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III. — Diagnostic

La pleuropneumonie septique simule surtout la péripneumonie, etle diagnostic différentiel est, à cet égard, delà plus haute importance. La marche de la maladie fournit un précieux élément pour le diagnostic; l’évolution des formes graves est toujours rapide et certains animaux succombent en moins de vingt-quatre heures.

La bronchite vermineuse sera facilement différenciée par la toux, forte et quinteuse, par le jetage et par l'absence des symptômes généraux. Chez les adultes, les lésions chroniques simulent la tuberculose limitée et les méthodes du diagnostic expérimental donneront seules des indications précises.

Le diagnostic post mortem présente encore quelque difficulté ; la présence de l’œdème du tissu interlobulaire et de l’hépatisation reproduisent les lésions de la péripneumonie.

Les altérations chroniques sont plus facilement différenciées de la tuberculose ; les foyers de pneumonie caséeuse coexistent avec des accidents de bronchite chronique et de sclérose du tissu interstitiel; de plus l’on ne rencontre ni les conglomérats saillants de la pommelière, ni les tubercules disséminés caractéristiques.

PLEUROPNEUMONIE SEPTIQUE DES VEAUX.

Étiologie. — Étude expérimentale.

Matières virulentes. — La bactérie pathogène se trouve dans le sang et elle envahit par conséquent toutes les parties de l’organisme; tous les produits de sécrétion ou d’excrétion sont également virulents. Dans les formes chroniques seulement, le virus est localisé au niveau des lésions spécifiques.

Réceptivité. — La réceptivité est surtout marquée chez les veaux , pendant les quatre ou cinq premiers mois; la résistance augmente ensuite avec l’àge. L’immunité n’est pas sûrement conférée par une première atteinte.

Modes de la contagion. — La maladie procède à la fois de l’infection et de la contagion. Il n’est pas douteux que, comme l’exprimait Poels, la bactérie ne soit un parasite facultatif, abondamment cultivé dans certains sols ; elle pénètre dans les organismes avec les fourrages, soit par les voies respiratoires, soit par les voies digestives. Galtier a retrouvé la bactérie dans les fourrages distribués à des animaux infectés.

La contagion joue également un rôle ; cependant il semble que les microbes aient perdu de leur virulence par un premier passage dans les organismes. La transmission est facilitée par les souillures des aliments, au contact des déjections virulentes. D’après Galtier, la maladie serait aussi le résultat d’une infection, pendant la vie fœtale, par des mères affectées de lésions chroniques.

Modes de la pénétration du virus. — L’infection expérimentale est réalisée par divers modes. L’inoculation sous-cutanée tue la souris en 50-60 heures; chez le lapin et le cobaye on provoque, suivant la dose inoculée et la virulence des bactéries, soit la mort après un temps très variable (un à quarante jours), soit un simple accident local. L'ingestion ne provoque qu’exceptionnellement la maladie chez le lapin et chez le cobaye; les produits très virulents tuent seuls, en vingt-quatre heures environ. La pénétration dans les voies respiratoires est un mode plus sévère; 1 inoculation dans la trachée ou dans le poumon tue rapidement le veau, le mouton, la chèvre, le porc, le lapin et le cobaye; dans tous les cas, on constate des lésions pleurales et pulmonaires étendues. L’inoculation intra-veineuse tue le lapin en

LES SEPTICÉMIES HEMORRAGIQUES.

quelques heures ou en quelques jours, avec des lésions hémorragiques disséminées. Injectées directement dans la plèvre ou dans le poumon, les bactéries provoquent une inflammation aiguë de la séreuse et une infection généralisée chez le veau (Poels), le lapin et le cobaye. L’inoculation intra-oculaire au lapin provoque seulement des accidents locaux (Galtier).

Pathogénie. — Introduite par le poumon ou par l’intestin, la bactérie pénètre rapidement dans le sang et elle cultive dans les parenchymes. Le passage au fœtus est très fréquent chez le lapin, le cobaye, la brebis et la vache.

Les microbes agissent sur l’organisme par l’intermédiaire de produits solubles. Galtier a provoqué, chez des lapins et des cobayes, les symptômes de la pleuropneumonie et la mort, en leur injectant des cultures stérilisées par le chauffage. Le passage sur le filtre Chamberland arrête les matières toxiques.

Comme dans toutes les autres septicémies hémorragiques, on constate chez les malades, soit des phénomènes généraux d’intoxication rapide, soit des accidents locaux de dégénérescence caséeuse.

Résistance du virus. — Le virus se montre très résistant aux divers agents. Il résulte des recherches de Galtier que, dans les cultures au contact de l’air, la virulence s’atténue seulement à partir de six à huit mois ; la dessiccation prolongée a le même effet. Les cultures jeunes sont détruites par Y ébullition, prolongée pendant deux minutes, alors que les cultures très vieilles (plus de neuf mois) résistent à cette action.

Les antiseptiques les plus efficaces sont : l'eau iodée et l’eau bromée ; les solutions à 4 : 100 d’acide sulfurique, d’acide chlorhydrique, d’acide phénique, et la solution à 1 : 1000 de sublimé.

Modifications de la virulence. — Immunisation. — Il existe de nombreux degrés dans la virulence, suivant la provenance des bactéries. Des microbes, affaiblis par un long séjour en culture, peuvent être renforcés par des passages successifs sur le lapin et le cobaye.

L’inoculation de cultures vieilles et atténuées ne provoque que des accidents peu graves ; elle ne confère pas l’immunité.

Galtier a immunisé le lapin et le cobaye par l’inoculation de cultures stérilisées par le chauffage à 100° pendant cinq minutes

PNEUMONIE CONTAGIEUSE DU PORC

Il a également obtenu un vaccin, en stérilisant les même cultures par l’essence de térébenthine. Les résultats expérimentaux obtenus ne sauraient être étendus encore à la prophylaxie de l’affection.

D’après Jensen, les poules qui ont été inoculées avec la bactérie delà pleuropneumonie posséderaient l’immunité contre le choléra des poules.

Traitement.

Les médications conseillées n’ont qu’une efficacité douteuse. On prescrira, dans les formes aiguës, les sinapismes, les inhalations phéniquées, l’administration d’antiseptiques dans les breuvages, la crème de tartre...

Les indications prophylactiques sont analogues à celles qui sont applicables aux affections similaires. Les fourrages et les eaux de provenance suspecte seront réservés aux animaux adultes; les veaux non sevrés seront entretenus sur des planchers et tenus parfaitement propres. On évitera la contagion par l’isolement des malades ; la désinfection des étables sera assurée par des arrosages avec la dilution d'acide sulfurique ou avec la solution acide de sublimé.

§ 14. — PNEUMONIE CONTAGIEUSE DU PORC

( Swine-p/ague . — Schweine-seuche).

La pneumonie contagieuse du porc est une maladie virulente, caractérisée par la présence de foyers de dégénérescence caséeuse dans le poumon et par des lésions généralisées d’origine septicémique.

Historique. — Dès 1877, Dctmcrs, Law, Billings, étudient dans les Etats-Unis de l’Amérique du Nord une maladie épizootique du porc, désignée sous les noms de hog-fever (Law) ou de swineplagne (Detmers).

Dans les nombreux travaux qu’il publie sur ce sujet, Billings regarde comme l’agent de la maladie une bactérie ovoïde, se présentant isolée ou associée en chaînettes, et signalée déjà par Detmers; il admet l’identité de l'affection avec le hoo-cholera de Salmon et la swine-fever de Klein (1).

dy I* • S. Billings. — Swine-plague, 1 vol., Lincoln, 1888.

LES SEPTICÉMIES HEMORRAGIQUES.

hn 1885, Lœfller différencie du rouget, sous le nom de Schweineseuche, une maladie infectieuse du porc, due à une line bactérie, analogue à celle de la septicémie des lapins et inoculable au lapin, a la souris et au cobaye. Schuetz (1) continue 1 étude de 1 affection et donne une description complète des lésions.

La même année, Salmon (2) commence l’étude de la swineplague américaine; il la différencie du liog-cholera, avec laquelle Billings persiste à la confondre, et il établit que la maladie est identique à la « Schweine-seuche » de Lœfller et Schuetz.

En outre des nombreux travaux auxquels la swiue-plague a donné lieu en Amérique, elle a été récemment étudiée en Allemagne par Bleisch et Fiedeler (3), qui ont recueilli des faits intéressants quant au mode de la contagion, et par Walther(4), qui donne une description assez complète des symptômes observés.

Bactériologie (5). — La bactérie de la swine-plague est identique à celle du choléra des poules. Le microbe est immobile; il cultive à la fois en présence et en l’absence de l’oxygène. Ses réactions colorantes sont identiques à celles des agents du même groupe.

Dans les bouillons , la bactérie cultive lentement; elle se développe plus rapidement dans un milieu acide. Sur gélatine, par piqûre, on obtient des colonies rondes, qui se réunissent pour former une ligne granuleuse d’un blanc sale; la gélatine n’est pas liquéfiée. Sur agar et sur sérum gêlatinisé, on obtient des cultures peu épaisses, semi-transparentes, de teinte bleuâtre. Sur pomme de terre, il ne se produit aucun développement.

L’inoculation tue le lapin et la souris ; plus difficilement, le cobaye, le pigeon, la poule et le porc.

Répartition géographique. — La pneumonie contagieuse n a été signalée jusqu’ici qu’en Amérique, en Allemagne et dans quel-

(1) Schuetz. — Ueber die Schweineseuche. Arehiv f. wissens. u. prakt. Thierh., t. XII,

(2) Voir notamment : Salmon et Smith. — Spécial Report on llie cause ancl prévention of swine-plague. 1 vol., Washington, 1891.

(3) Fiedeler et Bleisch. — Die Schweineseuche in Krzanowitz. Arehiv f. viss. u. prakt. Thierh., t. XV, 1889, p. 321.

(4) Walther. — Ueber Schweineseuche. Sachs. Bericht pro 1888, p. 60.

(5) La plus grande confusion existe quant à la caractéristique biologique de l’agent de la swine-plague et à sa différenciation de celui du hog-cholera. Les principaux caractères distinctifs consisteraient en l’absence de mobilité du premier et en la stérilité des ensemencements sur pomme de terre. D’après ce critérium, le microbe de Billings, mobile et cultivable sur la pomme de terre, se rapprocherait plutôt du microbe du hogcholera.

Voir parmi les travaux les plus récents : Welch and Clement. — Remarks on Hog choiera and Swine-plague . Broch., 1894.

PNEUMONIE CONTAGIEUSE DU PORC

ques districts de la Hongrie. 11 est douteux néanmoins que ces localisations soient exclusives et la maladie doit rester confondue, en de nombreux points, avec les affections similaires.

Dans Y Amérique du Nord, elle sévit particulièrement dans le Nebraska, l’Iowa, l’Illinois, le Maryland, le New-Jersey, le Missouri... En la plupart des régions, elle coexiste avec la pneumo-entérite et les pertes qu’elle cause n’ont pu être encore appréciées dans les documents officiels.

En Allemagne, elle a été constatée dans le Mecklembourg, la liesse (Lorenz), la Silésie à l’état d’enzooties limitées.

Étude clinique.

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