSIE TOXIQUE
Jmü albumineiiT.
Caséine
Graisse
Sucre
Sels
100 gr. = 40 calories.
Le lait albumineux a l’apparence et le goût de babeurre; il a une odeur agréable, légèrement acide.
Cette préparation du lait albumineux est difficile et compliquée ; aussi depuis quelque temps employons-nous exclusivement le lait albumineux du commerce préparé sous le nom de Eiweissmüch de Finkelstein par les Milchwerke Vilbel (1).
Ce lait albumineux est concentré de moitié et contient déjà 3 p. 100 de maltose, il nous a donné toute satisfaction.
Ceci bien posé, voyons comme nous procédons dans la dyspepsie toxique.