‹ Les maladies mentales dans l'Armée françaiseChapitre 26 sur 31 · CONCLUSIONS DU RAPPORT RAYNEAU · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS DU RAPPORT RAYNEAU

11 y a inadaptabilité entre l’état psychique de certains individus et les exigences de la vie militaire.

En dehors de cette inadoptabilité, certains autres facteurs interviennent dans la production des troubles mentaux chez les soldats. Ce sont les fatigues inhérentes au métier, les coups de chaleur, l’alcoolisme, la syphilis, les maladies infectieuses et des pays chauds ; les auto-intoxications et les traumatismes, mais c’est la prédisposition qui joue le rôle principal.

Bien des délits de droit commun ou des délits purement militaires sont le fait de faibles d'esprit , de déséquilibrés, d’ épileptiques d'hystériques ou de paralytiques généraux.

La désertion, notamment, est souvent une fugue pathologique, voilà pourquoi l’étude des fugues a une importance capitale en médecine légale militaire.

Les deux états psychopathiques prédominants chez les soldats sont la dégénérescence sous toutes ses formes et la démence précoce.

L’affection mentale la plus fréquente chez les offi-

ciers et les soldats de carrière est de beaucoup la paralysie générale.

Le délire alcoolique vient ensuite pour les officiers, les rengagés et les coloniaux qui sont aussi victimes des psychoses dues au paludisme, aux insolations et autres affections des pays chauds

On constate aussi un certain nombre de cas de psychoses dues aux traumatismes. La paralysie générale traumatique est extrêmement rare.

La nostalgie a presque disparu, par suite du recrutement régional et de la réduction du service militaire.

Des psychoses d' épuisement ont été observées dans les armées en campagne.

Les neurasthéniques accidentels peuvent tirer le plus grand bénéfice de la vie militaire, tandis que le séjour dans l’armée ne saurait être profitable à ceux qui tiennent leur affection de la dégénérescence.

Bien des militaires pris pour des simulateurs et condamnés comme tels étaient des dégénérés.

La simulation totale est, en effet, extrêmement rare et la plupart des cas cités par les anciens auteurs paraissent rentrer dans la sur-simulation.

Les auto-mutilateurs doivent être considérés comme suspects au point de vue mental.

Le conseil de révision étant impuissant à assurer l’exclusion de l’armée des non-valeurs mentales, il est indispensable que l’autorité administrative signale, au préalable, tous les conscrits que la notoriété publique désigne comme tarés psychiques. Ils seront l’objet d’un examen spécial.

C’est particulièrement pour les engagés volontaires que la vérification cérébrale s’impose avec le plus

DANS L’ARMÉE FRANÇAISE

d’urgence, puisque c’est par voie d’engagement que la plupart des tarés pénètrent dans l’armée.

Nul ne devrait être admis à contracter un engagement sans fournir les pièces suivantes :

1° Un certificat du maire de sa résidence constatant que la notoriété publique ne lui attribue aucune infirmité mentale ;

2° Un certificat médical constatant qu’il est sain d’esprit.

Ce dossier sera complété par une enquête de la gendarmerie sur ses antécédents personnels et héréditaires, d’après un questionnaire.

L'acceptation ne sera prononcée qu’après vérification de ces pièces et un examen psychique sérieux.

Les bons absents seront aussi l’objet de pareille mesure.

Quelques débiles ne pouvant être dépistés qu’après un certain temps de service, il est indispensable que les officiers et sous-officiers reçoivent quelques notions générales de psychiatrie leur permettant de reconnaître et de signaler au médecin les anormaux psychiques.

Tout homme en prévention de conseil de discipline ou de conseil de guerre devra être l’objet d’une expertise mentale.

Il est désirable que chaque corps d’armée soit doté d’un aliéniste militaire, chargé des examens qui peuvent se présenter et du service de la prison.

En attendant que cet idéal puisse se réaliser, les expertises seront faites en commun par des médecins militaires et des aliénistes de carrière.

Dans les cas douteux et de simulation, l’examen mental devra se faire à l’hôpital. Les hommes seront en observation, placés sous la surveillance d’infirmiers dressés pour ce genre de malades.

INDICATIONS imiLTOGIUPHIQUES

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