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CHAPITRE XIV

ACTINOMYCOSE

L'actinomycose est due à la présence dans les tissus d un parasite appartenant au genre Streptotlirix ; elle est caractérisée par la présence de suppurations et de néoformations inflammatoires en divers milieux.

L’affection est observée le plus souvent chez les bovidés, sous une forme sporadique ou sous celle d’enzooties peu étendues. Elle se traduit parle développement de tumeurs envahissant les téguments et les parties sous-jacentes, ou, plus rarement, par des altérations portant sur divers parenchymes.

Historique. — Depuis très longtemps, les vétérinaires ont observé et décrit sous différents noms des tumeurs d’aspect particulier, siégeant chez les bêtes bovines au niveau des os de la mâchoire et de la face.

En 1826. U. Leblanc (1) donne une exacte description de ces tumeurs qu’il désigne sous le nom d ' ostéosarcome \ il les rapporte à l’action de traumatismes de divers ordres (coups de sabot ou d’aiguillon, coups de corne...). Cette, étiologie est acceptée dans la suite par la plupart des auteurs et quelques-uns seulement invoquent les diathèses cancéreuse (Lafosse, Zundel) ou tuberculeuse (d’Arboval, Delwart, Williams...).

dans les tumeurs « d'éléments en forme de bâtonnets », sans paraître attribuer à cette constatation aucune importance. Perroncito, en 1875, rencontre dans les mêmes tumeurs des « productions cryptogamiques, formées d’un disque proligère d’où partent des filaments courts, dont l’extrémité se renfle et devient globuleuse ». En même temps, Rivolta, revenant sur sa première étude, décrit les parasites comme des « corpuscules discoïdes composés de

(1) U. Leblanc. — ■ Tumeurs des mâchoires observées dans l'espèce bovine. Jouru. de tuécL vét., 1826, p. 333.

ACTINOMYCOSE.

bâtons rameux ». Deux ans plus tard, Bollinger (1) reprend ces recherches ; il démontre la présence constante, dans les tumeurs de la mâchoire du bœuf, d’un champignon parasite que le botaniste Harz dénomme actinomyces bovis et la maladie reçoit le nom d’ actinomycose.

Depuis cette époque, les observations d’actinomycose de la mâchoire se multiplient et l’affection est reconnue pour la première fois en France par Nocard, en 1884. Des altérations de même origine sont rencontrées chez le bœuf dans divers tissus, notamment dans la langue, le pharynx, la parotide, le poumon..., tandis que l’actinomycose est aussi constatée chez l’homme et chez diverses espèces domestiques.

En 1885, Thomassen, d’Utrecht, apporte une donnée nouvelle de la plus haute importance ; l’iodure de potassium exerce une action spécifique sur les lésions actinomycosiques ; il permet d’obtenir la guérison dans presque tous les cas. La valeur pratique de cette découverte reste d’abord méconnue et la médication iodurée ne s’impose qu’à la suite des expériences confirmatives de Nocard en 1892.

Bactériologie. — L' actinomyces bovis de Ilarz appartient au genre Streptothrix de Cohn et il peut être dénommé Slreptothrix bovis (2).

Dans les foyers de suppuration, l'actinomyces se présente ordinairement sous la forme d’amas jaunâtres, d’aspect mûriforme, constitués eux-mêmes par de petites touffes ayant environ 1/10° de millimètre de diamètre. Ces granulations sont formées d’une masse centrale filamenteuse et de ramifications divergentes terminées par des renflements en massue. Les filaments centraux forment un feutrage épais ; ils sont courbés, ondulés, ramifiés et représentent un véritable mycélium. La partie périphérique est formée par des crosses, ou massues, piriformes ou sphériques, constituées par un renflement de l’extrémité libre des filaments.

(1) Bollinger. — Ueber eine neue Pilzkrankheit beimRinde. Deutsche Zeitschr. f. Thierm.. t. III, 1877, p. 334.

;2) Pour se conformer aux règles de la nomenclature botanique, Sauvageau et Radais ont remplacé le nom de Streptothrix, antérieurement appliqué à un genre de champignon hyphomycète, par celui de Oospora, employé déjà par Wallroth. Ils séparent nettement le parasite des algues pour le ranger parmi les champignons hyphomycètes.

Sauvageau et Radais. — Sur les genres cladothrix, streptothrix, aclinomyces. Annales de l'Institut Pasteur, t. VI, 1892, p. 242.

Pour ce qui concerne la morphologie de l'actinomyces, consulter le travail de Coppen Üones — Ueber die Morphologie und systemalische Slelluny des Tuberkelpilzes. Centralblatt fur Bakter., t. XVII, 1895, p. 1 et IG (avec bibliogr.).

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