‹ Les maladies gastro-intestinales aigues des nourrissonsChapitre 130 sur 228 · POUR LA CASÉINE · texte numérisé non relu

POUR LA CASÉINE

Dans la dysthrepsie la limite de tolérance pour la caséine est notablement augmentée.

Dans V athrepsie^ elle n’est heureusement pas diminuée, ce qui permet d’emprunter à cet élément alimentaire les calories déficientes et de combattre par sa présence la flore trop saccharolyte de l’intestin et les fermentations qui en dépendent.

La dyspepsie totale, comme son nom l’indique, est donc caractérisée par une diminution presque totale de la tolérance alimentaire.

Cette diminution est importante puisque dans le cas le plus favorable elle abaisse le pouvoir digestif au-dessous de la ration minima^ de 70 calories par kilogramme, dite ration d'équilibre, qui est juste suffisante pour maintenir l’organisme du nourrisson en équilibre entre les gains et les pertes.

11 en résulte que dans la dysthrepsie et surtout dans l’athrepsie, toute nourriture mesurée physiologiquement fera diminuer le poids de l’enfant, et que seule une sous- alimentation correspondant au degré d' intolérance sera capable d’arrêter la chute du poids.

Ce qu’il y a de plus sérieux encore à envisager,, c’est que cette limite de tolérance a la tendance

de s’abaisser chaque jour davantage sous l’influence de l’auto-intoxication, si bien qu’on se trouve bientôt en présence de ce dilemme angoissant : ou nourrir assez et faire mourir

Pig. 42. Sous-alimentation avec alimentation croissante

dans la dystlirepsie et dans Fathrepsie.

l’enfant d’intoxication ; ou ne lui donner que ce qu’il peut assimiler et risquer de le laisser mourir de faim.

La vie du nourrisson dépend donc de la hauteur de la limite de tolérance au moment où commence le traitement.

Voilà pourquoi en clinique, il est utile d’en distinguer deux degrés dans la dyspepsie totale.

La dysthrepsie. — Dans la dysthrepsie Ju dyspepsie totale n’est pas absolue. La limite de tolérance est encore suffisamment élevée pour que la sous-alimentation n’ait pas besoin d’être poussée à un degré incompatible avec la vie.

Dans la dysthrepsie toute alimentation normale et même toute alimentation qui dépasse 70 calories par kilogramme diminue le poids du nourrisson (fig. 42, D).

La sous- alimentation croissante rouge)

le fait augmenter.

L’athrepsie. — Dans l’athrepsie la limite de tolérance est si basse et la sous-alimentation doit être poussée jusqu’à un degré tel pour faire cesser l’intoxication, que la vie du bébé court un sérieux danger.

Dans V athrepsie^ toute alimentation normale ou même toute alimentation dépassant 70 calories par kilogramme fait tomber le poids de l’enfant avec une rapidité effrayante (fig. 42, A).

sous- alimentation croissante (escalier rouge), n améliore que peu les selles et ne fait en rien diminuer la perte de poids.

Ce qu’il y a cependant d’heureux et il est Combe. — Mal. gastro-intestinales. 30

important de le relever ici c’est que dans la dijspepsie totale athrepsiqiie la limite de iolérance ne s abaisse pas pour tous les éléments alimentaires à la fois.

Cela nous permettra de suppléer en quelque mesure à l’intolérance de l’un de ces éléments alimentaires par ceux qui sont mieux ou qui sont encore très bien tolérés.

On voit d’ici combien cette étude qui doit être faite pour chaque cas en particulier est importante pour le pronostic et précieuse pour le traitement de l’athrepsie,

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