II. Inflammations testiculaires. — Chez les chevaux entiers
Nocakd et Leclaincue. 42
MORVE
la morve débute souvent par une tuméfaction inflammatoire de la région testiculaire survenant brusquement, en l’absence de toute cause appréciable. L’engorgement est chaud, douloureux, les enveloppes et le fourreau sont œdématiés, la marche est rendue pénible par les froissements exercés. En quelques jours, l’œdème se résorbe en partie et le testicule exploré se montre volumineux, dur et chaud, soit dans toute sa masse, soit seulement au niveau de l’épididyme et du cordon. La douleur provoquée est considérable lors d’inflammation étendue, en raison de la compression exercée par la tunique albuginée; elle se traduit par un mouvement fébrile, de l’inappétence et par l’expression angoissée du malade. Les altérations s’atténuent ensuite et passent à l’état chronique.
III. Il survient, pendant le cours de la morve, des arthrites et des synovites, fixes ou ambulatoires, à début toujours brusque, analogues dans leur évolution aux inflammations rhumatismales des mêmes séreuses. Chez quelques malades, des claudications subites apparaissent, continues ou intermittentes; elles surviennent en l’absence de toute lésion appréciable et sont dues, semble-t-il, à des douleurs d’origine musculaire ou osseuse.
IV. Les symptômes généraux expriment l’affaiblissement de l’organisme ; leur gravité est fonction de l’étendue des lésions organiques et de l’hygiène des malades. On observe la décoloration des muqueuses; la pituitaire est pâle, infiltrée; ses follicules distendus forment un piqueté à la surface. Le poil est terne et piqué ; les malades s’amaigrissent ; l’appétit est capricieux ; des œdèmes passifs se montrent aux membres et sous le tronc.
La température subit des oscillations étendues; à certains moments, on constate une hyperthermie de l°5-2°, qui apparaît à des intervalles irréguliers et qui persiste pendant deux à huit jours en moyenne.
Marche de la maladie. — La morve chronique affecte les types évolutifs les plus divers. Alors que certaines formes restent muettes pendant plusieurs années, d’autres sont exprimées par des lésions étendues et la marche est interrompue par des poussées subaiguës plus ou moins fréquentes.
Rien ne peut faire prévoir la rapidité de l’envahissement. L’état général du malade et les conditions de son entretien ne fournissent que des présomptions à cet égard. En thèse générale, les animaux adultes, vigoureux et bien nourris, résistent mieux que les sujets
LÉSIONS. 659
vieux et débilités ; mais il est à cette règle de nombreuses exceptions.
Une guérison complète est certainement possible au début de l’infection. La destruction des bacilles et la cicatrisation des lésions s’opèrent chez certains animaux en l’absence de toute intervention; elle est facilitée par diverses médications et notamment par les inoculations de la malléine (V. Traitement).