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II. — Mesures sanitaires

L’étude étiologique de la péripneumonie permet de prévoir l’efficacité certaine d’une intervention sanitaire. Toujours la maladie procède de la contagion; presque toujours, la transmission s’opère par un contact intime et prolongé. Les indications prophylactiques ne tendent donc plus à une défense, contre une infection toujours imminente, mais au contraire à une attaque, destinée à détruire les derniers foyers de la contagion.

Une première mesure s’impose à l’évidence, l’abatage des animaux reconnus infectés ; ceux-ci constituent un danger permanent au point de vue sanitaire; d’autre part, la gravité de la maladie et l’incertitude d’une guérison complète sont des indications suffisantes au point de vue économique.

Par contre, les mesures applicables aux bovidés contaminés sont encore discutées et les différentes législations sanitaires en vigueur imposent à ceux-ci des régimes très différents.

(1) Voir les Comptes rendus des Congrès vétérinaires de Hambourg (1863), de Bruxelles (1883) et de Paris (1839), et notamment : Butel. — Prophylaxie de la péripneumonie contagieuse. Comptes rendus du Congrès de Paris, 1889, p. 237.

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On peut reconnaître à cet égard quatre « systèmes » différents, qui comportent, avecYabatage des malades :

1° La surveillance des contaminés.

2° L'inoculation des contaminés.

3° L'inoculation préventive des animaux aptes à contracter la maladie.

A0 L'abatage des contaminés.

Tous ces systèmes ont été ou sont encore appliqués; les jugements portés sur leur efficacité seront appuyés sur des documents statistiques suffisamment probants.

1° Abatage des malades et surveillance des contaminés. — La mise en surveillance des animaux exposés à la contagion comporte, avec l’examen fréquent des sujets, l'interdiction de leur vente et la réglementation de leur utilisation. Cette surveillance ne peut être exercée utilement que dans un pays qui possède une organisation sanitaire complète; de plus, elle est très onéreuse pour les propriétaires, qui ne peuvent ni acheter de nouveaux animaux, ni vendre ceux qu’ils possèdent, autrement que pour la boucherie. Dans une étable qui comprend un assez grand nombre de bovidés, la mise en interdit pourra être indéfiniment prolongée, en raison de l’apparition successive, à des intervalles plus ou moins éloignés, de nouveaux cas de maladie.

En admettant qu’il puisse être intégralement appliqué, ce système est fatalement impuissant au point de vue de la prophylaxie. Quelle que soit la durée de la période d’observation, un certain nombre de sujets affectés échappent toujours à l’examen le plus minutieux. Ces animaux, porteurs de lésions très limitées, sont vendus ensuite et ils créent de nouveaux foyers de contagion.

L’inefficacité de la méthode est démontrée parles faits. Appliquée en Prusse et en Autriche, où l’inoculation, bien que tolérée par les lois, ne s’est jamais répandue, elle n’a donné que des résultats insuffisants ou nuis. La Prusse, en dépit de sa puissante organisation sanitaire, n a pu détruire complètement les anciens foyers de la maladie ; les quelques succès obtenus doivent être attribués à 1 application partielle de l’abatage total, autorisé sous certaines conditions par la loi de 1880.

Péripneumonie en Prusse de 1880 à 1888.

Années. 1880-81 1881-82 1882-83 1883-84 1884-85 1885-86 1886-87 1887-88

Bovidés abattus. 1740 1982 2079 3070 3252 18G4 1G88 2041

L Autriche n a obtenu, parle même système, aucune amélioration

PÉRIPNEUMONIE.

de son état sanitaire; en ces dernières années, le chiffre des malades a notablement augmenté :

Péripneumonie en Autriche.

Années. 1881 1882 1883 1884 1885 1886 1887 1890 1891

Nombre des malades. 1633 1060 901 1358 1740 1502 1686 2028 1794

En 1892, l’Autriche a recours à l’abatage total des malades et des contaminés.

2° Abatage des malades et inoculation des contaminés. — L'inoculation est pratiquée sur les bovidés exposés à la contagion (inoculation de nécessité ); son but est de mettre à l’abri de la contagion ceux des animaux exposés qui y auraient échappé jusqu’alors. Ce système constitue un progrès évident sur le précédent, mais il n’en évite qu’en partie les graves inconvénients.

Pour que l’inoculation de nécessité donnât des garanties suffisantes, il faudrait que tous les animaux qui y sont soumis fussent réellement immunisés. Or, il ne peut pas en être ainsi. L’inoculation ne confère pas,, dans tous les cas, une immunité absolue à l’égard de la contagion naturelle, et, circonstance beaucoup plus grave, beaucoup d’entre les inoculés ont déjà le germe de la maladie au moment de l’opération. Chez ceux-ci, la maladie va continuer son évolution, parfois sous une forme atténuée qui sera difficilement décelée. Sortis des étables infectées, ces malades iront diffuser la contagion, avec d’autant plus de facilité que, porteurs des stigmates de l’inoculation, ils seront considérés comme réfractaires à l’infection. C’est parla fausse sécurité qu’elle donne, bien plus que par les pertes qu’elle occasionne, que la méthode de l’inoculation de nécessité se montre insuffisante et défectueuse.

En Belgique, où l’inoculation, bien que non ordonnée par la loi, est largement pratiquée depuis longtemps, la péripneumonie n’a pas cessé ses ravages; l'abatage total des malades et des contaminés, employé depuis quelques années, a seul empêché la création de nouveaux foyers.

En France, l’exemple est tout aussi probant; il y a plus de douze ans que la loi prescrit l’abatage des malades et l’inoculation des contaminés, des millions ont été dépensés et cependant la maladie persiste, dans quelques foyers anciens, avec la même gravité.

L’on ne saurait nier pourtant qu’une grande amélioration n’ait été obtenue; le nombre des animaux malades abattus sur tout le territoire était de 2262 en 1885, de 2313 en 1890; il s’abaisse à 755 en 1893 et à 813 en 1894. Si l’on met à partie département delà Seine,

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où les conditions d’entretien des animaux sont toutes spéciales, les résultats sont encore plus manifestes; au lieu de 1735 malades abattus dans les départements en 1885, on n’en compte plus que 174 en 1893 et seulement 101 en 1894. Le foyer des Basses-Pyrénées, si grave en 1883-84, est complètement éteint depuis 1892; celui du Nord et du Pas-de-Calais est considérablement réduit. Dans la Seine, au contraire, les conditions dans lesquelles s’exerce 1 industrie des laitiers-nourrisseurs ont rendu impuissants tous les efforts du service sanitaire; le renouvellement incessant des animaux; les difficultés de l’isolement et de la désinfection; la nécessité du repeuplement; la faculté qu’ont les propriétaires de disposer librement des animaux contaminés après trois mois de surveillance, expliquent aisément ce fâcheux état de choses; ils rendent urgente l’ élaboration d’un régime sanitaire spécial au département.

3° Inoculation préventive des animaux sains et abatage des malades. — Dans ce système, l’inoculation est étendue, préventivement, à tous les animaux qui pourront être exposés à la contamination, c’est-à-dire à tous les bovidés des régions infectées ( inoculation de précaution). De plus, les animaux sont considérés en bloc comme suspects ; ils ne peuvent franchir le périmètre de la zone frappée d’interdiction que pour être conduits, sous une surveillance spéciale, dans des abattoirs déterminés.

Ainsi pratiquée, l’inoculation ne présente plus aucun des inconvénients précités ; sans doute, les foyers seront moins rapidement éteints par ce procédé que par l’abatage des malades et des contaminés, mais, inévitablement, le nombre des malades diminuera chaque année et la maladie finira par s’éteindre.

Cette méthode a été appliquée pour la première fois en Hollande, dans le Spoeling-district. En raison du nombre considérable des animaux atteints dans les distilleries, le gouvernement hollandais hésitait à étendre à ce district l’obligation de l’abatage des contaminés, en vigueur depuis 1870 dans le reste de l’État. Aux termes de l’Ordre du 17 août 1878, tous les bovidés existant dans leslocalités déclarées infectées, et tous ceux qui y sont introduits, sont inoculés et marqués ; ils ne peuvent sortir des étables que pour être abattus.' Les résultats obtenus sont immédiats; en cinq années à peine, la péripneumonie a presque complètement disparu :

Année». 1878 1879 1880 1881 1882 1883 1884 1885

Animaux inoculés.. 34.784 24.396 22.407 24.594 22.172 14.563 4.769 286

Animaux malades., 1.208 475 177 267 184 153 134 59

Dès 1884, 1 abatage général est obligatoire dans loutcla Hollande, le

PÉRIPNEUMONIE.

Spoeling-district y compris, el la contagion est définitivement vaincue.

Une expérience analogue a été réalisée en Belgique, en 1885, dans un faubourg d’Anvers, Borgerhout, dont les nombreuses étables étaient, depuis un long temps, envahies en permanence par la péripneumonie. Sur l’initiative de M. Dèle, « la plupart» des animaux furent soumis à l’inoculation ; la péripneumonie disparut de toutes les étables dans lesquelles l’opération fut pratiquée.

En 1890, une nouvelle tentative, non moins probante, est faite en France, à Levallois-Perret. Cette petite commune compte, en moyenne, huit cents vaches laitières, réparties en cinquante-six étables. Toutes ces étables, sauf trois, sont infectées ou l'ont été récemment; on y enregistre chaque mois de douze à quinze nouveaux cas de péripneumonie. Le 11 mars 1890, une ordonnance du Préfet de Police déclare la commune entière infectée de péripneumonie; on inocule obligatoirement tous les animaux existants dans la commune (722) et tous ceux qui y sont introduits par la suite (588). Dès le mois d’août 1890, l’épizootie pouvait être considérée comme éteinte ; on n’observait guère plus d’un malade par mois; le plus souvent, il s’agissait d’un sujet nouvellement introduit possédant déjà le germe du mal, ou d’un de ses voisins d’étable, contaminé en dépit d’une inoculation plus ou moins ancienne.

4° Abatage des malades et des contaminés. — Ce système, aussi simple que radical, comporte l’abatage des malades et celui de tous les bovidés qui, directement ou indirectement, ont été exposés à la contagion. Théoriquement parfaite, la méthode a été employée plusieurs fois déjà, dans les conditions les plus diverses ; partout et toujours elle a triomphé rapidement de la contagion.

En Hollande, le principe de l’abatage général est inscrit dans la loi dès 1872; toutefois, iln’estappliquécomplètement qu’à partir de 1877. Les chiffres suivants traduisent éloquemment les résultats obtenus :

ANNÉES

BOVIDÉS

ABATTUS

ANNÉES

BOVIDÉS

ABATTUS

malades

contaminés

malades

contaminés

MESURES SANITAIRES

En Suède déjà, le même système avait été appliqué en 1849 et en 1856 ; dans les deux cas, la péripneumonie importée avait rapidement disparu. En Danemark aussi, la maladie est six fois signalée de 1848 à 1886, à la suite d’une importation de bétail affecté ; toujours elle est promptement extirpée dans les premiers foyers constatés. Dans le grand-duché de Bade, en Suisse, dans le Luxembourg, la péripneumonie est combattue par le même moyen et elle disparaît en quelques années.

Jusqu’ici toutefois, le système héroïque de l’abatage total n est appliqué qu’en de petits États, dans lesquels la surveillance sanitaire est relativement facile, et il est permis de se demander si de grands pays pourraient tenter pareille œuvre avec un même succès. Une réponse péremptoire est donnée par l’exemple de la Grande- Bretagne et des États-Unis d’Amérique (1).

En 1886 et en 1887, on compte chaque année deux mille cinq cents bovidés atteints de péripneumonie, en Angleterre et en Écosse. Les mesures sanitaires alors en vigueur, qui ordonnent l’abatage des malades et la surveillance des contaminés, n’ont pu enrayer la contagion ; à l’exception du pays de Galles, toute la Grande-Bretagne est envahie. Un Ordre du 6 mars 1888, prescrit l’abatage en masse (stamping-out) des malades et des contaminés et l’indemnisation des propriétaires sur les fonds locaux. Du 10 mars 1888 au 1er septembre 1890, on abat plus de trente mille animaux, dont vingt-cinq mille sont simplement contaminés ; cependant, le nombre des malades reste sensiblement le même et le chiffre hebdomadaire des invasions nouvelles n’a pas varié.

Les autorités sanitaires du Royaume-Uni ne se trompèrent pas sur la signification de ces résultats ; un échec dans la mise en pratique de mesures théoriquement parfaites ne pouvait être imputé qu’à des défauts graves dans l’application. Il est indispensable, pour que le « stamping-out » produise tous ses effets, que tous les animaux sortis d’un foyer soient poursuivis, retrouvés et abattus avant qu’ils aient pu créer de nouveaux centres d’infection ; il faut aussi qu’une enquête permette de découvrir l’origine de la contagion et de détruire le foyer originaire. Pour remplir en temps utile cette double mission, les autorités locales sont inévitablement insuffisantes. Cette constatation faite, il devenait nécessaire de retirer aux administrations locales les pouvoirs qu elles ne pouvaient convenablement exercer; un Act du 4 juillet 1890 confère au « Conseil

(1) Nocaho. La lutte contre la péripneumonie en Angleterre. Bulletin de la Soc. centr. de méd. vét., 1 89?, p. 82.

PÉRIPNEUMONIE.

de l’agriculture» des pouvoirs suffisants pour appliquer directement les mesures prescrites par l’Act de 1888.

Les résultats obtenus sont immédiats ; le chiffre des animaux atleints, qui était encore de 2057 en 1890, tombe successivement à 778 en 1891, à 130 en 1892 et à 30 en 1893.

Un exemple semblable est fourni par les Etats-Unis d’Amérique. Vers 1886, la péripneumonie, localisée d’abord aux Etats de l’est, a gagné les centres d’élevage de l’ouest; elle cause des pertes immenses dans les étables des distilleries de Chicago; dans le Kentucky seulement, on évalue les pertes subies à cinquante millions de francs. Jusqu’en 1887, les divers Etats ordonnent simplement l’abatage des malades et aucun résultat n’est obtenu. Une loi fédérale du 3 mars 1887 applique alors à la péripneumonie le système de l’abatage général des malades et des contaminés. Dès la fin de 1887, la contagion a disparu de l’Illinois, du Massachusetts et de la Colombie; un an plus tard, on ne constate plus que quelques foyers limités dans le Maryland, le New-Jersey ét le New-York. Les chiffres suivants indiquent les progrès réalisés :

Animaux abattus

malades. . . 1.342

contaminés. 1.576

Totaux.

Il ressort de l’exposé qui précède que deux systèmes sanitaires possèdent une réelle valeur ; l’un comprend, avec l’abatage des malades, l’inoculation préventive de tous les bovidés dans la zone infectée ; l’autre consiste en l’abatage général des malades et des contaminés.

Il est facile de préciser les indications spéciales de chaque système. Alors que la péripneumonie sévit en des foyers peu étendus, môme nombreux et disséminés, l’abatage total s’impose comme la mesure la plus efficace et la plus économique. Par contre, le stamping-aut ne saurait être appliqué d’emblée dans des régions gravement infectées, renfermant une population très dense et fréquemment renouvelée. Ces derniers foyers doivent être attaqués d’abord par le système de Y inoculation préventive généralisée ; après quelque temps, alors que la maladie est devenue moins fréquente, on achève l'extinction par l’abatage total.

La France est actuellement placée dans des conditions sanitaires en tout analogues à celles que présentait la Hollande en 1872. Avec des foyers disséminés peu étendus, justiciables de l’abatage total,

LÉGISLATION

il existe deux graves foyers d’infection; l'un, de beaucoup le plus important, occupe le département de la Seine et les communes limitrophes du département de Seine-et-Oise ; l’autre, comprend les départements du Nord et du Pas-de-Calais. Ce dernier foyer est à la veille de disparaître, grâce à l’abatage général. Quant au département de la Seine, il doit être déclaré en état d'infection; cette mesure permettra de soumettre à l’inoculation préventive tous les bovidés actuellement entretenus, comme tous ceux qui seront introduits; elle permettra en outre d’en interdire la vente pour une destination autre que la boucherie. Après deux ou trois années au plus, il sera possible de substituer l’abatage total à ces mesures préparatoires et de détruire, à coup sûr, un des plus graves et des plus anciens foyers de la péripneumonie en Europe.

Presque toutes les nations ont compris que 1 heure était venue de supprimer la péripneumonie de la liste des contagions permanentes. Des États gravement envahis et difficiles à défendre, comme l’Autriche, n’ont pas craint de recourir récemment à l’abatage total. L’administration française semble résolue à suivre cet exemple; on peut hardiment lui prédire un succès complet et rapide.

Législation. — En France , les mesures applicables à la péripneumonie sont indiquées par les articles 9 et 17 de la loi de 1881 et par les articles 21, 28, 65, 66, 70 et 84 du décret de 1882.

« Dans le cas de péripneumonie contagieuse, le Préfet devra ordonner Yabalage , dans le délai de deux jours, des animaux reconnus atteints de cette maladie par le vétérinaire délégué, et Y inoculation des animaux d’espèce bovine, dans les localités reconnues infectées de cette maladie. Le Ministre de l’agriculture aura le droit d’ordonner l’abatage des animaux d'espèce bovine ayant été dans la même étable, ou dans le même troupeau, ou en contact avec des animaux atteints de péripneumonie contagieuse. » (Art. 9, loi.)

« Il est accordé aux propriétaires d’animaux abattus pour cause de péripneumonie contagieuse ou morts par suite de l’inoculation, en vertu de l’article 9, une indemnité ainsi réglée : La moitié de leur valeur s'ils en sont reconnus atteints; les trois quarts, s’ils ont été seulement contaminés; la totalité, s’ils sont morts des suites de l’inoculation de la péripneumonie contagieuse. L’indemnité à accorder ne peut dépasser la somme de 400 francs pour la moitié de la valeur de l’animal; celle de 600 francs pour les trois quarts, et celle de 800 francs pour la totalité de la valeur. » (Art. 17, loi.)

Les bovidés contaminés sont soumis à la surveillance sanitaire pendant li ois mois au moins, à compter de la date du dernier cas constaté.

A la frontière, les animaux malades sont abattus; les contaminés sont repousses, après avoir été marqués.

Les veaux nés dans une étable infectée sont abattus par ordre du Préfet ;

PÉRIPNEUMONIE.

il csl accordé une indemnité égale aux trois quarts de la valeur. T lois le propriétaire est autorisé à conserver les animaux jusqu’à ce

Toutequ’ils

puissent être livrés à la boucherie ; dans ce cas, aucune indemnité n’est allouée. (Instruction du ministère de l’agriculture du 7 juin 1890.)

En Algérie, les bovidés malades et contaminés sont abattus. Il est accordé une indemnité de la moitié de la valeur pour les malades et des trois quarts pour les contaminés. Les indemnités ne peuvent dépasser la somme de 200 francs pour la moitié de la valeur et celle de 300 francs pour les trois quarts (Décret du 12 novembre 1887.)

En Allemagne , les bovidés malades ou suspects sont abattus. Il est accordé une indemnité égale aux quatre cinquièmes de la valeur pour les animaux reconnus atteints à l’autopsie, et à la totalité de la valeur pour ceux qui sont trouvés indemnes. (Loi du 23 juin 1880.)

En Autriche , les bovidés malades, suspects ou contaminés sont abattus. Il est accordé une indemnité égale aux dix-neuf vingtièmes de la valeur pour les animaux malades, suspects ou contaminés, et une indemnité totale pour les animaux abattus comme ayant pu être contaminés. (Loi du 17 août 1892.)

En Belgique, les animaux affectés sont abattus. Le ministre peut ordonner l’abatage des bêtes suspectes, dans le cas où des foyers importants viendraient à s’établir, dans des conditions telles que l’abatage des animaux atteints serait reconnu insuffisant pour éteindre ces foyers. Dans les localités et les exploitations où règne habituellement la péripneumonie contagieuse, aucune bête bovine ne peut être introduite dans les étables ou les autres locaux affectés à l’engraissement, sans avoir été soumise, au préalable, à une quarantaine de quinze jours, dans un local isolé et desservi par un personnel spécial. (Arrêté du 20 septembre 1883.)

Il est accordé pour les malades abattus une indemnité du tiers delà valeur, avec un maximum de 200 francs (Arrêté du 3 juin 1890) ; pour les suspects, l’indemnité est égale à la moitié de la valeur sans pouvoir dépasser 300 francs. (Arrêté du 6 juillet 1887).

En Danemark, tous les bovidés atteints et ceux qui ont pu être contaminés sont abattus. Il est accordé une indemnité égale aux quatre cinquièmes de la valeur. (Loi du 14 avril 1893.)

Dans la Grande-Bretagne , tous les animaux malades et tous ceux qui ont pu être en contact, direct ou indirect, avec les malades ou leurs produits sont abattus (Ordre du 6 mars 1888). Le ministère de l'agriculture possède tous les pouvoirs relatifs à l’exécution de ces mesures ; les indemnités, payées sur les « fonds de l’empire », sont calculées d’après la valeur entière des animaux. (Act du 4 juillet 1890.)

En Hollande, tous les bovidés atteints et contaminés sont abattus. L’indemnité est égale à la moitié de la valeur pour les malades et à la totalité de la valeur pour les contaminés. Dans les communes infectées, tous les bovidés sont marqués et surveillés par des agents assermentés. (Loi du 20 mai 1890.)

En Hongrie, les bovidés malades ou suspects sont abattus; le ministre de l’agriculture peut ordonner l’abatage des animaux exposés à la contagion. 11 est accordé, pour tous les animaux abattus, une indemnité dès neuf-dixièmes de la valeur. (Loi et Ordre du 1er mars 1893.)

LÉGISLATION

En Roumanie , les animaux atteints de péripneumonie sont abattus et les suspects sont séquestrés. Le ministre de l’intérieur peut, sur l’avis de la commission sanitaire, ordonner l’abatage ou l’inoculation des animaux suspects de péripneumonie. L’indemnité est égale à là totalité de la valeur pour les bovidés morts des suites de l’inoculation ou abattus comme malades et trouvés sains, aux trois quarts de la valeur pour les bovidés abattus comme suspects et trouvés atteints. (Loi du 27 mai 1882.)

En Suède , les malades et les suspects sont abattus. Si 1 autopsie cou- ■ firme le diagnostic, les contaminés sont abattus ou isolés pendant cent vingt jours. L’indemnité est égale à la valeur entière. (Loi du 23 septembre 1887.)

En Suisse , les animaux atteints et ceux qui sont trouvés dans la meme étable ou dans le même pâturage doivent être abattus. Seront déclarés infectés, toutes les étables, enclos et pâturages situés dans un périmètre d’environ un kilomètre de rayon, à compter du point infecté, et toutes les étables, enclos, etc... dont les animaux ont été, d’une manière plus ou moins directe, exposés à la contagion. (Loi de 1872 et Règlement de 1886.)

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