‹ Les maladies microbiennes des animaux (volume 2)Chapitre 141 sur 156 · I. — Symptômes · texte numérisé non relu

I. — Symptômes

Les accidents sont observés presque exclusivement chez les femelles adultes ; il est très rare de les rencontrer chez le mâle. On peut distinguer, suivant les modes de l’évolution, une forme chronique et une forme aiguë.

a. Forme chronique. — Les premiers troubles consistent en une diminution de l’appétit, avec irrégularité de la rumination; chez certains malades, on constate de l’amaigrissement; la peau est sèche, adhérente aux côtes ; le poil est terne, sec et piqué. La température reste normale ; la sécrétion du lait n’est diminuée qu’en quelques cas seulement.

Cet état persiste pendant plusieurs semaines ; puis apparaissent des signes plus précis. On note des coliques, accompagnées d'efforts de défécation et du rejet de matières excrémentitielles durcies. Le malade urine fréquemment; il rejette une petite quantité d’un liquide épais, trouble, de couleur brune ou rouge-brique, renfermant de petites masses blanchâtres qui se déposent en une couche sédimenteuse, plus ou moins épaisse, de couleur gris-jaune ou brune. Les reins sont sensibles à la pression; l’exploration de la région sous-lombaire, par le liane, est également douloureuse.

L’examen des organes génito-urinaires permet diverses constatations ; souvent, on rencontre dans le vagin des plaies anciennes, des cicatrices, des abcès sous-muqueux ; l’orifice uréthral est enflammé, rouge, turgescent ; la vessie est vide et rétractée,

PYÉLONÉPHRITE BACILLAIRE DES BOVIDÉS.

moins facilement dépressible qu’à l’état normal. Par l’exploration rectale, on décèle des lésions significatives des uretères et des reins. L’un des uretères se montre, en quelques cas, transformé en un cordon fibreux, dur, qui acquiert jusqu’au volume du bras d’un enfant. Les altérations du rein sont constantes; l’un des organes a doublé ou triplé de volume ; il est entouré d’un tissu œdématié ; la palpation des lobules provoque une douleur manifeste. Le rein du côté opposé est normal ou un peu augmenté de volume.

L’analyse chimique de l’urine montre que la réaction est fortement alcaline; le poids spécifique est élevé d’un tiers; le liquide contient de l’albumine et une forte proportion d’ammoniaque (phosphate ammoniaco- magnésien). L’examen microscopique montre quelques globules de pus, des hématies, des cylindres provenant des tubes urinifères et des cellules épithéliales du bassinet et de la vessie. Le dépôt sédimenteux est constitué en grande partie par des amas de la bactérie spécifique.

En quelques semaines, tous les symptômes s’aggravent et Tétât général est profondément modifié. Les coliques sont fréquentes; l’appétit est irrégulier ; des troubles digestifs surviennent ; les mictions, très fréquentes, aboutissent au rejet de 10 à 30 grammes d’une urine brune, épaisse et sédimenteuse. L’amaigrissement fait des progrès rapides, le poil est sec et terne; le malade, affaibli, est incapable de tout travail ; la sécrétion du lait diminue. A cette période, les animaux sont toujours sacrifiés.

6. Forme aiguë. — La maladie est annoncée par des symptômes généraux d’intensité variable; la température s’élève vers 39°, 5-40° ; l’animal est triste ; l’appétit est diminué ; on compte 90 à 110 pulsations et 20 respirations par minute. Le poil est terne et piqué ; les yeux sont enfoncés et sans expression ; le mufle est sec et chaud; la rumination est rare et peu prolongée. L’abdomen est volumineux; les pressions exercées au niveau des flancs occasionnent de la douleur. Des excréments durs sont rejetés fréquemment. Les mictions sont également répétées ; l’animal rejette une petite quantité d’urine d’apparence normale. La sécrétion du lait est ordinairement diminuée.

Après quatre à huit jours en moyenne, l’urine rejetée présente une coloration foncée, rouge-brun ; elle renferme une forte proportion d’albumine et des globules rouges. L’état général reste stationnaire ou s’aggrave. La rumination est presque complètement suspendue; on constate du météorisme permanent. L’exploration

LÉSIONS

par le rectum décèle l’augmentation de volume d’un rein; l’organe est peu ou pas douloureux à la pression. En quelques cas, l’urine reprend son apparence normale, tandis que les autres phénomènes persistent ou s’exagèrent; en d’autres, le liquide reste altéré, il fournit un dépôt de plus en plus abondant et la maladie passe à l’état chronique. En aucun cas, la guérison n’est obtenue; les rémissions sont suivies, d’une rechute prochaine et l’animal doit être sacrifié. Il est à remarquer que la disparition brusque des caractères anormaux de l’urine, parfois observée au cours de l’évolution, n’implique nullement la guérison ; elle est due à l’obstruction de l’uretère affecté et les autres symptômes persistent en s’aggravant.

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