LAIT DE FEMME
Le lait de femme représente le traitement spécifique de l’athrepsique de moins de trois mois, car il constitue pour fathrepsique la nourriture la plus assimilable et le médicament le plus favorable pour relever la tolérance de son intestin.
En effet, l’équilibre parfait de ses éléments constituants favorise à la fois la digestion et l’assimilation et les qualités inhérentes à son petit lait étudiées par L. Meyer constituent un milieu particulièrement favorable pour les cellules intestinales dont elles excitent les fonctions à la façon d’un catalysateur.
Mais d’un autre côté, comme l’a si bien relevé Finkelstein, le lait de femme contient beaucoup de graisse, énormément de lactose et peu de caséine.
Or cette diminution de V aliment empêchant et cette augmentation des matériaux fermentescibles dans le lait de femme doivent exercer une action nuisible en augmentant l’intoxication.
Il en est de même de la diminution des sels qui doit avoir une influence nuisible sur l’hydratation de la lymphe.
Combe. — Mal. gastro-intestinales. 31
Ainsi en présence de ces influences opposées, les unes favorables mais qui demandent un certain temps pour développer leur eflet, les autres défavorables grâce aux fermentations rapides qu’elles engendrent et qui se développent de suite, il ne faut pas s’étonner si avec le lait de femme la période de réparation est si longue et si difficile.
PÉRIODE DE RÉPARATION. — Il en résulte que dans l’action du lait de femme sur l’athrepsique, nous devons distinguer, comme Finkelstein le démontre, deux périodes dans la réparation du bébé.
Période d'aggravation. — La première est une période d’aggravation. Le poids continue à diminuer, le faciès reste mauvais, la couleur terreuse, l’amaigrissement progresse, le pouls reste lent, il y a de l’hypothermie et la respiration est lente et irrégulière : en un mot les symptômes de l’athrepsie semblent s’accentuer et cela est si vrai que dans quelques cas mêmes ils ne deviennent vraiment apparents qu’après que l’enfant a commencé *à prendre le sein.
Les analyses d’urine faites dans cette période l’expliquent en montrant une élimination abon-
dante de sels due à riiyperchloruratioii causée par le lait de femme.
Période d’’ oscillation. — Ensuite survient une période d’oscillation avec des hauts et des bas, avec des alternatives d’aggravation et d’amélioration qu’expliquent fort bien les forces opposées qui luttent.
Période d’’ amélioration. — Enfin l’amélioration de la tolérance se manifeste et nous entrons dans la période d’amélioration qui est la troisième période ; mais il a fallu pour y arriver des semaines et souvent des mois d’angoisse, et de la part du médecin une patience raisonnée et un calme scientifique à toute épreuve.
LAIT A LA PEGNINE
Dans le traitement de l’athrepsie, on a conseillé pour remplacer le lait de femme le lait à la pegnine.
J^réparation da lail ù la pegnine.
Mettre une cuillerée à soupe d’essence de lab Simon dans un derni-litre de lait cru et centrifugé, chauffé à 40°.
Maintenir cette température pendant dix minutes jusqu’à ce qu un fort coagulum se soit formé. Agiter vigoureusement la bouteille pour réduire le coagulum en llocons auss fins que possible.
Coupe ensuite le lait avec de l’eau ou avec le Milo sucré au Nàrhrmallose ou au Soxhlél.
La fine division du flocon de caséine que l’on observe dans le lait à la pegnine et qui ressemble à celle obtenue avec le lait albumineux a-t-elle une influence sur l’assimilation des hydrocarbones ? C’est possible. Il est certain en tout cas que dans les dyspepsies toxiques avec vomissements et même dans certaines dysthrepsies le lait à la pegnine est incontestablement utile.
Je ne l’ai jamais essayé dans l’athrepsie confirmée, pas plus que le lait peptonisé de Horlick si employé aux États-Unis.
Difficultés du traitement.
Dessiccation. — Lorsque l’hydratation du bébé athrepsique est en souffrance, le lait de femme seul ne suffit pas pour faire entrer le- bébé dans le stade de réparation. Aussi fautil ajouter au lait de femme des repas de soupes maltées coupées de lait albumineux et sucrées au Soxhlet pour arriver à donner au bébé l’impulsion nécessaire pour déterminer la période d’amélioration.
Fermentation intestinale. — Lorsque par contre c’est la fermentation intestinale avec ses selles acides qui prédomine on peut dissoudre
2 à 3 cuillerées à café de Nutrose ou de Plasmon dans 30 grammes d’eau d’Évian et en donner au bébé une cuillerée à café avant chaque tétée, la caséine diminuant les fermentations.
Cette méthode de Finkelstein est préférable et moins compliquée que celle de Salge (1) qui donne dans ce cas au bébé le lait de femme centrifugé^ ce qui supprime la cause la plus importante des fermentations. -
Faiblesse générale. — Lorsque l’enfant est si faible, qu’il n’a pas la force de sucer, on lui donnera le lait de la mère ou de la nourrice au biberon et de préférence le premier lait qui est moins gras.
Dans ce cas, il faut avoir soin de donner à la nourrice un autre nourrisson vigoureux qui vide le sein et entretienne la sécrétion lactée qui sans cela tarirait.