PRÉFACE
d’une ère nouvelle dont la fécondité a déjà dépassé les espérances des plus enthousiastes.
Si la doctrine microbienne, inébranlablement assise sur des données expérimentales positives et toujours vérifiables, n’a rien conservé des « théories médicales » d’autrefois, elle n’a pourtant rejeté aucun des faits que l’observation ancienne avait patiemment accumulés. Loin de vouloir supprimer la vieille clinique, elle a la prétention de l’enrichir; loin d’être « subversive des vérités antiques », elle les consacre en précisant à la fois leur déterminisme et leur signification.
On verra dans ce livre comment la notion du microbe pathogène a illuminé tout ce que l’ancienne étiologie, édifiée par l’observation séculaire, avait conservé d’obscur et de mystérieux. Ce ne sont pas seulement les problèmes de la virulence et de la contagion qu’a définitivement résolus le génie de Pasteur. Ce sont les pasteuriens aussi qui ont le mieux interprété l’influence de la prédisposition : « Pour obtenir une récolte, il ne suffit pas d’avoir une bonne semence, il faut encore la déposer dans un terrain bien préparé. Et c’est fort heureux pour l’humanité, qui n’échapperait aux invasions des grandes épidémies, — choléra, fièvre jaune, peste, etc., — que pour succomber fatalement à la tuberculose dont les germes se rencontrent aujourd’hui partout i »
Pénétration du microbe et réceptivité de l’organisme inoculé, — dépôt de la semence dans un terrain bien préparé, — ces deux termes résument toute l’étiologie des infections.
On ne trouvera pas dans ces pages toutes les maladies microbiennes des animaux ; il nous aurait fallu embrasser la pathologie vétérinaire presque tout entière. Nous avons dû laisser de côté les pneumonies, les angines, les affections typhoïdes, les complications des plaies (suppuration, septicémie gangréneuse, tétanos), etc... Par contre, nous avons traité d’affections dont le microbe est resté jusqu’ici méconnu ou insuffisamment déterminé. On ne saurait douter, en effet, de