‹ Les maladies gastro-intestinales aigues des nourrissonsChapitre 158 sur 228 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

EXAMEN MACROSCOPIQUE

On trouve dans l’estomac et l’intestin grêle tous les signes anatomiques d’un catarrhe séreux ou séro-hémorragique.

La muqueuse de l’estomac est rosée et gonflée et recouverte d’un mucus sanguinolent, celle de l’intestin montre les valvules conniventes injectées et ici et là des hyperémies par taches, en traînées ou punctiformes.

Les plaques de Peyer et les follicules clos sont par places légèrement gonflés.

. Le côlon est normal.

EXAMEN MICROSCOPIQUE

Au microscope, on ne trouve, que de l’hyperémie et un peu d’infiltration de petites cellules.

PATHOGÉNIE

Les reins sont en état de légère tuméfaction trouble.

Le foie, comme Thiemich (1) l’a démontré est légèrement tuméfié et en dégénérescence graisseuse, ce qui peut expliquer son insuffisance fonctionnelle.

Acidose. — Rott (2) a trouvé enfin une acidose du tissu hépatique et du tissu musculaire.

En somme, contraste frappant entre les symptômes cliniques si graves et le peu d’importance des lésions anatomo-pathologiques.

PATHOGÉNIE

La pathogénie de l’intoxication catarrhale est des plus controversée. Cette question étant d’une importance capitale pour le traitement nous la discuterons avec quelques détails.

/« THÉORIE TOXI-INFECTIEUSE

Toxinémie. — Pendant longtemps on a attribué l’intoxication si caractéristique causée par le catarrhe intestinal aux toxines micro-

(1) Thiemich. Jhrb. /. Kmd., LU.

(2) Rott. Monalsh. f. Kmd., VH, p. 5.

Combe. — Mal. gastro-intestinales, 35

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biennes : de là le nom de toxi-infection digestive qu’on lui donne en France.

Mais jamais cette intoxination n’a été démontrée malgré les très nombreux travaux qui ont été entrepris dans ce but par Gzerny, Spillmann, Salge, Lesage, Finkelstein, Moro et d’autres.

Bac.’ perfringens. — Cependant Reuss et Sperk (1) ont attribué dernièrement l’intoxication produite par le catarrhe intestinal au hacillus perfringens (Gaz phlegmone bac.) dont Tissier a montré la présence presque habituelle dans l’intestin de l’enfant. Ces auteurs démontrent en effet que si ce microbe produit des toxines très peu toxiques lorsque le milieu albumineux dans lequel il vit contient moins de 1 p. 100 de sucre ; il produit des toxines extrêmement virulentes dès que ce milieu en contient 1 à 2 p. 100 et plus, ce qui expliquerait l’action si nette du sucre sur l’intoxication.

Bac. protéolytes. — Enfin Flugge a démontré la présence dans le lait de bacilles anaérobies protéolytes qui forment aussi des toxines. Mais ces bacilles ne peuvent se développer que dans du lait dont la fermentation acide a été rendue impossible, c’est-à-dire dans du lait stérilisé et conservé

(1) Reuss et Sperk. Wien. kl. Woch., 1910,

PATHOGÉNIE

à une température élevée, ils ne peuvent donc causer la généralité des catarrhes intestinaux.

Enfin l’observation faite si souvent que l’on voit le même lait donner du catarrhe à certains enfants et pas à d’autres, nous oblige à rechercher une autre explication pour la généralité des cas, même si nous voulons pour certains cas conserver l’explication d’une toxinémie.

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