ÉVOLUANT CHEZ UN ENFANT D YSTHREPSIQUE
Diagnostic. — Dans ce cas la diète hydrique ne peut amener qu'une diminution des symptômes toxiques qui reparaissent dès qu’on essaye d’augmenter la nourriture sans exercer aucune influence sur la fièvre.
L’épreuve hydrique implique ainsi un diagnostic et avec lui un pronostic presque fatal : infection parentérale à tableau clinique de catarrhe toxique évoluant chez un nourrisson dysthrepsique.
Traitement. — Quel dilemme angoissant !
Nourrir aggrave au summum les symptômes du catarrhe toxique.
Ne pas nourrir transforme la dysthrepsie en athrepsie mortelle.
Mieux vaut essayer de nourrir au lait albumineux mais sans se faire beaucoup d’illusions sur le résultat final.
tV. — CALMER LE PÉRISTALTISME ET PRÉCIPITER LES TOXINES
La plupart des catarrhes intestinaux guérissent sans médicaments.
TRAITEMENT
Il suffit de supprimer la cause du mal pour en voir disparaître les conséquences, il suffit le plus souvent de la diète hydrique d’abord, de l’alimentation sans sucre et sans graisse ensuite, pour voir cesser la production des acides gras qui irritaient le tube digestif, qui excitaient le péristaltisme douloureux de l’intestin et provoquaient les sécrétions intestinales exagérées s’écoulant au dehors sous forme de selles catarrhales.
Dans quelques cas, rares cependant, l’irritation de l’intestin trop intense ou de trop longue durée persiste même après la cessation de la cause, si bien qu’il en résulte une persistance tout à fait anormale de selles trop fréquentes ou trop abondantes, qui exige un traitement.
Combattre les sécrétions trop abondantes.
Opium. — Pour combattre les selles trop abondantes qui épuisent et dessèchent le bébé nous ne recommandons pas Vopium^ car il paralyse l’intestin et peut facilement intoxiquer le bébé.
Atropine. — • Mais nous nous sommes quelquefois servi et avec avantage de V atropine si chaudement recommandée par Escherich.
CATARRHE GASTRO-INTESTINAL
Sulfate d’atropine 0^^ 01
Eau distillée lo grammes.
Un compte goutte.
Une goutte à deux gouttes dans 2 cuillerées à, soupe d’eau ou 30 grammes d’eau.
On donnera ce mélange par cuillerées à café dans la journée en surveillant les pupilles, la rapidité du pouls et les érythèmes qui peuvent se produire.
L’abondance des selles diminue le plus souvent avec une rapidité surprenante.
Combattre le péristaltisme.
Lorsque le catarrhe est intense, le péristaltisme intestinal qui se caractérise par l’intensité des coliques et la fréquence des selles demande à être combattu et cette indication est souvent aussi impérieuse que celle que nous venons d’examiner.
Cataplasmes. — Nous employons avec avan tage, comme petits moyens, les cataplasmes de farine de lin alternant avec les compresses chaudes recouvertes de taffetas gommé.
Si les douleurs sont très vives on peut arroser les cataplasmes avec du baume tranquille légèrement chloroformé ou laudanisé.
Pas d’opiacés. — Par contre, nous décom
TRAITEMENT
seillons vivement Vemploi interne du laudanum ou des préparations opiacées.
Sans parler de son action toxique si sérieuse chez le bébé, action toxique que Ton peut diminuer considérablement en le remplaçant par le Pantopon ; ce qui nous fait repousser absolument les opiacés dans le traitement du catarrhe, c’est leur action paralysante sur l’intestin.
Sans doute l’opium supprime les coliques, mais en enfermant « le loup dans la bergerie », c’est-à-dire les poisons intestinaux dans l’intestin, ce qui provoque une augmentation considérable de l’intoxication générale et un redoublement des coliques et des selles liquides dès que l’action paralysante de l’opium s’est épuisée.
UzARA. — Depuis quelque temps, nous nous sommes servi, et avec grand avantage, dans le catarrhe comme du reste dans l’entérite de nos nourrissons, d’un médicament nouveau extrait de la racine d’ Uzara qui a été importé du Congo où il est employé avec succès dans la dysentérie amibienne.
Ce médicament étudié à Marbourg à]’ Institut pharmacologique par le professeur A. Gurber (1) ne contient ni alcaloïde stupéfiant comme
(1) Gurber. Munch. Med. Woch., 19H, p, 2100.
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l’opium, ni tanin ou autre substance astringente comme les tannigène et tannalbine.
L’extrait alcoolique ou Liquor Uzara peut être donné au nourrisson à la dose de I à V gouttes, trois à cinq fois par jour en potion avec du sirop d’oranges ou dans un peu d’eau au commencement du repas.
D’après Gurber, l’action de l’Uzara s’explique en partie par son action désinfectante, mais surtout par le fait que ses substances extractives agissent directement sur les terminaisons nerveuses inhibitrices du sympathique pour lesquelles r Uzara paraît avoir une action organotrope manifeste, car elles sont fortement excitées par son action.
C’est encore à cette excitation du sympathique qu’il faut attribuer l’action vasotonique de ce médicament, l’augmentation de pression qu’il cause et la diminution des sécrétions qu’il amène ce qui rapproche son action de celle de l’adrénaline.
Quoiqu’il en soit, ce qu’il importe de retenir, c’est que l’action antidiarrhéique de l’Uzara n’est nullement due à une paralysie des muscles lisses de l’intestin ou àunc paralysie de ses nerfs moteurs comme celle produite par l’opium, et c’est pour
cette raison que l’Uzara ne constipe pas. Cependant ce médicament exerce comme l’opium et mieux que l’opium une action calmante sur les coliques.
Encouragé par ces expériences, nous avons expérimenté depuis plus d’un an l’Uzara dans de nombreux cas de catarrhes traînants, mais arrivés dans leur période de réparation, et l’effet dans la plupart des cas a été prompt, les coliques ont rapidement disparu, les selles se sont modifiées favorablement et ont pris au bout de peu de jours une consistance normale sans avoir passé par un état de constipation réelle.
L’Uzara nous paraît donc appelé à remplacer absolument l’opium dans le catarrhe intestinal.
Nous l’avons employé sous forme de potion.
Potion d Vzara.
Liqueur d’Uzara 1, 3 à 5 grammes.
Sirop de gomme stérilisé 25 —
Eau stérilisée 75 —
Une cuillerée à café 3 fois par jour dans les cas légers.
Une cuillerée à café toutes les 2 heures, avant le repas, dans les cas plus sérieux.
Précipiter les toxines.
Tannigène et tannalbine. — Ces deux composés albumineux du tanin ne se dis-
CATARRHE GASTRO-INTESTINAL
solvent pas dans l’estomac, qu’ils ne font que traverser sans pouvoir l’irriter ; ce n’est qu’en arrivant dans l’intestin, en milieu alcalin, qu’ils se décomposent en albumine et acide tannique.
Cet acide forme avec les toxines microbiennes et les toxalbumines des composés insolubles.
Il n’est donc pas exclus que le tannigène puisse ainsi diminuer, en les rendant insolubles, les toxines intestinales, de même qu’il exerce une action empêchante sur les microbes intestinaux comme l’admet Escherich.
Enfin son action astringente et vasotonique diminue les sécrétions pathologiques de l’intestin enflammé, ce qui peut fort bien expliquer son action antidiarrhéique.
Nous employons ces médicaments mais seulement dans la période de réparation.
Tannigène ou tannalbine 10,0
Une pointe de couteau trois à quatre t'ois par jour avant le repas.
Les résultats sont presque toujours bons soit avec le tannigène soit avec la tannalbine, mais moins rapides qu’avec l’Uzara.