SYMPTÔMES GASTRO-INTESTINAUX
Symptômes dyspeptiques. ■ — Ces enfants sont atteints de renvois continuels, de régurgitations et même quelquefois de vomissements. Leur ventre est ballonné. Ils souffrent de coliques douloureuses suivies de selles diarrhéiques nombreuses d’aspect dyspeptique, mi-liquides et même quelquefois glaireuses dont le nombre peut s’élever jusqu’à dix à douze par jour.
Ces symptômes sont d’autant plus étonnants que l’enfant est bien loin de pouvoir passer pour suralimenté : il a au contraire peu d’appétit, prend très mal ses repas et paraît même, dans certains cas, avoir un dégoût absolu pour le sein,
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Hyperesthésie gastro- intestinale. — L’examen de l’enfant donne la clé du problème en montrant que ces symptômes sont dus à une hyperesthésie extraordinaire du tube gastro-intestinal qui se manifeste tantôt par une agitation péristaltique^ isiniôt par un gastroentérospasme : syndrome qui explique fort bien : les renvois incessants, les régurgitations et les vomissements si fréquents, le hoquet si fatigant, enfin les coliques si douloureuses accompagnées de gaz ou de selles nombreuses qui tourmentent le bébé qui crie et gémit jour et nuit.
symptômes généraux
Faciès. — Ces enfants sont pâles et maigres. Leur pâleur, comme le démontre l’examen du sang, est de nature pseudo- anémique et due à un angiospasme.
La peau est flasque, molle, flétrie et ridée surtout sur le ventre et à l’intérieur des cuisses.
Le tissu cellulaire manque ou est peu développé.
Les muscles sont mous et flasques, et cependant hypertoniques à l’examen. Le Chaostek est fréquemment positif.
DYSPEPSIES
Poids. — La courbe du poids est très différente de celle de l’enfant normal nourri au sein. Elle est presque horizontale et tend même quelquefois à descendre.
Système nerveux. — Ces enfants sont extrêmement nerveux et effrayés par le moindre bruit ; ils dorment peu et mal ; ils gémissent et crient souvent jour et nuit, en ‘mettant la patience de leurs pauvres parents à une terrible épreuve. Leurs réflexes tendineux sont le plus souvent exagérés.
Crises hystér if ormes. — Ces réactions nerveuses causées par l’intolérance du lait de femme, qui sont déjà si étranges, peuvent encore dans certains cas s’accentuer, si bien que cette intolérance peut aller jusqu’à V anaphylaxie la plus absolue, comme le montrent certains cas observés par Bar (1), et confirmés par Finkelstein, mais qui doivent être exceptionnels, car nous ne les avons jamais rencontrés.
Ce sont, d’après la description de ces auteurs, des crises qui ressemblent étrangement aux crises hystériques infantiles^ que l’on observe si fréquemment chez les bébés et les enfants à la suite de crises de pleurs, de
(1) Bar, Arch. de méd. de l'enf., 1903,
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colère, etc. L’allaitement ne paraît être ici que la cause occasionnelle de la crise plutôt que sa cause déterminante, il suffît en effet de quelques gorgées de lait pour la déclancher : l’enfant se jette en arrière, ses yeux se convulsent, il devient pâle, raide, cyanosé, puis en résolution complète, avec perte absolue de connaissance pendant plusieurs minutes, pendant lesquelles le pouls est imperceptible et les battements du cœur incomptables.
Système circulatoire. — La température de ces enfants n’est pas absolument monotherme^ comme celle du nourrisson normal, mais il n’y a pas de fièvre véritable.
Le sang ne montre ni hypoglobulie ni hypochromémie, comme chez le dyspeptique vrai, ni éosinophilie comme chez l’exsudatif.
Système respiratoire. — Il est normal.
Système urinaire. — • La lactosurie est exceptionnelle, mais s’observe cependant quelquefois.
Marche de la maladie.
Cette dyspepsie organique peut quelquefois s’améliorer, l’enfant s’habituant peu à peu au lait de femme en s’y adaptant. Mais, même
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dans ces cas, ces enfants ne redeviennent pasabsolument normaux, ils restent pendant toute leur enfance des enfants nerveux et excitables. Souvent très intelligents, mais instables et changeants, ils ne peuvent jamais fixer longuement leur attention sur le même sujet. Ils restent toujours des hyperesthésiés dans toutes leurs manifestations nerveuses : motrices, sensitives, sensorielles et vasomotrices.
Ces enfants souffrent d’une anorexie nerveuse, toute particulière, et ont facilement plus tard des troubles dyspeptiques, des crises de vomissements nerveux, etc. Ce sont eux qui souffrent de crises d’insomnies, de terreurs nocturnes, d’idées fixes, de somnambulisme et d’hallucinations.
Pathogénie.
Un premier point à relever, c’est que ces enfants sont presque toujours issus de parents nerveux, névrosés^ quelquefois même psychopathes et que l’on trouve fréquemment dans leurs familles des individus atteints de tics, de névralgies, de migraines nerveuses, de troubles neurasthéniques ou hystériques.
Un second point, c’est qu’il n’est pas rare de
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constater cette même intolérance pour le lait de femme chez plusieurs enfants de la même famille et de constater que chez tous les troubles morbides disparaissent avec le sevrage.
Il nous faut donc admettre chez eux une intolérance intestinale, mais une intolérance spéciale due à un chimisme bien étrange, puisque chez ces bébés les troubles morbides ne se produisent qu’avec le lait de jemme^ nourriture homogène et considérée par tous comme la nourriture idéale du nourrisson et qu’ils disparaissent avec le lait de oache^ nourriture hétérogène çt considérée par tous comme une nourriture bien plus difficile à digérer !
Il est vrai que le lait de femme contenant la même proportion de graisse que le lait de vache, est plus gras que le lait de vache coupé que l’on donne au bébé ; aussi a-t-on pu conclure qu’il s’agissait en l’espèce d'une dyspepsie des graisses, et cette idée a été fortifiée par le fait que les laits dégraissés exercent une influence très favorable sur cet état.
1 Mais le fait que les mélanges riches en caséine exercent une influence plus favorable encore, montrent que la dyspepsie des graisses n'est pas seule en jeu.
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Ces enfants, en effet, n’augmentent de poids qu’avec une dose calorifique élevée, même anormalement élevée de .110 à 120 calories par kilogramme, nourriture que l’on est obligé de leur administrer par suralimentation forcée.
Or la fermentation modérée qui accompagne cette dyspepsie organique n’étant pas suffisante pour expliquer la perte de ces calories, Czerny(l) s’est arrêté à l’hypothèse que chez ces enfants atteints de diathèse neuropathique les dépôts congénitaux de matières phosphorées indispensables à la croissance, dépôt analogue au dépôt de fer que l’enfant apporte au monÿe en naissant et qui a été démontré par Bunge (2), étaient ou absents ou insuffisants. Ces enfants sont donc obligés d’emprunter entièrement à l’alimentation les substances nécessaires à leur croissance.