DUR © TE
est pleine de difficultés. … tous les Érangers VOus le diront." Pendant ce monol, Sue il cherche des allumettes et Ses Mains hésitan. teS rencontrent la table Qu'il prend Pour la cheminée et l'encrier qu'il prend Pour le Porte-allumettes : “Ah! les voilà". Il plonge ses doigts dans l'encrier, € Surpris de les sentir MOuillés, ;] Soutte: “ Xont. -. c'est un œuf! S; J'Connaissais l'imbécile qui Ma fichu un ŒuÊ sur ma Cheminée, je lui APPrendrais mon nom de baptème. * Ses doigts Qui errent à l'aventure TEnContrent Jes Panneaux d'un Placard Qui lui sert à la fois de buffet et de bibliothèque : “ Pa fenêtre! Si je donnais un Peu d'air?" }] Ouvre tout grand le placard et demeure planté, S'éventant, aspirant avec délice l'haleine d'une nuit embaumée, À la fin: “Drôle de printemps! . I] fait noir Comme dans un four. . et Ça sent le Sruyère à plein nez. -. jamais vu Un mois de mai Pareil ”,
À ce m ment apparait M. Couïique, Je père de Théodore, réveillé en SUTSaut et ne Sachant 41e quoi il s'agit. Théodore, en ré- Ponse aux Auestions de son pre, S'embarrasse de plus en plus dans ses mots. I] raconte qu'il à diné rue de. . -Iroénil. il est in- Capable de dire Miroménil, qu'il est alé à Montmartre, rue de la
Our d'A, de la Tour d'Au, et Sans Son père Qui vient à son SECOurS, il ne Pourrait jamais dire, de Ja Tou: d'Auvergne. Mais il tente d'expliquer à son père l'embarras de sa Parole: “D. donc, Y à pas des Moments où {u regrettes de ne Pas étre espa- SnOÏ?— A cause —A cause de cette saleté! Ouelle saleté ?__S;. leté de langue française !"”* La scène Continue. Théodore trouve ‘UE ce n'est pas bien, ce que fait son père qui Profite de ce qu'il est Son pêre pour ‘ l'abreuver d'hum. . -d'hum. 'humiliations L'embarras de la Parole, Ja titubation et l'incoordination des Mouvements Sont suivis de nouvelles illusions et de changements brusques et Subits dans les Sentiments et les émotions de l'ivro- &ne. Son père Jui a donné Ja fessée Pour Jui apprendre à rentrer à des heures Convenables. “ Ce Vieillard Ma maudit (il Pleure)...
PenésitannCrier longe lés, il € qui nom t les blio- Avre ivec rin-
ère
Mais j'ai rudement rigolé! (il rit) *.. . J'ai rigolé comme pas un client au monde ne peut dire qu'il a rigolé. . .Je le jure (il étend le bras et rencontre la lampe qu'il culbute) Zut! J'ai cassé le pot-à-l'eau!...sur la tombe de ma grand'mère. ..!’ Puis il s'en prend à la femme de chambre qui lui a caché les allumettes. exprès pour lui faire des blagues: “ Elle aura de mes nouvelles, la femme de chambre ! C'est le jour de l'an dans onze mois. tu parles si j'y fous des étrennes.. la peau! oui, et mon nom de baptéme. . .avec les trente-deux manières de s'en servir!!!"
Il se remet à la poursuite des allumettes, se trainant à quatre pattes autour de la table et chantant :
“ Pour boire à notre belle France, Amis, versez-moi du veau froid. ”
En chemin, il croit rencontrer la table de nuit, et entre dans la cheminée, secouant la plaque avec son dos: “Oh! l'orage! ... Non! ...ce vent. Y a de quoi en crever! D'où diable ça peut bien venir ? ” Il lève la tête et voit la lune s'encadrant exactement dans l'ouverture de la cheminée: “ Qu'est-ce que c'est que ça? ”’... Il rit, mais non sans quelque inquiétude: “ En voilà une table de nuit... Îl y fait autant de courants d'air que sur la Porte Saint- Martin... et l'on voit le pot-de-chambre au travers!!!"
Cette deuxième période est suivie d'un sommeil profond. Le lendemain, Théodore se rappelle vaguement la soirée précédente ; mais en retour il constate très bien les symptômes qu'il ressent dans le moment: “ Rien ne saurait donner idée de la gueule-debois dont je détiens le record, et le mal de tête qui m'opprime défie toute comparaison, c'est comme si des équipes entières de terrassiers étaient occupées, sous mon crâne, à me percer d'une oreille à l'autre, une espèce de Boulevard Haussman. ”
CR à. EU
De cette Observation Peut se rapprocher celle de Jomard qui, aSsis au pied d'un réverbère, pleure de rire en lisant le “ Journal]
l'euphorie à lirritabilité.
La Jüatrième et dernière Observation de délire alcoolique aigu offre à étudier les SYMptômes de Ja deuxième et troisième phases
La Biscotte A Cavalier de Ire classe, Téntrait so], « plus soùl à lui seu] que tout un régiment de bourriques Polonaises ” Chaque fois qu'il avait obtenu une permission de minuit. Les suites de sa Soulerie Je tenaient * huis jours hébété, dormant debout, avec des YEUX couleur de faience d'où le regard était Parti”. Son ami Li- MERE avait Proclamé hautement que les choses se Passeraient, Je Soir dont i] St question, Comme les soirs Précé-
doire, son
Sait : “"Lidouère ! Lidouère 1" vint réveiller la Chambrée endormie. C'était La Biscotte, ivre à rouler, ivre à Ce point qu'il ne trouvait Plus son lit et demeurait, hésitant, dans l'encadrement de Ja porte, Secoué d'ivresse, les bras angoissés, ampe és aux Montants. L'embarras de la Parole, ]à langue épaisse et eMpâtée, frappent dès les Premières Paroles : “ fon Pauv'ieux.…. -S'suis soûl] comme eun'vache !" Lidoire vient à son SéCOurs, “La Biscotte butait à chaque Pas ; de ses bottes et de son bancal, ;] battait au Passage le fer des Couchettes, et ] répétait : "S'suis-t'y Suûl !.s'suis-t"y soul! bonsoir de bonsoir * avec dans Je dire, une nuance de COnstatation Satisfaite et admirative.* C'est, en effet, un des SYMmptômes SéCOndaires du délire alcoolique, que cette aUt0-admiration, cette COnStatation Satisfaite, de Pouvoir pousser la soülerie duntel degré de Perfection. L'incoordination des Mouvements est accompa- DR, ER ——— ES rs RE 13. G. Courteline & Blancheton, Père et fils.
14. G. Courteline : Lidoire él a Biscotte, se T Lidoire. labiean Mililaire en un acte.
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gnée d'un raidissement, d'une rigidité musculaire quasi invincible et ne permettant que des mouveraents brusques et désordonnés. La Biscotte, abandonné à lui-même, prés de son lit, devient plus muet qu'un poteau et plus raide, planté sur ses pattes et regardant tourbillonner l'ombre, comme une brute, incapable du moindre mouvement volontaire, incapable de se déshabiller et de se coucher sans l'aide de Lidoire. Une fois que celui-ci l'a mis au lit, il devient plein de reconnaissance : ses facultés affectives sont touchées, mais sa gratitude se méle de tristesse et de remords. La Biscotte est un simple, un inférieur au point de vue moral et intellectuel, et il n'a pas le vin gai: “ Merci bien, Lidouére,..., te r'mercie beaucoup. . .merci bien... T'sais, mon'ieux, s'me le rappelerai, qu'est-ce que tu as fait pour moïi..., s‘me le rappelerai toute ma vie...qt'es venu me sercher à la porte..." q'tu m'as ertiré mon sako, mon falzar et mes tartines. … qtu m'as fourré au pieu, kif-kif, eun'maman... Pour sur que s'me l'rappelerai ”. Sa voix se mouille : * Quien, Lidouère, veux-tu (entends Eh ben! t'es un bon cochon!... voilà qu'est-ce que tu es..., t'es un bon cochon..., oui, t'es un bon salaud! .… Z'ai qu'toi d'ami à l'escadron, mon'ieux dégoûtant”. Il pleure maintenant : “T'as eun'pauv'gueule. ..S'peux pas la r'garder sans avoir évie d'pleurer, tel ment qu'a m'rappelle l'patelin ”... Il sanglottait. Obligé de se relever, mais incapable de le faire, Lidoire revient à son secours, Il ne sait plus rien: l'univers entier se limite à son éternel ‘
s'suis-t'y sol!” Sur ses jambes, où coule de l'ouate, son buste oscille, cassé, ballotté, de tribord à balx rd. Revenu à son lit, sans savoir comment, il se remet à pleurnicher. Emu jusqu'à l'âme, convaincu de son infamie, il entonne le chapitre des remords et le prolonge à l'infini, ravalant ses sanglots, se traitant de “sale cochon ”, disant qu'il souhaitait d'être mort et qu'il déshonorait l'armée. “ I] voulait aller au magasin rendre à l'officier d'habillement son galon de premier soldat et sa trompette dont il
ne pouvait plus sonner, et qu'il SSayait de briser Sur le plancher parce qu'il n'en tait plus digne”... Pendant $a Sortie, il avait CU Un différend ECG CE Souvenir lui res ient tout-ä-coup, se Mélant à ses illusions, au désarroi Complet de sa faible intellisence, affaiblie d'avantage par l'ivresse OÙ il est plongé : * Mon. IEUX, CUépatantt. 2 UT client-soue Mon lit... qui le soulève avec Son dos! -S'Monte! S'Monte! Smonte! hi -Ct'épaant’... Oh! 1e n Dieu! -S'paric qu'e'est l'eivil.. Qui S'aura fourré sous Mon pieu. .e qui le soulève. . POUr mr'embéter. 1e laut qu'z'aille de CPR | WP lève : ccroulement formidable et IStantanc.
Les troubles FSYchiques ONE aCCompasnés des troubles physiques que nous AVONSOVUS et AUXQUuElS nous POUVONS ajouter le hoquet, Jes vomissements et le relachement des sphincters,
Finalement. La Biscotte s'endort d'un SOMmeil COMateux, et SOUS avons Vu au CoMmencement de son Ristoire, quelles Sont les suites de Son TESSC.,
Les quatre observations UE nous venons de lire décri, ent bien, dans ses trois phases, le délire alcor lique &igu. Dans les deux t\- PES Que nous allons Étudier Maintenant, äPparaissent Jos troubles que l'on léncontre dans l'alcoolisme Chronique. Nous ne trouve- Fons pas tous Je, SYMptomes de lintoxication. nous ne verrons pas la tinaison de l'affection, MS nous RoUrrons étudier les diverses Manifestations de lalc 0lisme Chronique à l'état latent.
Le capitaine Hurluret 15, enfant de Soldat, éclos dans le demijour d'une arricre-salle de cantine, AVait grandi au Soleil, à Ja bonne franquette. entre les taloches de la Maman, et les Coups de soulier Paternel sans Que jamais se développassent, devant ses YEUX, d'autres horizons que les murs des Casernes. .. Enfant de troupe, soldar. Officier, il se Pa”a à son Corps défendant, de ga-
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Is:6: Courteline : Le Train de S krs 17; Les Gaïetés de l'Escadron litre 15
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lons noblement gagnés: au fond. vieux gamin de caserne, il regrettait la chambrée, l'odeur violente de ses cuirs. .. Du reste, il fravait peu avec ses collègues... 11 tiangeait au mess par obligation, mais la dernière bouchée dans le bec, il filait doucement à l'anglaise et S'allait soûler dans son coin, au fond d'un obscur café... S'il n'avait que peu d'amitié pour ses collègues, l'avait, en retour, un amour passionné pour ses hommes, où se sentait un fonds de vicille faiblesse fraternelle us des dehors sévéres, brusques, même un peu brutaux, se cachaient son bon cœur, son Indulgence pour les peccadiles de ses hommes: trés fort pour le chambardement. avant le coup de gueule facile, et, à li rigueur, le coup de botte, mais en fin de compte un bon soulard, incapable d'une méchanceté, et empli pour ses hommes d'une grosse tendresse brutale, une tendresse de garçon boucher pour le bull-dog dont il cingle les fesses de claques sonores et retentissantes ”
\u physique, grand de taille, le nez illuminé, des veux de souris cerclés par l'alcooi d'une braise incandescente, une haleine fleurant le bouchon et le fond de baril. Quand il était sous l'infuence de l'absinthe, des discours incohérents transpercaient par instants les murs, des Propos interrompus, scandés de jurons, Marquaient la cadence de la phrase: les éclats de SA VOix remplissaient les cours immenses de la caserne : dans les échos des corridors, ses bottes fiévreusement promences, taipaient comme aux dalles d'une église. …
Voici avec quel respect il préparait son absinthe: * Lui-même avait repris la carafe, et simultanément il arrosait les verres : trois gouttes pour l'un, trois gouttes pour l'autre, avec une parcimonie jalouse et calculée de vieil artiste méticuleux. Il v en eut pour cinq bonnes minutes. L'æil fixe, la main haute, imprimant à
la carafe de petites secousses régulières, Hurluret ne soufilait plus
mot, absorbé dans l'accomplissement d'un sacerdoce. ..
Chronique ne sont qu'ébauchés, Dans Je Cas du Capitaine Mar let :° au COntraire, nous Voyons le vrai tYpe de l'alcoc:ique chr nique. Les jours où il n'avait Pas bu, il était l'homme Je Plus ino fensif du Monde, doux, humble, Parlant peu et à demi-voix. s MoOntrant timide et Presque craintif avec ses hommes. Quand ; Pénétrait dans Ja chambrée. avant méme que le brigadier eù lancé son « Fixe ” ;] avait dit * Repos ”, à CU petit geste de la main indulgent €t paternel]. C'était un Vieux Soldat, sorti des rangs et CONnaïssant Je fourbi dy Métier, Malheureusement il était gris neuf jours Sur dix, d'une lvresse bruvante, lapageuse, dont les éclats révoluti Mnaient Je ( duartier, EMplissaient Jes Chambrées, Jes escaliers, Jes COUrS, Alors, i] entrait en Coup de vent, Je feu aux joues, le képi de travers, et tout de suite du APS Voilà une Chambrée! Quelle bauge!!! Je n'ai que des Cochons dans Mon escadron! + N. de D. il faut en finir, tout le peloton cou- Chera à la malle ce soir!" Pendant ce temps les hommes, tète nue, immobiles au pied des lits, attendaient un Ordre de “ repos ” qui S'Obétinait à ne pas venir... I] Passait les trois Quarts du temps à Un caïé où ;] restait des heures entières, * buvant de £randes ver. rées d'absinthe dans lesc selles il vidait des topettes de Cognac. 1 reste, i] ne S'était Jamais Oublié,‘ Ivre à rouler, ;] restait digne, Marchait droit et Vite dans les rues, rendait Je Salut à ses hommes, Conservant jusqu'au bout Je respect de son Métier, de SOn uniforme et de sa croix. Sa manie. Quand il avait bu, était de Voir la Malpropreté Partout, et son mot favori : “ Jusqu'à la gauche ”, une EXpression de caserne qui ne Signifiait pas Srand'chose, mais impliquait évidemment en lui une idée Confuse d'éloignement, Pérsonnifiait l'éternité en son iiagination Vague de vieil ivrogne. Un jour il Condamna un bleu à être garde d'écurie jus-
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16, G, Courteline : Les Gaietés de l'Escadron.
‘alcoolisme ne Marjaque chroplus inof- -VOIx, se Quand il dier eût este de Orti des ment ;] ageuse, Chament, Je “En
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qu'à la gauche. Il donna l'ordre au maréchal des logis: * à partir d'aujourd'hui, il ne bougera plus de l'écurie. Quand vous descendrez de semaine, vous le passerez en Consigne à votre successeur en lui disant de le passer au sien, et comme ÇA...jusqu'à la gauche!!!" Pendant trente-cinq jours d'affilée, le bleu conserva la garde de l'écurie, vivant là, couchant là, ne sortant que quelques instants dans la Journée, le temps de courir nercher une croute. Mais, les plus belles choses ayant le pére € tin, il se fatigua, et le matin du trente-sixième jour. il attendit son capitaine dans la cour et, bravement, lui demanda de relever sa punition. Marjalet, comme bien l'on pense, n'avait pas le moindre souvenir de la punition ni des circonstances dans lesquelles elle avait été imposée. Aussi son sang ne fit-il qu'un tour, et le sous-officier de semaine, pour avoir suivi la c msigne et laissé le bleu garde d'écurie jusqu'à la gauche, attrapa-t-1l huit jours de boite!
Au physique, Marjalet était un gros homme, court, gras, “mais de cet embonpoint qui dénote aux yeux de l'observateur, une Mauvaise santé ” !, son teint est blafard: au repos, il offre une expression d'hébétude, l'œil en dedans. en proie à une vague somnolence, mais dès que le moindre incident réveille son irritabilité morbide, sa peau se colore, ses joues tremblent, son nez devient écarlate, ses jambes vacillent. C'est bien là la description de l'alcoolique chronique. Au point de vue intellectuel, il est plongé dans une hébétude, dans une sorte de torpeur: sa mémoire, sa volonté sont diminuées : il ne songe plus qu'à une chose et ne jouit plus que d'une chose: l'alcool.
IL Délire dans les traumatismes.
À côté du délire alcoolique il convient de placer le délire des traumatismes, qui s'en rapproche un peu. par certains côtés.