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CHAPITRE II

l*HisioiRB NATURELLE. FoFmes, mouvements, coloration. Sécrétions. Multiplication. Spécificité. Morphologie. Autres parasites pathogènes.

30 Biologie des microbes. lNn.UENCE des milieux ambiants sur les MICROBES. Terrain. Tempéraiiife. Lumière. Atmosphère. Electricité. Mouvements.

3» Action des microbes sur les milieux ambunts. Modifications physiques. Modifications chimiques.

4* Produits fabriqués par les microbes. Nucléines. Nucléo-albumines. Matières colorantes. Diastases. Toxalbuminoses. Ptomaïnes. Corps déterminés seulement physiologiquement.

On a hésité longtemps pour savoir dans quel groupe d'ôtres vivants on rangerait les organismes parasitaires microscopiques, causes des maladies et des fermentations. En 1878, Sédillot proposa pour / les désigner le terme de microbes (aixco;, f'ioç^. Ce terme qui ne préjuge rien fut en général accepté. On range aujourd'hui les microbes pathogènes parmi les algues, dans le groupe des bactériacées.

l"" Histoire naturelle.

Formes, — On les désigne par des noms différents suivant leur forme. Une cellule isolée globuleuse est désignée par le terme de micrococcus ; un bâtonnet court et isolé est un bacterium ; une série de bâtonnets unis bout à bout mais pouvant s'iso-

i ConsUtuent un bacille ; de longs fllamenLs fors par plusieurs cellules forment le leplothrix : [ le lllainenl est enroulé, c'est un cladothriit; s'il it enroulù en spirale, les spires se divisant rapidement en bâtonnets incurvés, c'est nn vibrion ; s'il y a quelques tours de spire, c'est un spi- Ule et, s'ils sont nombreux, c'est un spirochète. \ D'ailleurs, la forme des microbes ue présente ien d'absolu ; leur simplicité même fait que leur ffme est absolument instable, le polymorphisme 41a règle chez les bactériens. Formés par une norpbe, de composition voisine de ta eelglose, d'autres fois de nature albuminofde, ils sont ïveloppés d'une membrane relativement solide. Ktêz certaines espèces, chaque microbe est entouré me masse gélatineuse parfois considérable et buvant former des masses englobant plusieurs icrobes : ce sont les znnglées.

Ilouvemenls. — Certaines bactéries sont immoles; d'autres, fort mobiles, présentent des mouwents oscillatoires dus à des cils vibraliles que , Van Tieghem et plus récemment L'iffler, nix, Straus, ont pu démontrer sur certaines espèi, colorer et même photographier.

Coloration. — li existe des bactéries chromogè- !s, ily eu a aussi qui, incolores par elles-mêmes, ktinentnaissance â. des pigments de couleurs diviolel, rouge, bleu, vert, jaune. II est aussi [bt un groupe : les bactériacées thiogènes, qui rendent des grainsde soufreielles réduisentl'hydrofûesulfuréen précipitantle soufre CWinogradsky). Quelques bactéries sontphosphorescenles: cette posphorescenee résulte de leurs fonctions res-

' Ifi

MALADIES INFECTIEflSES

piraltiires, elles OQt été réct^aunent bien étudia par Dubois.

Sécrétions. — La plupart des bactéri lent des diaslases variées qui décomposent la celld lose, les matières album iuoïdes, l'amidun, l'uré^ l'acide bippurique.etc. Ces sécrétions soatd'ailleoa variables ; elles peuvent disparaître Tacilemenij puis réapparaître suivant bien des inflm rieures. Enfinles baclériacées l'erments proprem^ dits agissent directement sur les substances orgt niques dunl elles se nourrissent sans l'interi: diaire de diastases sécrétées par elles ; elles prodqj sent des réactions chimiques toutes spéciales

Multiplication. — Les bactéries se multiplie) ordinairement par bipartitions successives généitj lement transversales, mais elles se reproduise" aussi au moyen de spores endogènes, c'est-it-di^ par formation dans l'intérieur de la cellule végéta tive d'une nouvelle cellule pourvue d'une i brane propre et qui est mise eu liberté par deslri» lion de la membrane primitive ou bien encore [ la modification d'un des articles qui l'orme u^ arthrospore revêlant en de plus grandes dimeif sions les caractères de la spore. Les bactéries a segmentent le plus souvent transversalement i" manière à former des articles unis bout à boa) quelquefoiscependantle cloisonncmeutsefait dan deux sens (bacl. merismopaidioïdes) ou danstroT directions (sarcina venlriculi).

Spécificité. — Les bactéries forment un certail nombre d'espèces nettement caractérisée.s. La thé^ rie de Billrotb réunissant toutes les bactéries i thogénes dans un groupe unique : la cocm-bacts^

ÉTUDE 6e5 UIGROBES EN GÉNËItAL

ia septica, o'est pas admissible el a été démontrée ibsolument fausse ; la classification de Cohii subsiste eccore en tant que procédé descriptif des bactéries d'après leur Ibrrae.

11 y a lit^u pourtant de remarquer que bien des ispèces bactériennes peuvent varier dans des iHmites très étendues, et comme forme, comme sê- ■èrétions et même action pathogène.

Morphologie. — Au point de vue de la forme, l^;2opf avait déjà insisté sur le polymorphisme de LiEertaines bacLéries. Charrin et Guignard ont dénonlré qu'espérimentalement on peut faire varier 'a morphologie du bacille pyocyanique au point de hii faire prendre à volonté toutes les formes coni en bactériologie. On peut aussi artiflciellet lui enlever son pouvoir chromogène (Charrin, Bessard). Mais il y a lieu de remarquer qu'il s'agit tid'espériencesetque.dans tous les cas, la microbe opiacé dans un terrain favorable reprend sa forme i ses propriétés ordinaires. II ne faudrait pourtant r le polymorphisme même k l'état normal ; B méconnaître serait s'exposer cerlainement à des iauses d'erreur ; nous verrons qu'i I en est de même tour la virulence ; c'est d'ailleurs Ifi une question iomptexe encore à l'étude. Eneflet, on sait que les bicrobes sont extrêmement susceptibles et varient rés facilement sous les iunuences les plus dierses.

I Autres parasites pathogènes. — Après les micro-

sdelaclassedesschizomycètes,il faudrait signa-

r aussi les organismes du groupe des saccharo-

lycètesqui, incidemment, peuventêtre pathogènes,

jpuis certaines moisissures, i'aspcrgillus, le penicil-

MALADIES IBFECTIEUSKS

lium, qui ont parfois causé des accidents mortels par leur déveioppemeDt iuLra-puImouaire. 1 aussi mentionner l'actinomycète, singiilier ciiam pignon que l'on peut rencontrer sur des vêgétau: (paille et fourrages par exemple), qui s'y multiplia même fort bien si on l'y ensemence ainsi que l'a fait Liebmann. Il a été également récemment e tivé par Dor. Ce parasite produit chez les rumi^ nants, beaucoup plus rarement clie?- l'homme, i' tumeurs multiples avec suppuration chroniques caractérisant par l'existence de grains jaunes dan^ le pus. Cette maladie, l'actinomycose, a pu êtPŒ récemment reproduite au moyen des cultures [DorJtJ Nous n'insisterons pas, ces divers points sortanM de noire cadre.

Nous ne pouvons pourtant terminer ce rapidârj exposé de l'histoire naturelle des microbes saaid signaler aussi d'autres parasites microscopique*' appartenant an règne animal, les coccidies, que l'o accuse de rien moins que d'être capables de pre duire certaines formes de tumeurs malignes eU qu'en tout cas Neisser, Malassez, Darier, Wickhaniij Alharran,ont signalées dans certains épithéliomaf dans la maladie du sein de Paget.etc. Les coccidies oviformes auraient aussi été rencontrées, bien rarfrment il est vrai, dans ie foie de l'homme. Tout ré^ cemment Ruffer et Plimmer ont signalé dans leffl cellules de divers cancers des éléments parasitai^ res analogues d'aspect raaisqu'ils disent différer desJ coccidies.

Telles sont il grands traits les particularités quîj caractérisent les bactéries en général.

ÉTUDE DES MlcnoiiES EK GÊHKRAL 19

' Biologie des microbes. Influence des milieux ambiants sur les microbes.

Te.rram. — Les microbes «tant des végétaux se Siultiplîetit dans les milieux eusemeociis, paurvu, Hec entendu, qu'une tiii rie de conditions soieot réa- !s, tout coinmo cela uxiste pour les vét^étaux mpérieurs. Nous avons vu que le progrès décisif, "iàllsé par Pasteur, a été l'isolement du uiii^robe a mal ti pli cation dans ua milieu artiliciel. Noua fons pas à étudier ici ce point particulier qui ressortit aux ouvrages spéciaux de techuique bactériologique.

Pour vivre', les microbes einpruoLeut aux milieux où jla.. végètent Ifts suLstauces qui leur sont nécessaires. C'est précisément par leurs réactions vitales, par les transformations qu'ils l'ont subir à la matière vivante ou aux substances seulement ciiimiques, qu'agissent les microbes. Ils ont un douhle mode d'action, l'un direct, l'autre au moyen des produits chimiques auxquels ils donnent naissance. Cette action, comme nous le verrons, est de beaucoup la plus importante.

Le milieu dans lequel évolue le microbe a tout naturellement sur lui une action considérable ; la comparaison avec les végétaux supérieurs permet là. encore de bien comprendre cette influence. Non seulement, pour qu'une plante pousse, il faut que l'ensemencement soit fait dans de bonnes conditions, que le terrain soit favorable, le sol bien préparé, mais aussi il faut qu'il ait reçu une quantité suffisante d'engrais appropriés à la plante qui doit y pousser.

SIALADrES IHFECTIErSES

Les exemples en bactériologie abondeat.

bacille Luberculeux croiL infiniment mieux danslej bouillons glycérines et sucrés (Roux et Nocard}J Une petite quantité de sel marin rend un bouilloiif ou une inrusion de viande bien plus favorable h. Ifl culture de tous les microbes (Miquel). Il en est d inéme du phosphate de soude (Koch). D'aiileuraj en général, les meilleurs milieux de culture soiM des bouillons de bceuf, soit liquides, soit solidifié! par la gélatine ou l'agar (algue des mers de Chiaft} et à réaction alcaline ou neutre.

La moindre modillcaiion d'un milieu de cultui change parfois d'une façon marquée le taux de id vêgélaliondu micro-organisme ensemencé, L'exeoiS pie célèbre de l'aspergillus en est une preuv^ Baulin (1870) ayant préparé uu milieu de rultui^ complexe vit que la suppression d'une seule d^ substances que renfermait son liquide, ne fûtmëme qu'à dose infime, suffisait pour modifier pK fondémenlla végétation desa moisissure. Nolonsffl fait qui pour nous, en tant qu'application possibles lapathologie.a uneréelle importance, c'est que, dai le liquide de Kaulin, il existe une trace de sulfate i fer qui détruit Ias produits sécrétés par l'asper^ lus, durant sa croissance ; ces produits agissent la plantule lorsqu'ils s'accumulent comme de v tables substances toxiques. Aussi la suppression d fer fait-elle sensiblement diminuer la récolte.

Inversement, l'adjonclinn de quantités presqttd impondérables de substances étrangères sufHfl pour suspendre immédiatement la végétatio 1/SOn.ÛUtl' de bichlorure de mercure, l/i.600.0U^ dp nilrate d'argent produisent cet effet, .

I On comprend immédiatement combien l'applica-

ion (le ces Cails à la pathologie semblait indiquée,

t permettait de concevoir une explication possible ■e nombre de réaclions organiques en présence Tes agents inTectieux, réactions si variables, si

Rangeantes et si modiGables en un temps très

^urt.

V La thérapeutique même semblait pouvoir tirer Lfti de ces faits. Malheureusement, cet enlhoun'a pu réaliser les merveilles qui semlaient promises. Ces faits ne peuvent qu'indiquer 1 point particulier très limité de la biologie des

^crobes. C'est qu'en effet l'organisme est un en-

^mble autrement compliqué qu'un bouillon de allure, qu'il met en jeu une série considérable ' réactions physico-chimiques d'une 'excessive

Stmplexité dont nous ne faisons que soupçonner mistence, bien incapables tout naturellement à D pouvoir établir le déterminisme approché.

f De ces faits munie, nous rapprocherons par exeme les récentes recherches de Geseard qui a mon- S que le bacille pyocyanique sécrète abondam- (ent sa matière colorante bleue dans les milieux

ïches en peptone et en gélatine, tandis qu'il ne <oduit plus que de la matière fluorescente lorsp'on le cultive sur l'albumine. Ces exemples pourliient être multipliés à l'infini. Nous en retiendrons c'est que le milieu de culture influe beaucoup rie micro-organisme qui s'y développe.

\ Température. — La température joue également a rôle important. D'une façon générale, c'est de 39° que la plupart des microbes se dévelop-

jent le mieux, 11 peut arriver que la température

sIaladies isfectiecses

a plus favorable à !

! celle

[■minatioii ne s reapond i

même (

végétation du mycélium. L'exemple le plus r quable est fourni par le bacillus anthracis, qui i végète plus k partir de 43° et qui de 42" à 43° ] produit que du mycélium sans spores. Cette ( statalion a été la base de la mélhode d'alténuatù de la bactépidie charbonneuse imaginée par P. D'ailleurs la température agit très différemmei Slip les microbes et sur les spores; celles-ci réslstf bien mieux que lo myL-élium b. des tempéralui relativement élevées. Nous verrons plus loin, « étudiant les facteurs de la virulence, la diversîfj| d'actions que l'on peut obtenir avec une culture fi faisant varier ia température. Il y a d'ailleurs & variations très grandes sur ce point. Miquel et v Tieghem ont trouvé des bacilles pouvant végéter j 72" et au-dessus; certains bacilles du sol peavM se cultiver de 50 à 10 degrés (Globig). Pourtant en général, h partir de celte température, les i crobes sont atténués ou tués. Hais il faut une tei^ pérature de 110° à H5° pour tuer tous les micfolM et leurs spores. Inversement, un grand froid môi de — 20° ralentit la vitalité des microbes, mais les tue pas. Nous n'insisterons pas, tous ces f sont de connaissance valgaire.

On peut en somme dire d'une façon général^ sauf quelques exceptions, que, pour les microbef il y a d'abord une température agénésique (a] proximalivement h 20°), puis dysgénésique {de " à 35" environ!, puis eugénéslque (de 35 à 39° ort nairement). Au-dessus, la température devient d nouveau dysgénésique ; 42°-43°, puis agénésique 'é

[«nfin, suivant les espèces : toxique, c'esl-à-dire

^uant défmiLi veinent le vêgélal : 70° à 100". Cerlai-

lee espèces, certains germes surtout, ne périssenl

ipendant qu'à 100° ou môme 115°, cumme nous hrenons de le voir.

Lumière. — L'action de la lumière sur les mi-

Jferobes en culture a été bien étudiée par divers

Fauteurs. 11 est nécessaire de faire agir les rayons

solaires sur la culture, les résultats l'ournia par

la lumière diffuse ou les lumières arliiicielles

étant peu marqués.

Les rayons solaires ont une action à peu près indépendiinte de la température. Mais les avis sont partagés sur celle action. Duclaux, Nocard, Straus, Arloing ont expérimenté sur les cultures de bactéridie charbonneuse. Or, tandis que Arloing a vu les spores être tuées par les rayons solaires, les autres auteurs ont affirmé que le soleil n'a d'action que sur le mycélium. Roux a élucidé un point particulier de cette question complexe, comme toutes celles qui se rapportent à la biologie des microbes, et a bien démontré que l'insolation agit très activement sur le milieu de culture. Rapidement le bouillon insolé devient impropre & l'évolution des spores et pourtant il permet encore le développement du mycélium.

Ces recherches ont été continuées par Gaillard et Pansini, puis par Koch qui a montré que la lumière solaire dèlruisait la virulence des bacilles tuberculeux en quelques minutes ou en quelques heures, suivant l'épaisseur de la couche de culture. La lumière diffuse seule peut tuer une culture en cinq à sept jours, 11 est inutile d'insister sur l'im-

ti4 MAl.APIKS INFECTIEISES

porhilUM' do i*os rôsullals au point de vue de l'hy- ^ii'iK» ol do la prophylaxie.

I /action do la lumiôro solaire esl tout autre hur la fornionlalion alcoolique, elle lactive plutôt (I)tnnns, Kcgnard).

.\tmi»sfthfh't\ — l.a oomposition de l'atmosphère d'nn«» culhin» ol la pression à laquelle elle est sounii^^o nindincnl considorabloment son mode de vo^i'InlMin. 'I\u»l niicroho étant un être vivant est iiMliircllonuMil force do respirer. Mais il peut em- |iniiih«r ri»\\j;i^no qui lui est nécessaire, soit à Tatmuî>|ihoi'c, Moil au ctMilrairo direclement aux milii'iiH imlnhr»» (Ml flisst>ciaul quelques-uns des corps I hiiiih|iit*ri i|iii on ronrornionl ;\ l'état de combiiMti'tiiii j'iii fuMnnu\ los nus consoninient de ToxyjH'iu' llhi'i», lo'4 (Milros do Toxygone combiné. D'où Im j'.iiiiiili' ilixi'tinn ou aérobics et en anaérobies, ««hiMli» |iMi' li"4 lu»ll(»s nM^horchcs do Pasteur sur les hvmi'M r.iMlniiiM uncrtd>os t>nl donc besoin pour vlvfi» «II» In |in»Monco do Tair. landis que d'autres iK- )fiii\i«Ml '(ft MMilliplior que dans le vide, dans la |«Milniidi«iir iJoM rnlIuroM. au conlacl do Tacide carb'iMlqii" nii ili> l'hx dii»|\ént\ l.o passago d'un de ces ihih; M riiiiln» MO Mullll paH pt>ur tuer un microbe i\iinni\ «îM iiiiillIplIrMlinii s'arrélo pour reprendre hiM'.f|iril «■(> inlniiiMt (tium ti^ milieu qui lui convl'hl hl»'»i phiM. ri'i Iniim nr^ianistuos sont indifTéimiIm »I pi'Mvi'hl vhro m»il o\\ aérobie, soit en MMM»'in|p|«« ; ji'l i'mI II» iMW (ht Mlnq>b^'oquo de la seplli'j'M»!»' piM'i pj'irili», iIm Mlnphxloi'oquo pNogéne. etc. Mh!*»,*'!! jh.||»'|iiI.Ii'«i ihIIiiii»m inuMM'obios sont moins

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