HISTORIQUE. — GÉNÉRALITÉS
Qu'est-ce donc qu'une maladie infectieuse ?
Si la réponse aujourd'hui est bien difficile encore à faire complète, elle est néanmoins d'une vérité approchée et repose surdes faits nets, indiscutables. Jadis^ au contraire, les opinions sur ce sujet étaient absolument vagues, contradictoires, basées seulement sur de simples vues de Tesprit.
La symptomatologie des maladies infectieuses est tellement spéciale que de tout temps on les a comparées à la fermentation du vin ou attribuées au parasitisme, mais, bien entendu, sans preuves à l'appui.
L'idée de fermentation a été soutenue par les auteurs suivants. Dès le ix° siècle, Rhazès attribue la variole à une fermentation. Van Helmont, Stahl, Sydenham, plus tard Bressy, en 1802, considèrent les maladies contagieuses comme des maladies fermentatives. Braconnot, en 1831, Mialhe, Bouil-
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laud, nnt la même conception. En 1847, Billiagfl considère les virus comme des levains, Enfin^fl Liebig admet l'existeiice dans toute fermfeDtalîoi d'un corps provocateur venant, dans le cas de n ladies infectieuses, de l'organisme du sujet maladffS et qui, introduit dans le sang du sujet sain, y taHM fermenter un second principe existant normalement, de telle sorte que la prédisposition serait e raison de la masse de ce second principe. DuboisI (d'Amiens) admet qu'un simple changement dans lai composition des humeurs et tissus organiques e capable de produire la virulence. En fin, Robin attri^ bue cette propriété à une modification de leur éta isomérique. En somme, ce n'étaient là que des hypo* thèses ne s'appuyant sur aucun fait expérimeatalj
La doctrine du parasitisme avait eu aussi dA nombreux, mais aussi théoriques adeplea. Daon l'antiquité, Varro et Columelle ; à une époquM^ beaucoup plus récente, Languis, Zacufus, Kircherï au XVII" siècle ; Linné au xvin" ; Réaumur, Goiffoa; T en 1721 ; enfin, presque A notre époque, Raspail, j Plasse, admirent avec bien des variantes d'il prétation et des explications très diverses, queà les maladies infectieuses étaient produites pu des parasites animaux ou végétaux. En sommeJ aucune donnée positive.
L'étude de la fermentation devait ouvrir h Déjà Cagniard-Latour avait représenté les cellules de levure comme agissant sur le sucre par quelqtu effet de leur végétation. Mais il fallait une démoD< slration expérimentale rigoureuse et l'indication d'une technique; c'est ce que le génie de F créa en 1857.
HISTORIQDE. — GÉNÉRALITÉS 9
La conclusion de son mémoire sur la fermenlaion lactique étaîL la suivante : la fermenlalion est Sorrélatfve de la vie, de l'organisation des globules, Saon de la mort ou de la putréfaction de ces globules. t'élude de Pasteur sur la levure de bière lui fit réer la méthode des cultures successiTes en mislérilisés qui lui permit d'affirmer que la fermentation est fonction de la vie d'êtres microscopiques. L'idée des germes vivants était ainsi Skppuyée sur des preuves expérimentales indiscu- ",a méthode ai féconde des cultures créée ue toutes piéce5.BientCjt,aii moyen de ces méthodes, isteur établit l'universalité de l'existence des ^rmes dans l'air, dans l'eau ; il montra que les Éiatadies du vin, de la bière, du vinaigre, étaient feues à des germes parasites. Vient-on aies détruire parant leur introduction dans ces liquides, on peut mserver ceux-ci inaltérés ; ou, au contraire, on keut les guérir, s'ils sont malades, en tuant leur >arasite.
Quelle était pendant ce temps, ft ce point de
bae spécial, l'évolution dans le domaine de la
latbologie 7 En 18d0, Rayer et Davaiue avaient dé-
souvert la bactéridie charbonneuse, constatée aussi
n 1855 et 1837 par Pollender et BraUell. En 1860,
telafond l'étudié avec soin, reconnaît sa nature
régélale, fait des tentatives de culture en dehors
^e l'organisme et affirme que c'est là la cause du
sharbon. En 1861, frappé de la description que
a Pasteur du ferment butyrique, Davaine en
Btapprocha la bactéridie charbonneuse, essaya de la
■Cultiver et prouva qu'à elle seule appartient la pro-
■ priété virulenle.
U ^ MALADIE'" .<FECTIEUSES
En 1867, ChauvP ■ . montra que le principe acUj
des virus de la variole, du vaccin, de la claveléQ^ ne réside "pas dans la partie liquide, mais bien dans ■ les éléments figurés que le filtre retient, II ad( absolument les idées de Pasteur ot de Davain prédit leur généralisation aux septicémies et auj^ pyémies. Cependant à ce moment on n'avait pal encore cultivé in vitro un ferment pathogèneJ comme Pasteur l'avait fait pour les ferment^ lactique et butyrique par exemple.
Hallier, professeur de botanique à léna, essayjfl cette méthode ; malheureusement ses cultures^B faites sur du pain ou du blanc d'œuf, étaient a lument impures, d'oii une série de méprises gros- 1 sières qui lui firent confondre les agents patho-. gènes avec d'autres micro-organismes, surtou) des moisissures venues se développer l'ortuilemeiittj sur ses milieux de culture. D'ailleurs, jamais il nd put reproduire ainsi aucune maladie. Avec lui Weissl et Zurn tombèrent dans les marnes erreurs. Hallier 1 constata pourtant bien des particularités, reconnues 1 depuis exactes. Il vit des microbes pathogènes' I dans diverses maladies ; malheureusement :
erreurs de méthode faussèrent toutes ses racherches.
En 1877, Pasteur, avec Joubert et Chamberland,4 cultivai l'étal de pureté la bactéridiecharhonneust^ en vases clos et dans l'urine neutre ou les milieuçl de culture purementminéraux jusqu'à la douzièm^l génération, en suivant la méthode employée jadiâT par lui-même pour les ferments alcoolique ■ butyrique. Il reconnut que certains fermentât étaient aérobies et d'aulron anaérobies. Dès 1876, J