‹ Les maladies mentales dans l'Armée françaiseChapitre 4 sur 31 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Généralités. — Tableaux graphiques. — Tableaux statistiques basés sur la statistique médicale de l’armée (moyenne décennale). — Nos statistiques de Charenton. — Données qui résultent de l’examen de ces documents.

Dans cc chapitre, nous avons réuni en bloc les principales statistiques relatives à l’aliénation mentale dans l’armée française. Leur présentation, sous forme de tableaux et de graphiques, permet aisément d’apprécier le degré de fréquence des maladies mentales dans nos corps de troupe et leur mode de répartition par grades et par catégories de militaires.

D’après les anciens documents, il est malaisé de déterminer avec exactitude le nombre des aliénés.

En effet, les statistiques relatives aux décès et aux radiations ne comprennent pas tous les cas réels de folie qui se sont produits dans l’armée, puisque avant

l’année 1897 un accès délirant n’élait pas un motif de réforme. Les cas de ce genre sont bien compris dans les tableaux de morbidité, mais, d’autre part, ceux-ci ne comprennent pas davantage tous les cas d’aliénation mentale, certains aliénés et. en particulier, des débiles et des imbéciles, étant réformés sans avoir passé par les infirmeries et les hôpitaux. Il résulte de là que nous avons cru devoir constituer deux sortes de tableaux ; les uns indiquant les sorties de l’armée par décès et radiation, les autres indiquant la morbidité, c’est-à-dire les cas observés dans les infirmeries et. les hôpitaux.

Dans ces conditions, il y a lieu de prévoir que les chiffres, dans les deux catégories de tableaux et de graphiques, ne puissent concorder d’une manière mathématique, mais, et c’est là ce qui importe, des uns et des autres se dégagent des notions générales identiques relativement aux points qui nous intéressent.

Les chiffres qui ont servi de base à l’établissement de ces graphiques et de ces tableaux ont été empruntés pour la plupart à la Statistique médicale de l’armée, publication officielle, imprimée tous les ans à l’Imprimerie nationale par les soins de V Administration de la guerre.

Le plus souvent, au lieu de reproduire les chiffres bruts, tels qu’ils se trouvent dans les tableaux statistiques originaux, nous avons donné des chiffres indiquant le rapport avec mille hommes d’effectif ; car seule la connaissance de ces proportions permet

DANS L’ARMÉE FRANÇAISE

d’établir des comparaisons exactes entre les années successives et les divers corps de troupe.

Quant aux statistiques anciennes, nous n’avons pas cru devoir les citer parce qu’elles sont peu susceptibles d’être utilisées scientifiquement en raison même des changements multiples et successifs qui ont présidé, depuis 1852, à leur confection.

La série des données statistiques que nous avons sélectionnée se compose de trois tableaux graphiques et de dix tableaux synoptiques.

Le premier tableau représente par une courbe le nombre des radiations survenues depuis 1877. Le tracé supérieur a trait à « l’aliénation mentale », l'inférieur à « la paralysie générale ».

A l’inspection de ce tableau on voit que, depuis 1877, le nombre global des cas de radiation pour aliénation mentale est allé en augmentant d’une manière progressivement croissante : l’augmentation serait plus forte que le quintuple.

Dans le même temps et dans le milieu civil, la fréquence de l’aliénation mentale a certes aussi augmenté, mais non dans de telles proportions. Pour interpréter d’une manière exacte la courbe du premier tableau, il faut remarquer qu’elle figure les chiffres absolus, sans s’occuper des variations des effectifs de l’armée. Mais, tout en tenant compte de ce facteur, on est obligé de reconnaître que les

Ier Tableau. — Chiffre absolu des radiations survenues dans l’Armée

de 1877 à 1904.

DANS L’ARMÉE FRANÇAISE 17

radiations pour aliénation mentale sont plus fréquentes actuellement qu’aulrefois, et cela tient, à notre avis, à ce que l’élimination des aliénés se fait d’une manière plus stricte. Il y a là un très grand progrès réalisé.

L’examen d’autres statistiques nous montrera que l’augmentation des radiations porte principalement sur les cas « d’idiotie et d’imbécillité » et l’on doit se féliciter, à tous les points de vue, de voir éloigner du service militaire le plus grand nombre possible de débiles intellectuels, car ils y courent des risques nombreux tout en étant en même temps un élément de trouble.

On a la preuve que l’augmentation du nombre des radiations porte sur les cas les plus atténués de l’aliénation mentale, dans ce fait que pendant le même temps, 1877 à 1904, le nombre des radiations pour paralysie générale ne s’est pas sensiblement modifié. C’est qu’en effet, tandis que la paralysie générale est une maladie facilement reconnue par les médecins et qui met un obstacle absolu à l’accomplissement des obligations professionnelles, il est un certain nombre d’anomalies mentales dont 1 interprétation est fort délicate et qui ont pu passer longtemps inaperçues, voire même être considérées comme des perversions morales et traitées en conséquence.

11 faut donc, encore une fois, bien loin de s’alarmer de l’augmentation du nombre des radiations pour aliénation mentale dans l’armée, consi-

dorer qu’elle résulte d’une sélection mieux faite qui aboutit, en somme, à l’élimination d’éléments inutiles ou nocifs.

Il était intéressant de se rendre compte dans quelle proportion entraient les radiations pour maladies mentales, par rapport aux autres motifs de radiation.

Le deuxième tableau nous fournit ces renseignements, tout en montrant que bien que les radiations pour maladies mentales augmentent d’une manière absolue, la progression est plus faible que celle des radiations de toute autre cause.

Pour compléter et préciser les renseignements fournis par les tableaux précédents, nous avons, dans un troisième graphique, indiqué la fréquence des maladies mentales observées, depuis 1875, dans les infirmeries et hôpitaux.

Ici les chiffres sont relati{s et indiquent la morbidité mentale pour 1 000 hommes d’effectifs, ce qui permet une appréciation plus exacte.

On voit qu’à l’Intérieur, de même qu’en Algérie et en Tunisie, les cas reconnus d’aliénation mentale sont allés en augmentant progressivement.

Dans les six tableaux qui suivent, nous avons réuni une série de renseignements intéressants, tirés de la statistique médicale de l’armée.

IIe Tableau. — Proportion des radiations pour : Aliénation mentale, Paralysie générale, Idiotie, sur 1000 radiations de toutes causes.

III» Tableau. — Fréquence relative des cas de : Paralysie générale, Aliénation mentale, Idiotie, admis dans les infirmeries et hôpitaux par 1000 hommes d’effectif.

A. — Militaires a l’Intérieur.

DANS L’ARMÉE FRANÇAISE

c Tableau. — Fréquence relative des cas de : Paralysie générale, Aliénation mentale, Idiotie, admis dans les infirmeries et hôpitaux, par 1 000 hommes d'effectif.

1. Remarquer que, en raison des nécessités de la composition, la graduation se fait par cinq dans le tableau B , alors qu’elle ne se fait que par unités dans le tableau A.

IVe Tableau. — Militaires entrés à l’hôpital pour « Paralysie générale, Aliénation mentale,

Idiotie 1 », pour 1 000 hommes d’effectif.

•TVHldNlïïO

ce

CO

rf

lO

iO>

iO

ri

TT

TVIOX

•saaSuejjj)

cD

kO

SXK3KIOHH S3G

QO

Çi

sainvxriiH

•OAnsad^p sd.ioo

co

vr

sop

ko

cD

kO

kO

CO

kO

le

samvxnm

soTiq»1!

xiivATî.i j ap &iaif9]C)a

oc

CD

ejatiaaiinàd

rr

rf

Çj

‘saosûd soi sui'p

s?rîiivxniK

ce

ce

’aisum x )o 3tJ9“|\

ce

kO

no

le

te

cd

co

eH

CD

ssraivxrim

•aaamaiKi.u

ce

CO

CO

CO

TT Tf

rp

rr

SîIHIVXniN

MV K fl a SNIOW

tun^B

rt»

ce

le

rf

k0fc

CD

sj?

le

kO

cT

sxvaios

•xv xna s.rid

Tf

ce

tneXu

CO

co

TP

sxvcnos

•SH3IOLIAO

Ifi

to

TT

Tf

CD

rf

CO

CO

TJ'

ce

-snos

oc

ojS

tO

CD

’SHaiOLIXO

üi

tv

kO

co

ir.

vp

C fj

ce

CO

ce

kO

8 Si

— < Ci X

rf»

La rubrique Idiotie n’est indiquée dans les tableaux statistiques qu'à partir de 1901.

Tableau. — Radiation de l’armée pour Aliénation mentale par 1000 hommes d’effectif.

DANS L’ARMÉE FRANÇAISE

•'IVH3N30

TVXOX

o o* ©* o ©* o o o cT o o" © ©* o* ©*

* Soldats ayant plus d’un an de présence sous les drapeaux.

** Soldats ayant moins d’un an de présence sous les drapeaux.

•gjeSu'B.np

kansiwiohm saa

saaivxm k

•gAnoade.p sdaoo sop

sa>iivxniK

O O ^ O Or o ^ o o o o o o o

•SDi|qnd

tnB.iiMj »p9jat|oi* ja u«{3a«paf(l ‘«nnsi.nl tj| sut’’)

saaivxrim

$8tS833S£§88S8S3S&

•jiiumj, )j su?H|y

SHNivxnm

ooo'oooooooooooo

•HnaiHaxKi,!

saHivxrinv

(MOUΫ--0)OMiT.

CCCOCO.-^COCOCOCOOOCOOCN^^CC

ooooooooooooooo

)ATS

à l’arrivée

au

corps.

O O c> O O CD ©^ ©^ ©^ CO ^

Page 1