‹ Les maladies microbiennes des animauxChapitre 138 sur 169 · M AM MITE GANGRENEUSE DES BREBIS · texte numérisé non relu

M AM MITE GANGRENEUSE DES BREBIS

Dans une dernière période, l’animal tombe, épuisé ; la température descend vers 36° et au-dessous ; l’infiltration cutanée gagne le sternum et les cuisses ; la mamelle est crépitante, couverte parfois de phlyctènes renfermant un liquide limpide ou roussâtre. La mort survient sans période agonique.

La durée de l’évolution est variable ; souvent, la mort arrive en moins de vingt-quatre heures ; en d’autres cas, elle ne survient qu’après quatre ou cinq jours. La guérison spontanée est rare ; chez quelques animaux l’envahissement s’arrête ; une délimitation s’opère au voisinage des tissus sains; la mamelle et les téguments atteints s’éliminent, laissant à nu de vastes plaies suppurantes; les malades restent indéfiniment cachectiques

et amaigries.

Lésions. — Au niveau des régions atteintes, la peau et le tissu conjonctif sous-cutané sont infiltrés par un liquide œdémateux de couleur rouge et par des gaz. La mamelle présente, sur la coupe, une teinte violacée ; elle est infiltrée par une sérosité rosée qui distend les réseaux conjonctifs ; le lait contenu dans les réservoirs et dans les gros canaux est coagulé. Les ganglions inguinaux sont volumineux, infiltrés, de teinte rouge gris sur la coupe.

L’examen histologique montre que les parois des sinus et des canaux galactophores sont tapissées par une couche épaisse de microcoques, feutrés à leur surface.

Les viscères sont gorgés de sang; la rate est petite, noirâtre; le myocarde, friable et décoloré, renferme des caillots noirs, très fermes. Les muscles sont pâles, ecchymosés et infiltrés.

Diagnostic. — La mammite gangreneuse est reconnue facilement, même en dehors d’un milieu infecté. Il n’est aucune localisation (pii affecte des caractères et une marche comparables.

Étiologie. — Étude expérimentale.

L’araignée est transmise à coup sûr par l’inoculation, dans les conduits galactophores d'une brebis saine, de quelques gouttes du lait fourni par la mamelle atteinte.

Le microcoque n’est pathogène que pour le mouton. L'injection d'un centimètre cube de culture virulente, dans les sinus galactophores d'une chèvre laitière, ne produit aucun trouble ; le lait ne subit aucune altération ; quarante-huit heures après l’injection, il ne renferme plus trace du microbe et son ensemencement ne donne pas de culture. L'injection dans le parenchyme de la glande, à l’aide de la seringue de Pravaz, donne lieu à une tumeur chaude, douloureuse, un peu œdémateuse, qui reste localisée et finit par disparaître, en douze à quinze jours, sans laisser d'autre trace qu’une légère induration ; à aucun moment, le lait sécrété par la mamelle inoculée ne semble altéré ; les bouillons dans lesquels on l’ensemence restent stériles. L’injection de cinq gouttes de

Page 1