‹ Les maladies microbiennes des animaux (volume 2)Chapitre 142 sur 156 · II. — Lésions · texte numérisé non relu

II. — Lésions

Les altérations portent, simultanément ou successivement, sur toutes les régions de la muqueuse urinaire, depuis l’orifice uréthral jusqu’au bassinet. En outre, on rencontre presque toujours des lésions contemporaines ou préexistantes des voies génitales : traumatismes du vagin ou du pénis, vaginite ou métrite catarrhales, abcès dans les parois de la vulve, du vagin ou dans le tissu conjonctif de la région. Enfin, on peut trouver encore des accidents de péritonite, locale ou généralisée.

La muqueuse de l’urèthre est œdématiée, épaissie, recouverte de taches ecchymotiques ; l’orifice vaginal est turgescent, recouvert d’un exsudât muqueux. La vessie est rétractée ; elle renferme un peu d’urine épaisse et un sédiment granuleux; sa muqueuse est congestionnée, épaissie, ponctuée d’ecchymoses d’un rouge-brun et recouverte parfois de coagula fibrineux adhérents, d’apparence croùteusc.

L’extension à l’uretère et au rein s’opère presque toujours d’un seul côté. L’uretère envahi forme un cordon volumineux, à parois fibreuses et épaisses ; le canal, rétréci par places, est obstrué par des bouchons fibrineux de couleur grise, imprégnés d’urine; la muqueuse, épaissie, recouverte d’ecchymoses montre des desquamations superficielles recouvertes d’un exsudât croûteux solidifié. Parfois, l’uretère est complètement obstrué, dans le voisinage du rein, par l’accollementetla soudure des parois enflammées ; l’urine accumulée distend la partie supérieure, confondue avec le bassinet en une cavité d’apparence kystique qui refoule et atrophie le parenchyme rénal comprimé.

Le rein, augmenté de volume, pèse jusqu’à 1500-2000 grammes;

PYÉLONÉPHRITE BACILLAIRE DES BOVIDES.

il revêt une teinte gris-jaune ; sa surface présente des taches eccliymotiques, disséminées ou confluentes, et des zones irrégulièrement étendues de teinte jaune. La capsule est parfois épaissie, infiltrée et séparée de l’organe par un exsudât séro-fibrineux. Le tissu du rein, congestionné et mou pendant les premières périodes, devient ensuite ferme et de consistance fibreuse; les deux substances sont nettement distinctes ; la zone corticale, de teinte pâle, présente des stries de couleur plus foncée ; la zone médullaire est hyperémiée et eccbymosée. Le bassinet et les calices sont dilatés; la substance propre du rein est souvent comprimée et considérablement amincie, dans toute la masse ou seulement au niveau de quelques lobules. Les réservoirs renferment des coagula fibrineux, imprégnés d’urine, mélangés à un sédiment pâteux et à du pus; la muqueuse qui les tapisse est considérablement épaissie; elle montre des ecchymoses et des foyers irréguliers de nécrose.

Les lésions du rein sont localisées, au début, à la muqueuse du bassinet et des calices ; l’épithélium est desquamé ; le derme muqueux est épaissi et congestionné; on trouve une infiltration abondante de cellules rondes dans le tissu sous-muqueux. Les tubes urinifères se montrent bientôt altérés au sommet des pyramides de Malpighi ; ils sont obstrués par des bouclions muqueux; leurs parois sont épaissies et œdématiées. En même temps, on note de la congestion généralisée du rein; les vaisseaux veineux sont ectasiés ; les gaines périvasculaires, les capsules glomérulaires, le tissu conjonctif interstitiel renferment de nombreuses cellules rondes. A une période plus avancée, il existe une néphrite interstitielle diffuse, avec prédominance des troubles sur certains lobules. Les néoformations conjonctives sont surtout abondantes dans le voisinage du bassinet et des calices, au pourtour des tubes et des vaisseaux, au niveau des glomérules dont les capsules sont fortement épaissies. Les microbes spécifiques sont rencontrés en abondance dans les exsudats et dans les couches superficielles de la muqueuse ; à un faible grossissement, après double coloration des coupes par le Gram et le picro-carmin, on les rencontre en amas feutrés dans le derme muqueux; dans les tubes, ils forment des bouchons qui obstruent en totalité la lumière du conduit. A une période très avancée seulement, ils gagnent de proche en proche pour atteindre les tubes contournés et les capsules de Bowman.

ÉTIOLOGIE.

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