PAR AUGMENTATION DE LA VIRULENCE MICROBIENNE
Dyspepsie albumineuse.
Nous avons étudié avec détail cette dyspepsie dont l’existence est contestée par la pédiatrie allemande presque unanime.
Elle se présente cliniquement le plus souvent sous la forme de la dyspepsie simple avec des selles de savons gras et ses grumeaux de caséine-graisse si caractéristiques, avec ses fèces alcalines à odeur de fromage et sa flore protéolytique prédominante.
La dyspepsie albumineuse simple ne s’accompagne pas de phénomènes toxiques marqués, mais de troubles de croissance pondérale et staturale accentués.
Un degré de plus et nous avons la dyspepsie
ÉTIOLOGIE
albumineuse toxique qui présente à côté de symptômes de putréfaction et d’intoxication un peu plus accentués, des selles nettement entéritiques et glaireuses dans lesquelles nagent des grumeaux de caséine. Sa flore intestinale est une flore protéolytique accentuée.
La réaction de ces selles est alcaline et leur odeur extrêmement putride, ce que les auteurs allemands attribuent exclusivement à la putréfaction microbienne des sucs intestinaux albumineux et ce qui s’explique mieux encore, selon nous, par la putréfaction des sucs et par celle de la lacto-caséine et de la lacto-albumine alimentaires.
Un degré de plus et l’entérite est créée.
Inanition.
Nous avons déjà étudié l’inanition et ses conséquences et nous avons vu que l’inanition non seulement diminue l’immunité et les moyens de défense de l’organisme, mais surtout qu’elle augmente les phénomènes de putréfaction intestinale en provoquant l’hypersécrétion des sucs intestinaux albumineux et en favorisant les hémorragies intestinales, deux causes qui transforment le milieu intestinal défa-
ENTÉRITE
vorable aux’ microbes - protéolytiques, en un milieu qui leur est très favorable. ,
Or, nous l’avons vu, c’est là une condition suffisante pour expliquer les phénomènes d’entérite si accentués que ' l’on trouve chez tous les enfants en état de famine et qui expliquent la phénolurie et Vindolurie si habituelles dans l’inanition.
L’inanition provoque donc bien, contrairement à ce qu’affirme Variot, une entérite infectieuse çraie ; mais, et ici nous sommes d’accord avec lui, c’est une entérite qui guérit si elle n’a pas duré trop longtemps dès que la reprise de l’alimentation absorbe les sucs et modifie ainsi le milieu intestinal trop favorable aux microbes protéolytiques putridogènes.
Infections parentérales.
Septicémies. — Un grand nombre de maladies infectieuses s’accompagnent d’une infection intestinale directe.
C’est ce que nous observons dans les septicémies du noiweau-né provenant d’une infection ombilicale ou d’une infection des ulcérations buccales appelées aphtes de Bednar.
Cette septicémie s’accompagne d’une entérite
ÉTIOLOGIE
muqueuse si accentuée et qui explique si bien l’état grave de l’enfant, que l’on néglige le plus souvent de remonter à la cause première et de la traiter.
Grippe. — Cette même entérite muqueuse s’observe encore dans Vinfluenza et même dans la grippe où le bacille de Pfeiffer dans certaines épidémies infecte la muqueuse intestinale de préférence à la muqueuse des voies respiratoires.
Pneumonie. — L’entérite glaireuse n’est pas exceptionnelle dans les pneumococcies. Aussi la pneumonie se complique-t-elle fréquemment d’entérite glaireuse ou dysentériforme qui s’explique du reste par la déglutition des crachats à pneumocoques.
Rougeole. — L’entérite glaireuse s’observe très souvent dans la rougeole. On peut admettre pour expliquer cette fréquence, sans parler de la déglutition des expectorations, que l’agent virulent spécifique de cette maladie a pénétré directement dans la muqueuse intestinale et l’a infectée, ou bien que les anaphylatoxines accumulées dans le sang se sont éliminées successivement par les muqueuses sous
forme d'énanthème et par la peau sous forme Combe. — Mal. gastro-intestinales. 42
ENTÉRITE
à"* exanthème^ en permettant ainsi aux microbes endogènes exaltés de produire l’infection de la muqueuse intestinale sans défense.