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SYMPTÔMES DE L’ENTÉRITE FACIES

Faciès angoissé de la forme aigue.

— Le faciès de l’enfant entéritique a, dès le début, une expression d’angoisse et de souffrance presque caractéristique.

Son teint pâle, ses sourcils froncés, ses yeux enfoncés, son nez allongé, sa bouche crispée, ses cris déchirants, tout indique que l’enfant est en proie à de grandes souffrances et sous l’influence d’une infection sérieuse.

Son corps est peu amaigri au début, mais il le devient rapidement pour peu que la crise et les coliques durent.

Son ventre, tendu et dur pendant les coliques, devient mou et flasque entre deux. Ses bras serrés sur le corps, ses jambes repliées sur le ventre montrent que le pauvre bébé souffre de coliques violentes.

Faciès d’infection de la forme intermittente. — Pour peu que l’entérite dure et qu’elle ne s’améliore pas, jorme intermittente ^ le faciès change de plus en plus, l’amaigrissement s’accentue et la pâleur augmente encore,

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si bien que le teint gris et extrêmement pâle du bébé tranche vivement sur celui des mu-

Fig. 53. — Entérite dysentéril’orme l'omie atlirepsique avec hytlrocéphaloïde. Bébé M., 9 mois.

queuses et des lèvres qui sont rouge \if, chaudes et enflammées.

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Faciès Voltaire de la forme athrepsiQUE. — Dans la forme athrepsique la pâleur s’accentue encore ; mais ce qui caractérise avant tout l’athrepsie entérique, c’est l’amaigrissement extrême (fig. 52) du bébé.

La face recouverte par une peau trop vaste est plissée et ridée comme celle d’un vieillard. Dès que l’enfant crie, la peau dessine et accuse la fontanelle et les sutures du crâne, les creux et les bosses de la face en donnant à l’enfant un air vieillot et grimaçant [fades Voltaire).

Le corps amaigri laisse voir le thorax à travers la peau, le ventre est enfoncé et flasque, les jambes et les bras ridiculement petits sont profondément ridés à la racine.

Ce faciès ressemble donc à s’y méprendre à celui de l’athrepsie d’origine alimentaire.

SYlUPTÔfflES GASTRO INTESTINAUX

C’est du côté du tube digestif que l’on constate dans l’entérite les symptômes les plus caractéristiques.

L’appétit diminue très rapidement et fait place à une anorexie presque absolue.

La soif, par contre, est intense et s’explique en partie par la rougeur et l’inflammation

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de la muqueuse buccale. Le bébé a continuellement la bouche ouverte, il tire la langue et montre une agitation fébrile.

Les vomissements sont fréquents et souvent extrêmement violents et fatigants pour le petit malade; ils se produisent au moment des coliques et paraissent plutôt causés par la douleur que par l’atteinte de l’estomac*

Selles entèritiques.

Les selles d’abord rares et fécaloïdes perdent peu à peu ce caractère et leur odeur sui generis pour se transformer en selles caractéristiques,, dites selles entèritiques.

Fréquence. — Ces selles sont fréquentes et dans les cas sérieux on peut en compter jusqu’à 40 et même 60 par jour.

Grosseur. — Bien loin d’être abondantes et liquides comme dans le catarrhe, ces selles sont petites en purée et leur dimension ne dépasse guère celle d’une pièce de 5 francs, si bien que la quantité totale des vingt- quatre heures est peu considérable.

Bébé^ disent les mères, fait tout le temps^ mais des riens.

Consistance. — • La consistance des selles est

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molle^ gélatineuse. Elles ne sont pas humides, mais formées presque uniquement de glaires sous forme de mastes glaireuses ou de grains gélatineux, ou de glaires mélangées de pus ou de sang.

Apparence. — Sur le lange, ces selles forment une petite masse tremblottante gélatineuse, mais elles ne l’humectent pas et ne sont pas entourées d’une cour aqueuse comme les selles dyspeptiques et surtout catarrhales. Ces selles entéritiques, vrais crachats intestinaux^ proviennent du côlon enflammé et peuvent alterner avec des selles fécaloïdes presque normales provenant de l’intestin grêle.

Couleur. — Les selles entéritiques sont de couleur grise, frai de grenouille, quelquefois de couleur jaune ou verte, la glaire étant colorée par la bile; d’autres fois la glaire est jaune verdâtre, opaque et purulente ; d’autres fois uncore elle est rouge en traînées ou entièrement rouge et prend l’apparence de viande pulpée.

Odeur. — Les selles entéritiques ont une ■odeur extrêmement fétide, putride même au début, rappelant la carie dentaire ; plus tard l’odeur diminue et devient fade.

Réaction. — Ces selles ont une réaction

alcaline.

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Les gaz. — Les gaz sortent au début avec les selles ou ayant la selle, mais bientôt la selle sort sans brait et sans gaz. La formation des gaz paraît même cesser complètement, ce qui explique l’aspect du ventre qui est mou, dépressible et flasque au palper et recouvert d’une peau flétrie et ridée.

Les coliques. — La selle entéritique sort avec effort et surtout avec effort prolongé; le bébé pousse avec violence et avec une poussée si considérable que l’anus rouge et violacé proémine au dehors en cul de poule et finit par prolaber.

Épreintes. — Ces selles sortent avec des coliques très vives qui se produisent au moment de la selle, mais qui se prolongent encore après la selle sous forme à"" épreintes extrêmement pénibles.

Ténesme. — Longtemps encore, après que la selle est sortie, le bébé éprouve encore des faux besoins qui dégénèrent en ténesme extrêmement douloureux.

Ces selles fréquentes, ces coliques, ce ténesme, ces épreintes, rendent l’état du pauvre enfant extrêmement pénible, si pénible qu’il dégénère souvent en un vrai supplice pour le pauvre bébé, ce qui explique fort bien l’expression d’an-

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goisse et de douleur de son visage et la tendance aux syncopes qui caractérise cet état.

Le ventre entéritique.

L’aspect du ventre.

PÉRITONISME. — L’abdomen du bébé atteint d’entérite violente est le plus souvent ballonné, météorisé et dur, en état de péritonisme.

Il est alors extrêmement douloureux au toucher : aussi toute palpation est-elle absolument impossible.

Lorsque l’inflammation du côlon est moins forte mais de date récente encore, on trouve le ventre moins ballonné et moins dur, mais il est encore très douloureux au palper.

Ventre flasque. — Dans les cas moins aigus on voit le plus souvent et très rapidement le ventre, qui est aplati et dur comme une planche pendant les coliques, devenir mou et flasque entre les coliques. Aussi devient-il possible, grâce à l’absence de gaz dans le côlon, de faire une palpation large extrêmement facile.

Le palper du ventre.

On trouve au palper large le plus souvent le foie légèrement agrandi et la rate normale ou à

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peu près; quelquefois cependant elle est légèrement dilatée.

Palpation de l’intestin grêle. — La région de l’intestin grêle est molle au palper et donne la sensation duoet si caractéristique de l’intestin grêle normal.

Palpation du côlon. — Le gros intestin, par contre, offre au palper le plus souvent des sensations absolument caractéristiques.

Fuseau de caoutchouc. — Lorsque V intestin est enflammé on perçoit au palper large dans la partie enflammée., qui est le plus souvent localisée à un segment plus ou moins grand du côlon sous forme de typhlite^ sigmoïdite^ transoersite, colite ascendante ou descendante .,1s. sensation d’un de caoutchouc. Cette sensation est donnée par le fait que la paroi de cette partie du côlon est non seulement spasmifiée, mais encore épaissie par une infiltration cellulaire plus ou moins considérable si bien que ce fuseau souvent dur et bosselé est toujours douloureux au palper.

Le fuseau indique Vétat de chaleur inflammatoire du côlon.

Tuyau de caoutchouc. — Lorsque V intestin commence à se refroidir., l’infiltration disparaît, mais le spasme inflammatoire persiste.

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Nous ne trouvons plus alors, au palper large fait au même endroit, que la sensation d’un tuyau de caoutchouc. Le tuyau de caoutchouc n’est pas très douloureux au palper si celui-ci n’est pas fait brutalement.

Sensation chiffon. — Lorsque V intestin est tout à fait refroidi, il devient flasque au palper, mou, sans aucun tonus et ne donne plus alors aucune sensation à la main qui palpe ; on dirait qu’il n’existe pas et que les fosses iliaques sont vides, c’est la sensation de chiffon.

Ce palper chiffon n’est jamais douloureux et indique un intestin refroidi.

Sensation normale. — Lorsque enfin l’intestin s’est réparé, il reprend son tonus, c’est-àdire sa consistance normale et on peut au palper de nouveau le sentir et le délimiter comme un canal : c’est la sensation du côlon normal.

A ce moment, les gaz qui avaient disparu recommencent et le ventre reprend sa forme, sa consistance et son ballonnement normal.

L’anus. — L’anus est en général rouge, irrité et souvent prolabé. Les selles entéritiques irritent aussi le pourtour de l’anus qui est rouge et souvent sanguinolent.

Les fesses, les jambes et les talons sont le

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plus souvent rouges, irrités et même ulcérés non pas sous l’influence des selles comme dans le catarrhe, mais sous l’influence des frictions presque frénétiques exécutées par le pauvre bébé pendant les épreintes et le ténesme.

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