I. IX 1883, p
TUBERCULOSE
caractéristique dans l’évolution du tubercule. « Les progrès de l’anatomie pathologique, dit-il, ont démontré jusqu’à l’évidence que la phtisie pulmonaire est due au développement, dans le poumon, d’une espèce particulière de production accidentelle à laquelle on a appliqué spécialement le nom de tubercule...
» La matière tuberculeuse peut se développer dans le poumon et dans les autres organes sous deux formes principales : celles de corps isolés et d’infiltrations; chacune de cesformes, ou sortes, présente plusieurs variétés, qui tiennent principalement à leurs divers degrés de développement.
» Les tubercules isolés présentent quatre variétés principales, <[ue nous désignerons sous les noms de tubercules miliaires, tubercules crus, granulations tuberculeuses et tubercules enkystés. L’infiltration tuberculeuse présente également trois variétés, que nous désignerons sous les noms d 'infiltration tuberculeuse informe, d' infiltration tuberculeuse grise et d’ infiltration tuberculeuse jaune. Quelle que soit la forme sous laquelle se développe la matière tuberculeuse, elle présente, dans l’origine, l’aspect d’une matière grise et demi-transparente qui peu à peu devient jaune opaque cl très dense. Elle se ramollit ensuite, acquiert peu à peu une liquidité presque égale à celle du pus, et, expulsée par les bronches, laisse à la place des cavités connues vulgairement sous le nom d’ulcères du poumon, et que nous désignerons sous le nom d’excavations tuberculeuses. »
Laënnec reconnaît parfaitement aussi la nature spécifique de ces lésions. « On ne peut, dit-il, sans donner la torture aux résultats de l’observation et faire un étrange abus du raisonnement, regarder les tubercules comme le produit de l’inflammation de quelqu’une des parties constituantes du poumon. Si l'inflammation a quelque influence sur l’apparition ou sur le développement des tubercules, ce n’est qu’en préparant le terrain et en le rendant favorable à leur germination. De même, la terre fortement labourée après un long repos, ou abandonnée à elle-même après plusieurs années de labourage, fait germer une multitude de graines qu’elle renfermait dans son sein depuis plusieurs années. »
La diagnose anatomique et la nature spécifique de la tuberculose sont ainsi formulées en des termes d’une précision quasi prophétique. En dépit des violentes attaques de Broussais et de son École, la doctrine de Laënnec impressionne vivement les esprits et c’est à partir de ce moment que l’on rencontre les premières tentatives de rapprochement entre la phtisie humaine et la pomme-
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iière des bovidés. Gurlt fl) reconnaît la nature tuberculeuse de la phtisie des vaches. Les nodules développés dans le parenchyme sain, dit-il, sont identiques à ceux qui sont décrits par Bayle dans le poumon de l’homme; seuls, ceux qui se développent dans les parties enflammées subissent une fonte régressive qui les rend méconnaissables.
Vers 1850, les études des histologistes allemands remettent en question l’œuvre de Laënnec, en même temps qu elles repoussent toute analogie entre la tuberculose humaine et la tuberculose des bovidés. Reinhard, Virchow, Niemeyer reconnaissent à la lois une tuberculose vraie, caractérisée par la présence de la « granulation grise » et une pneumonie caséeuse, résultant d’une dégénérescence post-inflammatoire. La phtisie pulmonaire n’est donc, dans la très grande majorité des cas, qu’une pneumonie chronique, catarrhale ou interstitielle et la tuberculose vraie est de beaucoup plus rare. On sait ce qu’il est advenu de cette conception et comment la doctrine île 1’ « unicité de la tuberculose », que les histologistes allemands croyaient avoir à jamais renversée, a triomphé plus tard, grâce aux beaux travaux histologiques de Grancher, de Thaon et de Charcot, et surtout grâce à la découverte du bacille spécifique.
En même temps qu il repousse la synthèse de Laënnec, Virchow dénie aux néoformations noduleuses trouvées sur les séreuses •( maladie des Français, Perlsucht) ou dans les viscères (poumons, ganglions, foie, utérus) des animaux le caractère tuberculeux et il les rapproche du lympho-sarcomc de l’homme. Cette opinion est acceptée par Gurlt, puis par Roell, tandis que Gerlach,Spinola,Fuchs, Fôrster soutiennent l’identité. « Il est constant, dit Gerlach (2), qu’en dehors des nodules des séreuses, il se produit toujours des dégénérescences tuberculeuses dans les ganglions, et que l’on rencontre des tubercules et de la caséification dans les poumons et souvent dans un ou plusieurs autres organes; qu’au niveau d’un foyer de tuberculose du poumon il n'est pas rare de rencontrer une éruption des tubercules et des grappes de la Perlsucht ; que la Perlsucht se transmet comme la tuberculose du poumon; que la tuberculose du poumon est suivie de la tuberculose de la plèvre et réciproquement. »
Leisering (3) soutient une opinion analogue et il apporte de
(I) Gurlt. Lehrbuch dev pulhologisnhen Anatomie , t. I, 1831, p. 283.
(1) Gerlach. — Gerichlüche Thierheilkunde , p. 173.
(3) Leisering. — Bericht über <las Veterinarwesen ioi K. Sachscn, 18G2.
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nouveaux documents sur certaines formes anatomiques jusque-là peu connues. La tuberculose des séreuses, du poumon, du foier de l’uté rus et de la peau est constituée par un même processus, anatomique. Les divers aspects sont dus aux modes de la conglomération des tubercules et à la forme des dégénérescences subies. Les parties centrales des néoformations éprouvent très rapidement une fonte graisseuse, suivie de l’infiltration calcaire; un ramollissement total est observé au niveau des muqueuses respiratoire et digestive, aussi sur l’utérus, et les lésions prennent un aspect ulcéreux; dans le poumon, des altérations identiques sont parfois rencontrées. En général, les conglomérats volumineux subissent la dégénérescence caséeuse et les petits la dégénérescence calcaire. C’est un processus tuberculeux qui se développe dans les muscles et dans le tissu sous-cutané et qui correspond à la « gourme » de Lafosse et à la « tuberculose cutanée » de- Haubner.
Après avoir ainsi établi l’unicité des diverses manifestations tuberculeuses, Leisering donne une satisfaction aux idées régnantes ; il reconnaît que les néoformations affectent, chez les bovidés, une forme particulière qui les rapproche du sarcome, mais il leur conserve malgré tout le nom de tubercules.
L’étude de la tuberculose entre d’ailleurs en ce moment dans une phase nouvelle. En 1865-1866, Villemin(l) démontre l’inoculabilité de la tuberculose. L’inoculation sous la peau du lapin d’une parcelle de matière tuberculeuse, « prise sur l’homme, sur une vache ou sur un lapin déjà rendu tuberculeux » produit une évolution tuberculeuse. Au bout de quinze, vingt, trente jours, les animaux maigrissent,... puis ils succombent dans un état de cachexie extrême. L’autopsie montre une tuberculisation des ganglions lymphatiques voisins du point de l’inoculation et une éruption tuberculeuse sur la plupart des viscères et sur les séreuses. L’année suivante, Villemin (2) s’efforce de différencier la tuberculose vraie des pseudo-tuberculoses observées chez diverses espèces domestiques ; de ses recherches bibliographiques et de ses observations, il conclut que : « en dehors de l’homme, qui a malheureusement une aptitude spéciale pour la phtisie, il n’y a guère que le singe, la vache, et peut-être le lapin et quelques
/■jn Villemin. — Causes et nature de la tuberculose. Bulletin de l’Acad. deméd., t. XXXlIr 18ü(5 p. 152. — Études sur la tuberculose , 1 vol., 1808.
(21 Villemin. — De la phtisie et des maladies qui ta simulent dans la série zoologique . Recueil de méd. vét., 1807, p. 5 et
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rongeurs analogues, qui soient réellement reconnus susceptibles de devenir tuberculeux. Pour tout le reste, il n’y a qu incertitude, confusion, allégations controversables. »
La découverte de Villemin soulève aussitôt d’ardentes controverses. En outre d'objections négligeables inspirées par des considérations purement dogmatiques, des réserves plus graves sont formulées au nom de l’expérimentation même. Alors que de nombreux expérimentateurs reproduisent constamment les résultats annoncés par Villemin, d’autres échouent dans leurs tentatives de transmission, d’autres enfin croient obtenir la tuberculisation des sujets d’expérience avec des matières non tuberculeuses. Des centaines de travaux sont consacrés à la recherche de la virulence tuberculeuse ; tous les modes de l’inoculation et tous les réactiis animaux sont utilisés. Parmi les faits publiés, quelques-uns ont une influence décisive. Martin (1) montre que le tubercule vrai est seul inoculable en série et qu’on peut le différencier sûrement des fausses granulations; Baumgarten (2) établit l’action spécifique du virus tuberculeux inoculé dans la chambre antérieure de l’œil chez le lapin ; H. Martin (3) et Laulanié (4) démontrent l’édification de tubercules dans différents tissus sous l’action d’une irritation locale et par suite l’insuffisance de la diagnose anatomique dans la différenciation du tubercule.
Des résultats expérimentaux d’un autre ordre avaient aussi puissamment contribué à la démonstration de la virulence tuberculeuse et au triomphe de la doctrine de Villemin. En 1868, Chauveau (5) obtient l’infection de trois génisses par l’ingestion de matière tuberculeuse provenant d’une vache phtisique. Les conclusions formulées sont les suivantes : « Ces expériences mettent hors de doute la virulence et la propriété contagieuse de la tuberculose et montrent que les travaux de M. Villemin n’ont pas été récompensés comme ils le méritent. Le tube digestif constitue, chez l’homme, comme dans l’espèce bovine, une voie de contagion qui est des mieux disposées pour la propagation de la tuber-
(l) H. Martin. — Recherches anatomo-pathologiques et expérimentales sur le tubercule. Thèse, 1879.
(?) Baumgarten. — Ueber clas Verhüllniss von Perlsucht und Tuberculose. Berl. kliniselie Wochenschr., 1880, p. 098.
(3) 11. Martin. — Tuberculose des séreuses et du poumon. — Archives de physiologie, 1880, p. 131.
(4) Laulanié. — Sur quelques affections parasitaires des poumons et leur rapport avec la tuberculose. Id., 1884, p. 487.
(3) Chauveau. — Application de la connaissance des conditions de l'infection à l élude de la contagion de la phtisie pulmonaire. BulletinderAc.de méd., t. XXXIII, 1808, p. 1007, .•( Recueil de inéd. vêt., 1809, p. 202.
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culose, et qui peut être bien plus souvent enjeu que la voie pulmonaire. Si la tuberculose bovine appartient à la même espèce que la tuberculose humaine, il y a, dans l’alimentation avec la viande de boucherie provenant des animaux phtisiques, un danger permanent pour la santé publique... »
En 1869, Gerlach (1) publie les premiers résultats d’expériences analogues entreprises dès 1866 à l’Ecole de Hanovre ; il obtient la transmission à diverses espèces à la suite de l’ingestion de tubercules des séreuses et aussi du lait provenant des vaches atîectées.
Les nouvelles recherches de Chauveau, Gunther et llarms, Gerlach, Parrot, Viseur..., apportent de nouveaux documents sur la question ; elles montrent que les bovidés, le porc, le lapin, le cobaye, le chat... sont infectés facilement par la voie intestinale; qu’en outre des lésions semblables sont observées chez une espèce donnée, quelle que soit l’origine de la matière tuberculeuse ingérée.
L’identité de la tuberculose de l’homme et des mammifères domestiques semblait implicitement démontrée par les résultats expérimentaux obtenus. Inoculées à un même réactif, les matières tuberculeuses de provenance humaine ou animale produisent des lésions toujours analogues et souvent identiques. Alors qu’en France l’unicité des diverses formes tuberculeuses est très généralement admise, Virchow (2) soutientencore les vieilles distinctions et il oppose la Perlsacht des bovidés, type des tuberculoses animales, à la tuberculose caséeuse de l’homme. En 1880, il insiste longuement sur les différences anatomo-pathologiques essentielles qui séparent les tubercules perlés des ruminants de ceux de la phtisie humaine; les premiers ne subissent jamais la transformation caséeuse, ni le ramollissement, ni l’ulcération; ils s’étendent de proche en proche et s’infiltrent de sels calcaires. Anatomiquement, ils correspondent au lymphosarcome. Quant aux lésions caséeuses et molles du poumon du bœuf, elles n’appartiennent pas en réalité à la tuberculose. Virchow estime que les résultats expérimentaux signalés ne sont pas probants et que l’existence d’un virus de la Perlsucht n’est pas démontrée.
Sur ce même terrain de l'histologie pathologique, la conception
(1) Gerlach. — Jahresb. dei' Thierarzneischule zu Hannover, t. 1, 1 809, p. G.
C’est à tort que Johne réclame pour Gerlach la priorité de la démonstration de l’infection tuberculeuse par ingestion.
(2) Virchow. — Ueber dis Perlsucht der Hausthiere... Berliner klin. Wochenschr., 1880, n° 14.
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uniciste trouvait cependant des défenseurs. Baumgarten (1) reconnaît l'identité, en se basant sur les effets semblables produits* par l’inoculation des virus dans l’œil du lapin ; il reconnaît de plus que la caséification, déjà observée par Bollinger, puis niée par Virchow et Schüppel, existe en réalité dans la Perlsucht, mais qu’elle est très rapidement masquée par la calcification. Lwow (2) donne peu après une bonne étude anatomo-pathologique des lésions chez les bovidés; il conclut que « les masses perlées sont constituées par un agglomérat de tubercules, individuellement identiques à ceux de la tuberculose miliaire ».
A ce moment encore, les querelles des histologistes sont interrompues par un événement décisif. En 1882, Robert Koch (3) annonce
qu’il a isolé et cultivé le bacille de la tuberculose ; le microbe est rencontré au niveau de toutes les lésions spécifiques; il se retrouve, avec des caractères identiques, chez l'homme, chez la vache, chez le coq. Avec les cultures sur sérum gélatinisé, l'on obtient, par l’inoculation, des résultats constamment positifs chez diverses espèces. La même année, Ehrlich fait connaître un procédé de coloration qui, spécial au bacille de Koch, permet de le déceler et de le différencier sûrement.
En 1884, Koch (4) étudie plus complètement l’étiologie de la> tuberculose dans un mémoire d’une importance capitale. Après un court préambule, dans lequel il rappelle la démonstration de la. virulence tuberculeuse, « due au génie de Villemin », l’auteur étudie les caractères biologiques du bacille isolé. Le microbe agit sur les tissus en provoquant d’abord unafllux des cellules lymphatiques puis, secondairement, et sans doute par l’intermédiaire de substances chimiques élaborées, leur transformation en cellules épithélioïdes et géantes et enfin des dégénérescences (nécrose de coagulation et caséification).
Le bacille est constamment rencontré, chez l’homme, au niveau de toutes les lésions tuberculeuses (19 cas de tuberculose miliaire aiguë, 29 cas de tuberculose pulmonaire); il existe seul ou associé à divers autres microbes. L’infection s’opère principalement par le poumon, à la suite de l’inhalation de poussières virulentes; la.
(1) Baumgarten. — Ueber dus Verhüttniss von Perlsucht und Tuberculose. Berl. klin. Wochensch., 1880, p. 174.
(2) Lwow. — Ueber den B au der Neubildungen bcider Perlsucht des Hornviehes. Deutsche- Zeits. fur Thienn., t. VII, 1882, p. 374 (avec bibliogr.).
(3) R. K.och. — Die Aeliologie der Tuberculose. — Berliner klin. Wochenschr., 10 avril
(*) ^* ^ocii. Die Aeliologie der Tuberculose. Mittheilungen ans dem kaiserl. Gesundheitsamte, t. II, 1884, p. 1-88.
Nocard et Leclainche.
TUBERCULOSE
généralisation est duc à l’ouverture d’un foyer dans les voies sanguines ou lymphatiques. Les bacilles sont rencontrés constamment dans les crachats, lors de tuberculose pulmonaire, et dans les déjections lors de tuberculose intestinale. Au niveau des foyers de tuberculose locale (langue, rein, vessie, os...), on trouve également les bacilles; ceux-ci sont présents encore, mais difficiles à rencontrer, dans la scrofule et le lupus.
Koch étudie en même temps les tuberculoses animales ; dans dix-sept cas de tuberculose des bovidés , dont treize de tuberculose des séreuses, les bacilles sont toujours présents, mais en nombre parfois très faible. Dans quatre cas de tuberculose du cheval , dont un de tuberculose miliaire généralisée, les bacilles exislent en abondance. Les mêmes constatations sont faites dans la tuberculose du porc, du mouton et de la chèvre. Chez les poules (4 cas), les bacilles sont extraordinairement abondants dans les tumeurs -de l’intestin et du foie; ils se retrouvent en grand nombre dans le contenu de l’intestin. Chez le singe (8 cas), les tubercules renferment une matière purulente liquide, peu riche en bacilles. La tuberculose spontanée est observée encore chez le lapin et chez le cobaye, à la suite d’une cohabitation avec des animaux infectés par l’inoculation.
Aprèsavoir indiqué les modes d’isolement et de culture du bacille, Koch mentionne les résultats des inoculations pratiquées. 179 cobayes, 35 lapins et 4 chats sont inoculés avec des matières tuberculeuses provenant de l’homme, du bœuf, du porc, du lapin et du singe; dans tous les cas, on obtient une tuberculose bacillaire typique; les inoculations pratiquées avec des cultures de diverses générations (5e à 24e) chez 217 animaux (cobayes, lapins, chats, chiens, rats, poules...), par les modes les plus variés (peau, œil, péritoine, veines, inhalations), donnent toujours la tuberculose. Les animaux moins prédisposés, comme le chien, le rat et la souris Manche, ne résistent pas aux inoculations de fortes dos» s de cultures pures. Koch conclut à bon droit à la spécificité du bacille,
« qui est la cause unique de la tuberculose, comme la bactéridie est la cause unique du charbon ».
Relativement à l’étiologie de la tuberculose, le mémoire renferme encore des données du plus haut intérêt. Le bacille tuberculeux est un parasite vrai, incapable de se multiplier en dehors des organismes, et non plus, comme la bactéridie, un parasite facullalif , accomplissant toutes les phases de son existence à 1 état libre. L \ source unique des bacilles tuberculeux réside donc dans les organismes
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humains ou animaux infectés et toute une prophylaxie rationnelle peut être établie. A cet égard, l’homme est surtout dangereux, en raison des crachats virulents qu’il répand ; les animaux sonl. beaucoup moins à craindre parce qu’ils ne répandent aucun crachai (1) et l’infection par le lait provenant d’une mamelle tuberculeuse est presque seule à redouter. L’infection tuberculeuse n’a d’ailleurs rien de fatal et, alors que la pénétration des bacilles par inhalation st fréquente, la tuberculisation ne s’opère qu’exceptionncllcment, sous certaines conditions de moment, de lieu et de qualité du virus.
La découverte de Koch marque le début d’une phase nouvelle dans l’histoire de la tuberculose. En 1885, Nocard (2) montre que la culture est de beaucoup plus facile si l’on additionne le sérum de petites quantités de peptone, de sucre et de sel; il obtient ainsi, pour la première fois, des cultures avec des lésions tuberculeuses d’origine aviaire. En 1887, Nocard et Houx (3) indiquent une méthode nouvelle, qui permet d’obtenir des cultures rapides dans les divers milieux; la simple addition d’une faible quantité de glycérine au sérum gélatinisé de Koch, à la gélose nutritive, et même aux bouillons de viande, en fait des milieux très favorables à la culture du bacille de la tuberculose.
L’étude expérimentale de la maladie fait l’objet de nombreux travaux. Les divers modes de la contagion, les procédés de la diffusion et la répartition du virus dans les organismes sont à peu près complètement connus. L’anatomie pathologique des diverses lésions est étudiée à nouveau ; l'examen des rapports du bacille avec les éléments anatomiques permet d’intéressantes constatations; des formes restées jusque-là méconnues sont définitivement classées.
La clinique bénéficie largement aussi de la découverte du bacille; des méthodes nouvelles sont couramment utilisées, qui permettent de reconnaître sûrement et parfois de déceler prématurément certaines localisations.
L’année 1890 marque encore une date mémorable dans l’histoire de la tuberculose. Koch (4) croit obtenir, avec les produits solubles résultant de la culture du bacille dans les bouillons glycérinés, suivant la méthode de Nocard et Houx, une action immunisante
1)11 y a dans cri e affirmation une erreur qu’il est à peine besoin de signaler.
(2) Nocard. — Uecltrrclu’s ex/i> riment a es sur lu tuberculose des oiseaux; culture du bucille. Soc. de biologie, 7 octobre 1 88.».
(3) Nocard et llou'c. — Sur la culture du bacille, de la tuberculose. Annales de 1 Jnst. Pasteur, t. I, 887, p. io.
(4) Koch. A oureile communication sur un traitement de la tuberculose. Semaine médicale, i8‘J0, p. 4 17.
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analogue à celle qui avait été signalée déjà par Roux et Chamberland pour la septicémie expérimentale, pour la fièvre charbonneuse et pour le charbon symptomatique. Le 13 novembre, il annonce qu'il a réussi à rendre les animaux réfractaires à l’inoculation du bacille et à arrêter l’évolution de la maladie chez les animaux inoculés. Aussitôt appliquée au traitement de la tuberculose de l'homme, la méthode ne donna malheureusement pas les succès que des disciples enthousiastes avaient bruyamment escomptés. La découverte de la « tuberculine » n’en constitue pas moins un faitscientifique d’une importance considérable, et l’on peut lui appliquer le jugement que Koch lui-même formulait, si injustement, sur les vaccinations pasteuriennes: « La méthode ne saurait être considérée comme utilisable dans la pratique, à cause de l’immunité insuffisante qu elle confère et des dangers qu elle fait naître. Ce qui ne veut pas dire qu’elle n’ait aucun avenir devant elle. Des méthodes perfectionnées feront peut-être plus tard ce que l’on avait attendu prématurément de procédés imparfaits. »
Insuffisante et presque unanimement condamnée dans la thérapeutique de la tuberculose humaine, la tuberculine allait rendre des services inappréciables dans le diagnostic et dans la prophylaxie de la tuberculose animale. En 1891, Guttmann, de Dorpat, montre que, chez les bovidés comme chez l'homme, la tuberculine provoque, chez les sujets infectés, une réaction nettement révélatrice. Les observations publiées depuis par milliers établissent jusqu'à l’évidence la haute valeur diagnostique delà tuberculine dans toutes les formes de la tuberculose. Sûrement décelée dès son début, la maladie pourra être désormais systématiquement combattue par des mesures sanitaires d’une efficacité certaine.
Une dernière page, la plus glorieuse peut-être, reste à écrire dans l’histoire de la tuberculose; une place reste libre aux côtés de Laënnec, de Villemin et de Koch. Mais l’on ne peut douter qu’un jour, qu’il faut espérer prochain, la plus redoutable d’entre les contagions ne soit définitivement vaincue par des méthodes sûres d’immunisation et de traitement.
Bactériologie. — Le bacille de Koch se présente, dans les tissus ou dans les cultures, sous la forme d’un fin bâtonnet mesurant en moyenne 3 à G [j. de longueur sur 0,3 à 0,5 [x de largeur. Les bacilles sont droits ou légèrement incurvés; développés dans certains milieux, ils se présentent, après coloration, sous l’aspect d’une série de grains arrondis ou ovoïdes.
BACTERIOLOGIE.
La coloration est obtenue par toutes les couleurs d’aniline; les bacilles prennent le Gram et aussi diverses colorations spéciales (Ehrlich, Kühne, Ziehl...).
Le microbe est aérobie; il cultive de préférence à des températures comprises entre 37° et 40°. Les cultures, assez difficiles à obtenir quand la semence est empruntée aux lésions tuberculeuses mêmes, deviennent faciles et abondantes quand le bacille s’est accoutumé, par des passages successifs, aux milieux artificiels sur lesquels on l’ensemence.
L’aspect des cultures et les suites de l’inoculation aux réactils animaux sont variables suivant que le bacille provient des mammifères ou des oiseaux.
a. Tuberculose des mammifères. — Dans les bouillons de viande, additionnés de peptone et de glycérine, la culture est assez rapide quand la matière ensemencée flotte à la surface du liquide ; il se forme une pellicule blanche, sèche et verruqueuse, qui recouvre toute la surface et qui s’étend un peu sur les parois du vase. Après immersion, le développement est plus lent; on voit de petites masses blanches, mûriformes, déposées au fond du ballon ; le bouillon reste clair. Sur gélose glycèrinèe, on obtient une couche épaisse, sèche, écailleuse, d’un blanc-jaunâtre. Sur le sérum gélatinisé, additionné de glycose, la culture donne des grains arrondis, grisâtres, secs, ternes, écailleux, puis, par leur réunion, une couche sèche, parsemée de saillies verruqueuses. Sur pomme de terre glycérinée, il se produit une couche sèche, écailleuse, épaisse, de couleur blanche.
Le bacille provenant des mammifères tue facilement le cobaye, plus difficilement le lapin et, sous des conditions plus ou moins expresses, toutes les espèces de mammifères; la transmission •expérimentale aux oiseaux n’est ordinairement pas obtenue.
b. Tuberculose des oiseaux. — Dans les bouillons, le développement est rapide ; on voit, au fond du vase, des llocons ténus, qui se désagrègent facilement si l’on agite le liquide; à la surface, il se lorme un voile épais, blanc-sale, plissé et verruqueux. Sur gélose, on obtient une couche unilorme, blanc-jaunâtre, semitransparente, grasse et humide à la surface, qui devient plissée après un certain temps. Sur sérum, la culture est abondante; après quelques jours seulement, elle forme une couche épaisse, saillante, mamelonnée, d un blanc mat, grasse et molle. Sur pomme de terre glycérinee, la culture est également obtenue, avec des caractères analogues.
l’UBERCULOSE.
Le bacille d’origine aviaire tue facilement les oiseaux et le lapin ; plus difllcilement, le cobaye. Le chien est réfractaire.
Origine spécifique des tuberculoses : unicité ou dualité.
L’identité des tuberculoses observées chez les diverses espèces de mammifères était expérimentalement démontrée bien avant la découverte du bacille.
Chez les animaux inoculés avec des matières tuberculeuses pr ovenant de l’homme ou des bovidés, Villemin et ses successeurs constatent une infection de même type et des lésions identiques. Chauveau (1870) infecte trois bovidés jeunes par l’ingestion de matières tuberculeuses provenant de l'homme ; les lésions sont semblables à celles qui sont provoquées par l’ingestion des tubercules provenant des bovidés. Ivlebs (1870) détermine des lésions identiques à celles de la Perlsucht par l’inoculation intra-péritonéale au veau de produits tuberculeux d’origine humaine. Bollingcr (1873) obtient, par le même procédé, l’infection d’un jeune bouc avec des ganglions scrofuleux de l’homme.
En 1875, Gerlach (1) publie sur la transmission de la tuberculose par ingestion, un très important travail, dans lequel il résume des expériences commencées à Hanovre dès 1866. Avec des matières tuberculeuses provenant des bovidés, il infecte le veau, le porc, le mouton, le bouc, la chèvre, le cheval(?); il infecte le porc et le chien avec la tuberculose de l’homme, le porc avec la tuberculose de la poule, le veau avec celle du singe. 11 conclut à l’existence, chez toutes les espèces et dans toutes les formes, d’un même virus, transmissible d’une espèce à une autre.
Kilt (1880) trouve des lésions de tuberculose généralisée chez un veau inoculé, dans le péritoine, avec des ganglions tuberculeux de l’homme. Pütz (1882) réalise l’infection du cheval par l’inoculation intra-pulmonaire de matières tuberculeuses provenant de
l’homme Chauveau (2) obtient des tuberculoses miliaires, chez
un veau et chez un cheval, par l’injection intra-veineuse d’émulsions fabriquées avec le poumon d’hommes tuberculeux; par l’inoculation sous-cutanée, il réalise six fois l’infection de bovidés
(Il Gkri.ach. — Z.v/ clas Fleisch von perldichlir/en Rindern itnd üb r/iaupt von tuberkelb anken Thierni als Nahrungsmitlel /tir Mensc/icn zu verwenden oder zu verwcr/cu? Archiv fur Thierh., t. I, 1875, p. 1.
(2) Chauveau. — identité de ta tuberculose de l’homme et de la tuberculose des bovidés, des gallinacés et autres animaux. 2e Congrès de la tuberculose, 1891. Comptes rendus, p. 51.
UNICITÉ ET DUALITÉ.
jeunes ou adultes, avec des matières provenant de tuberculoses humaines aiguës, ou chroniques.
La découverte du bacille de Koch, sa présence conslanlc dans les lésions spécifiques, chez toutes les espèces, consacrent la doctrine de funicilé de la tuberculose et les dernières résistances des anatomo-pathologistes sont définitivement vaincues.
L’identité de la tuberculose des oiseaux avec celle des mammi-
fères est admise par tous; elle semble d’ailleurs démontrée directement par des résultats expérimentaux (Gerlach, Koch, Nocard,...) et par de nombreux faits d’observation. En 1889 cependant, Rivolta annonce qu’il existe tles différences marquées entre la tuberculose humaine et celle des gallinacés, quant aux effets de leurs virus respectifs sur le cobaye, le lapin et les oiseaux. Maftucci (1890), qui reprend ces expériences, est plus affirmatif encore, et Koch reconnaît qu’une assimilation complète n est plus possible entre toutes les tuberculoses. Cadiot, Gilbert et Loger (1890) constatent les mêmes faits, sans se prononcer tout d’abord sur leur signification. Straus et Gamalcia (1) insistent sur les caractères différents des cultures; ils montrent que le bacille aviaire ne peut être acclimaté chez le lapin; que le bacille humain, chez la poule, et le bacille aviaire, chez le lapin, conservent leurs caractères respectifs; enfin que le chien est totalement réfractaire aux inoculations du bacille aviaire. « Les différences qui séparent les deux tuberculoses sont non seulement considérables et profondes, mais encore permanentes.... Tant que la transformation de l’un de ces bacilles dans l’autre n’aura pas été réalisée et qu elle ne sera pas établie par des faits indiscutables, on sera obligé de regarder les deux bacilles
comme étant des espèces différentes. »
En ré a 1 i t < 3, ces différences sont compensées par d'étroites analogies et il importe de rapprocher les unes et les autres. Cadiot, Gilbert et Loger (2), Courmont et Dor, Nocard ont montré que l’inoculation de la tuberculose des mammifères aux poules réussit parfois à les tuberculiser et que cette tuberculose peut être inoculable en série. D’autre part, s’il est vrai que les lésions qu’on observe chez le cobaye, consécutivement à l’inoculation delà tuberculose aviaire, sont très différentes, objectivement, de celles qu’on observe après l’inoculation de la tuberculose humaine, il suffi par-
ti! Straus et Gahaleia. — Recherches expérimen' aies sur II tuberculose. Archives de médecine expérimentale. 1891, p. \b~.
(.’) Cadiot. Gilbert et Roger. — Contribution à l'élude de la tuberculose ariairc. 2e Con-
grès de la tuberculose, 189i; Comptes rendus, p. 69.
TUBERCULOSE
lois d’un petit nombre de passages successifs, de cobaye à cobaye, pour que ces lésions reproduisent exactement le type si bien -décrit par Yillemin.
Enlin, il ne faut pas oublier que le lapin a une réceptivité sensiblement égale pour les deux tuberculoses, et qu’après deux ou trois (passages, de lapin à lapin, les lésions sont tellement identiques -qu’il est impossible d’en reconnaître l’origine.
Tous ces faits tendent à établir que le bacille de la tuberculose, •si résistant à toutes les causes de destruction, peut cependant •éprouver de profondes modifications par les passages successifs à travers l'organisme des diverses espèces animales; mais si les •modifications subies, à la suite de nombreux passages chez les •oiseaux, sont assez profondes pour faire du bacille aviaire une variété particulière du bacille de Koch, différente de la variété •humaine, elles ne suffisent pas pour en faire deux espèces •distinctes.
Un dernier argument en faveur de l’identité d’origine de ces bacilles peut être tiré de l’identité de leurs produits de sécrétion ; •quelle que soit l’origine de la semence, il est impossible de noter ■une différence sensible dans le mode d’action et dans l’activité de la tuberculine que fournissent les différentes cultures du bacille tuberculeux.
La notion de l’unicité de la tuberculose chez les mammifères est à peine ébranlée par ces controverses. Aux nombreux faits expérimentaux qui l’établissent s’ajoutent des observations probantes • d’inoculation des animauxà l’homme; enfin, Nocard (1) obtient des •cultures avec les bacilles du cheval et du porc et il démontre l'identité de leurs caractères avec celles qui proviennent de l’homme et •du bœuf.
En résumé : le bacille de Koch se présente, chez toutes les ■espèces, avec des caractères essentiels communs; l’infection est -transmissible, d’une espèce à toutes les autres, sous des conditions .plus ou moins expresses pour chacune d’elles.
Espèces affectées. — La tuberculose atteint tous les mammifères domestiques, mais elle frappe très inégalement chacune •des espèces.
Les bovidés tiennent le premier rang parmi les victimes de la maladie et, pendant longtemps, ils ont été considérés comme seuls
(I) Nocard.— Sur Videnlitê des tuberculoses de l'homme , du cheval et du porc. 2e Congrès de la tuberculose, 1891; Comptes rendus, p. 137.
STATISTIQUE
aptes à la contracter. Chez eux, la maladie est extrêmement répandue.
Le porc vient immédiatement après quant à la fréquence de l'infection.
Chez le singe , entretenu en captivité dans les jardins zoologiques, la tuberculose est souvent observée.
Le cheval est affecté très exceptionnellement. En aucun cas, la maladie n’est rencontrée à l’état enzootique.
Chez le mouton et chez la chèvre, la tuberculose est observée plus rarement encore que chez le cheval. En outre des quelques observations cliniques publiées, la tuberculose des petits ruminants est, signalée de temps à autre dans certains abattoirs.
Le chameau est aussi exceptionnellement atteint ; la tuberculose est signalée chez cette espèce en Égypte (Piot) et dans les steppes kirghises (Vedernikoff). Le zèbre (Bang) et la girafe (Meyers) ont été trouvés affectés.
Parmi les carnassiers, le chien et le chat sont exposés à l’infection, mais la maladie est chez eux assez rare. Les carnivores sauvages entretenus dans les établissements zoologiques sont également aptes à l’évolution ; la tuberculose a été constatée chez le lion ^Koiranski, 2 obs. ; Jensen, 2 obs., Straus), le tigre (Yiaud, Jensen), la panthère (Ivoiranski, Jensen), le jaguar, le chacal, le renard polaire (Jensen)
Les oiseaux de basse-cour constituent un terrain éminemmentfavorablepour la tuberculose qui, chez eux, affecte souvent un caractère épizootique. Les poules, les faisans, les canards sont le plus souvent frappés. L 'autruche peut être également atteinte (Hobday). Enfin les oiseaux de vo Hère présentent une réceptivité considérable, à quelque espèce qu’ils appartiennent; chez les oiseaux d’appartement (perroquet), la proportion des tuberculeux est encore plus élevée.
Distribution géographique. Statistique. — a. Bovidés. — La tuberculose des bovidés est actuellement répandue sur presque tous les points du globe; mais, s’il est peu de régions qui soient complètement indemnes, 1 infection est irrégulièrement répartie. Comme pour la péripneumonie, on retrouve des « foyers permanents », tantôt très étendus, tantôt étroitement localisés, les uns très anciens, les autres récemment créés. En l’absence de toute action sanitaire, ces centres de contagion se sont multipliés à 1 extrême, tandis que, dans leur voisinage, la maladie diffusait peu à peu dans les régions indemnes.
Les documents publiés ne sauraient donner qu'une idée im-
TUBERCULOSE
parfaite delà gravité économique réelle de la tuberculose; les chiffres recueillis, presque tous empruntés aux statistiques des abaltoirs, n ont qu’une valeur toute relative. Même dans les pays où> 1 inspection des viandes est le plus étendue et le mieux réglementée, comme dans le duché de Bade et la Saxe, un grand nombre d’animaux, et ceux-là même qui paraissent le plus suspects, sont soustraits par les intéressés au contrôle menaçant des abattoirs surveillés.
Eu France, l’absence de documents officiels ne permet que des évaluations très approximatives quant à la fréquence de la tuberculose bovine. Les statistiques des rares abattoirs surveillés ne donnent que des chiffres sans valeur, représentant seulement h? nombre des animaux chez lesquels la tuberculose n’a pas été soupçonnée par les bouchers. C’est un fait connu de tous qu il est, au voisinage de toutes les grandes villes, des centres d’abatage spéciaux aux bovidés tuberculeux, et ce fructueux commerce prend chaque jour une extension croissante.
On sait au moins que la tuberculose sévit sur presque tous les; points du territoire et qu’elle est depuis longtemps répandue encertaines régions (1). La Champagne, la Lorraine, la Brie sont infectées à un haut degré ; en quelques régions, le nombre des vaches tuberculeuses atteint 15-20 p. 100; en Beaucc, les pertes éprouvées sont considérables et les vétérinaires estiment que la proportion des tuberculeux dépasse 25 p. 100. Dans la Bretagne, le Nivernais, la tuberculose fait d’effrayants progrès. Dans les Hautes Vosges, les vaches laitières fournissent 30 à 40 p. 100 de tuberculeuses (Spillmann). Dans le sud-est de la France, la proportion des tuberculeux est plus considérable encore ; en nombre de régions, plus de la moitié des étables sont envahies ; dans certaines vallées des Pyrénées, la proportion des tuberculeux dépasse 50 p. 100 des adultes. Par contre, quelques provinces sont encore presque indemnes ; la maladie est très rare dans l’Auvergne, le Limousin et dans une grande partie de la Normandie.
En Belgique, Van Ilcrtscn évalue à 4 p. 100 la proportion dès vaches t u b e ro u 1 c u ses.
En Baisse, la maladie est irrégulièrement répartie. Dans le canton de Fribourg (2) on ne constate, sur un total de 20209 bovidés assurés de 1880 à 1890, que 94 cas d’abatage pour tuberculose.
(i) « On estiiu°, dit Ilurtrel d’Arboval en 1830, que le nombre des vaches ruinées par la phti'ie pulmonaire est d'une bête sur huit ou dix dans la Brie, la Beauce, le pays de- Oaux, etc. »
(V) Stukbël. — Beilrag zum Vorkommen des Tuberculose beim llinde. Schweizer Àrcliiv lur Thierh., 1805, p. 30.
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soit une proportion de 0,46 p. 100. Dans le canton de Berne, la tuberculose est sensiblement plus fréquente. Dans les environs de Genève, la proportion atteint 50 p. 100 des vaches en certaines localités. Berdez admet, pour toute la Suisse, une moyenne générale de 5 p. 100.
En Allemagne, il existe, comme en France, nombre de régions gravement infectées ; il résulte d’une enquête ollicielle poursuivie, du 1er octobre 1888 au 30 septembre 1889, par les soins de l’Office sanitaire allemand (1), qu’en Prusse le nombre des bovidés reconnus tuberculeux atteint 5 p. 100 de l'effectif général et 6 à 7 p. 100 du nombre des vaches. La proportion serait de 1,72 p. 100 dans le duché de Bade, de 4 p. 100 dans la principauté de Reuss, de 7,9 p. 100 en Bavière, de 8 p. 100 en Saxe. Ces chiffres reposent sur des documents incomplets et ils doivent être considérés, d’après le rapporteur, comme fort au-dessous de la vérité. La répartition de la maladie est irrégulière; la Saxe est surtout gravement atteinte; il existe aussi des foyers nombreux dans la Bavière, la
Silésie, le Hanovre On évalue en quelques cantons à 50 et
70 p. 100 le nombre des bovidés adultes tuberculeux.
Les quelques statistiques suivantes donneront une idée de la fréquence de la tuberculose dans les abattoirs :
En Prusse (2), sur un total de 695852 bovidés adultes abattus en 1893-94, on compte 62312 tuberculeux; soit une moyenne de 8,9 p. 100 (contre 8,6 p. 100 en 1892-93 et 8,1 p. 100 en 1891-92). La fréquence est très variable suivant les cercles considérés; le taux des malades est seulement de 1,2 p. 100 à Hanovre, de 2 p. 100, à Osnabrück, Munster, Cologne, Aix, Cassel; il atteint 5, 6 p. 100 à Breslau, Poscn , Dusseldorf; 7-9,9 p. 100 à Postdam, Francfort, Wiesbaden ; 10-11,7 p. 100, à Coslin, Schleswig ;
12-13 p. 100 à Slctlin, Coblentz, Danzig ; 14,6 p. 100 à Berlin;
16,9 p. 100 à Stralsund; 17,5 p. 100 à Magdebourg. Chez les veaux, la moyenne générale est de 0,04 p. 100.
En Saxe (3), on compte en 1893, sur un total de 69164 bovidés abattus, 12630 tuberculeux, soit 18,26 p. 100; la proportion est de 12,07 p. 100 pour les taureaux, de 14,11 p. 100 pour les bœufs, de 24,92 p. 100 pour les vaches et génisses. Les veaux donnent une
(1) Ergebnisse der Ermittelungen überdie Verbre'dung der Tuberculose {PerhurlU) unter dem Hindvieh im Deutschen lieic/te. Arlxiten aus dem kaiserl. Gesundlieilsainle. , t. vu, 1891, p. 479.
(2i Schmaltz. Die amtliche Tabelle der detriebsrcsultate der preussische Sc/rucht/iiiU' ser Beri. Thier. Wochenschr., 18S.7, p. 37.
(3) lie) icht il ber das 1 eterinûrwesen nn Künig. Sochsen, 1891, p. 102.
TUBERCULOSE
moyenne de 0,12 p. 100. Ici encore, la répartition est irrégulière; le nombre des vaches tuberculeuses dépasse 35 p. 100 à Dresde et à Leipzig.
Tous ces chiffres étant relevés dans des abattoirs surveillés, on peut prévoir à quel taux s’élève la proportion des tuberculeux dans les tueries qui échappent à la surveillance administrative. D’autre part, il ne s’agit ici que de tuberculoses étendues, reconnues par l’examen rapide qui est seul possible dans la pratique de l’inspection ; la proportion serait considérablement augmentée encore si l’on pratiquait une dissection minutieuse. « C’est un fait, dit Ostertag, qu’à l’abattoir de Berlin, un tiers de tous les bovidés âgés de plus de deux ans sont affectés de tuberculose, si l’on tient compte des lésions qui sont conlinées dans tel ou tel groupe de ganglions lymphatiques, au niveau des principales portes d’entrée (voies respiratoires et digestives). Et, si l'on met à part les vaches âgées, ce sont surtout les animaux en très bon état de nutrition qui présentent ces tuberculoses locales dans la proportion indiquée. C’est seulement chez les jeunes animaux, âgés de un an et demi à deux ans que les lésions ganglionnaires locales sont rares (1). » Même en admettant une fréquence exceptionnelle de la tuberculose à l’abattoir de Berlin, on peut évaluer à plus de 10 p. 100 la proportion des tuberculeux chez les bovidés âgés de plus de deux ans.
En quelques régions, le nombre véritable des malades atteint un taux invraisemblable ; Wilbrandt estime que, dans le Mecklembourg, plus de 35 p. 100 des bovidés de tout âge sont tuberculeux ; en Saxe, Siedamgrotzky évalue la proportion à 75 p. 100 de l'effectif total.
La Grande-Bretagne est atteinte à un haut degré. En 1879, le professeur Walley(2) dénonce déjà la tuberculose comme l’un des « quatre fléaux » qui frappent l’espèce bovine. Les races qui présentent le plus de réceptivité, dit-il, sont celles d’Alderney et de Shorthorn. Certaines familles de courtes-cornes sont particulièrement décimées, et celles surtout qui sont les plus améliorées et les plus pures ; la proportion des tuberculeux, chez elles, atteint et dépasse même la moitié des effectifs. Les vieilles races non améliorées sont au contraire presque indemnes. Les anciens bœufs à face fumée (smoky faced) du Montgomeryshire sont rarement tu-
(1) L’auteur examina un jour minutieusement quarante-trois bœufs gras au point de vue de la tuberculose; vingt et une fois il trouva de très petits foyers tuberculeux, noyés dans la profondeur des poumons et des ganglions bronchiques.
(î) Wali.ey. — The four bovine scourges , 1 vol., 1879.
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berculeux et il en est de même de la vieille race à longues cornes du Staffordshire. Le bétail d’Avr, assez gravement atteint dans certains districts, n’est pas affecté dans d’autres ; ces animaux, exportés en Suède (et en Danemark : Bang) sont décimés par la tuberculose. Enfin, le bétail d’Aberdeen et de Devon paraît n’être presque jamais affecté.
Hunting, qui examine 4000 vaches environ, estime à 20 p. 100 la proportion des tuberculeux.
En 1890, le ministre de l’agriculture déclare que le pourcentage des bovidés tuberculeux, dans la Grande-Bretagne, varie entre 3 et 17 p. 100; à Dublin, on a trouvé 4,9 p. 100 de tuberculeuses chez les vaches abattues comme suspectes de péripneumonie.
Les récentes statistiques sont plus alarmantes encore; on trouve, d après les chiffres officiels, une proportion de 18,7 p. 100, dans le Durham, de 20 p. 100 dans le Midlothian, de 22,8 p. 100 dans le Yorkshire, de 25 p. 100 dans les vacheries de Londres et de 26 p. 100 dans celles d’Edimbourg. « Les évaluations des praticiens varient entre 5 et 20 p. 100 » (1).
En Hollande , la luberculose est fréquente dans le district des distilleries de Schiedam-Rotterdam, où elle atteint le taux de 3,4 p. 100. Schmidt donne, pour certains districts, un chiffre de 20 p. 100 de tuberculeux.
A l’abattoir d’Amsterdam, le nombre des bovidés tuberculeux s’accroît chaque année (2). On trouve, sur un chiffre moyen de 25000 bovidés adultes et de 35000 veaux sacrifiés annuellement, les proportions suivantes ;
Nombre de tuberculeux . Proportion p. 100.
années. 1888 1889 1890 1891 1892 1893
Adultes 1.7G 3.5 3.3 5.3 5.3 5.20
Veaux 0.4 0.67 1 1.9 1.5 »
En Danemark , la tuberculose sévit avec une extrême gravité. Il résulte des documents réunis par Bang que les vétérinaires du Jutland estiment à 6 p. 100 le taux de la tuberculose chez les vaches laitières. En quelques localités, la proportion s’élève jusqu’à 50 et 90 p. 100. Par contre, la tuberculose est très rare ou inconnue dans les provinces des Fiihnen (sud, ouest, nord et est) et dans le sud du Seeland. Sur un total de 19462 animaux soumis à la tuber-
(1) Mac Fadyean. — The prevalence of tuberculosis amonrj caille in Gréai Britain. The Journ. of conip. Path. and Ther., 1892, p. 56.
(2) D. van der Sluijs. — Stalislisch overzicht (1er (jevallen von tuberculose... aan bel abattoir te Amsterdam, l'idjs.voor Veeartsenijkunde, t. xxi. 1893, p. 1<*.
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culine en 1893-1894, dans 717 fermes, on trouve 7428 tuberculeux, soit une proportion de 61,6 p. 100 (1). A l’abattoir de Copenhague, on trouve 15-20 p. 100 de bovidés tuberculeux.
L 'Autriche ne fournit que peu de documents statistiques. De juin 1889 à mai 1890, on compte à Vienne, dans les six abattoirs d’un canton, 1514 bovidés tuberculeux, sur un total de 84238 abattus; soit une proportion de 1,80 p. 100. (Czokor.)
En Italie, la tuberculose est constatée dans toutes les provinces; elle est d’une fréquence extrême en nombre de régions. (Perroncito.) A l’abattoir de Milan, 10 p. lOOdes bovidés adultes sont tuberculeux.
En Roumanie, la maladie est fréquente. Al’abattoirde Bucharest, la proportion des tuberculeux, qui n’était que de 2 p. 1000, s’est élevée h 3 p. 100 depuis que l’on accorde une légère indemnité aux propriétaires (Vincent).
En Russie , la tuberculose est presque inconnue sur le bétail des steppes; d’après Woronlsoff, la maladie atteint seulement la proportion de 0,02 à 0,08 p. 100 chez les races locales, alors que le taux dépasse 2 p. 100 chez les sujets des races européennes importées. Les appréciations de Semmer (2) sont moins optimistes; d’après lui, il existe à coup sûr plus d’un demi-million de bovidés tuberculeux en Russie; en quelques localités, on compte plus de 30 p. 100 de malades. A l’abattoir de Moscou, la proportion des tuberculeux s’élève, en 1893, à 5,5 p. 100 pour les bovidés adultes et à 0,1 p. 100 pour les veaux.
En Afrique la tuberculose paraît être très rare chez les races indigènes du nord. Il résulte des documents réunis parTexier et Cochez (3) qu’en Algérie on trouve au plus un animal tuberculeux sur 10000; par contre, les animaux européens importés sont atteints beaucoup plus souvent. En Egypte , Piot estime à moins de 3 p. 100 le nombre des bœufs et des buffles tuberculeux; chez le chameau, la maladie est un peu plus fréquente. Dans le Transwaal la tuberculose est inconnue ou tout au moins extrêmement rare. (Théier.)
En Asie, la tuberculose est signalée au Japon, par Janson. La maladie n’est jamais constatée sur le bétail indigène ; au contraire, elle sévit largement sur le bétail importé, notamment sur les
(I) Bang. — La laite contre la tuberculose en Danemark. Trad. française de Gosse, broch., 189 j.
( ') Semmer. — Tuberculose und Perlsucht. Monatschrift fur Thierheilk., t. XVIII, 1893, p. 193.
(3) Texier et Cochez. — La tuberculose bovine dans l'Afrique du nord. Études sur la tuberculose, t. I, 1887, p. 339.
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races Shorlhorn, du Devon, d’Ayr, américaines et sur leurs croisements. Dans les abattoirs, les bovidés américains fournissent 50 p. 100 de tuberculeux.
Dans les Etats-Unis de l’Amérique du Nord, la tuberculose est surtout signalée dans les États de l’est; les foyers, encore limités, sont très irrégulièrement répartis. Dans l’Etat de Ncw-\ork, Blaine dit avoir trouvé, en 1887, 21 p. 100 de tuberculeux, sur un total de 4000 animaux examinés. Chez les laitiers et nourrisseurs, Law (1) rencontre un maximum de 98 p. 100 et un minimum de 5 p. 100. Les statistiques recueillies en 1892-1893, parla commission chargée de visiter le bétail des fermes, donnent des chiffres beaucoup moins élevés; la proportion des bêtes abattues par ordre, comme tuberculeuses, s’élève seulement à 0,8 p. 100 dans le Wctchester County, à 0,35p. 100 dans le Orange County et à l p. 100 dans le Worcester County (2). Dans les laiteries du Massachusetts, ïa proportion des vaches tuberculeuses est de 2 à 3 p. 100 (A. Peters). Le « Bureau of animal industry » évalue le taux de la tuberculose à 2, 5-3,5 p. 100 à Baltimore et à 0,02 p. 100 seulement «dans les centres d’expédition (3).
Au Mexique, la tuberculose serait très fréquente d’après Fleming, "qui porte la proportion à 34 p. 100 de l’effectif. Au Chili , la tuberculose est extrêmement répandue; elle décime les troupeaux, qui cependant viventen pleineliberté età l’état demi-sauvage (Broquard). Dans la République Argentine , la tuberculose, rare chez les animaux indigènes (5 p. 1000), décime les troupeaux améliorés qui comptent 10 et 15 p. 100 de malades. (Even.)
En Australie , une commission officielle évalue, en 1886, à 2 p. 100 au moins le nombre des bovidés atteints dans la colonie de Victoria ; dans les abattoirs et chez les bêtes du commerce, on trouve 10-20 p. 100 de tuberculeux.
b. Porc. — Beaucoup moins fréquente que chez les bovidés, la tuberculose du porc est observée principalement dans les pays où les sujets sont entretenus industriellement et nourris avec certaines matières d’origine animale (petit-lait, viandes ou résidus d’abattoirs).
En France, la maladie est rare. En Allemagne, au contraire, elle est assez souvent rencontrée. En 1893-1894, sur 2159302 porcs
(i) Law. — Tuberculosis in relation to Animal Industry. The vet. Journal, t. XXXVIII, .1804, |). T.iS.
(2j Aistin Peters. — Prevalrnce of tuberculosis. The Vet. Magazine. I. I, I89t, p. 483. (J) S. u les milliers il animaux américains importés et abattus à la Villelte en I su i , on «’a pas constaté un seul cas de tuberculose.
TUBERCULOSE
abattus, on compte 14266 tuberculeux, soit 0,66 p. 100 (contre 0,74 p. 100 en 1891-1892 et 1 p. 100 en 1892-1893); la proportion dépasse 3 p. 100 à Danzig, à Magdebourg et dans le Schleswig. En Saxe, la proportion est, en 1893, de 1,64 p. 100 (contre 0,84 p. 100 en 1890 et 1,07 p. 100 en 1891).
En Bussie, la tuberculose du porc augmente chaque année, chez les animaux améliorés par les croisements avec les races occidentales. A l’abattoir de Moscou, la proportion des tuberculeux atteint
c. Cheval. — La tuberculose du cheval n’est nullement menaçante ; elle constitue une maladie tout exceptionnelle. Dans les abattoirs, la proportion est comprise entre 1 p. 1000 et 1 p. 10 000.
cl. Mouton et chèvre. — L’infection est encore très rare chez ces espèces ; elle est à peine signalée en France.
En Allemagne , la maladie est constatée régulièrement dans les abattoirs. En 1893-1894 la proportion des moutons et des chèvres tuberculeux est, en Prusse, de 0,07 p. 100; en 1893, elle s’élève à 0,11 p. 100 en Saxe.
A l’abattoir de Moscou on compte, en 1893, une moyenne de 0,05 p. 100 chez les moutons.
e. Chez le chien et chez le chat la tuberculose, sans constituer une rareté clinique, est au moins tout exceptionnelle. A l' Ecolevétérinaire de Dresde, Eber rencontre la tuberculose chez 2.75 p. 100 des chiens et chez 1 p. 100 des chats morts ou abattus. Frôhner, à Berlin, constate la maladie chez 0,04 p. 100 des chiens et chez 1 p. 100 des chats présentés à sa clinique. Cadiot, à Alfort, donne une proportion, relativement élevée, de 1 tuberculeux pour 225 malades.
f. Chez les oiseaux de basse-cour la tuberculose est extrêmement fréquente; c’est par milliers que succombent les poules, les faisans et les sujets des autres espèces.
Les oiseaux de volière sont décimés aussi par la maladie. Chez le perroquet, la tuberculose, sous ses diverses formes, a été constatée à Berlin sur le quart des oiseaux présentés (170 cas sur 700 malades ; Frôhner).
Une constatation d’une extrême gravité ressort de ces études statistiques : la tuberculose bovine progresse sur tous les points.
Dans la Grande-Bretagne, les progrès de la maladie ont été si rapides, en ces cinquante dernières années, que certaines races sont menacées de disparaître à bref délai. Les familles les plus
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appréciées des Durhams, celle des « Duchess » notamment, sont infectées à un degré extrême. YValley, puis Fleming, ont signalé la trop évidente extension de la contagion. « C’est une conviction générale, dit Mac Fadyean, que la maladie n'a jamais été aussi répandue qu’aujourd’hui. »
Bang a montré, dans une excellente étude < l ), comment la tuberculose a envahi le Danemark. Jusqu’en 1789, l'affection n’est connue en Danemark que de nom ; Eric Viborg déclare n’en avoir observé aucun cas. En 1790, quelques vaches sont trouvées atteintes à Copenhague; en 1818, la maladie est encore extrêmement rare. Ce n’est que vers 1840 que la tuberculose se répand, apportée d’abord par des animaux du Schleswig et du Ilolstein; à partir de 1850, ce sont les Shorthorns qui sont importés en grand nombre, et, avec eux, l’infection gagne tout le pays.
En Allemagne, l’extension prise par la tuberculose en ces dernières années est rendue évidente par les statistiques recueillies. En Prusse, en Saxe, les moyennes générales augmentent régulièrement chaque année. Dans quelques abattoirs, la progression est d’une netteté absolue. A Leipzig, Rieck (2), puis Hengst, trouvent successivement :
Proportion de tuberculeux p. 100.
Bovidés
Années.
en général.
Taureaux.
Bœufs.
Vaches.
Les conditions de l’examen des animaux n’ont, pas varié pendant cette période.
Wilbrandt (3), à Schwerin, insiste également sur la progression régulière de la tuberculose. La statistique donne :
Proportion de tuberculeux p. 100.
Bovidés Taureaux
Années. en général. et bœufs. Vaches.
(1) Bang. — Die Tuberculose unter den Hausthieren in Danemark. Deutsche Zeitschrift
fur Thienn., t. XVI, 1890, p. 353.
(2) IU:-:ck.. — ■ Die Tuberculose unter den Rindern... Archiv für Thierhcilk., t.XIX. 1893, p. I.
(3) Wii.bhandt. — Ueber dieZunxhme der l’uberkulose unter demSchlachtrieh. Zeitschrift für Fleisch uud Milch hygiene, t. V, 1894, p. 8.
Nocard et Leclainchk.
TUBERCULOSE
bovidés Taureaux
Années. en général. et bœufs. Vaches.