ENFANT SAIN
La sous-alimentation totale n’est jamais indifférente chez l’enfant même chez un nourrisson en pleine santé. Il est vrai que chez lui, comme nous l’avons vu, l’effet fâcheux ne persiste pas, au moins en apparence, car après une première chute de poids l’enfant finit par s’adapter à sa nourriture insuffisante et son poids ne diminue bientôt plus. Mais pour peu que la sous-alimentation continue *on voit les muscles fondre, leurs éléments constitutifs étant prélevés pour permettre à la croissance staturale de continuer à s’effectuer (dissociation des croissances de Merklen).
Dysthrepsie sous- alimentaire. — Cette fonte n’est pas la seule et n’est pas la plus importante, car ce sont bientôt les endo et trophozymases qui s’épuisent et finissent à la longue par disparaître si bien que la sous-alimentation vraie devient peu à peu une véritable dysthrepsie absolument analogue à Vathrepsie de Parrot avec son hypothermie, son ralentissement du pouls et de la respiration et sa réaction paradoxe à la nourriture, ce que Finkelstein et d’autres ont pu constater dans des
Combe. — Mal. gastro-intestinales,- o
DYSTROPHIES PAK INANITION
cas mortels de pylorospasme et de pylorosténose.
DYSTROPHIE GASTRO-INTESTINALE.
Mais c’est surtout chez l’enfant atteint d’une affection gastro-intestinale que l’on est amené
Fig. 9. — Eflet de la sous-alimentation dans la dysthrepsie
(Finkelstein).
à employer médicalement la sous-alimentation ; aussi est-il important de se souvenir que, si c’est une arme utile, c’est aussi une arme dangereuse et qu’il convient, lorsqu’on se décide à conseiller une sous-alimentation, de ne la faire ni trop forte, ni trop longue, ni trop fréquente.
Nous venons de voir que chez l’enfant sain la tolérance alimentaire diminue à la suite d’une sous-alimentation prolongée.
Il en est naturellement de même chez l’enfant déjà malade (fig. 9); mais ici cette diminution de tolérance due à la sous-alimentation va s’ajouter à celle de la maladie que celle-ci soit une dyspepsie ou une dysthrepsie.
Athrepsie sous -alimentaire. — La sous-alimentation ensuite ajoute sa diminution de poids à celle de la dysthrepsie, son hypothermie, son ralentissement du pouls et de la respiration à ceux de la dysthrepsie, etc. Aussi tous les symptômes s’aggravent-ils avec une rapidité telle qu’ils produisent en peu de temps, quelquefois même en peu d’heures, le tableau de Vathrepsie çraie avec son pronostic absolument fatal.
Il faut donc absolument éviter la sousalimentation DANS TOUTES LES DYSPEPSIES INTESTINALES GRAVES.
DIAGNOSTIC
Chez l’adulte le diagnostic de la sous-alimentation est facile.
Il n’en est pas de même chez l’enfant, car
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Paspect clinique de Penfant sous-alimenté se rapproche beaucoup de celui du dyspeptique d’abord puis, à mesure que le tableau s’accentue, de celui du dysthrepsique, puis enfin de celui de Pathrepsique.
Cette ressemblance est d’autant plus remarquable qu’à la longue l’inanition engendre directement la dysthrepsie d’abord, Pathrepsie ensuite.
En présence d’un de ces tableaux cliniques d’interprétation difficile il faut donc se poser la question suivante :
Ce syndrome est-il causé par la suralimentation ou par la sous-alimentation ?
Détermination de la ration calorifique. — L’anamnèse et la détermination exacte de la nourriture prise par Penfant et de sa valeur calorifique permettront dans la plupart des cas de répondre, mais pas toujours, car la sousalimentation peut être secondaire et due à une insuffisance des organes digestifs et dans ce cas il y aura ration calorifique suffisante et cependant il y aura eu sous-alimentation.
Épreuve alimentaire. — Comment trancher la question dans ces cas difficiles ? Seul l’examen fonctionnel de Finkelstein pourra nous donner une réponse satisfaisante.
Ration calorifique suffisante. — Si, en dépassant cette ration alimentaire, on voit le poids diminuer, si on obtient donc une réaction paradoxe, cela nous permettra de conclure que l’enfant était un dyspeptique ou un dysthrepsique avec apparence de sous-alimentation simple.
Si le poids augmente et si par conséquent la réaction est orthodoxe, on en conclura à la sousalimentation simple avec apparence de dysthrepsie.
Ration calorifique insuffisante. — Si le syndrome athrepsie s’est produit avec une ration insuffisante, sous-alimentation vraie, on pourra conclure à V athrepsie par inanition s’il y a constipation et dissociation des courbes de croissance pondérale et staturale.
Mais s’il y a diarrhée glaireuse et des vomissements ? Seul encore V épreuve alimentaire de Finkelstein fournira la réponse :
Si la ratio optima de 100 calories par kilogramme produit une réaction orthodoxe d’augmentation de poids : c’était de l’inanition.
Si elle produit par contre une diminution de poids, c’est-à-dire une réaction paradoxe, c’était ou une athrepsie vraie ou une sous-alimentation déjà passée dans le stade d’ athrepsie,
DYSTROPHIES PAR INANITION
ce qui est identique au point de vue du pronostic et du traitement.
PRONOSTIC
Le pronostic de la sous-alimentation n’est donc pas toujours excellent, car il dépend des réponses données par le diagnostic. S’il n’y a encore ni dysthrepsie, ni surtout athrepsie produite par la sous-alimentation, le pronostic est bon et le résultat du traitement sera brillant.
11 sera médiocre ou même mauvais dans le second cas.