MALADIE DES GROUSES
(Klein) (l).
Connue depuis plusieurs années en Angleterre, sous le nom de « Grouse-disease », la maladie frappe les grouses (Lagopas scoticus )
(1) Klein. — Ueber eine akule infektiose Krankheit des schollischen Moorhühnes. Centrait). f. Bakt., t. VI, 1889, p. 36. — Ein weiterer Beilrcig zur Kenntniss des Bacillus der Grouse-disease. id. , p. 593. — Ein fernerer Beitrag.... id , t. VII, 1890, p. 81.
LES SEPTICÉMIES HEMORRAGIQUES.
qui peuplent les étangs de l’Écosse et du nord de l’Angleterre. Alors que deux comtés seulement étaient envahis en 1887, la maladie sévissait en 1889 dans toutes les parties de l’Ecosse. C’est par milliers que les oiseaux succombent pendant les mois d’été et les pertes causées sont immenses. En effet, la chasse du grouse est un sport national et la location des chasses, dans les étangs d’Ecosse, est une source de revenus considérables. Klein évalue à deux millions et demi de francs la moins-value causée, en deux années, par la dépopulation des districts envahis.
La maladie est due à une bactérie, de forme et de dimensions un peu variables, très voisine, morphologiquement, de celle du choléra des poules. Elle se colore parles couleurs d’aniline et elle peut être cultivée dans les bouillons, sur la gélatine et sur l’agar.
Étude clinique.
Les grouses malades sont reconnus, par des observateurs exercés, dès les premières périodes de l’affection ; les oiseaux ont un vol mal assuré; ils décrivent des zigzags et ils se reposent fréquemment. Leur cri, qui est clair et caractéristique avant et pendant le temps de la ponte, devient enroué, notamment chez les coqs. Le plumage perd son poli et son brillant pour devenir mat et hérissé. La paupière, qui est normalement d’un rouge vif, prend une teinte foncée. — La maladie persiste ainsi pendant quelques jours; la faiblesse augmente; le vol est pénible et l'oiseau poursuivi est facilement pris. Les malades recherchent le voisinage de l’eau ; on les trouve sur les rives des ruisseaux, des étangs, des canaux, et c’est dans les mêmes points que l’on rencontre les cadavres.
A l’autopsie, on constate un amaigrissement extrême; l’intestin montre des ecchymoses sur la séreuse et de la congestion en quelques points de la muqueuse; la rate est petite et de couleur foncée. Le foie, gorgé de sang, présente il sa surface des points d’un gris jaune, correspondant à des foyers de nécrose. Les poumons sont enflammés. Le cœur renferme du sang coagulé.
On trouve les bacilles, en abondance, dans les pulpes du poumon et du foie.
Étiologie et étude expérimentale.
Les grouses seuls paraissent être exposés à la contagion naturelle ; les modes de l’infection sont indéterminés.