‹ Les maladies gastro-intestinales aigues des nourrissonsChapitre 184 sur 228 · MAINS ET INSTRUMENTS INFECTÉS · texte numérisé non relu

MAINS ET INSTRUMENTS INFECTÉS

Infection buccale.

Les mains des gardes, les instruments et les jouets peuvent être le véhicule de l’infection dont la bouche de l’enfant est la porte d’entrée habituelle.

Salive. — L’infection de la bouche peut se produire par la salive, grâce aux poussières

ÉTIOLOGIE

de selles desséchées qui flottent dans l’air des salles de malades.

Mains. — L’infection peut se faire par les mains des gardes qui ont touché ces selles et qui n’ont pas été désinfectées, ni avant de faire la toilette des autres enfants, ni avant de préparer leur nourriture.

Linges. — Elle peut se faire par les linges et les langes des bébés qui ont été simplement lavés et non désinfectés ou stérilisés à Vétuve^ comme cela devrait toujours se faire dans les services de nourrissons.

Biberons. — Elle peut se faire par les bouts de gomme^ par les biberons à tube insuffisamment nettoyés, par les nouets et les suçons qui se souillent et s’infectent en tombant continuellement sur le sol.

Jouets. ■ — L’infection peut enfin s’effectuer par les jouets qui tombent continuellement sur le plancher le plus souvent souillé, jouets que les enfants portent si souvent à leur bouche.

Mamelon. — Tissier (1) cite un cas curieux et rare de contagion par le mamelon d’une nourrice, auquel il faut penser aussi;

(1) Tissier. Ann. Inst. Pasteur, 1905, p. 273.

ENTÉRITE

Cette nourrice avait une enfant atteinte d’entérite causée par le hac. perfringens.

On lui donne un autre enfant à allaiter. Ce second enfant tombe bientôt malade avec les mêmes symptômes que le premier.

Or chez les deux nourrissons le bacille perfringens (Gaz phlegmone hazillus) se trouvait en abondance dans les matières pendant toute la durée de la diarrhée et ne disparut qu’après la guérison.

L’infection s’était faite ou par les doigts de la nourrice ou plus probablement par son mamelon infecté par les doigts.

Infection anale.

L’infection peut encore se faire par l’anus, si les thermomètres et les sondes intestinales qui servent dans les services hospitaliers n’ont pas été suffisamment individualisées ou désinfectées.

Il faut se souvenir de ces faits afin d’éviter le retour des épidémies antérieures qui transformaient encore au temps de Hervieux et de Parrot, les services de nourrissons « en nécropoles », épidémies meurtrières que Schlossmann (1) a décrites sous le nom à^Hospitalismus.

(1) ScHLossMANN. Arch. f. XXX. '

ÉTIOLOGIE

Aussi Heubner craignait-il suffisamment ces contagions entérales pour exiger dans son service, ce qui peut paraître au premier abord exagéré, que la toilette du visage du bébé soit faite et que sa nourriture soit préparée exclusivement par Vune des deux sœurs.

Uautre sœur ne s’occupant, par contre, que de la toilette locale et générale de l’enfant, que de le changer et d’emporter les selles.

C’est dans ce même but que Heubner propose le traitement des enfants atteints d’entérites en box et si possible dans des salles séparées.

Il n’y a rien d’exagéré à notre avis lorsqu’il s’agit de préserver des nourrissons délicats et prédisposés aux infections de toutes natures^ et nous nous sommes fort bien trouvé de cette individualisation des objets et de la séparation des malades. * • . -

Chaque enfant a, dans mon service, son thermomètre et ses objets de toilette, éponges, linges individuels, ses langes non seulement lavés mais 'stérilisés, et une des soeurs est spécialement chargée des bains, de la toilette générale et de la toilette spéciale. - •

L’autre s’occupe de l’alimentation, de la toi-

652 ENTÉRITE

lette du visage et, s’il y a lieu en cas de muguet, du lavage de la bouche des bébés.

Enfin les bébés seront dans le nouvel hôpital séparés dans des salles à' infectés et de non infectés, les premiers étant en outre placés dans des box.

Page 1