Symptôm e s
a) Botryomycose chez le cheval (2). — Les lésions siègent dans la peau , dans le cordon testiculaire et, par exception, dans les viscères ; l’infection reste limitée presque toujours à une région ou à un organe, mais on peut observer aussi l’envahissement par contiguïté de tissu ou la généralisation.
Peau. — Le parasite est rencontré dans des tumeurs fibreuses superficielles décrites sont les noms de mycodermoïcles (Johne) ou de mycofibrome. Les tumeurs sont dures, indolores; leur surface, mamelonnée, présente des foyers superficiels peu étendus de ramollissement, ou des orifices fistuleux qui donnent un pus blanc jaunâtre et grumeleux. Elles siègent de préférence dans les points les plus exposés aux traumatismes, à la pointe de l’épaule, au niveau du garrot, du coude...: on les signale encore au niveau de la parotide, du larynx, du fourreau, des articulations des membres... Elles envahissent le tronçon de la queue après l’amputation. Les fibromes diffus de l’extrémité des membres renferment souvent le botryomyces (Frôlmer).
Les botryomycomes sont communs chez le cheval ; Erohner, à la
(1) Kitt. lias Auseinanderkennen von Rot: und Botryomyhose. Monatsh. f. prald. Thierheilk., t. I, 1880, p. 71. — Mari. Étude sur la botryomycose. Analyse in Journ. de méd. vétér., 1807, p. 300.
(2; Kitt. Der Micrococcus ascoformans und dus Mykofibrom des Pferdes. Centralbl. f. Bakter., t. 111, 1888, p. 177, 207, 24G. — .Iense.n. (Jeber Botryomykose. Deutsche Zeitschr. f. Thiermed., t. XVIII, 1802, p. 433. — Frôiuser. Ueberdie Bedeutung und operative Behandlung der Bolryomykome beim Pferde. Monatshefte fur Thierheilk., t. VIII, 1807, p. 07 (avec pliotogr.).
SYMPTÔMES
clinique de Berlin, recueille plus de cinquante observations en deux années. D’après Cadiot et Aliny, « la plupart des tumeurs fibreuses creusées de fistules suppurantes relèvent de la botryomycose ».
L’extension des tumeurs est lente presque toujours. En quelques cas, les tumeurs atteignent un volume considérable; Babe trouve, dans la cavité abdominale, une tumeur du poids de 15 kilogrammes, étendue sur la paroi inférieure, depuis la courbure gastrique du gros côlon jusqu’au niveau de la vessie. D’autres tumeurs, de la grosseur d’un œuf, sont 1 situées dans le voisinage. La masse principale communique avec le dehors par une fistule qui s’ouvre à la face interne de, la cuisse, au voisinage du scrotum, et qui donne du pus épais et jaunâtre.
Cordon testiculaire. — C’est dans les inflammations du cordon testiculaire consécutives à la castration que le botryomyces est le plus souvent rencontré. Bien ne prouve, toutefois, qu’il soit la cause essentielle ou môme ordinaire de ces lésions, et de nouvelles éludes sont nécessaires sur ce point (1).
Les caractères cliniques de la tumeur développée sont bien connus. Les néoplasies sont envahissantes; elles gagnent peu à peu toute l’étendue du cordon dans son trajet abdominal. Certains mycofi bromes du cordon acquièrent un volume considérable. Ils sont constitués par du tissu fibreux, lardacé, résistant, creusé de logettes ou de larges foyers renfermant du pus ou des matières ramollies. Le botryomyces est associé aux microbes ordinaires de la suppuration.
Muqueuses (2). — L’envahissement de la pituitaire est seul signalé jusqu’ici. Frôhner rencontre, à l’entrée des cavités nasales, une tumeur polypeuse, dure, ulcérée à sa surface, de la grosseur d’une noix. Slorch trouve le sinus maxillaire gauche, le sinus frontal et la cavité nasale correspondante remplis par une tumeur du volume de la tète d’un enfant ; il existe une déformation de la face et du jetage muco-purulent.
Mamelle 3). — Un premier cas de botryomyces de la mamelle est rapporté par Nielsen et Sand, en 1890. Dans une observation nouvelle de Sand, il existe une tumeur du volume de la tôle d'un homme, dure, mobile, indolore, pénétrée par une douzaine d’orifices fistuleux ; le pus qui s’écoule des abcès superficiels renferme des grains jaunes caractéristiques. L’auteur rapporte cinq autres observations ; il pense que cette localisation n’est pas très rare. Jensen, Frôhner relatent des cas semblables.
(1; Le botryomyces ne saurait itre considéré comme la cause exclusive des tumeurs du cordon. Il existe des altérations purement inllammatoires ou dues à des parasites différents ; l’actinomyces joue le même rôle que le botryomyces; Kitt et Hôllich ont rencontré, dans des foyers ramollis, la bactérie des septicémies hémorragiques.
(2) Sa.no. LJeher Botnjomykose hn Euler bei der Slute. Archiv fur Thierheilk., t. XIX, 181)3, p. 1)8. — Jensen. Loc. cil. — Frôhner. Botryomykose des Eulers beim Vferde. Monatshefte fur Thierheiik., t. N il, 1893, p. 55.
(3) Frôhner. Botryomykom der Sasenschleimhaut. Monatshefte fiir Thierheilk., t. VIII, 1896, p. 98. — SrORCH. Ueber ein von der yrossen llighmorshbhle des Pferdes aus<ielicndes B'jlryomycom. Thierarztl . Centralbl., 1893, p. 342.
BOTRYOMYCOSE.
Viscères. — Le poumon est le siège de prédilection des lésions. En 1869, Bollinger rencontre, dans le poumon du cheval, des tubercules fibreux, atteignant jusqu’au volume d’une noix et renfermant des parasites qü il désigne provisoirement sous le nom de Zoogleci pulmonis e(jm. Une étude ultérieure montre qu’ils sont identiques aux botryomyces.
J homassen (1) constate également l'envahissement du poumon, chez un cheval a fiée té d’une funiculite mycosique. On observe des symptômes de pneumonie aiguë, suivis de la mort après deux jours. 11 existe des lésions de pneumonie lobaire fibrineuse, avec infiltration du tissu par des amas de bolryomyces. Les lésions du cordon ont gagné par reptation le péritoine, les épiploons, le foie, le diaphragme et le poumon, Steiner (1891), Wester (1894) signalent des cas analogues.
Kieck (’2) observe, sur une jument, une extension de l’infection à difïérents viscères. Le poumon est envahi par de petites masses fibreuses, de la grosseur d’une tête d’épingle à celle d’un pois, renfermant une petite quantité de pus jaunâtre. Le diaphragme est couvert, sur la lace péritonéale, de néoformations d’un gris blanc, rappelant 1 aspect de la tuberculose récente des séreuses. A la surface du foie et de la rate existent des conglomérats du volume d’un œuf de poule; les ganglions mésentériques sont envahis. La paroi de l’utérus, considérablement épaissie (5 à 10 centim.), est transformée en un tissu fibreux parsemé de nombreux foyers purulents. Les ovaires ont la grosseur d’une grosse pomme ; ils sont remplis par des foyers purulents à parois fibreuses très épaisses. L’auteur tend à admettre une infection directe tle l’utérus, à la suite du coït avec un étalon affecté d’un botryomycome du pénis.
Frôhner (3) constate la généralisation des lésions chez un cheval affecté de botryomycose du cordon traitée par l’iodure de potassium. La partie abdominale du cordon est transformée en un épais cordon fibreux ; dans les parties voisines, le péritoine est couvert de masses fibreuses épaisses ; le poumon renferme des noyaux de la grosseur d’un pois à celle d’une noix, renfermant des conglomérats de botryomyces.
b) Botryomycose chez les bovidés (4). — Gzokor rencontre le botryomyces dans la mamelle d’une vache, au sein de foyers scléreux disséminés. Dans une observation de Immelmann, la moitié de la glande est transformée en une tumeur fibreuse, creusée de logettes renfermant les parasites.
(1) Thomassen. La botryomycose. Bulletin de la Soc. centr. de méd. vêt., 1 803, p. 513. — Westeh. Long-Botryomycose. Tijdschrift voor Veeartsenijk., t. XXI, 1894, p. 171.
(2) Rieck. Ausgedehnte Botnyomykose bei einer Slute. Archiv fur Thierheilk., t. XX, 1894, p. 213.
(3) Kkôhner. Ein Fall von generalisirter Botryomykose ... Monatshefte fur Thierheilk., t. VIII, 1897, p. 171.
(4) Czokor . Un cas de botryomycose chez le bœuf. Semaine médicale, 1890, p. 436. — I.mmelmann. Bolryomyces im Euter einer Kuh. Archiv fur Thierheilk., t. XIX, 1893, p. 103
ETIOLOGIE.
c) Botryomycose chez le porc. — Wilbrandt (1) rapporte une observation consécutive à la castration. Il existe une tumeur lluctuanle de l’extrémité du cordon et une tuméfaction dure et indolore des muscles de la cuisse. On trouve dans le cordon une collection d’un liquide brun, renfermant de petits corps solides en suspension. Les muscles de la cuisse sont transformés en une masse fibreuse, parsemée de nombreuses cavités du diamètre d’un pois à celui d’une noisette. Les logettes renlerment une matière granuleuse, de couleur grise, associée dans certaines à un liquide de couleur brune. On trouve les amas du botryomyces dans le tissu conjonctif enflammé.
IL — Lésions (2).
Les lésions sont analogues à celles qui sont produites par l’actinomyces. Les tumeurs récentes sont constituées par un tissu de granulations et entourées par une zone vascularisée. Plus tard, elles sont constituées par un amas de tubercules fibreux arrondis, présentant un centre ramolli, du diamètre d'une tête d’épingle à celui d’un pois. On rencontre, dans les tumeurs volumineuses, des foyers de ramollissement plus étendus, contenant un putrilage caséeux ou liquide. La peau et le tissu conjonctif sous-jacent sont transformés en une masse fibreuse recouverte par une croûte d’un gris rouge.
Les logettes creusées dans les tumeurs et les masses ramollies renferment des grains jaune pâle, ressemblant à du sable fin, constitués par des amas de botryomyces.
Étiologie — Étude expérimentale.
La présence du botryomyces au sein de tumeurs indurées ne laisse aucun doute sur son rôle pathogène. Rabe a obtenu, par l’inoculation intra-cutanée des cultures au cheval, le développement d’une petite tumeur fibreuse locale, et il a retrouvé dans celle-ci les parasites. L’inoculation au mouton et à la chèvre ne produit qu’un œdème inflammatoire passager.
L’infection semble s’opérer par effraction cutanée, soit à la suite d’un traumatisme, soit par des frottements réitérés. Rabe pense qu’elle est produite, chez le cheval, par le frottement des harnais au niveau d’érosions et de plaies superficielles. Wesler (1893) rapporte une observation qui confirme ces prévisions. Un cheval présente, dans la région du collier et du poitrail, des botryomycomes qui sont, opérés. Un autre cheval, qui porte le même harnais, est affecté à son tour dans la même région.
(1) Wilbrandt. Ein Fait von hochgracliger Botryomykose beim Sclieivin. Zeitschr. fui’ Fleisch-und Milchhyg., t. IV, 1804, p. 111.
(2) Johnb. Mykofibrom. Lehrbuch der patholog. Anatomie von Birch-Hirschfeld, t. I, 181)7, p. 400.
BOTRYOM YCOSE .
Traitement.
L’extirpaLion des tumeurs était considérée, jusqu’en ces dernières années, comme la seule intervention possible.
Des observations dcThomassen 1) établissent que l’iodure de potassium a sur les lésions une action comparable à celle qui est exercée dans l’actinomycose. Des « champignons » volumineux ontélé complètement guéris après un mois de traitement. La médication ne se montre pas constamment efficace, mais il convient au moins de l’essayer avant que de recourir à une intervention chirurgicale grave. On donne l’iodure, à la dose de 10 grammes par jour, pendant quinze jours environ; la dose est abaissée ensuiie à fi grammes si des signes d’iodisme intense sont constatés.
(1) Tiiomassen. TnilUme.nl de la [unie ulite chronique du cheval. Bull, de la Soc. centr. de méd. vêt., 1893, p. 323 et 513.