I. • — Symptômes
La maladie se présente sous deux formes, distinctes à la fois par la localisation et par le mode d’évolution des lésions. L’une, observée habituellement sur les bovidés, à évolution rapide et accompagnée d’œdèmes superficiels, est dite forme exanthèmalense ; l’autre, presque exclusivement rencontrée chez les animaux sauvages, plus lente dans son évolution, et traduite par des lésions pulmonaires, est dite forme pectorale (Bollinger).
a. Forme exanthémateuse (3). — Le début, toujours brusque, est marqué par la perte de l’appétit et l’élévation de la température (40-42°); on observe des frémissements de la peau, avec hérissement des poils; le mufle est froid et sec; la rumination est suspendue ; le pouls est vite; les muqueuses sont injectées. Bientôt apparaissent des engorgements, limités aux parties molles de la tête, au larynx,
(1) Burke. — The etiology of malignant sore-throat in cattle. The veterinary Journal, t. XXII, 188G, p. 238.
(2) Van Eecke. — Septichümia hiimorrhagica onder den veestapel in Nederlandsch-lndië . Geneeskundig Tijdschrift voor Nederl. -Indien, t. XXI, 1892, p. 304 et 405.
(3) « Exanthematische Form » de Bollinger. Il est à remarquer que l’expression estpiise dans le sens très étendu d’ « altération cutanée », acception qu’autorise la terminologie allemande.
LES SEPTICÉMIES HEMORRAGIQUES.
au cou, au fanon, à la langue...; les tuméfactions sont œdémateuses, chaudes, douloureuses. La seule présence des tumeurs détermine des accidents variés et parfois l’asphyxie.
A une période plus avancée, tous les symptômes s’exagèrent ; la faiblesse est extrême; les muqueuses sont cyanosées et couvertes d’ecchymoses; la respiration, gênée à la fois parles engorgements et par le météorisme, devient rare et pénible. En même temps, apparaissent des troubles intestinaux ; les malades font de fréquents efforts de défécation ; ils rejettent des excréments ramollis, de couleur foncée, puis des matières diarrhéiques striées de sang.
Dans une dernière période, agonique, le malade tombe sur le sol et succombe, par asphyxie ou par arrêt du cœur. L’évolution est complète en 12-60 heures en moyenne; 90 p. 100 des animaux affectés succombent.
b. Forme pectorale. — On a noté, dans quelques cas observés chez les bovidés, des signes de pneumonie ou de pleuropneumonie. La respiration est fréquente (jusqu’à 70 par minute),, dyspnéique, accompagnée de plaintes ou de gémissements. Les accidents intestinaux sont moins marqués que dans la forme précédente.
La maladie évolue en 5-8 jours (Putscher).
IL — Lésions.
a. Dans les formes à évolution rapide, on rencontre les lésions des diverses septicémies hémorragiques. Dans les séreuses, se trouve un transsudât séreux, rosé, en quantité variable ; les vaisseaux sont partout dilatés et gorgés de sang; dans les viscères et dans les muscles, on observe de petits foyers hémorragiques disséminés; des ecchymoses sont répandues sur les séreuses et sur les muqueuses. L’intestin est toujours altéré; il renferme un liquide fortement coloré par le sang ; les parois, épaissies, présentent de nombreuses taches ecchymotiques et la couche sous-muqueuse est infiltrée par un exsudât séreux. (. Entérite hémorragique.)
Les tumeurs sont constituées par des foyers hémorragiques et par une infiltration séreuse qui, surtout abondante dans le tissu conjonctif sous-cutané, pénètre entre les muscles, notamment au niveau de la tête et du cou. La muqueuse du larynx, celle du pharynx, la langue et les ganglions lymphatiques de la région sont infiltrés et tuméfiés.
MALADIE DES BOVIDÉS ET DES ANIMAUX SAUVAGES
b. Dans la forme pectorale, les altérations portent à la fois sur le poumon et sur la plèvre. On rencontre dans le poumon des foyers hémorragiques, de la grosseur d’une noisette à celle d’un œuf d’oie, entourés d’une zone de tissu œdématié. Anatomiquement, il existe des blocs de pneumonie lobulaire hémorragique, avec infiltration considérable du tissu interlobulaire par un exsudât sérofibrineux. La plèvre, épaissie, infiltrée et enflammée, est recouverte d’un exsudât fibrineux ; les cavités pleurales renferment une quantité très variable de liquide (2-25 litres).
En même temps il existe un certain degré d’entérite hémorragique et aussi, comme dans les formes précédentes, des lésions disséminées d’origine septicémique.
Dans le sang et dans les pulpes d’organes, on rencontre les bactéries spécifiques; toutefois, il est souvent difficile de les mettre en évidence par l’examen direct et immédiat.