‹ Les Maladies infectieuses, causes et traitementChapitre 23 sur 32 · C.hlorhydr. de Eau distillée, q · texte numérisé non relu

C.hlorhydr. de Eau distillée, q

. . 10 gr.

.. gr, 30 voiume total de 20 ci

Une à deux seringues de Pravaz en mC-me tempi injectées profondément au point douloureux.

Lorsqu'il s'agit de maladie infectieuse, cette se lution doit être maniée avec précaution et l'injection faite très aseptiquement et, si possible, dans l'intérieur des muscles. Si, en effet, l'injection étail trop superficielle, elle pourrait déterminer la production d'un empâtement souvent douloureux pendant un certain temps, ou même d'une collection ordinairement aseptique, mais qui, rarement il esl vrai, peut suppurer. On pourra donc, si l'indication esl bien nette, employer celte méthode très active en se conformant aux observations ci-dessus.

La piqûre de morphine est un bon et classique procédé ■ d'analgésie ; malheureusement l'analgésie locale n'est réalisée que par une action générale sur le système nerveux qui se manifeste souvent par des réactions fâcheuses: vo misse m euts, ver liges, démangeaisons, etc. Il faut donc, dans ce cas encore, songer toujours aux actions générales secondaires qui peuvent n'être pas sans inconvénients. C'est pour cela que, surtout dans le traitement des maladies infectieuses, il est souvent très utile d'associer dans les piqûres divers médicaments ayant des actions variées (y. ci-dessus page 273).

■ On a récemment créé el indiqué une série d'anal-

HËDIG&TIONS AltmntES 287

Iniques variés. On hs trouvera pour la pluparl piqués dans la lisle à la fin de ce volume.

|. MÉDICATIONS STIMULANTES. — NoUS aVODB VU, en étu-

[ant les médicaments trophiques du système nerfeux, comment on pouvait réaliser celte indication B façon rapide au moyen de l'éther, de la caféine,

ei l'alcool, etc. On peut également agir sur le sysaie nerveux d'une façon plus constante au moyen H quinquina, de la kola ou des gl y ce ro phosphates,

r prendre trois types médicamenteux.

[ Quinquirta. — Le quinquina agit en l'espèce très "^cacement, précisément même à cause de sa imposition complexe. C'est pour cela qu'il est tesique de le prescrire dans les maladies infecienses sous forme d'extrait mou à la dose de 2 à t grammes par jour, associés à un peu d'alcool D à GO gr.). Son action stimulante sur le système terveux tient à la fois à sa teneur en sels de quifae et de cinchoniae, comme aussi à sa richesse B principes tanniques et peut-être aussi en maliè- B colorantes, r Aola. — La kola a évidemment une action analogue, peut-être moins profonde, pourrait-on dire, mais peut ôlre plus vive, plus immédiate, mais aussi plus fugace, sur le système nerveux.

La caféine, la thêobromiue, le rouge de kola, les tanins qu'elle contient agissent de façon complexe. Au total, la kola stimule très vivement le système nerveux tout eu déterminant un certain degré d'analgésie; il estrare aussi qu'elle dépasse le but et qu'elle produise de l'excitation. C'est donc un bon relevew du système nerveux, mais, encore une fois, son action est transitoire et de courte durée.

HilADlES 0FEËTIECRES

Ghjcérophosphales. — Ces très remarquables médicaments, tout récemment introduits dans la thérapeutique par M. Alb. Robin, ont. au contraire, une action puissante et de fond sur le système nerveux. Us ont incontestablement aussi une action stimulante. D'autre part, ils réparent les pertes que le système nerveux fait souvent en phosphates. Ils out donc dans certains cas une réelle utilité dans le cours des maladies infectieuses.

On peut prescrire avantageusement les phosphates de chaux, de soude et de potasse associés, soit par la voie sous-cutanée, soit à l'intérieur. Pour la voie sous-cutanée on peut utiliser la formule suivante :

Ebu distillée 1 gramme

Glycérophosphale de chaux. . gr. (5

— de soude 10

— de potasse 10

1 à 2 piqûres par jour.

Malheureusement, cette solution s'altère très facilement et ne peut être stérilisée par ébullitiou au moment de l'emploi. C'est pour cela que certains spécialistes l'ont préparée en tubes fermés à la lampe.

Pour l'administration par la voie digeslive, les formules sont innombrables. On a créé récemmeal des vins, des élixirs, des granulés, des solutions gazeuses de toutes marques.

Une bonne formule est la suivante; elle a l'avantage de bien se conserver (elle ne précipite un peu qu'après IB à 20 jours). Nous l'avons bien des fois prescrite avec avantage :

ÎIÉDICATIOHS AKSEÎES 289

Eau distillée ( . - -. „

Glycérine i <*" '^ S^-

UlycéroptioEphalf de chaux G gr.

— de soude 7 gr.50

— de polisse 1 gr.50

Acide citrique gr.75

Une à trois cuillerées à café par jour.

Il est à noler, si l'on veut varier ces formules (associations diverses, par exemple au galacol dans la tuberculose, etc.!, que le glyctrophosphate de chaux seul est très peu solutle dans l'eau, et que, d'autre part, tandis qu'il se préseule actuellement en droguerie sous forme d'une poudre blanche, les glycérophosphates de soude et de potasse n'existent 'guère aujourd'hui en pharmacie que sous forme de solutions de consistance sirupeuse contenant la moitié de leur poids de sel.

Médications calmantes. — Il est une notion qu'on ne doit pas perdre de vue, c'est que les réactions du système nerveux sous l'influence de l'infection et de l'intoxication sont éminemment variables. Ces réactions traduisent d'ailleurs un effort particulier qui, parfois, a sa raison d'être et ne saurait être supprimé sans danger. Aussi devra-t-on agir très prudemment dans la prescription des médicaments devant lutter contre l'excitation du sujet. Le plus souvent, en effet, celte réaction exagérée du système nerveux dépend soit de l'infection, soit de l'hyperlhermie, et c'est en prescrivant les antiseptiques et les aotithermiques qu'on arrivera k obtenir le calme chez le malade.

Si, néanmoins, il y a urgence â calmer une

excitation trop grande, un pourra avoir recours

ux bromures, sans oublier qu'ils agissent surtout

MALADIBB INFECTIEUSES. 19

MALADIES INFECTIEVSGS comme vaso-constricteurs des centres nerveux, d'où un danger possible.

On pourra aussi, el surtout, réaliser chez le malade un état de mieux élre, supprimer une cause d'irritation de son système nerveux (d'origine cutanée, intestinale, etc.), modifier son hygiène ou encore agir sur la peau par des lotions, des frictions, de ablutions. Par ces moyens, il est souvent possible de ramener le calme chez le malade.

Enlin, ce calme peut être obtenu en faisant dormir le malade, et ceci nous amène au troisième groupe de ces médicaments: les hypnotiques.

Médications iiynoptiooes. — Il arrive sauvent, en effet, dans le cours des maladies infectieuses que le sujet est très excité et qu'il ne dort pas. La première indication dans ces cas consiste, comme nous l'avons dit, à tâcher de ramener le calme el par suite le sommeil au moyen de l'hygiène générale ou par des médications purement extérieures (lotions, affusions, etc.).

A ce propos, nous indiquerons le procédé récemment recommandé par le D' Leredde, et qui consiste dans l'administration de bains de pieds aussi chauds que possible (48° A 5U°) donnés au malade le soir. Il va de soi que ce procédé n'est applicable qu'en cas de maladies infectieuses sans état (général grave.

D'autres fois, l'administration de petites doses de calmants généraux, tels que les bromures, peut suffire pour apaiser le malade qui, dès lors, peut dormir.

Enfln„ dans certaines circonstances, Tinsomnie est complète, rien ne peut la vaincre, ni les calmants

MÉDICATIONS AMEKES S91 "

généraux, ni les antithcrmiques, ni les antiseptiques. EUe paraît dépendre d'un trouble tout spécial du système nerveux.

C'est alors seulement qu'on pourra légilimeraenl avoir recours aux hypnotiques. La liste en est longue aujourd'hui. A(!i*ité des médicaments classiques de ce groupe, il en existe iine série de nouveaux dont certains ont une efficacité et une supériorité réelle sur leurs similaires de la pharmacopée ancienne.

D'une façon générale, il en est de même pour les hypnotiques que pour plusieurs des autres médicaments que nous étudierons tout ù l'heure. Ils n'agissent qu'en intoxiquant le sujet ; il faut donc les manier avec le plus grand soin et éviter, dans lamesure du possible, leuraction secondaire nocive ou l'atténuer autant que faire se peut.

C'est ainsi que, sionprescriiropium,onnedevra pas oublier son action sur les reins et l'intestin ; si on utilise le chloral, oo saura qu'il peut avoir sur le cœur une action fâcheuse. On n'oubliera pas également que le sulfonal à dose un peu élevée agit sur le systf-me nerveux d'une façon très intense et parfois sur le sang, etc., etc.

Quant au choix de l'hypnotique à employer, il dépend précisément des particularités cUuiques que préseule le malade et des actions secondaires qui doivent être plus particulièrement évitées dans l'application de l'hypnotique à tel ou tel cas.

Eu plus des hypnotiques classiques, sur lesquels nous ne pouvons insister (opium, chlorai, etc.), nous signalons dans la liste A la fin de ce volume toute une série d'hypnotiques nouveaux, dont quelques-

' 292 MALADIES INrEGTIEUSES

uns Hoiil l'êellement très actifs et peu dangereux. C'est ainsi qu'on pourra utilement employer le sulfonal, l'urélhane, le chloralamide, Thypnal, Ihjpnone, etc. Chacun de ces médicaments a une action puissante et, en général, leurs inconvénients sont peu considérables, si on ne dépasse pas les doses petites ou moyennes. Dans tous les cas, il faudra les employer avec précaution, donner des doses fractionnées et s'arrêter dès qu'on constatera la moindre action nocive. Il est d'ailleurs facile d'employer des hypnotiques variés de façon à pouvoir choisir celui qui agit le mieux sans inconvénient et à une dose qui peut en général lîlre déterminée par une observation soigneuse.

MÉDICATIONS DÉRivATivES ET HÈvuLsivEs. — Ces indications thérapeutiqucB jouaicul dans l'ancienne médecine un rôle considérable. Elles peuvent être réalisées au moyeu de la saignée d'une part, et de l'autre par la révulsion cutanée au moyen des friclions, des ventouses sèches ou scarifiées et enflndu trop fameux et classique vésicatoire, tous procédés réalisant les deux méthodes de la dérivation el de la révulsion.

De tous ces moyens nous dirons peu de chose.

Ils doivent, en effet, être en général relégués au second plan dans le traitement des maladies infectieuses.

Saignée. — L'histoire de la saignée eslhien vieille; une interprétation purement Imaginative, toiiUi d'hypothèse, a fait couler le sang d'innombrables malades jusqu'à ce que mort s'ensuive, et ce depuis Botal qui, au xvi'siècle, n'hésitait pas à soustraire 7 livres i/2 de sang eo vingt-qualre heures, jus-

Mfibir,.\TIONS ANNEXÉS

qu'il Bouillaud qui se contenlail d'en enlever 3 ou -* livres en trois jours. Nous ne montrerons pas l'inanité cl lo danger de ce moyen. On ne discute pas des affirmations, des phrases, une méthode dogmatique. D'ailleurs, nous avons assez montré les indications à remplir dans le traitement des maladies infectieuses pour qu'il soit évident que ce procédé systématique ne peut même pas se soutenir.

On peut pourtant faire des exceptions. Dans certains cas, la saignée peut, momentanément et â. dose modérée, rendre quelque service. C'est d'abord, aiasi que nous l'avons vu, comme moyen d'élimination rapide de produits toxiques encombrant l'organisme. M. Bouchard, se basant sur d'ingénieux calculs de proportions, a dit que dans l'urémie 32 grammes de sang soustraits au malade renferment gr. 50 de matières extractives et en enlèvent autant que 280 grammes de liquide diarrhêique et 100 litres de sueurs. C'est le IG' de la quantité de matiëres extractives que le rein peut éliminer en moyenne dans les 24 heures.

Il est donc licite en tout cas, lorsqu'il y a phénomènes d'intoxication et danger pressant de ce Tait, surtout dans l'urémie, de chercher à débarrasser d'urgence l'organisme des matières toxiques les plus dangereuses qui ne peuvent être éliminées assez vite par le rein. Une petite saignée (100 à 150 gr.) peut, dans ce cas, rendre momentanément quelque service. Elle peut être répétée après quelques heures si le danger presse. On peut aussi, dans le même but, appliquer des ventouses scarifiées, surtout au niveau de la région rénale et particulièremenl du triangle de Jean-Louis Petit, dans les

cas d'accidenls urémiques dus souvent, ainsi que l'a déoiontré J. Renaul, âun œdème anémique aîgu du rein qui peut être déterminé par une acliou vaso-paralylique d'origine cêrébro-hulbaire.

La Baignée peut aussi parfois avoir une action complexe dérivalive sur l'œdème cérébral ou pulmonaire (Lecorché el Talamon). Dans ce cas, la saignée ne semble guère agir que mécaniquement, elle combaltraiL par une déplélion mécanique un trouble «gaiement mécanique. La saignée semble aussi avoir une action 1res netlc sur le nombre des globules, qui semblent augmenter quelque temps après la saignée comme si elle stimulait la néoformation globulaire, La saignée modifie également les phénomènes intimes de la nutrition cellulaire. En tout cas, la clinique démontre que parfois la saignée semble avoir une action utile momentanée dans le cas d'œdèmes congestifs de divers viscères.

Réduite à ces deux indications, la saignée peut n'être pas absolument rayée du cadre thérapeutique. Elle peut d'ailleurs bien souvent être remplacée par l'application de ventouses scarifiées, parfois de sangsues, qui ont une action analogue el qui, de plus, déterminent des modifications circulatoires locales pouvant avoir quelque utilité. Elles peuvent ainsi parfois diminuer des stases ou plutiM des surcharges vascuiaires par suite des connexions souvent très directes existant entre la circulation viscérale et la circulation des téguments situésaudessus. Enfln, les saignées locales peuvent faire cesser des douleurs souvent vives.

Dérivatifs. — Divers procédés peuvent Être i

HËDICATtONS ANITEXES

enjeu pour produire la dérivation, qui peut être considérée comme un moyen destiné û. amener en un point du sang ou une humeur et k décharger d'autant un autre point de l'organisme oii s'est pro-^ duile la stase do ce liquide ; ce n'est d'ailleurs là qu'une interprétation hypothétique.

ha, friction agît faiblement à ce point de vue, à moins qu'elle ne soit très étendue et assez forte. Le massage a une action bien plus puissante ; il est inusité dans le traitementdes maladies infectieuses. Peut-être pourrait-il. y donner quelques résultats. Ce serait une méthode à créer et à expérimenter, lorsqu'on pourrait trouver des indications réelles.

Venlouses. — Les ventouses sont le moyen dérivatif le plus communément employé. Elles agissent, le fait est évident ; tous les jours la clinique nous en donne la preuve, à condition toutefois qu'elles soient nombreuses. Faul-îl admettre que c'est par une dérivation mécanique ? La chose est fort douteuse. 11 est vraisemblable qu'il y a là une réaction nerveuse ou plutôt vaso-raotrice qui détermine une sorte de balancement entre la circulation prolonde du viscère congestionné et le tégument sur lequel OQ détermine un état congestif artificiel. Quoiqu'il en soit, les ventouses semblent bien agir sur les congestions viscérales, elles diminuent la douleur locale ainsi que la dyspnée et, fait d'une importance capitale, elles n'ont aucune action fâcheuse sur aucun viscère du malade.

Révulsifs. — Il n'en est pas de même du trop fameux vésicatoire. Celui-ci peut revendiquer la puissance dérivative et révulsive, non sans agir sur l'organisme du malade comme un réel et fort actif

poison. La gamme des révulsifs est d'ailleurs fort étendue, depuis la friction allant jusqu'à la rubéfaction, puis le sinapisme, la teinture d'iode, jusiju'au thapsia. au vésicatoire et aux brftlures du thermocautère. Quant à l'interprétation de ces divers prncédés, elle est absolument impossible. Les résultais cliniques ou expérimentaux sont tellement conlradicloires, lellemcnl variables, qu'il n'est pas possible d'élablir des règles générales.

En somme, la révulsion détermine toujours un réflexe circulatoire local se manifestant par une vaso-conslric lion suivie d'une vaso -dilatation (c'est l'expérience de la raie tracée par la peau). Quant aaï actions sur la pression sanguine, la circulation viscérale spéciale, le pouls, la respiration, la température, le système nerveux et la sécrétion urinairo, elles sont, suivant les cas, absolument inverses. Elles varient suivant les circonstances, suivant les malades, l'observateur, l'intensité, la durée de l'exci talion cutanée. Aussi est-il absolument impossible de tiret des indications précises de l'analyse de l'action des révulsifs. C'est uniquement l'empirisme qui dirige leur emploi.

Or, si cet emploi peut être licite dans les maladies infectieuses, c'est A cette condition expresse qu'ils n'aient aucune action nuisible sur les tissus ou \f fonctionnement de l'organisme du malade. Ils doivent être absolument mis de côté, s'ils peuvent en quoi que ce soit nuire au fonctionnement organique du malade.

D'une façon générale, les révulsifs ne se compreo' nenl que lorsqu'on veut (abstraction faite de ta dérivation par action vaso-motrice qui semble exister)

MÉDICATIONS ANSEIKS

(duireuneexcitation intense du système nerveux: tf marteau de Mayor est le type de la révulsiao. Oa peut alors produire une stimulation nerveuse vive et agir sur le cœur et la respiration ; on peut aussi modifier et même faire cesser la douleur. On peut aussi, en appliquant ia révulsion sur une surface cutanée assez large en connexion vasculaire avec un viscère, déterminer des réactions vaso-molrices pouvant avantageusement modifier la circulation de ce viscère, l'activer par exemple et modifier ainsi la stase et l'œdème dont il est le siège ; ou bien encore arrêter une hémorragie. Nous avons d'ailleurs indiqué ce point de vue plus haut.

Mais vouloir aller plus loin, attribuer à la révulsion d'autres actions plus ou moins actives, c'est faire du pur empirismii. La physiologie pathologique pénétrera certainement plus tard le mécanisme complexe de la révulsion. Pour le moment, elle ne fournit aucune donnée positive. D'autre part, l'observation clinique impartiale et comparative (méthode que l'on oublie généralement d'employer) montre que la révulsion ne peut à peu près rien contre les diverses manifestations de l'infection, dont la pathogénie reconnaît un mécanisme autrement complexe qu'un trouble circulatoire pur et simple qui seul pourraitétre justiciable d'un traitement par modiflcation circulatoire, te! que semble l'être le procédé de la révulsion.

Ces quelques considérations feront comprendre pourquoi nous pouvons accepter, dans le traitement des maladies infectieuses, les ventouses, la teinture d'iode, les rubéfiants, le sinapisme, voire môme les pointes de feu. Ces moyens, en effet, peuvent

i UALADIES INFECTIEUSES

avoir quelque uLilitê momentanée et ils ae modifient en rien les tissus, étant exclusivemeul extérieurs el n'altérant pas profondément le revêtement cutané.

Au contraire, le Ihapsia, l'huile de croton, les se lons.caulèresel surtout le vésicatoiredoivenlêtre, nous semble-l-il, proscrits d'une façon presque absolue du traitement des maladies infectieuses. Ils altèrent les téguments, peuvent y déterminer des iDoculation& faciles de microbes variés, ouvrent la porte aux infections diverses et fontsouvent pénétrer par les ulcérations qu'ils produisent h la surface de la peau des substances toxiques (par exemple, huile de croton et surtout cantharidine]. Les recherches de Laborde ont, en effet, démontré la toxicité excessive de la cantharidine, à dose même inrmïtésimale, et son action toxique puissante sur le sang et l'épilhélium rénal, la vessie, le système nerveux.

Aussi, on peut dire avec Manquât que bien souvent le vésicatoire, surtout s'il est de large surface et appliqué â un sujet atteint de maladie infectieuse, déprime le système nerveux, congeslionne les reins, met un obstacle à la dépuration urinairc, provoque ou exaspère la fièvre, expose aux complications des plaies, en particulier à. l'érysipèle. enfin occasionne souvent des poussées de furoncles oud'anthraxet peut amener le sphacèle de la peau. :st vrai qu'une antisepsie soigneuse de la plaie que l'on a provoquée parle vésicatoire atténue ces inconvénientset ces dangers, maison sait combien, en pratique, il est difficile de faire dans tous les cas, et surtout dans celui-ci, une antisepsie suflisonle.

Ainsidonconpeut inscrire au bilan du vésicatoire.

^^^P UtWCATIOirs ANNEXES 399

^^Hpie part, dan^^ers possibles, fréquenls même, sou- PPKnt graves, el, d'auLre part, iililité qui n'est pas '"' démontrée, ni par l'expéricDce physiologique, ni par la clinique raisonnée, comparative et impartiale. Il n'est pas, en effet, un seul fait que les partisans du vésicatoire rapportent sans cesse pour démontrer son efficacité, sa puissâlice même, qui puisse servir à édifier cette démonstration d'une façon irréfutable. Tous les faits de jugulation de diverses maladies infectieuses qu'on met sans cesse en avant ne peuvent tenir debout, car il est toujours facile de leur eu opposer de similaires en tous points, dans lesquels une évolution semblable, tout aussi aborlive, s'est produite soit spontanément, soitsous l'infiuence d'une médicalion dont le vésicatoire était absolument banni.

Si, d'ailleurs, on veut faire entrer en ligne de compte l'action dclacantharidine, rien n'empêcherait de pratiquer toutes autres révulsions que l'on voudrait el de faire en môme temps au malade des injections sous-eulanées de cantharidate de soude k la dose d'un ou deux dixièmes de milligramme dissous dans 1 à 2 cent, cubes d'eau distillée. Cette dose, très active dans la pleurésie, d'après nos recherches encore inédites, ne saurait d'ailleurs être dépassée sans danger pour le rein. Nous ne pouvons donc recommander ce procédé dans le traitement des maladies infectieuses, nous ne voulons que le signaler.

Ces considérations sont trop longues, mais il fallait bien démontrer le danger du vésicatoire, sur-

Ei les maladies infectieuses, sans que ses .ienls soient compensés par une efficacité

absolue, indiscutablement établie sur des preuves réellement scientifiques.

Nous pensons donc que les explications que nous avons données justifient les propositions que nons énODCions plus haut : emplui dans les maladies infectieuses des révulsifs n'altérant pas profondément le revêtement cutané, et au contraire proscription de tous ceuK qui ulcèrent la peau et peuvent introduire ainsi dans l'organisme les substances éminemment toxiques qui les constituent, comme aussi les agents infectieux recueillis et multipliés sur la peau exulcérée.

Les injections sous-cutanées d'essence de Icréhunlhine : 1 à2 grammes, ont été assez récemment préconisées par Fochier (de Lyon} pour déterminer des abcès locaux qui, pour lui, seraient des ai)CË6 critiques de fixation, amenant soit la localisation en ce point de nombreux microbes occupant l'organisme, soit la production d'un grand nombre de leucocytes capables d'aller à, la recherche des microbes pathogènes etdeles englober. Cetteméthode a jusqu'ici fourni des résultats contradictoires, elle semble complètement abandonnée.

DiÉTÉTiouË. — Dans les maladies infectieuses, elle joue un rrtie important. Ellea subi historiquement de très grandes variations. Jadis c'était sur tout la diète absolue qui était mise en pratique dans le traitement des maladies infectieuses. Puis, par une réaction très naturelle, on a prescrit au contraire une alimenlation excessive dans ces cas, faisant un réel abus de certaines substances alimentaires, surtout lait, féculents et alcool. L'examen des conditions dans lesquelles se trouve la nutrition chez le féhri-

BÉDICATrONS \SXEXES

citanl nous montrera que la vérité est dans une juste inlerprélulion, également éloignée Je ces deux méthodes excessives.

Dans les pyrexies aiguës, toutes les sécrétions du lubo digestif sont en grande partie taries. Il y a peu de salive, le suc gastrique est sécrété en minime quantité et il a perdu ses propriétés. Il renferme peu d'acide chlorhydriquo, on n'y a pas trouvé de ferment lab dans 2 cas (Wolfram) ; la pepsine y existe en général. Les sucs intestinaux, suc pancréatique et bile, manquent presque totalement. Entiu les villosités intestinales sont plus au moins altérées et, dans certains cas. comme la fièvre typhoïde, tout le réseau lymphatique intestinal est profondément modiJié.

Au point de vue de la nutrition, on sait que, dans toute pyrexie, il y a formation exagérée de déchets organiques, et de corps insuffisamment oxydés, puisqu'il y a diminution des oxydations. Une certaine quantité de ces produits de désintégration s'accumule dans l'économie. A cùlé de ces ioxinos ou leucomaïues dont la production est ainsi exagérée, l'organisme est envahi par de vraies plomaTnes, produits toxiques résultant de la présence des microbes, sécrétés par eux ou délerminés dans l'organisme par leur présence. C'est ainsi que. d'après Albert Robin, te sang contient dans la fîévre typhoïde 7 à 9 grammes pour IflO de matériaux extraclifs, tandis qu'à l'étal normal il n'en contient que \ pour iOO environ.

Chez les fébricitants il y a aussi une perte excessive de matières minérales, corollaire de la perte de substances azotées ; c'est la charpente de !a

MAUDIKS llfFECTIGOSES

cellule qui doit s'éliminer lorsque son protopiasma a7,otL' a. disparu. C'est, ainsi que, dans la tiévre typhoïde, les malades perdenLen 2i heures 3 à 4};r. de chlorure dd sodium, Igr. 50à, 2gr, d'acide phosphorique, 2 gr. 96 d'acide sull'urique et i gr. 73 de potasse [Alb. Robin). Il y a donc là, d'après l'expression de cet auteur, une véritable inanition minérale

11 résulte donc de cet exposé que deus indications principales se posent au point de vue de l'alimentation dans le cours des maladies infectieuses: 1° remplacer les substances azotées surtout et minérales qui sonléliminées, puis Cournir eu même temps au sujet les aliments calorigènes surtout féculents- Ceus-ci lui permettront de l'aire ses mutations organiques diverses, voire môme sa fièvre-. au moyen d'éléments autres que ceux qu'il serait obligé de demander h. la trame même de ses tissus : 2°ilfaut, tout en favorisant l'élimination (point dont nous nous sommes déjù occupé), éviter aussi d'introduire par l'alimentation des substances pouvant avoir une toxicité quelconque, soit directement, soil par leurs résidus après digestion.

Nous ne discuterons pas la diète absolue; si. eo effet, elle favorise la désassimilation et empêche l'introduction de substances toxiques, elle détermine aussi l'autophagie ; le malade détruit ses propres tissus et finit par ne plus pouvoir lutter contre l'infection.

Mais s'il -est nécessaire d'alimenter le malade, nous venons de voir les écueils que l'on doit éviter. 11 faut qu'il puisse absorber et assimiler les aliments qu'on lui donne, soutenir ainsi ses forces pour lutter contre la maladie et eu même temps réparw

xEnciTfoits jssnxs

\fS pertes, qn'il fait roostamiB^tit. Il faut aussi que do même ci>iip on n'angnM-nte pas rîaloxicatitn à laquelle il ê«t en proie. Hippocral* l'atait dil : t( ett aHfu timrMf dr. -oarrir trop peu qw: de itonrir trop.

• Qiids alLmeots dena-l-OD donoer aux malades atteints dît maladies infectieuses ? Le lait tout d'abord. sans conteï-te; c'est unaliineiitcfimplet.de digestion facile, si on a soio de le donner en général par petites doses (onedemi aune tasse à café; rë* pétées toutes les demi-heures ou toutes les heures. Il renferme des matières azol«es. des matières sucrées, des graisses, des sets minèrau)!. tous sous une forme facilement assimilahle. De plus, le lait est un diurétique puissant et enlin il contient une grande quantité d'eau 87 à 90 pour 100 en moyenne I dont nous avons amplement démontré l'utilité dans ces cas.

Il peut être donné soit seul, soit additionné d'un peu de bicarbonate de soude ou. mieux encore, d'une petite quantité de sels de chaux phosphate de chaux par exemple) qui favorisent la précipitation de la caséine ..^.rlhus el Pages . On peut parfois ajouter au lait un peu de café. Les doses sont naturellement très variables et proportionnées au cas, an sujet, h. ta maladie, etc.

Le bouillon plaît aux malades, il peut servir de véhicule aux pâtes alimentaires diverses. Il renferme une assez forte proportion de sels sotubles : (lOgr. 72 par litre, Chevreut), mais aussi, il est vrai, des matières exlractives- Enfm, s'il est préparé à basse température et surtout s'il a été ajouté à la viande dos substances ricties en matières colla-

304 MaLAUIKS I.NfECTIEUStS

gènes, — pied de veau par exemple, ~ le bonilba ainsi devenu riche en gélatine peut rendre des services. On sait en effet que la gélaline est très tacilfrment assimilée et très rapidement brûlée en IbdI que matière albuminoïde, économisant ainsi de vraies matières azotées. Le bouillon, à ces divers points de vue, peut donc être utile, à condition qu'on ne l'administre pas à doses excessives.

Les féculents sont toujours bien supportés, ÎU servent A entretenir les combustions organiques, par leur Iransformaliou en dernière analyse en sacre. Co sont eux qui, en somme, jouent â ce point de vue le nMe principal ; d'autre part, ils ne laissent pas de résidus toxiques. Les recherches récentes, commencées d'abord par divers auteurs surtout japonais, continuées en France, ont démontré qu'avec une dose suffisante de substances féculentes, correspondant à peu près au nombre de calories que doit employer un sujet, celui-ci peut parfaitement faire face à sa dépense nutritive en ajoutant simplement à celte masse féculente une petite proportion de substances grasses et azotées, do beau(!oup inférieure à la quantité considérée dans les livres classiques comme indispensable.

C'est ainsi que le chiffre des albuniinates peut tomber facilement dans ce cas et sans inconvéaienl à 41) ou 50 grammes au lieu de 130 & 190 grammes ordinairement exigés. Si donc on adjoint au lait. qui renferme une petite quantité de matières albominoides et de graisse (34 gr. pour 1000 environ de caséine et d'albumine et 36 gr. pour 1001} de graisse, lait de vache] une quantité suffisante de féculents, on peut réaliser une ration

UÉUIC&TIOKS ANNEXES

iptrelien sul'li santé. Les doses, approximatives

a entendu, pour un fébricilaiil pourraient ainsi

un litre et demi de lait et de 1U0 k lîiO gram-

; féculents. Ces chiffres, bien entendu, sont

A Élastiques et pouiraienl varier suivant les cas,

gimalades, l'état général, etc., etc.

parmi les féculents, on peut employer les farines

feerses sous l'orme de bouillies; les pâtes alimen-

I, qui renferment aussi un peu d'wul', peuvent

a utiles sous cette forme. Il faut aussi indiquer

rtlt spécialement le riz, qui ne renferme qu'une

S petite quantité de gluten : 5 à 7 pour 100, tout

■ reste étant composé d'amidon. C'est un aliment

tiâmement assimilable el qui a le précieux avan-

e de ne pas produire de toxines alimentaires.

. alimentation expérimentale et exclusive

Éçc le riz au tait peut être ainsi constituée : lait,

^tre; riz, 170 grammes; pain, 100 à ISO gram-

beurre, 20 à 30 grammes ; saccharose;

D grammes.

^e régime, expérimenté par Lapicque et Marette,

un sujet normal de remplir une exis-

e très active physiquement et cérébrale ment.

IBS ces conditions, les selles sont presque inodo-

M, comme la plus rigoureuse antisepsie intestinale

:ail pu en produire. (Lapicque. Recherches

^tes.j Dans ces conditions également la toxicité

ioaire est faible. (Thèse de Marette, 1«93.)

^pus signalons ces très curieux résultats sans y

teter, mais nous voulions les noter à cause de

^portance pratique que pourrait avoir ce mode

UiBieatation dans les maladies infectieuses.

npeut aussi, avec les féculents, donner en petite

quantité des matières azotées oxtr^mement assimilables, telles que le gluten, sous forme de tapioca. par exemple, ou de perles alimentaires ou encore de biscottes â la légomine.

Le sucre est absorbé en nature, il peut donc être donné avec avantage aux fébricitanls pour augmenter la dose des hydrocarbures. Peut-être y aurait-il quelque avantage, abstraction faite des quesliona de goût, à donner du glucose au lieu de sacdiarose, celui-ci ayant besoin d'être transformé en glucose pour pouvoir être absorbé.

Quant aux graisses, sauf celles du lait qui sont toutes spéciales, elles ne sont que trfîs difficilement assimilées par le fébricitant dont le suc intestinal et le suc pancréatique sont si peu abondants. Il faut donc éviter de lui en donner et même dégraisser avec soin le bouillon.

Les boissons doivent être très abondantes, nons l'avons déjà vu. Ce doit être surtout de l'eau très pvir^ et, si possible, plutrtt eau ordinaire stérilisép ou au moins sérieusement flltrée ou une eau presque sans minéralisation, telle que l'eau d'Ëvian, afin de laver simplement les tissus. Une partie sera bue froide, l'autre chaude, ainsi que nous l'avons déjà vu. Plus le malade en boira, <i condition qu'il n'ait aucun symptûme d'indigestion) mieux cela vaudra. Celte eau peut être sucrée, additionnée d'un peu de vin, d'un peu d'alcool no encore de lait, ou enfin aromatisée au moypn de plantes diverses formant les tisanes pour la partie qui doit être bue chaude.

Il peut être parfois utile d'administrer des înfU* sions d'aromps variés ou de la lisane d'orge, qui

renferme encore quelques élémenls nutriUrs. Enfin, le jus de citron sous forme de limonade permet au malade d'absorber une certaine quantité d'acides végétaux qui peuvent lui être utiles, llucbard recommande dans ce but l'infusion de pommes.

Pour l'alcool, nousn'avons pas ày revenir, nous en avons assez longuement parlé; il doit être gradué avec soin, administré toujours en quantité modérée et toujours très dilué,

En somme, dune façon générale, la diélélique du sujet atteint de maladie infectieuse doit être surveillée par le médecin avec autant de soin que la médication proprement dite, dont elle peut,, dans bien des cas, constituer un élément important.

Telles sont, à grands Iraîts, les indications thérapeutiques générales que comporte le traitement des maladies infectieuses et la façon de les réaliser. Nous n'avons pas voulu, ainsi qu'on a pu le voir en lisant ce petit volume, faire œuvre didactique, ^ot^e bot, bien plus modeste, a été seulement d'exposer un certain nombre de faits généraux pouvant trouver leur application dans le traitement des maladies infectieuses. Nous avons cherché à grouper ces faits conformément à certaines données de pathologie générale, suivant une méthode rationnelle.

Notre but sera atteint si nous avons pu convaincre quelques lecteurs de la nécessité absolue pour tout médecin faisant œuvre de thérapeute d'avoir une méthode et d'y conformer ses décisions et leur (BÔalisalion thérapeutique.

"jous sommes convaincu qu'en agissant ainsi.

suivant cette méthode éclectique, rationnelle et prudente, le médecin évitera bien des fautes et pourra rendre de grands services à ses malades.

Puissions-nous avoir contribué à répandre et à mettre un peu en honneur cette méthode du bon sens appliquée à la thérapeutique générale des maladies infectieuses que nombre de médecins semblent ignorer ou avoir totalement oubliée, et qui, en général non enseignée aux élèves, reste pour eux lettre morte. C'est pourtant la seule voie rationnelle, la seule que doive suivre tout médecin bien pénétré de ce qu'il se doit à lui-même et à ses malades.

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