COMBATTRE LES VOMISSEMENTS INCOERCIBLES
Si le catarrhe est très intense et si l’enfant est atteint de vomissements incoercibles, l’application de la diète hydrique qui exige, il est vrai,
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que l’on ne donne rien à manger au bébé, mais d autant plus à boire^ devient inapplicable.
Il faudrait pouvoir ne rien donner du tout pour calmer les vomissements, ce qui est rendu extrêmement difficile par la soif ardente des bébés, par la dessiccation croissante de leurs muqueuses et de leur peau et surtout par le fait que toute insuffisance de liquide retarde la désintoxication.
Méthode du compte-gouttes. — Il faut essayer d’abord de limiter les portions de liquide que l’on donne à l’enfant en ne lui offrant qu’une cuiller à café à la fois d'eau glacée (la glace autour de la timbale, pas dans le verre), ou de thé glacé sacchariné et cela tous les quarts d'heure.
Si même cette minime quantité est encore rejetée on se servira d’un compte-gouttes avec lequel on laissera tomber goutte à goutte sur les lèvres et dans la bouche du bébé ce même liquide glacé et cela toutes les deux ou trois minutes. Cette méthode, que seule une mère dévouée ou une garde soigneuse pourra mener à bonne fin, réussit souvent là où toutes les autres méthodes ont échoué, surtout si on a soin de mettre sur le ventre des cataplasmes de farine de lin très
TRAITEMENT
chauds ou des compresses d’eau chaude recouvertes de flanelle.
Méthode des lavages d’estomac. — Si cette méthode ne réussit pas encore, il faut pratiquer des lavages d’estomac répétés à Veau bicarbonatée à 7 p. 1000 ou à Veau de Vichy. On réussit presque toujours après deux ou trois lavages à arrêter les vomissements.
Méthode anesthésique. — Si enfin les lavages d’estomac n’amènent pas encore la cessation des vomissements incoercibles, si bien qu’ils commencent à devenir inquiétants, on peut encore essayer les narcotiques qui donnent souvent de bons résultats :
La novocaïne .
Novocaïne 0,001
Une poudre 2 à 3 fuis par jour dans une demi-cuillerée d’eau.
L’alypine.
Alypine 0,001
Une poudre 2 à 3 fois par jour dans une demi-cuillerée d’eau,
L'eau chloroformée faible.
Eau chloroformée Eau distillée
aa 2o grammes.
Une cuillerée à café glacée toutes les 2 heures.
Combe. — Mal. gastro-intestinales.
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COMBATTRE LA DÉSHYDRATION DE l’organisme
La dessiccation de l’organisme exagère considérablement les dangers de l’intoxication. Elle favorise la rétention calorifique et le coup de chaleur en empêchant la perspiration physiologique indispensable pour régulariser la chaleur animale. C’est donc un symptôme sérieux dont il faut s’occuper avec soin.
Diète hydrique. — L’hydratation par la diète hydrique suffit le plus souvent dans les cas légers, mais il s’en faut qu’il en soit toujours ainsi et bien souvent on se voit obligé déjà dans cette période de désintoxication, d’autres fois seulement dans la période d’alimentation antitoxique, de se servir des moyens destinés à combattre la dessiccation de l’organisme.
Hypodermoclyse. — La transfusion souscutanée faite avec du sérum physiologique constitue la méthode de choix. Mais, comme nous l’avons déjà vu pour Finkelstein et son école, le sel de soude est dangereux dans le catarrhe \ aussi est-il dans le doute préférable de se servir pour préparer le sérum du mélange de sels de soude et de sels de chaux proposé
TRAITEMENT
p3.r Ringsr Ccir Psictioii siiitagoiiistG dos sgIs de chaux sur les sels de soude est bien connue depuis les travaux de Meyer.
Liquide de Ringer.
Chlorure de sodium 7 grammes.
— de potassium. O^r/lO
— de calcium 08^,20
Eau distillée 1000 grammes.
Cuire 10 minutes. Laisser refroidir à 40°.
Technique. — On se sert pour la transfusion d’une petite aiguille fixée à un tuyau de caoutchouc qui communique avec un entonnoir, le tout est soigneusement stérilisé. On verse dans l’entonnoir le liquide qui a encore 40^^ et, après avoir soigneusement désinfecté la peau du ventre avec l’alcool et l’éther et une goutte de teinture d’iode, on pique dans le tissu cellulaire sous-cutané et laisse écouler lentement 100 à 150 grammes de liquide en élevant l’entonnoir. On recouvre l’orifice d’un peu de gaze et de sparadrap.
En procédant lentement on évite les déchirures du tissu cellulaire et les hémorragies, ce qui n’arrive pas toujours avec la seringue.
L’hypodermoclyse peut être répétée deux fois par jour dans les cas graves, pourvu qu’elle ne donne pas de V hyperthermie .
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Lavements de sérum. — On peut aussi se servir dans ce même but de lavements de 60 à 100 grammes de sérum physiologique ou du sérum Ringer indiqué plus haut, donnés deux à trois fois par jour.
Mais il est rare que ces lavements soient longtemps supportés, surtout s’il y a de fortes diarrhées.
L’instillation rectale. — • Nous avons vu dans l’asile de Finkelstein à Berlin un appareil pour instillation rectale qui peut rendre d’excellents services dans les cas graves.
Il se compose d’un irrigateur muni d’un robinet, d’un tuyau de caoutchouc, muni d’une pipette à gouttes qui permet de contrôler et de régulariser l’écoulement des gouttes à une toutes les deux secondes et d’un Nélaton no 10.
Le sérum est chauffé et le Nélaton fixé dans l’anus avec du sparadrap. Pour éviter la fatigue du bébé et le décubitus, l’appareil est mis en marche trois fois par jour et seulement pendant une demi-heure, ce qui permet chaque fois l’introduction de 100 à 150 grammes de sérum.
Boissons salines. — Faut-il donner des
TRAITEMENT
boissons salines au bébé ? Cette question est très discutée naturellemeent, en présence des opinions opposées sur le danger des sels, mais leur utilité, au point de vue de l’hydratation, est incontestable et incontestée.
Nous avons l’impression très nette que depuis que nous en avons abandonné l’emploi dans la période de désintoxication^ nous obtenons plus rapidement et plus complètement qu’ autrefois la disparition de la fièvre et des phénomènes toxiques.
Mais, par contre, dans la période d"" alimentation ils rendent des services si considérables au point de vue de l’hydratation que nous ne voudrions pas nous en passer et nous n’avons encore jamais vu un accident que nous puissions leur attribuer.
Nous avons expérimenté les deux solutions usuelles la solution de Heim et John (1) et la solution de Ringer.
Solution de Heim. — L’ingestion de la solution de Heim donne de bons résultats et favorise, grâce à la légère chloruration qu’elle cause, l’augmentation de poids du bébé.
(1) Heim et John. Monatsh. f. Kind., VI, p. H.
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Solution de Heim.
Chlorure de sodium 5 grammes.
Bicarbonate de soude 5 —
Eau 1000 —
Une cuillère à café, dessert ou soupe avant chaque repas.
La solution de Ringer. — La solution de Ringer me paraît supérieure à tous égards
et nous n’en avons jamais vu aucun inconvénient.
Elle ne nous a jamais donné de symptômes d’intoxication. Au contraire elle stimule l’appétit du bébé en augmentant sa soif ; elle stimule son cœur et son cerveau et favorise, grâce à la légère chloruration qu’elle cause, une hydratation suffisante.
Solution de Ringer.
Chlorure de sodium T^'.SO
— de potassiuiij Oe'jOO
— de calcium 0er,29
Eau 1000 grammes.
Une cuillère à café ou à dessert avant chaque repas.
Bouillon de carottes de Moro. — Nous avons longtemps expérimenté le bouillon de carottes de Moro, surtout comme boisson intermédiaire entre la période de désintoxication et celle d’alimentation.
TRAITEMENT
Ce bouillon se prépare de la manière suivante :
Bouillon de carottes de Moro.
500 grammes de carottes jaunes sont pelées, coupées en petits morceaux et cuites dans un litre d’eau pendant deux heures. Ce bouillon est passé à travers une étamine dans un second bouillon de bœuf préparé avec 500 grammes de viande de bœuf cuite dans un litre d’eau froide salée avec une cuillerée à tbé de sel.
Ce bouillon de carottes a une valeur calorifique de 250 calories, il contient en effet environ 2 p. 100 de sucre.
Pour éviter cette longue préparation, la fabrique de Lenzbourg livre ce bouillon concentré et stérilisé en boîtes sous le nom de Daucarot que Ton peut diluer dans un litre d’eau chaude pour obtenir l’équivalent du bouillon de carottes de Moro.
Il est certain qu’au point de vue calorifique, le bouillon de Moro est supérieur à la diète hydrique et qu’au point de vue de l’hydratation, il agit beaucoup plus vite que les solutions de Heim ou de Ringer.
Mais aux autres points de vue, il leur est très inférieur dans ses résultats : grâce au sucre qu’il contient et peut-être au sel (?), la désintoxication est moins rapide et moins complète qu’avec
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la diète hydrique et nous avons été obligé à plusieurs reprises de revenir à la diète hydrique et de cesser le bouillon de Moro.
Mais où nous voyons un véritable danger dans son emploi, c’est dans Vhydratation trop rapide qu’il produit et qui est due aux sels qu’il contient, car elle fait quelquefois augmenter les enfants de 300 grammes par jour.
Cette augmentation de poids est due à un préœdème qui dégénère très vite, si on ne cesse pas de suite le bouillon, en une hydropisie généralisée fort dangereuse pour le cœur déjà si affaibh du nourrisson.
Nous avons eu, avec le bouillon carottes, cinq cas d’hydropisie dont un a duré dix jours si bien que nous avons depuis ce moment renoncé à utiliser d’une manière générale l’action hydropigène du bouillon de Moro en ne la réservant que pour des cas bien spéciaux et en surveillant l’enfant avec la balance chaque jour.