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III. — Diagnostic

Sous la forme aiguë, la maladie peut être confondue avec la fièvre charbonneuse ou avec le charbon symptomatique ; sous la forme subaiguë, avec la péripneumonie ou avec la pneumonie sporadique.

a. La différenciation clinique reste possible avec le charbon symptomatique, les tumeurs ne se montrant jamais crépitantes, ni froides à leur partie centrale; mais elle est difficile en ce qui concerne la fièvre charbonneuse. Le mode d’évolution, les tumeurs, les accidents intestinaux, porteront toujours à soupçonner le charbon bactéridien. A l’autopsie seulement, l’aspect du sang et l’absence de tuméfaction de la rate donnent quelques indications, d’ailleurs peu précises.

L’examen du sang et des pulpes d’organes démontrera, sinon la présence des bactéries, au moins l'absence de la bactéridie. D'autre part, on recueillera des indications probantes en recourant aux inoculations, pratiquées à la fois sur le lapin, le cobaye et le pigeon. La bactérie de la « Rinderseuche » tuera à coup sûr le lapin, le pigeon et, souvent, le cobaye ; s’il s’agit du charbon symptomatique, le cobaye seul succombera ; enfin le lapin et le cobaye seront tués, tandis que le pigeon restera indemne, s’il s’agit de la fièvre charbonneuse. Les inoculations seront faites sous la peau, avec la sérosité recueillie au niveau des foyers hémorragiques.

b. Les localisations thoraciques pourront être confondues avec la péripneumonie, et, seule, l'autopsie assurera le diagnostic. Le

LES SEPTICÉMIES HEMORRAGIQUES.

diagnostic sera basé sur la répartition irrégulière des foyers hémorragiques, disséminés, et sur l’absence d’hépatisation véritable. L inoculation permettra de déterminer la nature des accidents.

Étiologie. — Étude expérimentale.

Modes de l’infection. — Toutes les parties de l’organisme sont virulentes, et aussi les déjections de toute espèce.

Les modes de l’infection, incomplètement déterminés, semblent comparables à ceux de la fièvre charbonneuse. La contagion est douteuse; elle joue tout au moins un rôle peu évident. Kitt a montré que le microbe cultive facilement dans les eaux de puits, contenant des matières organiques ; il pullule aussi dans certains terrains humides, riches en nitrates et couverts de plantes (Hueppe), à une température minima de 12-13°. Les germes, sans doute très virulents, sont ingérés enmême temps quelesalimcnts; ilspénètrent surtout au niveau de l'intestin.

Le rôle des sols est prépondérant ; les bactéries saprophytes acquièrent, sous certaines conditions demilieuetà certains moments, des propriétés pathogènes.

Modes de la pénétration du virus. — L’infection expérimentale par les voies digestives, par ingestion de matières animales virulentes ou de cultures, n’est obtenue que chez le lapin et la souris ; le virus serait donc notablement atténué par son passage dans les organismes ou dans les milieux artificiels. Par Y inoculation souscutanée de sang ou de cultures virulentes, on obtient l’infection chez de nombreuses espèces. Le lapin et la souris succombent en vingt-quatre heures environ. Le porc est aussi contaminé ; il présente des taches rouges cutanées et des exsudais liquides dans les séreuses. Le pigeon, le cobaye, le mouton, le bœuf et le cheval peuvent être également infectés. La poule a une faible réceptivité; Y inoculation intra-musculaire provoque des lésions locales, semblables à celles du choléra aviaire. La transmission à l’homme n’a jamais été signalée.

Résistance du virus. — Le sang, à la température de la chambre, conserve sa virulence pendant plus de trois mois.

Dans l’eau, le virus est détruit en dix minutes à une température de 80°, alors que, dans de minces morceaux de muscle, il résiste pendant une heure à la même température. Il paraît être très sensible à l’action de la dessiccation. Le sublimé corrosif à.

« BARBONE » DES BUFFLES. 39

1 p. 5000 tue en une minute, l’acide phénique à 3p. 100 en six heures seulement (Ilueppe).

Traitement.

Le traitement est toujours inutile dans les formes à évolution rapide. Contre la forme thoracique, on a conseillé les applications révulsives sur les parois de la poitrine et l’administration d acide chlorhydrique à l’intérieur; on prescrit, en même temps, 1 alimentation avec des fourrages verts, du thé de foin, des barbotages...

Prophylaxie.

Le mode habituel de l’infection par les fourrages permet de préciser la prophylaxie. Les pâturages infectés seront consignés, et, dès l’apparition de la maladie dans une étable, l’on donnera ■aux bovidés des aliments de provenance différente. Il sera toujours prudent d’isoler les malades et de désinfecter les objets souillés; les cadavres seront enfouis profondément, dans des endroits fermés à l'accès du bétail.

g 11. — « BARBONE » DES BUFFLES.

Le barbone est connu, depuis Metaxà comme une maladie contagieuse des buffles, se traduisant par des symptômes fébriles aigus et par des engorgements œdémateux en diverses régions.

La nature de la maladie est restée longtemps méconnue; la plupart des auteurs la considéraient, avec de Nanzio et Rigoni, comme une « angine charbonneuse », tandis qucTombari l’attribuait au miasme paludéen. Les études de Oreste et Armanni (1) montrent que le barbone est dû à un microbe tout à fait semblable, quant à ses caractères morphologiques et biologiques, à celui de la Rinderseuche et des affections du même type.

Piot (2) a bien étudié la maladie en Egypte, à la fois sur le buffle et sur le bœuf. En Hongrie, Reischig a fait quelques recherches expérimentales, qui démontrent l’étroite analogie du barbone et de certaines autres septicémies hémorragiques.

(1) Oreste et Armanni. — Studii e ricerche intorno al barbone dei buffali. Atti del R. Inst, d'incor. aile Sc. nat., 1887, t. VI. Analyse in Annales de l’Institut Pasteur, t. 1, 1887, p. 400.

(2) Piot. — Le Barbone du buffle. Bulletin de l’Institut égyptien, 1889

LES SEPTICÉMIES HÉMORRAGIQUES.

Bactériologie. — Dans le sang et dans les tissus des animaux, le microbe se présente sous la forme d’une bactérie presque ronde, à pôles plus colorés, avec un espace clair central difficile à percevoir. Dans le sang des lapins, des cobayes et des rats inoculés, la bactérie s’allonge, prend une largeur de 1 g environ, et l’espace central incolore devient plus apparent.

La coloration est obtenue avec toutes les couleurs d’aniline ; la bactérie se décolore par le procédé de Gram.

Les cultures s’opèrent dans le bouillon pur, gélatiné ou gelosé, avec des caractères analogues à ceux du microbe de la maladie de Bollinger.

L’inoculation tue le buffle, le bœuf, le cheval, le mouton, le porc, le cobaye, le lapin, le rat, la souris, la poule, le pigeon, le verdier Le chien et la grenouille sont réfractaires.

Espèces affectées. — La maladie n’est point spéciale au buffle , au moins en certaines régions. En Egypte, « son apparition est tout aussi spontanée sur le bœuf que sur le buffle et les pertes sont aussi nombreuses chez les deux espèces » (Piot). En Hongrie, la contagion au porc est fréquemment constatée.

Les autres espèces animales sont à l’abri de l’infection naturelle.

Distribution géographique. — En Italie, la maladie sévit sous une forme enzootique, dans les provinces de Salerne, de Rome, de la Terre de Labour, et dans les Pouilles. Les pertes qu’elle cause se chiffrent annuellement par plusieurs milliers de têtes ; à Salerne seulement, la perte est de 600 animaux par an ; en 1882, dans une seule exploitation de la province de Rome, plus de 500 buffles succombent en quelques jours sur un effectif de 1300 bêtes. En Hongrie, le barbone sévit aussi sur quelques points ; en 1892, on signale 237 cas avec 231 morts ( Düffelseuche ). En Egypte, la maladie est connue, dans le Delta, sous le nom d eKhounnaq (étranglement) ; elle apparaît chaque année, tuant, dans certains villages, 30 et 40 p. 100 des animaux. Enfin l'affection a été signalée à Java, par Driessens, et décrite comme une forme nouvelle de la peste bovine.

Étude clinique.

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