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I. Certaines lésions accessoires expriment les complications

LÉSIONS

<[111 interviennent pendant les dernières périodes de la maladie; on rencontre ainsi ordinairement les signes de l’asphyxie , plus exceptionnellement, ceux d’une pneumonie ou de l’infection purulente.

L’amaigrissement extrême se traduit sur le cadavre par des modifications profondes. La peau est intimement adhérente en toutes les régions; le tissu conjonctif paraît à la fois raréfié et densifié. Un simple épaississement indique les points où se sont développées les plaques cutanées; une coupe pratiquée à leur niveau montre une infiltration inflammatoire du derme; le tissu conjonctif est infiltré de cellules rondes qui obstruent les acini des glandes sudoripares. On rencontre sous la peau des exsudats gélatiniformes, peu étendus en surface, qui pénètrent dans les interstices des muscles et se prolongent a utour des vaisseaux et des nerfs.

Les muscles sont partout pâles et émaciés; ces modifications s’accusent davantage au niveau des masses de l’arrière-main et lors d’évolution lente. Les altérations de la fibre musculaire n’ont rien de spécifique; elles sont dues uniquement à l’inertie fonctionnelle. La graisse a totalement disparu. Le tissu osseux a subi des modifications profondes; les os sont fragiles ; leur substance spongieuse est friable, de coloration foncée en certains points, imprégnée dans d’autres par une matière gélatineuse; la moelle osseuse est liquide et de couleur foncée.

Les séreuses articulaires, injectées, renferment une synovie trouble, de teinte rosée. Parfois, les cartilages articulaires se montrent ramollis et recouverts d’érosions, tandis que les tissus extérieurs sont infiltrés et ramollis.

A l’ouverture de la cavité abdominale, on trouve un peu de sérosité citrine ou rosée. Les viscères ne présentent aucune altération spécifique. La rate est molle, assez volumineuse, mais son tissu conserve son aspect normal. Il existe de -la stase fécale dans le rectum et le côlon flottant, due à la paralysie des derniers instants. Les reins sont le siège d’une congestion passive ; le bassinet renferme un mucus épais.

Dans la cavité thoracique, on ne rencontre qu’un exsudât séreux dans les plèvres et dans le péricarde. Le myocarde est pâle, ramolli et friable.

IL Les ganglions lymphatiques sont toujours volumineux, infiltrés, ramollis; leur tissu laisse échapper, sur la coupe, un liquide citrin. Limitées tout d’abord aux groupes ganglionnaires de la cavité abdominale et du train postérieur, ces modifications

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gagnent peu à peu en avant, et tout le système lymphatique est envahi dans les formes à évolution lente. L’examen d’une coupe montre des foyers d’un gris foncé, dus à une infiltration des cellules par la matière colorante du sang, à la suite d’hémorragies capillaires. (Von Thanhoffer.)

III. Les organes génitaux présentent quelques modifications persistantes. Chez le mâle, on note la présence, dans la gaine vaginale, d’une petite quantité d’un liquide albumineux, contenant en suspension quelques coagula de fibrine. Au niveau de l’épididyme, des néo-membranes inflammatoires réunissent les feuillets (Martinet). Le testicule est petit, mou ; sa substance propre est remplacée par du tissu conjonctif infiltré. La muqueuse du pénis ne montre aucune trace de lésion ancienne. Chez la jument, la muqueuse du vagin est parfois épaissie en quelques points et marbrée de taches décolorées.

IV. Les altérations du système nerveux, portent principalement sur la moelle. Dans quelques cas seulement, on rencontre de l’épaississement de la dure-mère crânienne, une congestion de la piemère encéphalique et, plus rarement encore, de l’hydropisie ventriculaire. Les méninges rachidiennes renferment un liquide albumineux, roussâtre, surtout abondant au niveau des renflements brachial et lombaire; le liquide céphalo-rachidien, très abondant, a conservé son aspect normal.

Les altérations médullaires siègent le plus souvent au niveau des régions lombaire et sacrée; on peut cependant les rencontrer ailleurs , même quand elles sont étroitement localisées ; dans les cas où la paralysie a longtemps duré, ces lésions consistent en un ramollissement complet; Taxe médullaire est transformé sur une longueur variable, pouvant atteindre 6-8 centimètres, en une sorte de bouillie rougeâtre, diffluente. Quand la mort est survenue rapidement, le ramollissement peut manquer; on constate alors, sur une coupe, une asymétrie très nette et la présence de foyers de dégénérescence pigmentés, situés à la fois dans les deux substances. (Von Thanhoffer.)

L’examen histologique permet de préciser la nature de ces troubles (1). « La substance grise delà moelle se creuse de lacunes, les unes visibles, les autres invisibles à l’œil nu. Les espaces lymphatiques, périvasculaires et périneuraux se dilatent, puis se remplissent d'une masse gélatineuse et granulée (état criblé). Le

(I) L. von Tiianiioffeh. — Ueber Zuchtlühme. Broch. Buda-Pesth, 1882. — Analysé par Neumann, in Revue vét. , 1883, p. 92.

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long- des tubes nerveux, la névroglie est envahie par de grosses nodosités de couleur jaune, qui paraissent provenir de la myéline et dont la nature chimique est indéterminée; elles rejettent de côté les cylindres-axes et en amènent l’atrophie, au point d’en interrompre parfois la continuité. Dans les espaces périvasculaires et dans la névroglie, il y a des infiltrations sanguines d étendue variable. Des foyers de ramollissement plus ou moins volumineux •se montrent dans la substance grise, particulièrement dans les cornes antérieures. Par suite de la résorption, ils se transforment en lacunes de plusieurs centimètres de profondeur, dans lequelles on voit suspendus, isolément ou réunis, des débris de cellules nerveuses, des cylindres-axes, des vaisseaux sanguins. Enfin la syringo-myélite de la substance grise (myélite centrale) creuse parfois, au centre de la moelle, un canal de plusieurs centimètres de longueur.

» Dans la substance blanche se creusent également des lacunes, •donnant, à l’œil nu, l’aspect d’un crible ; elles sont dues à la dégénérescence graisseuse ou amyloïde des éléments ; les espaces lymphatiques périneuraux sont fortement dilatés; à la périphérie de la moelle, on trouve un anneau plus ou moins épais de tissu conjonctif, entourant quelques foyers de dégénérescence amyloïde. On note •encore une infiltration sanguine diffuse, étendue d’ailleurs aux deux substances et aussi la présence de corpuscules pigmentaires.

» Les vaisseaux capillaires de la névroglie se dilatent et deviennent variqueux, s’obstruent parfois et sont remplacés par du tissu fibreux. Leurs parois s’épaississent, s’infiltrent de pigment et il y a des épanchements sanguins. Les cellules nerveuses prennent une apparence fîbrillaire; leurs prolongements offrent des renflements moniliformes ou disparaissent par l'effet d’une dégénérescence hyaline d’abord, puis granuleuse et pigmentaire. Des cellules migratrices pénètrent dans les intervalles des cellules nerveuses et même en grande quantité dans celles-ci.

» Le noyau des cellules perd la netteté de ses contours ; il peut être remplacé par une, et plus souvent par deux taches arrondies, granuleuses. Des cellules migratrices pénètrent vraisemblablement dans son intérieur. Quant au nucléole, tantôt il grossit et s’entoure de granulations, tantôt il se subdivise lui-même en granulations. Les cylindres axes des cellules et des nerfs, parfois atrophiés, sont généralement épaissis et offrent des renflements inoniliformes.

» Les racines des nerfs sont altérées consécutivement à la ma-

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laclie de la moelle. Les cylindres-axes s’infiltrent de graisse ou disparaissent et la racine tout entière s’atrophie. Les nerfs eux-mêmes subissent quelquefois la dégénérescence graisseuse et on la retrouve jusque dans les sciatiques. » Dans les ganglions des racines supérieures, le tissu conjonctif est infiltré de cellules rondes, les cellules nerveuses subissent une dégénérescence granuleuse ; elles perdent leur noyau et s’infiltrent de pigment.

En somme, l’ensemble des altérations histo-pathologiques montre que les troubles peuvent être rapportés, soit à une myélite hémorragique centrale, soit à une syringo-myôlite, soit encore à des altérations de la substance blanche. L’inflammation atteint une partie plus ou moins étendue de la moelle et sa marche est également variable.

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