‹ Les maladies gastro-intestinales aigues des nourrissonsChapitre 140 sur 228 · STIMULER LES FONCTIONS AFFAIBLIES · texte numérisé non relu

STIMULER LES FONCTIONS AFFAIBLIES

Les dyspepsies et l’athrepsie s’accompagnent d’un grand nombre de symptômes morbides, de gravité variable, mais qu’il faut savoir combattre.

Troubles thermiques.

Les troubles thermiques sont fréquents dans les dyspepsies, tantôt sous forme d’hyperthermie, tantôt sous forme d’hypothermie.

Hyperthermie.

La fièvre ne sera jamais combattue avec des antipyrétiques dont l’action est tou jours nuisible.

Fièvre modérée.

a) Bains tiêdes à 38®.

Durée cinq à dix minutes.

h) Maillots chauds complets.

On enveloppe l'enfant dans un drap trempé dans de l'eau liède et l’on recouvre avec une flanelle.

Durée : une heure.

c) Compresses chaudes.

On enveloppe le tronc de l’enfant dans une serviette trempée dans du thé de camomille tiède. On recouvre avec une flanelle.

Durée : trois à quatre heures.

Fièvre vive.

a) Bains froids de 25°.

Verser de l'eau froide dans le bain au moment d’en sortir l’enfant.

Durée : cinq à dix minutes.

h) Maillots froids.

On enveloppe le corps tout entier dans un drap trempé dans l’eau froide chambrée et on le recouvre avec une couverture de laine.

Après quinze minutes on renouvelle la pro-

J)YSPEPSIE ORGANIQUE TOTALE 493

cédure en surveillant la température, car elle peut tomber très rapidement.

Si la lièvre est encore très élevée, on refait encore le maillot et on peut le renouveler jusqu’à quatre fois pendant une heure.

Hypothermie.

Dans la tendance au collapsus avec hypothermie, on se sert avec avantage :

De bains chauds de 37° que l’on fait monter à 40*^ pendant lesquels l’enfant doit être soigneusement surveillé au point de vue du cœur ;

D’enveloppements sinapisés de quelques minutes de durée ;

De frictions sèches sur le corps.

Pendant ces manœuvres, il est utile de contrôler souvent la température du corps, car l’hyperthermie peut succéder rapidement à l’hypothermie.

Les boules d’eau chaudes en U imaginées par Pfaundler qui entourent entièrement l’enfant sont extrêmement utiles, sinon pour réchauffer le bébé, tout au moins pour empêcher son refroidissement progressif.

Médicaments cardiaques.

Les excitants du cœur et des vaso-moteurs peuvent aussi être utilisés avec grand avantage dans le collapsus.

a] Excitants du cœur.

Cognac :

XX gouttes dans une tasse de thé.

Teinture de Strophantus ;

Teinture de Strophantus 0"l50

Eau 100 grammes.

1 cuillerée à café 4 fois par jour.

Caféine. — On emploie soit le Natro-benzoate de caféine.^ soit le Citrate de caféine.

Citrate de caféine O^^SO

Eau distillée 100 grammes.

1 cuillerée à café 4 fois par jour.

Digalène :

Üigalène Roche.

1 à II gouttes à III gouttes dans une cuillerée d’eau.

Le Digalène peut aussi être donné en injection sous-cutanée.

DYSPEPSIE ORGAJNIQUE TOTALE 495 Marteau de Mayor.

On applique le dos d'un marteau trempé dans l’eau bouillante sur l’épigastre pendant quelques secondes.

L’eiïet sur le cœur est très remarquable.

b) Excitants des vaso-moteurs.

Adrénaline. — Ce médicament est chez le bébé d’un effet absolument remarquable.

Adrénaline 0s^,01

Eau distillée 10 grammes,

1/3 seringue en injection sous-cutanée, 4 fois par jour.

1/2 cuillerée à café 3 à 4 fois par jour.

Camphre. — Il ne doit pas être employé dans l’athrepsie, car il devient facilement toxique. Sa fixation par l’acide glycuronique étant compromise dans cette affection comme Schultz l’a démontré (1).

Combattre ï excitation nerveuse.

Calmants. — Comme calmant, on ne doit pas se servir du chloral dans l’athrepsie. Finkelstein a vu 3 cas d’intoxication par le chloral dans cette maladie et il leur attribue une pathogénie analogue à l’intoxication par le camphre observée par Schulz.

(1) Schultz. Zeits. f. Kind., I.

VÉRON AL. — Il est bien préférable de se servir comme calmant du çéronal qui ne paraît pas avoir les mêmes inconvénients.

^'t’r’onal 06^,10

Une fois par jour.

Combattre les douleurs vives.

Pantopon. — On peut se servir de ce précieux médicament qui n’a pas les mêmes inconvénients que l’opium et la morphine à l’intérieur ou en injection, car il n’excite ni ne congestionne les bébés comme le font si souvent ces deux médicaments.

Pantopon : 0s*',001 en injection, I à II goutles à l’intérieur.

Combattre la déshydratation.

La déshydratation de l’athrepsie n’est pas due comme dans le catarrhe uniquement à la déchloruration de l’organisme, mais encore à l’insuffisance d’assimilation des hydrocarbones qui hydratent les cellules et les tissus.

Il en résulte que dans le catarrhe l’hydratation du corps est relativement facile, mais qu’elle est extrêmement difficile dans l’athrepsie. Elle doit être tentée cependant.

HYPODERMOCLYSE

L’hypodermoclyse a dans l’athrepsie certains inconvénients : l’enfant en état de défense plus que médiocre réagit souvent aux injections par des érythèmes^ accompagnés parfois de gonflement inflammatoire douloureux, par des hyperthermies même chez des athrepsiques non tuberculeux.

Aussi les transfusions multiples et abondantes sont-elles ici de peu d’utilité. Dans les cas graves cependant nous les employons sous forme d’une transfusion par jour de 100 à 150 grammes de la solution suivante :

Solution de Mej/er et Rietschel.

Glilorure de sodium.,.

— de potassium

— de calcium . .

Eau distillée

0gr,10

QgfjSO

tOOO grammes.

Cette solution est, grâce à la présence du calcium, beaucoup moins fébrigène que la solution physiologique ordinaire comme Friedherger (1) l’a démontré.

(1) FniEDBEUGEn, Avch. f. Klnd., LUI.

Combe. — Mal. gaslro-inteslinales.

INSTILLATIONS RECTALES

On peut aussi se servir des instillations permanentes rectales très employées en Allemagne, sur lesquelles nous aurons à revenir en parlant du traitement du catarrhe intestinal.

On se sert pour cela de la solution de Ringer tiédie et on utilise un irrigateur muni d’un long tube en caoutchouc au milieu duquel est un robinet permettant de régler à volonté le passage du liquide goutte à goutte.

A l’extrémité libre du caoutchouc est adapté une sonde molle que l’on introduit et fixe dans l’anus du nourrisson. On règle l’appareil de manière à avoir un écoulement de 60 gouttes par minute pendant deux heures, ce qui représente environ un demi-litre de liquide introduit.

Cette méthode qui évite les piqûres chez ces enfants si prédisposés aux infections et qui permet l’introduction et surtout l’assimilation d’une plus grande quantité de liquide est certainement d’une très grande valeur dans le traitement des athrepsies.

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