COMBINAISONS DE LA DIATHÈSE NEUROPATHIQUE
Cette diathèse neuropathique diffère, comme nous le voyons, considérablement de la diathèse exsudative àQ Czerny, mais elle peut se combiner
(1) Czerny. Monatsh. f. Kind., p- L
(2) Bunge. Zeil. f. Phys. Chemie, 16 et 17.
DYSPEPSIE ORGANIQUE DIATHÉSIQUE 177
RV6C gIIg, soit (JUG IgS (IgUX diâtllGSGS GVoluGnt GnsGmblG, soit quG la diathèsG GXSudativG apparaissG plus tard ctiGZ un neuropathique déjà confirmé. On trouve alors le nourrisson geignant et criant, que nous connaissons, et tourmenté par ses coliques, ses gaz et ses diarrhées, mais affecté en outre par un intertrigo ou de l’impétigo du cuir chevelu qui augmente encore ses souffrances.
Diathèse neuropathique de l’enfant nourri artificiellement.
Intolérance pour le lait de vache.
Il existe aussi chez les enfants nourris artificiellement un syndrome clinique analogue de la diathèse neuropathique et qui est caractérisé par une intolérance absolue pour le lait de vache.
Si on donne à ces enfants une nourrice, on les voit devenir d'hétérodystrophiqiies qu’ils étaient de parfaits eutrophiques.
Mais chaque fois que l’on essaye de sevrer, on observe de suite après l’absorption du premier repas de lait de vache, un catarrhe intestinal suraigu avec vomissements et diarrhées quelquefois sanguinolentes, une fièvre pouvant
Combe. — Mal, gastro-intestinales. 12
DYSPEPSIES
monter jusqu’à 40» et une perte de poids rapide, qui ne cessent qu’en reprenant la nourrice.
A chaque nouvel essai, même résultat, le lait de vache, même le meilleur, même à doses infimes est devenu pour cette catégorie de neuropathiques un véritable poison.
Dans quelques cas cette idiosyncrasie pour le lait est absolue si bien qu’il suffit de quelques grammes de lait de vache pour provoquer une intoxication assez violente pour emmener l’enfant, ou, dans les cas plus favorables, pour provoquer un catarrhe suraigu de plusieurs semaines de durée.
Cette idiosyncrasie au lait de vache est interprétée par quelques auteurs comme un phénomène à' anaphylaxie.
Pour Finkelstein, il s’agirait, comme dans la neuropathie de l’enfant au sein, hypersensibilité du tube digestif \jqWq que le lait de femme plus facile à digérer serait seul supporté.
Traitement de la diathèse neuropathique chez l’enfant nourri au sein.
Cette diathèse s’accompagne comme nous l’avons vu : 1® d’une diminution de croissance pondérale causée par une insuffisance des
DYSPEPSIE ORGANIQUE DIATHÉSIQUE 179
dépôts congénitaux de phosphore ; 2® d’une hyperesthésie intestinale; 3« d’une dyspepsie des graisses.
Il en résulte les indications suivantes.
Éviter toute sous-alimentation.
La sous-alimentation, si nécessaire dans la dyspepsie organique ordinaire, n’est en effet d’aucune utilité ici. Seule, une sous -alimentation qualitative avec diminution de la graisse dans le lait de femme pourrait être conseillée, comme nous allons le voir.
2° Éviter toute médication active.
La diarrhée n’est pas ici une diarrhée d’infection, mais bien une diarrhée nerveuse : aussi le calomel pas plus que les médicaments laxatifs et désinfectants ne sont-ils indiqués.
Il en est de même des médicaments destinés à faciliter la digestion (pepsine^ pancréon^ etc.), qui n’ont ici aucune utilité.
Par contre les médicaments agissant sur le système nerveux pourront être utilisés.
Apéritifs. — Le tannate pourra être
employé pour combattre V anorexie nerveuse.
Tannate d’orexinc 1 à 2 poudres par jour.
DYSPEPSIES
Calmants. Pour calmer V agitation péristaltique gastro- intestinale^ on obtient de bons résultats avec le
Véronal 0,03 à 0,05 *
2 à 3 poudres par jour.
ou
Adaline 0,03 à 0,05
1 à 3 poudres par jour.
3® Dégraisser le lait de femme. — La pathogénie nous a montré l’indication bien précise de diminuer la graisse dans le lait de femme. Mais cette indication est difficile à remplir. On peut y arriver cependant :
En ne donnant que le premier lait. — Il ne faut pas oublier que le premier lait contient moins de graisse que le dernier lait de la traite.
On peut donc, s’il s’agit d’une nourrice, ne donner que le premier lait au nourrisson en faisant vider le sein par le propre enfant de la nourrice.
En modifiant la nourriture de la nourrice. — S’il s’agit de la mère, on peut diminuer ou même supprimer les aliments gras dans sa nourriture, ce qui diminue, comme nous l’avons vu (1), les proportions de beurre dans le lait.
(1) Page 119.
DYSPEPSIE ORGANIQUE DIATHÉSIQUE 181
En changeant la nourrice. — Dans quelques cas, ces moyens réussissent, mais il n’est pas rare qu’il faille en arriver au changement de nourrice.
Il faut, dans ce cas, choisir une nourrice jeune et une nourrice à lait maigre.
C’est plus facile à dire qu’à trouver. On sait, en elîet, combien les analyses de lait de femme sont trompeuses. Le lait varie chez la même femme d’une manière extraordinaire, suivant les jours, suivant les repas et même dans le même repas.
Il faut donc, si l’on veut s’orienter exactement, faire des analyses répétées et surtout des analyses portant sur un repas complet en vidant entièrement le sein, ce qui est en pratique extrêmement difficile.
En ajoutant au lait de femme les soupes MALTÉEs. ■ — ■ Mais ces moyens ne peuvent réussir que dans les cas légers et, comme l’administration de lait de femme centrifugé est compliquée, on peut diminuer la quantité de lait et par conséquent de graisse absorbée, en faisant précéder le sein d’un petit biberon de soupe Müo^ comme nous le décrirons avec plus de détails dans le traitement de la dyspepsie albumineuse de l’enfant nourri au sein.
DYSPEPSIES
40 Diminuer le lait de femme. — Allaitement MIXTE. — Le moyen le plus simple et qui réussit presque toujours est de diminuer le lait de femme en remplaçant un ou plusieurs repas au sein par des repas de lait de çache centrifugé mélangé avec du Milo.
Cette méthode a le grand avantage de ne pas supprimer le lait de femme.
On commence par un repas, puis par deux, puis par trois, etc., suivant l’intensité du cas, jusqu’à ce que les symptômes morbides aient disparu et jusqu’à ce que le poids augmente de nouveau et que les selles prennent une apparence meilleure, sans qu’il faille s’attendre à ce qu’elles deviennent parfaites.
Adjonction de nutrose. — Un procédé meilleur encore et conduisant plus facilement au but est indiqué par Finkelstein.
C’est l’adjonction au lait de femme de la nutrose qui est une caséine pure préparée par le commerce.
On délaye dans 2 cuillerées à soupe d’Ems, 1 cuillerée à café de nutrose.
Le liquide opalescent ainsi obtenu peut être sucré avec du Soxhlet.
Donner 3 à 4 fois par jour avant le sein.
DYSPEPSIE ORGANIQUE DIATHÉSIQUE 183
L’effet, dit Finkelstein, est remarquable (lîg. 12): l’appétit s’améliore, le calme revient, le poids augmente, l’état général change à vue
Fig. 12. — Résultat de l’adjonction de nutrose (quatre cuillers- à cale par jour) au lait de femme, d’après Finkelstein.
d’œil, la diarrhée diminue et se transforme en constipation, ce qui oblige de diminuer la nutrose.
Après six à huit semaines de ce traitement, on peut diminuer la nutrose d’abord et la cesser ensuite.
DYSPEPSIES
Sevrage du bébé. — Dans les cas graves, U faut, après avoir tout essayé, se décider au sevrage complet ou presque complet en ne conservant qu’un dernier repas de manière à pouvoir obvier par une reprise de l’allaitement au sein à un accident toujours possible.
Changement d’air. — Ajoutons enfin que le changement d’air est un moyen de valeur indiscutable et pour notre part, noifs conseillons toujours le climat de montagne qui réussit si bien aussi aux exsudatifs.
Traitement de l’idiosyncrasie pour le lait
de vache.
Le traitement pendant la crise est le même que celui du catarrhe. On ordonnera successivement :
Diète hydrique. — Avec ou sans désinfection au calomel, suivant la gravité du cas.
2® Allaitement au sein. — Puis reprise lente et progressive de lait de femme.
3° Allaitement mixte. — Après plusieurs mois d’allaitement au sein destinés à réparer l’enfant, on essayera de donner un repas de soupe Mil O en y ajoutant du lait de çache centrifugé, mais en commençant par des doses
HÉTÉRODYSTROPHIE CONGENITALE 185
excessivement minimes de un à deux grammes que l’on n’augmentera qu’avec la plus grande prudence et seulement lorsque l’enfant aura supporté sans accident aucun les doses précédentes.
4® Sevrage. — Enfin lorsque l’enfant sera habitué à ce premier repas de lait de vache on augmentera peu à peu et très lentement le nombre des repas de lait de vache jusqu’au sevrage complet.
2» HÉTÉRODYSTROPHIE CONGÉNITALE
OU hypotrophique
L’hétérodystrophie congénitale n’est pas rare.
Cachexie des parents.
Ce sont surtout les bébés de parents affaiblis trop jeunes, trop âgés, ou trop usés.
Ce sont ensuite les enfants de parents anémiques, cachectiques ou depuis longtemps dyspeptiques eux-mêmes ou atteints d’entérite chronique glaireuse ou membraneuse qui rentrent dans cette catégorie.
Intoxination des parents.
Ce sont les enfants nés de parents malades et intoxinés, atteints de syphilis, de tuberculose,
DYSPEPSIES
de malaria dont les germes en état de hlastophtorie se sont mal développés.
Intoxication des parents.
Ce sont enfin les enfants de parents intoxiqués ou conçus pendant Vwresse alcoolique ou éthérée de l’un ou des deux parents ou mis au monde par des parents opiophages^ morphinomanes^ cocaïnomanes ou intoxiqués par le sulfonal^ le trional ou le véronal.
HYPOTROPHIE
Dans tous ces cas, les germes trop faibles, usés, tarés ou intoxiqués, n’ont pu donner naissance qu’à des organismes faibles, anormaux et insuffisants soit au point de vue de leurs fonctions, soit au point de vue de leurs réactions vis-à-vis de la nourriture hétérogène, ou vis-à-vis des infections microbiennes.
La plupart de ces enfants nés cependant à terme présentent tous les caractères de Vinf antilis me ; ils ont une taille et un poids inférieurs à la normale et tous les signes de Vhypotrophie qui caractérisent la naissance avant terme.
HÉTÉRODYSTROPHIE ACQUISE
Ils sont mal armés pour la vie, leurs fonctions digestives sont précaires, leur ration de tolérance très abaissée^ leurs réactions de défense extrêmement réduites.
Plus tard, s’ils survivent, ils offriront tous les signes de Vinjantilisme physique^ type Lorain, souvent accompagnés de ceux de V infantilisme psychique et intellectuel.
En tout cas, au point de vue intestinal, nous pouvons constater que tous les enfants hypotrophiques sont atteints de dyspepsie organique.
30 HÉTÉRODYSTROPHIE ACQUISE
La diminution de la tolérance alimentaire peut être enfin acquise et causée par une :
A. Hétérodystrophie passagère :
a) D’inanition ;
b) D’intoxination ;
c) De rétention calorifique.
B. Hétérodystrophie curable :
a) Dyscrasique ;
b) Nerveuse ;
c) Gastro-intestinale.
La distinction de ces deux groupes de causes s’impose, car il va sans dire que le traite-
DYSPEPSIES
ment sera absolument différent dans ces deux cas.
A. — HÉTÉRODYSTROPHIES PASSAGÈRES
Par inanition.
Dyspepsie par inanition. Nous avons étudié en détail l’action exercée sur l’organisme de l’enfant par la famine et par la sous-alimentation prolongée, et nous avons vu cpi’elle produit à la longue par manque d'antigènes et, par conséquent, d’anticorps une diminutioji progressive de la tolérance pour les aliments, si bien qu’elle engendre en fait une dyspepsie organique.
Athrepsie par inanition. — Si l’inanition est considérable ou si elle dure trop longtemps, il peut même en résulter une diminution telle des trophozymases métaboliques que l’enfant même nourri n’assimile et ne fixe plus les éléments nutritifs, ce qui est la caractéristique de V athrepsie.
Causes. — ■ Cette inanition peut être due à une maladie ; c’est ainsi que l’impossibilité de boire à cause d’aphtes ou d’avaler sans douleur à cause d’une forte angine, ou sans angoisse à
HÉTÉRODYSTROPHIES PASSAGÈRES 189
cause d’une orthopnée, provoquée par une bronchite capillah’e. C’est ainsi que les vomissements incoercibles, les diarrhées violentes, toutes ces causes peuvent causer une inanition prolongée et quelquefois sérieuse par ses suites et surtout par la diminution de défenses de l’organisme qu’elle cause.
Trop souvent, hélas 1 l’inanition est la conséquence d’une ordonnance médicale ; on purge le bébé et on le laisse pendant un temps prolongé à une nourriture absolument insuffisante.
Prophylaxie de l’inanition. — ^11 faut donc se souvenir de ces conséquences si sérieuses, et éviter au bébé, et cela même dans les affections fébriles, le jeune prolongé qui affaiblit ses forces et diminue sa limite de tolérance alimentaire.
Il faut surtout éviter l’inanition liquide qui est encore plus sérieuse que la famine.
Faire boire beaucoup et sous- alimenter les nourrissons fébriles mais ne jamais les affamer^ telle doit être la devise du médecin d’enfants.
Par infection et intoxination.
Infections aiguës. — L’infection aiguë qui use les réserves et intoxique les cellules de l’organisme, qui produit des dégénérescences du
DYSPEPSIES
foie, du pancréas et des glandes intestinales, . doit tout naturellement diminuer les facultés digestives de l’enfant normal et exagérer l’abaissement de la tolérance alimentaire de l’enfant dystrophique dont la tolérance était déjà touchée.
Ne connaissons-nous pas actuellement, grâce aux recherches récentes de Tallqvist, l’influence déplorable exercée par les toxines sur les lipoïdes cellulaires, qui explique la diminution souvent considérable de toutes les manifestations et de toutes les réactions vitales des cellules de l’organisme chez les sujets infectés.
Nous comprendrons ainsi facilement que les intoxinations diminuent aussi bien les trophozymases et les tropholysines ou zymases métaboliques que les zymases externes contenues dans les sucs intestinaux.
Il en résulte que tout enfant infecté et intoxiné devient pendant la durée de son infection un dyspeptique organique et qu’il reste pendant sa convalescence et même souvent au delà dans le stade de la dyspepsie^ plus rarement dans celui de la dysthrepsie^ avec une limite de tolérance plus profondément abaissée.
HÉTÉRODYSTROPHIES PASSAGÈRES 191
Le plus souvent l’anorexie qui accompagne l’infection amène la sous- alimentation indispensable pour éviter les dangers de la dyspepsie. 11 s’agit donc simplement, et c’est le devoir des médecins, de proportionner cette sous-alimentation au pouvoir digestif de l’enfant et de ne pas l’exagérer, comme nous venons de le voir, si Tonne veut pas diminuer encore plus la force de résistance de l’enfant.
Il faut donc se tenir éloigné à la fois de l’inanition en donnant assez et de la suralimentation relative en donnant la dose normale d’un enfant sain, ce que seul l’examen des selles de l’enfant peut éviter.
On verra alors qu’avec ces précautions des infections même graves, comme des pneumonies, peuvent évoluer presque sans diminution de poids.
Si V intoxination et surtout l’intoxination due à une infection de longue durée peut être déjà si sérieuse pour le nourrisson sain en diminuant progressivement sa limite de tolérance jusqu’à la dyspepsie, il ne faut pas s’étonner de la voir devenir extrêmement grave chez le nourrisson déjà atteint de dyspepsie ou de troubles diathésiques (lymphatisme).
DYSPEPSIES
Dans ce cas en effet la diminution de tolérance toxinienne s’ajoutant à celle qui existait déjà met l’enfant subitement dans une insuffisance alimentaire telle que sa dyspepsie devient beaucoup plus sérieuse et plus difficile à traiter. Dans quelques cas, l’aggravation est telle que, suivant le genre de dyspepsie dont l’enfant était atteint, nous pouvons le voir passer presque subitement dans une crise aiguë : d'entérite folliculaire s’il était dyspeptique de caséine ; de catarrhe toxique s’il était dyspeptique des hydrocarbones et sels, ou d'aihre-psie s’il était déjà dysthrepsique, crise qui peut se terminer par la mort de l’enfant.
Il suffît souvent, et c’est un sujet d’étonnement pour le médecin et de stupeur pour les parents, d’une infection aussi minime et aussi insignifiante qu’un petit phlegmon, qu’une simple grippe, ou même que la vaccination pour amener la catastrophe.
Dans ces cas, les symptômes de l’infection se mélangeant à ceux de l’auto-intoxication alimentaire il est souvent difficile de faire la part des deux.
Au point de vue thérapeutique on éprouvera la même difficulté, mais, et c’est là un signe
HÉTÉRODYSTROPHIES PASSAGÈRES 193
distinctif excellent, les auto-intoxications alimentaires étant seules influencées par la sousalimentation correspondante, les symptômes morbides toxiniens persistent seuls après l’effet de la sous-alimentation.
On le voit, toute infection aiguë, si petite soitelle, est grave pour l’enfant atteint de troubles nutritifs toxi-alimentaires, et cette infection sera d’autant plus grave que le trouble nutritif était lui-même plus avancé ; sérieuse dans la dyspepsie simple, une infection est grave dans la dyspepsie toxique et excessivement grave * dans l’athrepsie et le catarrhe toxique; car, si même l’infection ne l’emmène pas de suite, elle laisse l’enfant dans un état de marasme tel qu’il est presque impossible de l’en sortir.
Les infections chroniques {lues^ tuberculose^ malaria) agissent comme les aiguës en abaissant la limite de tolérance.
Il est vrai que cette action nocive se fait d’une manière moins intense, mais elle est d’autant plus prolongée ; si bien que seule une sous-alimentation bien proportionnée au degré de l’intolérance alimentaire pourra éviter les dangers de la dyspepsie, sans cela inévitables.
Combe. — Mal. ^?aslo-inlestinales. 1.‘^
Par la chaleur.
Mortalité estivale par rétention calorifique. — Les statistiques de tous les pays démontrent que la mortalité infantile s’élève considérablement pendant l’été, d’autre part que cette mortalité est due à l’augmentation rapide des affections gastro-intestinales qui se produisent chez les enfants des classes pauvres, nourris artificiellement et surtout dans certaines maisons particulièrement chaudes.
Si l’on ajoute à ces renseignements fournis par les statistiques ceux que fournit l’hygiène • du lait, qui démontrent que c’est aussi en été que le lait contient le plus de bacilles; que ces microbes se rencontrent surtout dans le lait bon marché acheté par les pauvres, enfin que la chaleur des appartements mansardés habités par les indigents augmente considérablement les adultérations que subit le lait on est tout naturellement amené à conclure : que le lait souillé par les microbes et adultéré sous Vinfluence de la chaleur est la cause de la mortalité
estioale des nourrissons.
Mais, d’un autre côté, on peut faire à cette manière de voir des objections très' sérieuses.
HÉTÉRODYSTROPIIIES PASSAGERES 195
D’abord on peut faire valoir que la chaleur qui règne dans les petites chambres-cuisines situées sous les toits et habitées principalement par les familles pauvres est une chaleur excessive et surtout une chaleur humide rendue plus humide encore par le nombre des personnes qui vivent dans ces chambres, par la cuisson et la lessive qui s’y fait. Or l’on sait combien la chaleur humide favorise la rétention de la chaleur animale et favorise le coup de chaleur.
Si l’on ajoute à cela la mode stupide qui habille trop les bébés et les couvre plus encore dans leur lit avec couvertures et édredons, ce qui empêche toujours plus la déperdition de la chaleur, on est amené à se demander si ces conditions spéciales ne pourraient pas déterminer chez ces nourrissons un coup de chaleur comme Meiggs et Illoway en Amérique, Meinert et Ritschel en Allemagne le soutiennent et si la mortalité estioale des nourrissons n'est pas simplement due à une rétention calorifique.
Coup de chaleur. — Rappelons que le tableau clinique cadre fort bien avec le diagnostic d’insolation.
Ces nourrissons sont tombés subitement gravement malades ; ils sont sans connaissance et
DYSPEPSIES
montrent des signes d'excitation cérébrale, quelquefois même des compulsions ; leur température est très éleoée, dépasse 40® et atteint quelquefois 42«; le cœur est faible, le pouls est presque imperceptible et incomptable ; la respiration est rapide et profonde; l’urine contient de l’acétone et du sucre. Enfin on note chez eux des vomissements incoercibles et des selles diarrhéiques liquides extrêmement nombreuses.
Tout ce tableau cadre admirablement avec le coup de chaleur alors même que ces enfants arrivent le plus souvent à l’hôpital avec le diagnostic de choléra infantile.
Ce qui confirme encore ce diagnostic c’est le fait que le traitement antithermique de bains froids et d’enveloppements froids amène en vingt-quatre heures une détente avec guérison rapide.
Ces enfants étaient donc bien atteints de coup de chaleur.
Action lente de la chaleur. — Mais à côté de ces cas aigus où l’action de la chaleur est indéniable combien la chaleur ne peut-elle pas prédisposer aux troubles digestifs.
La chaleur diminue en effet et considérablement la limite de tolérance et la force de résis-
MÉTÉROD YSTROPHIES DURABLES 197
tance de l’enfant, en sorte que la moindre suralimentation devient fatale; l’enfant étant devenu grâce à elle un dyspeptique organique.
Il faut donc recommander aux mamans d’habiller moins les bébés et de ne pas les couvrir par les jours chauds; de les tenir le plus possible dehors et à Vomhre et de les baigner fréquemment dans de l’eau tiède à 32® dès que la température devient humide et par conséquent étouffante.
Enfin et surtout de leur donner moins de nourriture et plus d’eau à boire.
B. — HÉTÉRODYSTROPHIES DURABLES
L’hétérodystrophie peut être enfin déterminée par des affections chroniques.
Dans ces cas la dyspepsie organique qui en est la conséquence, étant causée par des affections de longue durée ou même inguérissables, sera elle-même chronique et durable.
Par dyscrasie.
La diminution de la tolérance alimentaire peut être causée par les dyscrasies infantiles.
Les causes hémolysantes qui produisent les anémies infantiles, les phénomènes toxiques
DYSPEPSIES
qui accompagnent le scorbut infantile, le myxœdème, le rachitisme, abaissent considérablement la limite de tolérance des nourrissons qui en sont atteints.
Les maladies congénitales du cœur qui entravent la nutrition s’accompagnent aussi le plus souvent d’une diminution de la limite de tolérance.
Toutes ces causes sont plus que suffisantes pour expliquer les symptômes de dyspepsie organique qui existent chez la plupart des enfants atteints de ces dyscrasies.
Par affections cérébrales chroniques.
L’hydrocéphalie, la macrocéphalie, la microcéphalie, certaines formes d’idiotie et les méningites s’accompagnent aussi d’insuffisance digestive souvent très caractérisée, d’autres fois moins visible qui rentrent dans le cadre des dyspepsies organiques et qu’il faut connaître si l’on veut pouvoir alimenter ces enfants sans leur faire de mal.
Par affections gastro-intestinales chroniques.
Affections de l’estomac. — Enfin il existe chez le nourrisson un certain nombre d’affec-
HÉTÉRODYSTROPHIES DURABLES 199
lions stomacales telles que : le spasme et le rétrécissement du pylore, Vachylie gastrique, Vatonie stomacale avec distension énorme de l’estomac qui s’accompagnent d’une insuffisance digestive, d’un abaissement considérable de la limite de tolérance et qui pour cette cause rentrent dans le cadre des dyspepsies organiques, partielles ou totales.
Affections de l’intestin. — Plus rares sont les affections de l’intestin qui causent une dyspepsie organique. Ce sont la constipation congénitale et la maladie de Hirschpriing qui s’accompagnent d’un abaissement souvent considérable de la limite de tolérance qui explique fort bien les troubles de dyspepsie organique, qui accompagnent ces maladies.
Telles sont les causes si nombreuses et si variées qui peuvent conduire le nourrisson à la dyspepsie dont nous allons maintenant étudier les tableaux cliniques.