‹ Les maladies gastro-intestinales aigues des nourrissonsChapitre 157 sur 228 · SYMPTOMES D’INTOXICATION · texte numérisé non relu

SYMPTOMES D’INTOXICATION

Les symptômes d’intoxication beaucoup plus marqués se manifestent par contre dans tous les systèmes de l’organisme.

Intoxication et faciès.

Faciès d’intoxication. — Le faciès de l’enfant prend un aspect spécial qu’un œil exercé reconnaît facilement :

L’enfant est pâle, livide, son teint est gris, ou gris-jaunâtre, sa face est amaigrie, ridée, desséchée, ses yeux sont enfoncés et halonés d’un cercle rouge bleuâtre. Son nez est allongé, ses joues sont creuses ; l’extrémité de son nez et le pourtour de sa bouche sont rouges et violacés ; son menton est pointu.

Tout cet ensemble en un masque immobile forme un faciès caractéristique.

Regard lointain. — Le regard du bébé est comme perdu, et il ne se fixe qu’avec peine sur les objets.

Attitudes cataleptiques. — Les mouvements de l’enfant sont lents, arrondis, pathé-

CATARRHE GASTRO-INTESTINAL

tiques et ne se font que d’un côté à la fois.

Aussi les gestes persistent-ils longtemps dans un état semi-cataleptique en donnant au bébé des attitudes caractéristiques {position de Vescrimeur, de Finkelstein).

Mouvements automatiques. — Les muscles sont un peu raidis et souvent animés de mouvements automatiques : rouler de la mie de pain pour les mains, mâchonnement pour les mâchoires, cris conoulsijs aigus pour le larynx.

2<^ Intoxication et système nerveux.

Les symptômes produits par l’intoxication cérébrale et spinale sont très importants, car ce sont ceux qui attirent les premiers l’attention du médecin sur la présence de l’intoxication.

Forme somnolente. — Après la période d’agitation et de surexcitation du début qui ne dure que quelques heures dans les cas aigus, l’enfant prend par moment, un air fatigué et endormi ; peu à peu cette apathie augmente, l’enfant reste calme, trop calme pendant la plus grande partie de la journée semblant lutter avec peine contre un sommeil invincible.

Forme léthargique. — Peu à peu cette apathie devient une vraie léthargie, si bien qu’on a

SYMPTOMATOLOGIE

de la peine à réveiller l’enfant qui retombe immédiatement dans son sommeil dès qu’on le

Fig. 4(i. — Enfant D., âgé de huit mois.

Catarrhe intestinal aigu, forme létliargique.

quitte. C’est la forme soporeuse de Finkelstein dont l’enfant de la figure 46, actuellement guéri, nous montre un bel exemple.

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Forme comateuse. — Un grand nombre de, catarrhes ne dépassent pas cette formé, mais, si l’intoxication s’accentue, alors la léthargie devient du vrai coma dont il est impossible malgré tous les efforts de tirer l’enfant.

Forme méningitique. — D’autres passent dans la forme méningitique, le faciès est presque

Fig. 47. — Enfant D., huit mois.

Catarrhe aigu. Forme méningitique. Position de l’escrimeur.

méningitique avec ses yeux grands ouverts, fixes, immobiles, n’humectant plus la cornée qui se déssèche, avec ce masque livide, immobile, avec des sourcils froncés, des lèvres dont les angles sont remontés dans un rictus et d où

s’échappe de temps en temps un cri strident et convulsif.

Position de V escrimeur . — ■ Les membres sont ou en résolution complète ou en contracture asymétrique, figeant les membres dans des attitudes spéciales dans lesquelles l’enfant peut rester des heures entières comme en catalepsie.

Ou bien les muscles exécutent des mouvements automatiques, lents : les enfants baillent, mâchonnent, étendent les bras, font des mouvements quasi athétosiques des mains.

Forme hydrocéphaloide. — Enfin, on peut voir cette forme méningitique s’accompagner de crises aiguë? d’excitation cérébrale. L’enfant est pris subitement d’une agitation sauvage, la figure devient alors grimaçante, il se produit des convulsions dans les membres alternant avec des contractures qui indiquent la grave intoxication du cerveau.

Cette forme porte le nom de forme hydrocéphaloïde de Marshall Hall qui mérite d’être conservé, car il indique la ressemblance étonnante que peuvent avoir ces formes avec la méningite tuberculeuse aiguë.

CATARRHE GASTRO-INTESTINAL

So Intoxication et système circulatoire.

Le pouls Gst rapid© ©t à p©ine p©rceptible.

Le cœur Gst faibl© ©t sgs tons sont sourds, soiivont à rythme fœtal ; pou à pou, ©t si 1© cas s’aggravG, l©s bruits d©vi©nn©nt plus sourds ©ncor©, si bi©n qu’on ©nt©nd mal l©s doux tons ©t qu© bi©n souv©nt inêm© 1© d©uxièm© ton disparaît complèt©m©nt.

La fièvre p©ut êtr© viv© ©t mont©r à 40° ©t au-dessus, surtout au moment d© la mort, poussée terminale.

Mais ©n général, la fièvre est modéré© ©t oscille entre 38 ©t 39° ©t dépend d© la nourriture ©t d© la réaction du bébé à cette nourriture; ©11© n’ofîr© pas d© type spécial.

On observe même quelquefois ce qu© Salg© appelle un délire de la température.^ car on observe des températures élevées alternant avec des chutes rapides et profondes de 35 et 36°.

Le seul point caractéristique est que cette température tombe avec la diète hydrique ou spontanément avec les vomissements et la diarrhée qui éliminent les poisons et empêchent toute alimentation.

SYMPTOMATOLOGIE

Tant que la fièvre dure, il faut donc être prudent avec la nourriture.

La circulation affaiblie par l’épaississement

du sang et par l’intoxication, explique le teint

pâle et gris, la pâleur et la cyanose des muqueuses,

cyanose pouvant faire penser à un empoisonne-

ment par l’aniline.

Cette mauvaise circulation explique le refroidissement qui commence par le nez, les doigts et les orteils, envahit peu à peu tout le corps qui prend une teinte livide, presque cadavérique et devient froid comme du marbre.

ScLÉRÊME. — C’est aussi à cette circulation défectueuse que l’on peut attribuer le sdérème ou œdème dur qui commence au dos, aux fesses et aux mollets pour s’étendre dans les cas graves à tout le corps. La peau qui est froide, livide et exsangue, se transforme en un gâteau dur à surface luisante qui empêche tout mouvement, tout pli, toute circulation de la peau. L’incision montre le tissu cellulaire transformé en une substance dure , et exsangue ressemblant à de la paraffine.

Ce symptôme est certainement dû en partie au dessèchement du corps et en partie à une modification de la graisse de nature

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inconnue qui la rend plus dure et plus volumineuse.

Polynucléose sanguine. — Enfin il existe dans le catarrhe une leucocytose qui n’existe pas dans la dyspepsie, mais qui s’observe dans l’entérite, Il s’agit d’une polynucléose qui peut monter jusqu’à 30 000 globules blancs.

4° Intoxication et système respiratoire.

Grande respiration. — La respiration de l’enfant intoxiqué est en général plus rapide.

Fig. 48. — Respiration toxique.

plus profonde et sans pause entre l’inspiration et l’expiration, ce qui fait que cette respiration ressemble un peu à celle d’un chien essoufflé ; mais avec le sopor elle devient plus profonde, l’expiration s’allonge et peut même devenir bruyante.

SYMPTOMATOLOGIE

Plus rarement, la respiration devient lente et profonde, et ressemble à celle du coma diabétique.

Le graphique de la figure 48 emprunté à Finkelstein montre en A la respiration normale, en B la respiration de l’enfant en état d’intoxication catarrhale.

5° Intoxication et système urinaire.

Albumine. — L’urine de l’enfant atteint de catarrhe toxique contient de Valbumine en proportion moyenne qui ne dépasse pas 1 p..l000. Les cylindres hyalins et granuleux, les cellules rénales, les globules blancs et quelques globules rouges s’y trouvent également.

Acétone. — On y trouve toujours de Vacétone et souvent de V acide diacétique.

Ammoniurie. — Yi’’ ammoniaque s’y trouve en proportion considérable.

Glycosurie alimentaire. — Enfin on constate une glycosurie alimentaire si l’enfant prend du sucre, une lactosurie s’il prenddu lactose, une maltosurie, s’il prend du malt, qui cessent avec la diminution dans l’alimentation du sucre correspondant.

L. F. Meyer recommande pour rechercher le sucre de se servir du Trommer, mais de cuire

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longtemps Turine, l’ammoniaque empêchant sans cela la réaction.

6° Intoxication et système cutané.

- Érythèmes toxiques. — Enfin, on a décrit des érythèmes toxiques qui montrent bien le degré d’intoxication de l’organisme.

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